Article mis à jour le 03 Août 2026
En résumé
- L'étude préalable du dossier n'est pas facturée : elle sert à vérifier qu'il tient debout.
- Aucune intervention sans convention d'honoraires écrite, imposée par la loi.
- La rémunération associe un honoraire de diligences et un honoraire de résultat.
- Un honoraire fixé exclusivement au résultat est interdit : méfiez-vous du « 100 % au succès ».
- L'assiette du pourcentage est le point à vérifier avant de signer.
- Protection juridique et aide juridictionnelle permettent souvent de ne rien avancer.
Deux questions, pas une
Quand on vient d'être blessé et que les revenus s'arrêtent, la première question qui vient est légitime et parfaitement compréhensible : combien cela coûte-t-il ? Cette page y répond précisément, chiffres et modalités à l'appui.
Mais il en existe une seconde, au moins aussi déterminante, et que presque personne ne se pose au moment où elle compte : combien cela coûte-t-il de s'en passer ? Elle n'a rien de rhétorique. Elle a une réponse concrète, qui se lit dans la composition des offres d'assurance et dans les postes qui n'y figurent pas.
Nous traiterons donc les deux. La première d'abord, parce qu'il faut savoir à quoi l'on s'engage ; la seconde ensuite, parce que c'est elle qui éclaire la décision. Précisons d'emblée un point qui allège la première : les honoraires d'un avocat en droit du dommage corporel sont, pour une large part, différés et adossés au résultat.

Une étude préalable gratuite, et franche
Le cabinet examine votre situation sans facturer cette première étape. Elle sert à quatre choses : comprendre vos droits, apprécier le potentiel réel du dossier, répondre à vos questions, et décider en connaissance de cause.
Elle sert aussi à vous dire non. Si l'offre déjà reçue est correcte, on vous le dit ; si le dossier est fragile, on vous le dit aussi. Certaines situations ne justifient objectivement pas le recours à un avocat : nous les avons recensées dans les cas où vous n'avez pas besoin d'un avocat.
Comment se construit l'honoraire
La rémunération d'un avocat en dommage corporel associe presque toujours deux composantes, et une troisième existe pour les demandes ponctuelles.
| Composante | Ce qu'elle couvre | Quand elle est due |
| Honoraire de diligences | Analyse du dossier, constitution du dossier médical, correspondances, assistance à expertise, négociation | À l'ouverture ou de façon échelonnée |
| Honoraire de résultat | Complément calculé en pourcentage des sommes obtenues, autour de 10 % selon la pratique | Au moment du règlement de l'indemnisation |
| Honoraire horaire | Consultation isolée, avis sur pièces, question ponctuelle | À la prestation |
Le détail des modalités appliquées par le cabinet figure sur notre page honoraires.
Le point que personne ne vérifie : l'assiette
Un pourcentage ne veut rien dire sans son assiette. Se calcule-t-il sur la totalité de l'indemnisation, ou seulement sur la part obtenue au-delà de l'offre initiale de l'assureur ? Sur un dossier où l'assureur proposait déjà une somme substantielle, l'écart entre les deux formules est considérable.
Posez la question avant de signer, et vérifiez que la réponse figure dans la convention. Un cabinet qui répond clairement sur ce point vous en dira plus sur sa manière de travailler que n'importe quelle plaquette.
💡 Bon à savoir — un honoraire fixé exclusivement en fonction du résultat judiciaire est interdit par l'article 10 de la loi du 31 décembre 1971. Seule est licite la convention qui, outre la rémunération des prestations effectuées, prévoit un honoraire complémentaire fonction du résultat. Une annonce du type « honoraires uniquement au succès, sinon rien » n'est donc pas conforme.
La convention d'honoraires : la transparence n'est pas une option
Toute collaboration débute par la signature d'une convention d'honoraires écrite. Ce n'est pas un usage commercial que le cabinet aurait choisi d'adopter : c'est une obligation légale, et elle existe pour vous protéger.
Sa vertu est simple : rien ne peut vous être réclamé qui n'y figure pas. Vous savez, avant de vous engager, ce que vous devrez, à quel moment, et sur quelle base le calcul sera fait. Aucune facture ne peut apparaître en cours de route sans avoir été annoncée. Prenez le temps de la lire et de poser vos questions : un avocat qui travaille correctement prendra celui de vous expliquer chaque clause, et n'aura aucune raison de s'en agacer.
