Accident de la voie publique (AVP) : vos droits à indemnisation – Avocat Lille & Paris
Vous avez été renversé en traversant la rue, percuté à vélo ou blessé sur la voie publique par un véhicule motorisé ? Vous êtes victime d'un accident de la voie publique (AVP) et vous ignorez si vous pouvez être indemnisé, par qui, et à quelle hauteur. Cette page vous explique les conditions d'application de la loi Badinter, les profils de victimes concernées et les étapes concrètes pour obtenir une indemnisation juste. Selon l'ONISR, 3 267 personnes ont perdu la vie sur les routes de France en 2023 — et des dizaines de milliers ont survécu avec des séquelles graves. Derrière chaque accident, il y a une victime qui a des droits. Encore faut-il les connaître et les faire valoir.
Qu'est-ce qu'un accident de la voie publique (AVP) ?
Du point de vue du législateur et de l'avocat accident de la route, l'accident de la voie publique — désigné par l'acronyme AVP — est l'accident qui permet à la victime de bénéficier de la très protectrice loi Badinter du 5 juillet 1985, relative à l'indemnisation des victimes d'accidents de la circulation.
Pour relever de ce régime favorable, l'accident doit répondre à trois conditions cumulatives :
- Une victime d'accident corporel doit être impliquée.
- Un véhicule terrestre à moteur (VTAM) doit être impliqué dans l'accident.
- Le dommage corporel doit être directement et exclusivement imputable à l'accident.
En savoir plus : Indemnisation des accidents de la route : comment mieux se défendre ?
Le caractère strictement accidentel de l'AVP
L'accident de la voie publique est caractérisé par un événement imprévisible et soudain. Si l'accident a été volontairement provoqué, les dispositions de la loi Badinter ne s'appliquent pas. Les infractions volontaires — tentative de suicide, tentative d'homicide, véhicule utilisé comme voiture-bélier — ne constituent pas des AVP au sens juridique du terme.
De même, si l'accidenté est seul impliqué dans son accident, il ne pourra prétendre à indemnisation que s'il a souscrit une garantie accidents corporels couvrant les dommages qu'il s'inflige à lui-même.
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Le saviez-vous ? La faute inexcusable de la victime : une notion rarissime en pratique
La loi Badinter protège toutes les victimes non conductrices — piétons, cyclistes, passagers — de manière quasi absolue. Le seul mécanisme susceptible de réduire ou d'exclure leur droit à indemnisation est la faute inexcusable : une faute volontaire, d'une exceptionnelle gravité, qui expose son auteur sans raison valable à un danger dont il ne pouvait ignorer l'existence.
Cette définition, issue de la jurisprudence de la Cour de cassation, est interprétée de manière très stricte par les tribunaux. Traverser en dehors d'un passage piéton, distraitement, ne constitue pas une faute inexcusable. Surgir délibérément sur une autoroute en pleine nuit, sans raison, en revanche, peut l'être.
En pratique, la faute inexcusable est invoquée par les assureurs bien plus souvent qu'elle n'est retenue par les juges. Il s'agit d'un argument de négociation destiné à pousser la victime à accepter une indemnisation réduite. Avant d'accepter toute réduction de votre droit à réparation, consultez impérativement un avocat spécialisé en dommage corporel qui analysera si les conditions de la faute inexcusable sont réellement réunies.
À noter : pour les enfants de moins de 16 ans, les personnes âgées de plus de 70 ans et les personnes atteintes d'un handicap entraînant une incapacité permanente supérieure à 80 %, la faute inexcusable ne peut jamais être opposée. Ces victimes sont indemnisables quoi qu'il arrive, même en cas de comportement imprudent.
L'implication d'au moins un véhicule terrestre à moteur (VTAM)
Pour que la loi Badinter s'applique, un véhicule terrestre à moteur doit être impliqué. Ce véhicule doit circuler sur le sol, sur une voie publique ou privée ouverte à la circulation, être doté d'un moteur — même à l'arrêt ou en panne — et être susceptible de transporter des personnes.
Tableau récapitulatif — VTAM vs autres véhicules :
| Véhicules terrestres à moteur (VTAM) | Autres véhicules — non classés VTAM |
| Automobiles · Camions · Motocyclettes · Autobus · Tracteurs · Voiturette de golf · Engins de chantier · Remorques · Semi-remorques · Caravanes · Tondeuses autoportées · Trottinettes électriques · Gyropodes · Hoverboards · Quads | Vélos · Trottinettes non motorisées · Skates · Rollers · Skis · Surfs · Avions · Bateaux |
Remarques importantes :
- Le train ne relève pas de la loi Badinter.
