Par Maître Joëlle Marteau-Péretié — article mis à jour le 9 septembre 2026
📌 En bref. Quand un conducteur vous fonce dessus, ouvre sa portière délibérément ou vous frappe, vous n'êtes plus victime d'un accident de la circulation mais d'une infraction pénale. La conséquence est décisive : la loi Badinter et l'assurance de l'auteur ne jouent plus, car l'article L. 113-1 du Code des assurances exclut la faute intentionnelle. Deux voies spécifiques prennent le relais. La CIVI répare intégralement vos préjudices, même si l'auteur est inconnu, insolvable ou jamais jugé, dès lors que l'ITT atteint un mois ou qu'il subsiste une incapacité permanente. En dessous de ce seuil, la SARVI recouvre les dommages et intérêts que le tribunal vous a alloués. Le réflexe qui conditionne tout : déposer plainte, faire établir un certificat médical initial mentionnant l'ITT, et respecter les délais de forclusion, plus courts que la prescription civile. Le tableau des voies d'indemnisation ci-dessous indique laquelle vous concerne.
Vous rouliez paisiblement lorsqu'un conducteur a délibérément ouvert sa portière pour vous percuter, vous a foncé dessus après une dispute, ou vous a agressé physiquement alors que vous étiez à vélo. Ce que vous avez subi n'est pas un accident : c'est une infraction, et le régime juridique qui s'applique n'a presque rien de commun avec celui des accidents de vélo involontaires.
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💡 Remarque importante. Si la portière a été ouverte par simple inattention, sans volonté de vous nuire, il ne s'agit pas d'une violence volontaire mais d'un emportiérage : un accident de la circulation, régi par la loi Badinter, où votre indemnisation est bien plus simple à obtenir. Toute la difficulté des dossiers de violences volontaires tient là : la protection automatique disparaît précisément parce que le geste était intentionnel. |
Avec la démocratisation du vélo, les tensions entre automobilistes et cyclistes se sont multipliées, et une minorité d'entre elles dégénère en gestes délibérés. Ce guide explique comment réagir, quelles démarches engager et par quelle voie obtenir la réparation intégrale de vos préjudices.
Violence volontaire contre un cycliste : de quoi parle-t-on exactement ?
La distinction entre l'accident et la violence volontaire est le point de départ de tout le raisonnement. Un accident de vélo, même très grave, suppose une faute non intentionnelle : inattention, excès de vitesse, refus de priorité. La violence volontaire suppose l'intention de porter atteinte — sans que l'auteur ait nécessairement voulu les blessures dans toute leur gravité. Un geste commis sous l'emprise de la colère reste volontaire.
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Type de violence volontaire |
Description |
Qualification pénale possible |
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Ouverture de portière intentionnelle |
Ouverture délibérée d'une portière pour faire chuter le cycliste |
Violences volontaires (art. 222-11 à 222-13 du Code pénal) |
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Mise en danger délibérée |
Freinage brutal, queue de poisson intentionnelle, frôlement pour effrayer |
Mise en danger de la vie d'autrui (art. 223-1) |
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Véhicule utilisé comme arme |
Foncer volontairement sur le cycliste |
Violences avec arme, voire tentative d'homicide volontaire |
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Agression physique |
Coups portés à l'arrêt ou pendant le trajet |
Violences volontaires |
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Harcèlement ou intimidation répétée |
Comportement répété et délibéré visant à mettre le cycliste en danger |
Harcèlement, mise en danger d'autrui |
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Jet d'objet |
Lancer d'un objet depuis un véhicule en marche |
Violences volontaires avec arme par destination |
Que faire immédiatement après une violence volontaire à vélo ?
Les premières heures sont déterminantes, davantage encore que pour un accident ordinaire : ici, c'est une infraction qu'il faut établir, et sans elle aucune des voies d'indemnisation spécifiques ne s'ouvrira.
1. Sécurisez-vous et appelez les secours
Si vous êtes blessé, appelez le 15 ou le 18. Ne déplacez pas le vélo si vous pouvez l'éviter : c'est un élément de preuve. Restez sur les lieux ou à proximité immédiate si votre état le permet.