Six points doivent y figurer noir sur blanc :
- Le périmètre de la mission : phase amiable seule, ou amiable et judiciaire.
- Le mode de calcul, partie fixe et partie variable.
- L'assiette du pourcentage.
- Le calendrier des paiements et la possibilité d'un échelonnement.
- Le sort des frais du dossier, distincts des honoraires.
- Les modalités de fin de mission si vous décidez d'interrompre.
Cette convention n'est pas une formalité administrative : c'est votre protection. Elle vous permet de savoir, avant de vous engager, ce que vous devrez et à quel moment.
Un intérêt strictement partagé
C'est sans doute l'aspect le plus rassurant de la relation avec un avocat en dommage corporel, et il ne tient pas à une déclaration d'intention : il est inscrit dans la structure même de la rémunération. Une partie de celle-ci dépend de ce que vous percevez. Si votre indemnisation progresse, celle de votre conseil suit ; si elle stagne, il n'y gagne rien.
Cette convergence produit quatre effets très concrets, et vérifiables.
- Votre avocat n'a aucun intérêt à un règlement rapide et bas. C'est exactement l'inverse de la logique du régleur d'assurance, dont le métier est de clore les dossiers vite et au meilleur coût pour sa compagnie.
- Il n'a pas davantage intérêt à faire durer. Un dossier qui s'éternise mobilise du temps sans rémunération supplémentaire : la lenteur ne rapporte à personne, sauf à l'assureur.
- Il n'engage pas un dossier qu'il juge perdu d'avance. L'analyse préalable est donc, en elle-même, une évaluation honnête de la solidité de votre réclamation — et si elle est négative, on vous le dira.
- Il cherche les postes oubliés, parce que c'est là que se trouve la valeur du dossier, pour vous comme pour lui.
Vous n'êtes donc pas un client face à un prestataire dont les intérêts divergeraient des vôtres. Vous êtes deux personnes qui poussent dans le même sens, face à une compagnie dont la logique économique est, elle, rigoureusement opposée à la vôtre.
Le travail porte sur les postes, pas sur le montant global. L'écart entre une offre acceptée seule et une indemnisation négociée ne vient presque jamais d'un désaccord sur un chiffre : il vient de postes absents de l'offre. Incidence professionnelle, préjudice d'agrément, tierce personne temporaire, frais divers — ce sont les grands oubliés, et un poste qui ne figure pas dans la réclamation n'est jamais proposé spontanément. La liste complète figure dans la nomenclature Dintilhac, et des cas chiffrés poste par poste figurent sur notre page montants réels et exemples d'indemnisation.
L'autre question : combien coûte de s'en passer ?
Sacha Guitry disait qu'« il y a deux types d'économies : les économies qui font gagner de l'argent, et les économies qui en font perdre ». Appliquée à l'indemnisation d'un dommage corporel, la formule cesse d'être un bon mot : elle décrit un mécanisme.
Renoncer à être défendu ne fait pas économiser des honoraires. Cela transfère à la victime seule une négociation technique face à un professionnel dont c'est le métier quotidien. Voici, concrètement, ce que cette économie coûte.
Les postes qui ne figurent pas dans l'offre
Une offre d'assurance n'est pas fausse : elle est incomplète. Incidence professionnelle, préjudice d'agrément, assistance par tierce personne temporaire, frais divers, préjudice d'établissement — ces postes n'apparaissent pas spontanément. Non par malveillance, mais parce que personne ne les a réclamés. Un poste absent de la réclamation n'est jamais proposé.
L'expertise qui se déroule sans contradiction
Le rapport d'expertise fixe les taux et les durées qui serviront de base à tout le calcul. Une victime seule face au médecin de la compagnie ne sait ni ce qu'il faut décrire, ni ce qui doit être coté, ni comment obtenir la mention d'un trouble qu'elle juge secondaire et qui pèsera lourd. Ce qui n'est pas dit ce jour-là ne se rattrape pratiquement jamais.
Le barème que l'on ne connaît pas
Les compagnies appliquent des référentiels internes, généralement moins favorables que ceux retenus par les juridictions. Sans point de comparaison, une offre paraît raisonnable — elle l'est rarement au regard de ce qu'un tribunal aurait alloué.
La signature qui ferme tout
C'est le coût le plus lourd et le plus irréversible. Une transaction signée éteint la réclamation pour tous les postes qu'elle mentionne comme pour ceux qu'elle omet. La découverte, six mois plus tard, d'un préjudice oublié n'y change rien.