- Le tramway peut être assimilé à un VTAM lorsqu'il partage sa voie avec d'autres véhicules urbains.
- La loi Badinter n'exige pas de contact direct entre la victime et le véhicule. Un accident causé par une tache d'huile ou une pièce de véhicule tombée sur la chaussée relève de la loi Badinter, à condition que la victime apporte la preuve des faits générateurs — ou que le procès-verbal des forces de l'ordre les mentionne.
À lire : Accident de la route non responsable : pour une meilleure indemnisation
Le saviez-vous ? Le vélo électrique : VTAM ou non-VTAM ?
Avec l'essor des vélos à assistance électrique (VAE), la question de leur qualification juridique est devenue centrale dans de nombreux dossiers d'indemnisation. La réponse dépend d'un critère technique précis : la puissance du moteur et son mode de fonctionnement.
Le vélo à assistance électrique classique (VAE) — dont le moteur se coupe à 25 km/h et n'intervient qu'en complément du pédalage — n'est pas un VTAM. Il est assimilé juridiquement au vélo traditionnel. Un piéton renversé par un VAE ne peut donc pas invoquer la loi Badinter. En revanche, le cycliste électrique percuté par une voiture bénéficie, lui, de la protection Badinter.
La situation change radicalement pour les vélos électriques à propulsion autonome (moteur actif sans pédalage) ou dépassant les seuils légaux de puissance : ceux-ci peuvent être requalifiés en véhicules motorisés, avec toutes les conséquences juridiques que cela implique — obligation d'assurance, application de la loi Badinter en cas d'accident causé à un tiers.
Cette zone grise génère de nombreux litiges, notamment avec la multiplication des vélos cargo électriques, des speedbikes et des engins de livraison. Si vous avez été victime d'un accident impliquant un vélo électrique — ou si vous en conduisez un et avez causé un dommage — une analyse juridique précise de votre situation est indispensable. Voir aussi : Indemnisation accident cycliste ou vélo.
L'imputabilité du dommage corporel à l'accident
Il s'agit de démontrer que les blessures de la victime sont en lien direct et exclusif avec le sinistre. D'où l'importance d'examens médicaux immédiatement consécutifs à l'accident. Ces examens ont pour objectifs de :
- Démontrer que les lésions sont bien en lien avec l'accident.
- Écarter l'existence d'un état antérieur.
- Personnaliser le droit de la victime à indemnisation.
- Décrire de façon exhaustive les blessures, séquelles et souffrances.
- Suivre l'évolution de l'état de santé de la victime et établir une éventuelle aggravation.
Les profils de victimes concernées par l'AVP
Indemnisation du piéton renversé
Le piéton renversé par un véhicule terrestre à moteur — voiture, moto, scooter, bus — bénéficie de la protection de la loi Badinter. Son indemnisation est intégrale dès lors qu'un VTAM est impliqué. En revanche, le piéton qui se blesse seul — une entorse en traversant, sans qu'aucun véhicule motorisé ne soit en cause — ne relève pas de ce régime.
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Indemnisation du cycliste ou utilisateur de roller
Les mobilités douces se sont multipliées, notamment en zone urbaine. Il faut distinguer deux situations :
- Le cycliste victime d'un VTAM entre pleinement dans le cadre de la loi Badinter et bénéficie du droit à indemnisation intégrale. Il en est de même pour l'utilisateur de roller percuté par un véhicule motorisé.
- Le cycliste ou l'utilisateur de roller qui cause un dommage à un piéton voit uniquement sa responsabilité civile engagée. La victime ne peut pas invoquer la loi Badinter, le vélo et le roller n'étant pas des VTAM.
À lire : Piéton ou cycliste percuté par un bus ou tramway : coupable ou victime ?
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Indemnisation des accidents de trottinette et engins de déplacement personnel (EDP)
Les trottinettes électriques, gyropodes, gyroroues et hoverboards constituent une catégorie juridique à part entière : les engins de déplacement personnels motorisés (EDPM). Classés parmi les VTAM, ils relèvent à ce titre de la loi Badinter. En revanche, les trottinettes non motorisées n'en font pas partie.