2. Appelez la police ou la gendarmerie
C'est l'étape non négociable. Contrairement à un accident de la route classique, vous vous trouvez dans un contexte pénal : composez le 17. Les forces de l'ordre établiront un procès-verbal de constatation qui décrira les faits à chaud, avant que les versions ne se figent.
3. Préservez les preuves
- Photographiez ou filmez la scène, vos blessures, les dégâts sur votre vélo, la position des véhicules ;
- Notez la plaque d'immatriculation du véhicule de l'auteur ;
- Identifiez les témoins et recueillez leurs coordonnées sur place, jamais plus tard ;
- Sauvegardez vos données GPS ou votre application de cyclisme ;
- Récupérez immédiatement les images de votre caméra embarquée, et demandez la conservation de celles des commerces ou des carrefours — leur durée de rétention est de quelques jours seulement.
4. Consultez un médecin dans les 24 heures
Même si vos blessures paraissent légères, la consultation est impérative. Le certificat médical initial doit mentionner la durée de l'incapacité totale de travail (ITT) au sens pénal : c'est ce chiffre qui déterminera la qualification de l'infraction, les peines encourues, et surtout la voie d'indemnisation qui vous sera ouverte. Un CMI qui omet l'ITT est un dossier affaibli dès le premier jour.
Porter plainte : le préalable de tout le reste
Vous pouvez déposer plainte au commissariat, à la gendarmerie, ou directement auprès du procureur de la République par lettre recommandée. La plainte peut être déposée en personne, par courrier, ou en ligne pour certains types de faits. Vous pouvez également vous constituer partie civile, dès le dépôt de plainte ou en cours de procédure : cela vous ouvre le droit d'être informé des suites et de demander des dommages et intérêts devant la juridiction pénale.
Contrairement à un accident ordinaire, où porter plainte n'est pas obligatoire, la plainte est ici la clé de voûte du dossier : sans procédure pénale, ni la CIVI ni la SARVI ne pourront être saisies dans de bonnes conditions.
Que risque l'auteur ?
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Gravité des blessures |
Qualification |
Peine maximale encourue |
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Aucune lésion ou ITT ≤ 8 jours |
Contravention (art. R. 624-1 et R. 625-1) |
Amende de 4e ou 5e classe |
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ITT > 8 jours |
Délit de violences volontaires (art. 222-11) |
3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende |
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ITT > 8 jours avec circonstance aggravante |
Délit aggravé (art. 222-12), notamment l'usage d'une arme — le véhicule pouvant être une arme par destination |
5 ans et 75 000 €, portés à 10 ans et 150 000 € selon les circonstances cumulées |
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Mutilation ou infirmité permanente |
Délit (art. 222-9) |
10 ans et 150 000 € |
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Intention de donner la mort |
Tentative d'homicide volontaire (art. 221-1) |
Crime : jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle |
Comment être indemnisé après une violence volontaire à vélo ?
C'est ici que la situation se distingue radicalement d'un accident de la voie publique ordinaire — et pas dans le sens que l'on croit. Le caractère intentionnel du geste, qui aggrave la responsabilité pénale de l'auteur, ferme en principe la porte de son assurance.
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Voie |
Quand elle s'applique |
Ce qu'elle couvre |
Limite |
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CIVI |
ITT d'au moins un mois, ou incapacité permanente |
Réparation intégrale, poste par poste, même si l'auteur est inconnu, insolvable ou jamais jugé |
Délais de forclusion stricts ; déduction des prestations déjà perçues |
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SARVI |
Sous le seuil de la CIVI, après une décision pénale définitive vous allouant des dommages et intérêts |
Le recouvrement des sommes que l'auteur ne paie pas |
Ne répare pas au-delà de ce que le juge a déjà accordé ; montants plafonnés |
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Action contre l'auteur |
Auteur identifié et solvable |
L'intégralité du préjudice, sur ses biens propres |
Son assureur est en droit d'opposer l'exclusion de la faute intentionnelle |
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FGAO |
Un véhicule terrestre à moteur est impliqué et l'auteur est inconnu ou non assuré |
Les dommages corporels |
Subsidiaire ; le Fonds se retourne ensuite contre l'auteur |
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Vos propres garanties |
Selon vos contrats |
GAV, prévoyance, protection juridique pour les frais de procédure |
Seuils, plafonds et exclusions propres au contrat |
La CIVI, voie principale des victimes d'infraction
La commission d'indemnisation des victimes d'infractions est une juridiction civile installée auprès de chaque tribunal judiciaire. Elle indemnise indépendamment de la solvabilité de l'auteur et même en son absence, ce qui en fait l'outil décisif dans les dossiers de délit de fuite ou d'auteur non identifié. Les conditions tiennent en trois points : des faits commis en France présentant le caractère matériel d'une infraction, une ITT d'au moins un mois ou une incapacité permanente pour la réparation intégrale, et une demande formée dans les délais.