Voilà pourquoi la comparaison ne se fait pas entre « payer un avocat » et « ne rien payer », mais entre une dépense partiellement différée et récupérable d'un côté, et de l'autre une perte définitive et non chiffrée. Ce sont bien les deux types d'économies dont parlait Guitry.
Comparer deux propositions d'honoraires
Beaucoup de victimes consultent deux ou trois cabinets, puis comparent les pourcentages annoncés. C'est le pire critère possible, parce qu'un pourcentage seul ne dit rien. Cinq questions permettent une comparaison réelle.
- Sur quoi porte le pourcentage ? Totalité de l'indemnisation, ou seulement la part obtenue au-delà de l'offre initiale. C'est la question la plus importante, et de loin.
- Que couvre l'honoraire de diligences ? L'assistance à l'expertise médicale en fait-elle partie, ou sera-t-elle facturée en plus ?
- La mission s'arrête-t-elle à l'amiable ? Si le dossier part en justice, un nouvel accord sera-t-il nécessaire, et à quelles conditions ?
- Les frais du dossier sont-ils inclus ? Médecin-conseil, consignation d'expertise, déplacements : ce sont des dépenses distinctes, elles doivent être annoncées comme telles.
- Le pourcentage est-il exprimé TTC ou HT ? L'écart n'est pas anecdotique.
Un cabinet qui répond précisément à ces cinq questions, par écrit, vous en apprend davantage sur sa manière de travailler que n'importe quel argumentaire.
Et si votre assureur propose de payer l'avocat ?
C'est une situation fréquente lorsque vous disposez d'une garantie protection juridique : l'assureur propose « son » avocat, présenté comme la solution simple et gratuite. Deux choses méritent d'être sues.
D'abord, le libre choix de l'avocat vous appartient : votre assureur peut prendre en charge les honoraires, il ne peut pas vous imposer le conseil. Ensuite, l'avocat proposé travaille régulièrement pour cet assureur, ce qui pose une question d'indépendance que vous êtes en droit de considérer — sans en faire un procès d'intention.
La bonne démarche consiste à faire jouer la garantie et à choisir votre avocat. Le détail des plafonds, des barèmes de prise en charge et des pièges figure dans protection juridique : ce que votre assureur ne vous dit pas.
Peut-on perdre de l'argent en prenant un avocat ?
La question est légitime et mérite une réponse précise plutôt que rassurante.
L'honoraire de résultat, par construction, n'est dû que sur les sommes effectivement perçues : s'il n'y a pas de résultat, il n'y a pas d'honoraire de résultat. Reste l'honoraire de diligences, dont le montant est connu dès la signature de la convention. C'est ce montant-là, et lui seul, qui constitue le risque financier — et il est chiffré à l'avance, pas découvert en cours de route.
Deux mécanismes le réduisent encore : l'étude préalable, qui écarte les dossiers sans fondement, et les dispositifs de prise en charge examinés ci-dessous.
Les autres frais du dossier
Les honoraires rémunèrent l'avocat. Le dossier génère d'autres dépenses, qu'il ne faut pas confondre avec eux — et dont la plupart se récupèrent.
| Frais | Qui l'avance | Comment il revient |
| Expertise du médecin de l'assureur | L'assureur | Sans objet |
| Médecin-conseil de victimes | Vous | Poste « frais divers » de l'indemnisation |
| Expertise judiciaire (consignation) | La partie désignée par le juge | Dépens, à la charge de la partie perdante |
| Spécialiste consulté en amont | Vous | Frais divers, si le lien avec l'accident est établi |
Le mécanisme complet est expliqué sur notre page qui paye la défense des victimes. Et parce que ces avances tombent au pire moment, elles se financent souvent grâce aux provisions obtenues en cours de procédure.

Des modalités adaptées à votre situation
Une victime d'accident voit ses revenus baisser au moment précis où ses charges augmentent. Il serait absurde que la défense de ses droits devienne une difficulté financière de plus. Le cabinet en tient compte, et le dit clairement plutôt que de laisser la question en suspens.
Concrètement, plusieurs aménagements sont proposés selon les situations :
- Un paiement échelonné, calé sur ce que votre budget peut réellement supporter.
- Un règlement différé, dans l'attente des provisions versées par l'assureur en cours de procédure.
- Le report de l'essentiel de la rémunération au moment où l'indemnisation est perçue.