Le cadre juridique des accidents impliquant ces nouvelles mobilités présente encore des zones grises — notamment en matière de couverture assurantielle. La stratégie de défense doit être adaptée à chaque situation, en s'appuyant sur les jurisprudences les plus récentes.
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Les AVP non régis par la loi Badinter
Lorsque l'accident de la voie publique ne remplit pas les trois conditions précédentes, il ne bénéficie pas du régime protecteur de la loi Badinter. L'indemnisation n'est alors pas automatique : la victime devra saisir un juge et solliciter des dommages et intérêts sur le fondement du droit commun de la responsabilité civile — article 1240 du Code civil : « Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. »
Pour obtenir réparation, la victime devra prouver trois éléments :
- Un préjudice — blessures établies par certificats médicaux, comptes-rendus opératoires.
- Une faute imputable au responsable.
- Un lien de causalité entre la faute et le préjudice — attestations de témoins, procès-verbaux, constats d'huissier.
Si une faute de la victime est retenue par le juge, elle peut réduire — voire supprimer — le droit à indemnisation. Exemple : si la victime est reconnue responsable à 40 %, elle ne pourra exécuter la décision qu'à hauteur de 60 % du montant condamné.
Les différentes situations des accidentés dans un AVP
Victime non conductrice vs conductrice
La victime non conductrice — piéton, cycliste, passager — bénéficie du droit à indemnisation dès lors qu'un VTAM est impliqué, sauf si son comportement constitue une faute inexcusable au sens strict défini par la jurisprudence.
La victime conductrice qui se cause un accident à elle-même ne relève pas du droit à indemnisation automatique, sauf dans deux cas : mise en cause de la responsabilité de la puissance publique (ex. : chaussée défectueuse) ou détention d'un contrat garantie accidents de la vie (GAV).
Le responsable de l'accident ne peut être indemnisé de ses propres dommages qu'à la condition de disposer d'une GAV.
Véhicule en mouvement ou à l'arrêt
Il importe peu que le véhicule de la victime soit en mouvement au moment du choc. L'accident sera retenu si l'autre véhicule impliqué était lui en mouvement. Un passager dans un véhicule stationné, ou un piéton s'apprêtant à traverser, sont couverts dans les mêmes conditions.
Le processus d'indemnisation selon la loi Badinter
Une infographie pour comprendre le parcours étape par étape :
Les grandes étapes sont les suivantes : déclaration du sinistre auprès des assureurs, désignation d'un médecin expert, consolidation de l'état de santé, évaluation des préjudices selon la nomenclature Dintilhac, offre d'indemnisation de l'assureur, puis — si l'offre est insuffisante — saisine du juge.
Pour en savoir plus : Quelles sont les grandes étapes de l'indemnisation des victimes d'accidents de la route ?
Quel montant d'indemnisation pour un AVP ?
L'indemnisation d'un accident de la voie publique varie considérablement selon la nature et la gravité des séquelles. Elle couvre l'ensemble des préjudices corporels définis par la nomenclature Dintilhac : déficit fonctionnel temporaire et permanent, préjudice esthétique, souffrances endurées (pretium doloris), perte de gains professionnels, besoin d'assistance tierce personne, préjudice d'agrément, etc.
À titre d'exemple, un piéton renversé avec fracture sévère et séquelles permanentes peut prétendre à une indemnisation de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers d'euros selon l'étendue du dommage et son impact sur la vie professionnelle et personnelle.
- Barème d'indemnisation des accidents de la route
- Calcul du dommage corporel
- Les préjudices corporels
- Exemple d'indemnisation de victimes d'accident de la route
Le saviez-vous ? La provision : une avance sur indemnisation à demander dès les premiers jours
Peu de victimes d'AVP le savent : dès la phase aiguë, avant même la consolidation de l'état de santé, il est possible — et recommandé — de demander une provision sur indemnisation à l'assureur du responsable. Cette avance est destinée à couvrir les frais immédiats : frais médicaux non remboursés, aménagements du domicile, aide humaine, perte de revenus provisoire.
La loi Badinter impose à l'assureur du responsable de formuler une offre d'indemnisation provisionnelle dans un délai de huit mois à compter de l'accident, que les blessures soient ou non consolidées. Si l'assureur ne respecte pas ce délai, le montant de l'indemnité produira des intérêts de retard calculés au double du taux légal.