Sur ces délais, une précision qui fait perdre des dossiers : la forclusion court en principe à compter de l'infraction, et non de la décision pénale. Lorsque des poursuites sont engagées, le délai est prorogé et ne s'achève qu'un an après la décision devenue définitive. Autrement dit, il ne faut jamais attendre passivement la fin du procès pénal en croyant disposer de trois ans après. La procédure complète est exposée sur notre page saisir la CIVI.
La SARVI, pour les atteintes plus légères
Si votre ITT est inférieure à un mois et que vous ne remplissez pas les conditions de la CIVI, le service d'aide au recouvrement des victimes d'infractions prend le relais. Il n'évalue pas votre préjudice : il recouvre les dommages et intérêts qu'une décision pénale définitive vous a déjà alloués, lorsque l'auteur ne paie pas. La demande se forme après cette décision et dans un délai limité. Voir notre page saisir la SARVI.
Pourquoi l'assurance de l'auteur ne suffit pas
C'est le contresens le plus fréquent. L'article L. 113-1 du Code des assurances exclut de plein droit la garantie des pertes et dommages provenant d'une faute intentionnelle de l'assuré. Un conducteur qui vous a délibérément percuté ne sera donc pas couvert : son assureur, s'il établit l'intention, refusera sa garantie. Deux conséquences pratiques. D'une part, l'auteur répond sur ses biens propres, ce qui rend la question de sa solvabilité centrale. D'autre part, le Fonds de garantie peut intervenir lorsqu'un véhicule à moteur est impliqué et que l'auteur est inconnu ou non assuré, quitte à se retourner ensuite contre lui. C'est aussi pour cette raison que la CIVI est presque toujours la voie à privilégier.
N'oubliez pas vos propres contrats
Votre garantie accidents de la vie peut intervenir en complément, sous réserve de ses seuils et plafonds. La protection juridique incluse dans votre assurance habitation peut financer une partie des frais de procédure : voyez notre page sur l'assurance habitation et la prévoyance. Enfin, une prévoyance individuelle peut compenser vos pertes de revenus, en particulier si vous êtes travailleur indépendant.
Quels préjudices pouvez-vous faire indemniser ?
Que l'indemnisation vienne de la CIVI, du Fonds ou de l'auteur, elle obéit au principe de réparation intégrale et suit la nomenclature Dintilhac : dépenses de santé actuelles et futures, pertes de gains professionnels actuelles puis futures, déficit fonctionnel temporaire, souffrances endurées, déficit fonctionnel permanent, préjudice esthétique, préjudice d'agrément, préjudice moral, assistance par tierce personne, préjudice sexuel et préjudice d'établissement.
Deux postes méritent une attention particulière dans les dossiers de violences volontaires. Le retentissement psychologique d'abord : le sentiment d'insécurité, l'état de stress post-traumatique, la peur de reprendre le vélo sont des préjudices réels, mais ils ne s'indemnisent que s'ils sont documentés par un suivi et une évaluation psychiatrique ou psychologique — voyez notre article sur l'accompagnement psychologique après un accident grave. Le traumatisme crânien ensuite, fréquent lors d'une chute violente : ses conséquences cognitives passent souvent inaperçues les premiers mois, d'où nos pages sur l'indemnisation des traumatismes crâniens, le syndrome post-commotionnel et les séquelles invisibles.
