En bref : aucun simulateur en ligne ne peut chiffrer une indemnisation de dommage corporel, parce qu'il n'existe pas de barème officiel en France et que la réparation se fait poste par poste, au cas par cas. Ce que vous pouvez en revanche établir vous-même, avant toute expertise : les quatre composantes qui déterminent votre taux d'AIPP (atteinte anatomo-fonctionnelle, douleurs permanentes, retentissement psychologique, répercussions sur la vie quotidienne) et la liste des postes de préjudice qui, dans votre situation, s'ajoutent à ce taux sans y être inclus — souffrances endurées, préjudice d'agrément, incidence professionnelle, tierce personne, préjudice sexuel, frais futurs. C'est cette grille de lecture, et non un chiffre, qui vous permet de juger si une offre est complète. Les deux tableaux ci-dessous la détaillent — y accéder directement ou télécharger la grille en PDF.

Mis à jour le 28 août 2026.

Vous venez de subir un accident. Vous tapez « combien vais-je toucher pour mon dommage corporel ? » sur Google. En quelques secondes, vous tombez sur un simulateur d'indemnisation brillant, moderne, rassurant. Vous entrez vos données : traumatisme crânien, 15 % d'AIPP, 90 jours d'ITT. Le site calcule. Un chiffre s'affiche.

Vous respirez. Vous vous dites : « Au moins, je sais à quoi m'attendre. »

Ce chiffre ne veut rien dire. Non parce qu'il serait mal calculé, mais parce que la donnée qu'il prétend produire — le montant de votre indemnisation — ne se calcule pas de cette façon en droit français.

Cet article explique pourquoi, ce que ces outils ignorent structurellement, et surtout ce que vous pouvez établir vous-même à la place.

Avocat en dommage corporel à Lille et Paris
À lire : Individualisation contre barèmes : ce que vous pouvez perdre en acceptant leur offre

Pourquoi aucun barème ne peut donner votre montant

Le droit français de la réparation repose sur un principe constant : la réparation intégrale du préjudice, sans perte ni profit pour la victime. Ce principe n'est pas écrit dans un article unique du Code civil — il découle de la responsabilité civile des articles 1240 et suivants, et c'est la jurisprudence constante de la Cour de cassation qui en fixe la portée.

Sa conséquence pratique est décisive : votre indemnisation doit refléter votre situation, vos souffrances, vos pertes économiques. La Cour de cassation censure de façon constante les évaluations fixées par référence automatique à un barème, sans appréciation concrète du dossier.

Or que fait un simulateur ? Il vous ramène à une moyenne. Il prend un taux d'AIPP, applique une formule, et ignore :

  • Votre profession et les perspectives de carrière perdues
  • Votre âge et les répercussions sur des décennies de vie active
  • Vos activités, vos loisirs, votre vie sociale
  • Les troubles cognitifs, invisibles mais handicapants
  • Le besoin en tierce personne, souvent minimisé par pudeur
  • Les frais d'aménagement du domicile et du véhicule
  • Le préjudice sexuel, rarement évoqué spontanément
  • L'impact sur le couple et sur les proches

Les référentiels indicatifs — Mornet, Gazette du Palais — existent bel et bien, mais ce sont des outils de travail donnant des fourchettes, que les juges adaptent poste par poste. Il n'existe aucun barème officiel opposable, et prendre le bas d'une fourchette pour un montant dû est précisément l'erreur que ces outils propagent.

Ce que vous pouvez estimer vous-même, et ce qu'aucun outil ne peut calculer

C'est le cœur du problème : la bonne question n'est pas « combien vaut mon dossier ? » mais « mon dossier est-il complet ? ». À cette seconde question, vous pouvez répondre vous-même, et cela change tout dans la discussion avec l'assureur.

1. Comprendre ce qui compose votre taux d'AIPP

Le taux d'AIPP (atteinte à l'intégrité physique et psychique), également appelé déficit fonctionnel permanent, est fixé par le médecin expert au moment de la consolidation. Il n'est pas un chiffre arbitraire : il agrège quatre composantes, que vous pouvez préparer et documenter avant l'expertise.