Dans la pratique, les assureurs proposent des provisions souvent très inférieures aux besoins réels de la victime — en particulier lorsque les séquelles sont lourdes ou que la victime exerçait une activité professionnelle. L'avocat spécialisé peut agir rapidement pour obtenir une provision judiciaire via une procédure en référé, c'est-à-dire une décision de justice rapide, sans attendre l'issue du dossier au fond.
Ne signez aucun document de quittance ou de transaction avant d'avoir consulté un avocat : une transaction signée trop tôt, avant consolidation, pourrait vous priver définitivement de toute indemnisation complémentaire, même en cas d'aggravation ultérieure de votre état de santé. Voir : Nomenclature Dintilhac et Expertise médicale.
Délais de prescription : ne laissez pas vos droits s'éteindre
En matière de dommage corporel, le délai de prescription est de 10 ans à compter de la consolidation de l'état de santé de la victime (art. 2226 du Code civil). Ce délai est long, mais il court souvent à l'insu des victimes. Certains accidents de l'enfance, certaines séquelles tardives ou certaines aggravations peuvent rouvrir ce délai — à condition d'agir à temps.
Ne tardez pas à consulter un avocat spécialisé pour faire le point sur votre situation.
Le saviez-vous ? Conducteur non assuré ou en fuite : le FGAO prend le relais
L'un des cauchemars des victimes d'AVP : l'auteur de l'accident prend la fuite, ou l'on découvre qu'il n'était pas assuré. Dans ces deux situations, la victime n'est pas sans recours. Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) a précisément pour mission d'indemniser les victimes d'accidents causés par des conducteurs non identifiés, non assurés ou dont l'assureur est insolvable.
Le FGAO intervient en dernier ressort, dans les conditions suivantes : l'accident a eu lieu sur le territoire français, il implique un véhicule terrestre à moteur, et la victime ne peut pas obtenir réparation par les voies ordinaires.
La saisine du FGAO obéit à des délais stricts (article R. 421-12 du Code des assurances) : 3 ans à compter de l'accident lorsque l'auteur est inconnu (cas typique du délit de fuite), et 1 an à compter de la transaction ou de la décision de justice définitive lorsque l'auteur est identifié mais non assuré. Le délai pour assigner le FGAO en justice est de 5 ans à compter de l'accident. Une erreur de délai entraîne la forclusion : la vigilance procédurale est ici essentielle.
La procédure FGAO est complexe et semée de pièges : formulaires spécifiques, justificatifs précis, délais impératifs. Une erreur de forme peut entraîner l'irrecevabilité du dossier. De plus, le FGAO dispose de son propre médecin-conseil et tend, comme tout organisme payeur, à minimiser les préjudices retenus.
Le recours à un avocat spécialisé en dommage corporel est particulièrement décisif dans ce type de dossier. Maître Joëlle Marteau-Péretié constitue et dépose les dossiers FGAO pour ses clients depuis ses cabinets de Lille et Paris, et assure le suivi jusqu'à l'indemnisation définitive.
Distinguer AVP accident de vie privée et accident de la voie publique
L'acronyme AVP prête à confusion : il désigne à la fois l'accident de la voie publique (accident de circulation) et l'accident de la vie privée (accident domestique, de loisir, etc.). Ce sont deux régimes juridiques distincts.
L'accident de la vie privée peut être pris en charge par une garantie accidents de la vie (GAV) souscrite auprès d'un assureur. L'accident de la voie publique relève quant à lui de la loi Badinter ou du droit commun selon les circonstances.
Distinguer AVP accident de vie privée et accident de la voie publique >
Pourquoi recourir à un avocat en cas d'AVP ?
Les dossiers d'indemnisation d'accidents de la voie publique sont juridiquement et médicalement complexes. Les assureurs disposent de leurs propres médecins-conseils et de stratégies bien rodées pour minimiser les offres d'indemnisation. Face à eux, la victime seule est en situation de faiblesse.
Maître Joëlle Marteau-Péretié, avocate spécialisée en droit du dommage corporel, intervient depuis ses cabinets de Lille et de Paris dans tous les dossiers AVP : piétons renversés, cyclistes percutés, passagers blessés, victimes de nouvelles mobilités. Elle prend contact avec les compagnies d'assurances — celle de la victime et celle du responsable — pour obtenir une provision sur indemnisation dans l'attente de l'expertise médicale, puis défend les intérêts de la victime à chaque étape du processus.