Une expertise médicale chiffrera ces postes. Faites-vous assister par votre propre médecin conseil de victime : l'expert désigné par la juridiction ou par le Fonds n'est pas votre conseil. Notre guide bien préparer son expertise détaille le déroulé de cette journée, et l'article sur les barèmes de la cour d'appel de Douai donne les repères régionaux. Si la procédure dure, des provisions peuvent être obtenues sans attendre le jugement.
Le cas particulier du véhicule utilisé comme arme
Un phénomène préoccupe les associations de cyclistes : l'usage délibéré d'un véhicule contre un usager vulnérable. Une voiture lancée volontairement sur une personne peut être qualifiée d'arme par destination, ce qui fait basculer les faits vers les violences aggravées — et, si l'intention de donner la mort est établie, vers la tentative d'homicide volontaire, qui relève de la cour d'assises. Nous consacrons un article distinct aux victimes d'un véhicule utilisé comme arme et des rodéos urbains.
Dans ces situations, la difficulté est rarement juridique : elle est probatoire. Démontrer l'intention suppose des éléments objectifs — trajectoire, absence de freinage, propos tenus, antécédents, images. C'est aussi pourquoi l'enquête pénale, à laquelle la constitution de partie civile donne accès, est le véritable moteur du dossier. Lorsque l'auteur était sous l'emprise de l'alcool, la question de l'intention se complique encore : notre article sur l'alcool et les accidents corporels dans le Nord aborde ce point.
Les délais : trois calendriers à ne pas confondre
C'est la source d'erreur la plus coûteuse de ces dossiers, parce que trois délais distincts courent en parallèle.
- La prescription de l'action publique : un an pour une contravention, six ans pour un délit à compter des faits, vingt ans pour un crime. Passé ce délai, l'auteur ne peut plus être poursuivi.
- La forclusion devant la CIVI : elle court à compter de l'infraction, et n'est prorogée qu'un an après une décision pénale devenue définitive. C'est le délai le plus piégeux.
- La prescription civile de l'action en réparation du dommage corporel : dix ans à compter de la consolidation (article 2226 du Code civil), et non du jour des faits. Nos délais de prescription en indemnisation détaillent ces règles.
Le plus long de ces délais ne protège pas des autres : une action civile encore ouverte ne rattrape pas une forclusion CIVI acquise. Et au-delà du droit, les preuves s'effacent — images de vidéoprotection écrasées en quelques jours, souvenirs de témoins qui se brouillent.
Pourquoi se faire assister
La spécificité de ces dossiers tient à l'articulation entre la procédure pénale et la demande civile d'indemnisation. Un avocat en droit du dommage corporel qualifie les faits et oriente vers la bonne procédure, choisit la voie d'indemnisation adaptée au seuil d'ITT, assiste la victime à l'expertise pour éviter une sous-évaluation des séquelles, chiffre chaque poste de préjudice et signale les pièges des offres insuffisantes.
Sur les honoraires : ils font l'objet d'une convention écrite, conformément à l'article 10 de la loi du 31 décembre 1971. Ils peuvent comporter un honoraire complémentaire lié au résultat obtenu, mais jamais être fixés exclusivement en fonction de ce résultat. Pensez également à vérifier votre protection juridique, qui prend souvent en charge une partie des frais. Notre page sur le coût d'un avocat en dommage corporel et celle sur ce que coûte une défense détaillent ces modalités.
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Vous avez été victime de violences volontaires à vélo ? Les droits des victimes d'infractions intentionnelles sont spécifiques et souvent méconnus. Maître Joëlle Marteau-Péretié, avocate diplômée en droit du dommage corporel à Lille et à Paris, analyse votre situation et engage la voie adaptée. Premier échange : 06 84 28 25 95, ou via notre page de contact. |
FAQ — violences volontaires contre les cyclistes
Quelle est la différence entre un accident de vélo et une violence volontaire ?
L'accident suppose une faute non intentionnelle : inattention, vitesse, refus de priorité. La violence volontaire suppose un geste délibéré, même commis sous l'emprise de la colère. La distinction est fondamentale : l'accident relève de la loi Badinter et de l'assurance, la violence volontaire du droit pénal, de la CIVI et de la SARVI.