- Des arrangements individualisés lorsque la situation le justifie.
Cette souplesse n'est pas une faveur consentie au cas par cas : elle découle d'une conviction simple, qui est que l'accès à une défense compétente ne doit pas dépendre de l'état d'un compte bancaire au lendemain d'un accident.
Ne rien avancer : les trois voies
- La garantie protection juridique, présente dans beaucoup de contrats auto, habitation ou carte bancaire, souvent à l'insu de l'assuré. Elle prend en charge tout ou partie des honoraires et vous laisse le libre choix de votre avocat, comme vu plus haut.
- L'aide juridictionnelle, sous conditions de ressources, totale ou partielle.
- L'échelonnement adossé aux provisions obtenues, qui décale la charge sans la supprimer.
Le comparatif complet figure dans comment financer un avocat en dommage corporel sans rien avancer.
Chaque victime a le droit d'être défendue
Il faut le dire sans détour, parce que beaucoup de victimes y renoncent par crainte du coût, et que ce renoncement est le plus mauvais calcul qui soit.
Le droit à réparation intégrale n'est pas réservé à ceux qui ont les moyens de se le payer. Entre l'aide juridictionnelle, la garantie protection juridique dont beaucoup ignorent disposer, l'échelonnement des honoraires et la part différée adossée au résultat, il existe presque toujours une combinaison qui rend la défense accessible. Encore faut-il poser la question — et c'est précisément l'objet du premier échange, qui ne coûte rien.
À l'inverse, la victime qui renonce se retrouve seule face à un régleur d'assurance dont c'est le métier quotidien, avec une nomenclature de préjudices qu'elle ne connaît pas et des barèmes qu'elle n'a jamais vus. L'asymétrie est totale, et elle se lit dans les montants.
Ne laissez donc pas la question financière décider à votre place. Elle a des réponses.
Questions fréquentes
Quand faut-il payer les honoraires ?
L'honoraire de diligences est dû à l'ouverture ou de façon échelonnée selon la convention ; l'honoraire de résultat est dû au moment du règlement de l'indemnisation, donc à la fin.
Puis-je bénéficier de l'aide juridictionnelle ?
Oui, sous conditions de ressources, totalement ou partiellement. C'est l'un des premiers points vérifiés lors de l'étude du dossier.
Mon assurance protection juridique peut-elle payer mon avocat ?
Souvent oui, et vous conservez le libre choix de votre avocat : votre assureur ne peut pas vous en imposer un. Vérifiez vos contrats auto, habitation et carte bancaire.
Que se passe-t-il si je n'obtiens aucune indemnisation ?
L'honoraire de résultat n'est pas dû. Reste l'honoraire de diligences, dont le montant figure dans la convention signée au départ.
Les honoraires sont-ils négociables ?
Ils se discutent, comme leurs modalités : échelonnement, périmètre de la mission, assiette du pourcentage. Tout doit ensuite figurer dans la convention.
Puis-je changer d'avocat en cours de procédure ?
Oui, à tout moment et sans justification. Les honoraires déjà engagés sont réglés au prorata des diligences accomplies, et une contestation reste possible devant le bâtonnier.
Combien de temps dure une procédure d'indemnisation ?
Deux à quatre ans en voie amiable après la consolidation, davantage en judiciaire — mais des délais légaux s'imposent à l'assureur, et leur non-respect est sanctionné.
Une association d'aide aux victimes ne suffit-elle pas ?
Les associations apportent un soutien précieux, notamment humain et administratif. Elles ne plaident pas et n'assistent pas à l'expertise médicale contradictoire : les deux accompagnements sont complémentaires, pas substituables.
Que se passe-t-il si le jugement me paraît insuffisant ?
L'appel reste ouvert : voyez faire appel d'un jugement insuffisant. La question de l'opportunité d'aller en justice est traitée dans voie amiable ou voie judiciaire.
Avant de vous engager
Un premier échange permet de savoir où en est votre dossier, ce qui manque à la réclamation, et quelle formule d'honoraires lui correspond : 06 84 28 25 95. Le cabinet de Maître Joëlle Marteau-Péretié intervient exclusivement pour les victimes, à Lille et à Paris.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé : chaque dossier est unique.


AJOUTER UN COMMENTAIRE :
Pour commenter cet article vous devez vous authentifier. Si vous n'avez pas de compte, vous pouvez en créer un.