En cas d'accident de piéton, de traumatisme crânien — même léger — ou de blessures graves, le recours à un avocat spécialisé en traumatismes crâniens est impératif. Les séquelles neurocognitives sont souvent sous-évaluées dans les expertises initialement diligentées par les assureurs.
En cas d'accident, constituez dès le départ votre dossier : témoignages, photographies, procès-verbal de police ou gendarmerie, dossier médical. Ces éléments seront déterminants pour l'évaluation de votre dommage corporel.
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FAQ — Accident de la voie publique (AVP) : vos questions, nos réponses
Qu'est-ce qu'un AVP en droit français ?
Un accident de la voie publique (AVP) est un accident de circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur, survenu de manière imprévisible et soudaine, ayant causé un dommage corporel à une victime. Il ouvre droit à l'application de la loi Badinter lorsque ses trois conditions sont réunies.
La loi Badinter s'applique-t-elle automatiquement ?
Non. La loi Badinter s'applique dès lors que les trois conditions sont remplies : un VTAM impliqué, une victime corporelle, un lien de causalité établi. Si l'une de ces conditions fait défaut, c'est le droit commun (art. 1240 du Code civil) qui s'applique — avec la charge de la preuve pour la victime.
Un piéton peut-il être indemnisé même s'il a traversé hors des clous ?
Oui, dans la grande majorité des cas. La loi Badinter protège fortement les victimes non conductrices. Le comportement fautif du piéton ne peut réduire son indemnisation que s'il constitue une faute inexcusable — une notion strictement interprétée par les tribunaux.
Un cycliste renversé par une voiture est-il couvert par la loi Badinter ?
Oui. Le cycliste victime d'un véhicule terrestre à moteur bénéficie de la protection intégrale de la loi Badinter. Il peut prétendre à l'indemnisation de l'ensemble de ses préjudices corporels.
Que se passe-t-il si le conducteur responsable prend la fuite ou n'est pas assuré ?
La victime peut saisir le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO), qui se substitue à l'assureur défaillant ou absent. L'avocat constitue et dépose le dossier auprès du FGAO.
Quel est le délai pour agir après un AVP ?
Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation de l'état de santé de la victime. Ce délai peut être suspendu ou interrompu dans certaines circonstances. Il est fortement conseillé de consulter un avocat rapidement après l'accident pour ne pas compromettre vos droits.
Comment se déroule l'expertise médicale dans un AVP ?
L'assureur mandate un médecin-expert pour évaluer les séquelles de la victime. Il est vivement recommandé d'être accompagné d'un médecin de recours et d'un avocat lors de cette expertise, afin d'éviter une sous-évaluation des préjudices.
La trottinette électrique est-elle un VTAM ?
Oui. Les trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnels motorisés (EDPM) sont classés parmi les VTAM depuis le décret du 23 octobre 2019. Un piéton percuté par une trottinette électrique peut donc invoquer la loi Badinter.
Puis-je être indemnisé si je suis passager dans le véhicule responsable ?
Oui. Le passager d'un véhicule impliqué dans un AVP, y compris le véhicule dont le conducteur est responsable, bénéficie du droit à indemnisation intégrale au titre de la loi Badinter. Voir : Indemnisation des passagers victimes d'accident corporel.
Un avocat est-il indispensable pour être indemnisé après un AVP ?
Non obligatoire légalement, mais fortement recommandé. Les assureurs proposent systématiquement des offres inférieures aux montants que les juridictions accordent. L'avocat spécialisé en dommage corporel vous permet d'obtenir une indemnisation réellement à la hauteur de vos préjudices.
Bibliographie et sources
- Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 dite loi Badinter — tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la circulation
- Code civil, art. 1240 (responsabilité pour faute) et art. 2226 (prescription en dommage corporel)
- Nomenclature Dintilhac — Rapport du groupe de travail chargé d'élaborer une nomenclature des préjudices corporels (2005)
- ONISR — Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière, Bilan de l'accidentalité de l'année 2023
POUR EN SAVOIR PLUS :
- Accident de voiture & Préjudices corporels : Comment être indemnisé ?
- Indemnisation d’un accident de moto ou de deux roues
- L'AVP : L'accident de la voie publique et son indemnisation optimisée
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- Victimes d’accidents de la circulation. Guide complet pour se défendre
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