Puis-je être indemnisé si l'auteur est inconnu ou insolvable ?
Oui. La CIVI indemnise indépendamment de l'identification et de la solvabilité de l'auteur, dès lors que les faits présentent le caractère matériel d'une infraction et que le seuil de gravité est atteint. Si un véhicule à moteur est impliqué et n'est pas assuré, le Fonds de garantie peut également intervenir.
L'assurance de l'auteur peut-elle refuser d'indemniser parce que l'acte était intentionnel ?
Oui, et c'est même la règle : l'article L. 113-1 du Code des assurances exclut de plein droit la faute intentionnelle de l'assuré. C'est précisément pourquoi les voies spécifiques — CIVI, SARVI, Fonds de garantie — existent. L'auteur, lui, reste tenu sur ses biens propres.
Dois-je attendre la fin du procès pénal pour demander une indemnisation ?
Non, et il vaut mieux ne pas attendre. La CIVI peut être saisie sans attendre le jugement dès lors que les faits présentent le caractère matériel d'une infraction, et des provisions peuvent être obtenues pour faire face aux dépenses immédiates.
Quel seuil d'ITT ouvre la réparation intégrale par la CIVI ?
Une ITT d'au moins un mois, ou l'existence d'une incapacité permanente. En dessous, la voie principale est la SARVI, après une décision pénale allouant des dommages et intérêts. D'où l'importance capitale du certificat médical initial, qui fixe cette durée.
Mon vélo a été endommagé ou détruit : puis-je en demander le remboursement ?
Les dommages matériels peuvent être réclamés à l'auteur devant la juridiction pénale. En revanche, les voies subsidiaires sont centrées sur l'atteinte à la personne : le Fonds de garantie n'indemnise que les dommages corporels. Conservez factures, photos et devis de réparation.
Que faire si je n'ai aucun témoin ?
L'absence de témoin n'est pas rédhibitoire. Les caméras de commerces et de carrefours, les données GPS, les images de dashcam ou de sonnette connectée constituent des preuves recevables. Le point critique est la rapidité : demandez la conservation des images dans les jours qui suivent, sans quoi elles seront écrasées.
Et si l'auteur est mineur ?
Les parents sont civilement responsables des dommages causés par leurs enfants mineurs, et leur assurance de responsabilité civile peut être mobilisée dans les conditions du contrat. La CIVI reste ouverte dans les mêmes conditions.
Puis-je être indemnisé d'un choc psychologique sans blessure physique grave ?
Oui. Le préjudice moral et l'état de stress post-traumatique sont des postes reconnus. Ils supposent toutefois une évaluation médicale sérieuse, par un psychiatre ou un psychologue, et un suivi documenté dès les premières semaines.
Combien de temps ai-je pour saisir la CIVI ?
Le délai court à compter de l'infraction et non de la décision pénale ; lorsque des poursuites sont engagées, il est prorogé et s'achève un an après la décision devenue définitive. Ne comptez donc jamais sur un délai qui démarrerait après le procès : faites vérifier votre calendrier dès le début.
Bibliographie et sources juridiques
- Code pénal, articles 222-7 à 222-13 (violences volontaires et circonstances aggravantes), 222-9 (mutilation ou infirmité permanente), 223-1 (mise en danger délibérée), R. 624-1 et R. 625-1 (violences contraventionnelles).
- Code de procédure pénale, articles 706-3 à 706-15 (indemnisation par la CIVI et recouvrement par la SARVI), article 8 (prescription de l'action publique).
- Code des assurances, article L. 113-1 (exclusion de la faute intentionnelle) et article L. 421-1 (Fonds de garantie des assurances obligatoires).
- Code civil, article 2226 (prescription de dix ans à compter de la consolidation).
- Nomenclature Dintilhac (2005), référentiel des postes de préjudice corporel.
- Loi n° 77-5 du 3 janvier 1977 instituant la garantie d'indemnisation des victimes d'infractions.
- Loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, article 10 (honoraires de l'avocat).
- Fonds de garantie des victimes, informations pratiques : fgao.fr.


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