Composante du taux Ce que l'expert apprécie Ce que vous pouvez documenter
Atteinte anatomo-physiologique La lésion et la limitation fonctionnelle objectivées (mobilité, force, sensibilité) Comptes rendus opératoires, imagerie, bilans de rééducation, mesures d'amplitude
Douleurs permanentes Les douleurs qui subsistent après consolidation, leur fréquence et leur intensité Ordonnances d'antalgiques au long cours, suivi en centre de la douleur, journal de douleur daté
Retentissement psychologique L'anxiété, les troubles du sommeil, l'état de stress post-traumatique séquellaire Comptes rendus de suivi psychologique ou psychiatrique, traitements en cours
Répercussions sur la vie quotidienne Ce que vous ne pouvez plus faire seul, ou plus faire du tout, au quotidien Attestations de proches circonstanciées, bilan ergothérapique, description d'une journée type

Un dossier documenté sur ces quatre axes n'aboutit pas au même taux qu'un dossier qui repose sur le seul examen clinique du jour de l'expertise. C'est le premier levier, et il est entre vos mains. Si le taux retenu vous paraît insuffisant, il se discute : voyez contester son taux d'AIPP après une expertise médicale.

2. Vérifier quels postes s'ajoutent à ce taux

C'est l'erreur la plus coûteuse, et celle que tous les simulateurs entretiennent : croire que le taux d'AIPP résume l'indemnisation. Il ne couvre qu'un poste parmi une vingtaine. La nomenclature Dintilhac les classe ; voici ceux qui sont le plus souvent oubliés dans une offre.

Poste de préjudice Inclus dans le taux d'AIPP ? Ce qui le déclenche
Souffrances endurées (pretium doloris) Non — poste distinct Douleurs, soins et interventions avant la consolidation, cotées de 1 à 7
Préjudice d'agrément Non — poste autonome Impossibilité de poursuivre une activité sportive ou de loisir pratiquée avant l'accident
Préjudice esthétique Non Cicatrices, boiterie, appareillage visible — coté séparément, temporaire et permanent
Préjudice sexuel Non — poste autonome Atteinte morphologique, à l'acte ou à la fertilité
Tierce personne (temporaire et permanente) Non Besoin d'aide humaine, y compris assurée par un proche à titre gratuit
Incidence professionnelle Non — distincte de la perte de salaire Pénibilité accrue, promotions perdues, retraite amputée, reconversion imposée
Pertes de gains professionnels Non Revenus perdus avant et après consolidation
Frais futurs et dépenses de santé Non Soins à vie, appareillage renouvelable, adaptation du logement et du véhicule
Préjudices des proches Non — droit propre Préjudice d'affection et bouleversement des conditions d'existence des victimes par ricochet

Le test à faire sur l'offre que vous avez reçue : ligne par ligne, chacun de ces postes est-il chiffré, ou seulement mentionné, ou absent ? Un poste absent n'est pas un poste refusé — c'est un poste oublié, et cela se rattrape tant que rien n'est signé. La méthode complète figure dans notre guide sur la vérification d'une offre d'indemnisation poste par poste.

3. Ce qu'aucun outil, et aucune grille, ne peut faire à votre place

Une fois les postes identifiés, leur valorisation en euros dépend de la jurisprudence applicable, de la juridiction, de votre âge au moment de la consolidation, des coefficients de capitalisation en vigueur et de la façon dont chaque poste est démontré. C'est là que s'arrête ce que vous pouvez faire seul, et c'est aussi là que se joue l'essentiel de l'écart entre une offre et une indemnisation complète.

Les sept limites structurelles des simulateurs

1. Le mythe du « barème officiel »

Les simulateurs invoquent des « barèmes officiels » ou des « références de cours d'appel ». Il n'existe aucun barème officiel opposable en France. Les référentiels indicatifs donnent des fourchettes que les juges adaptent ; un algorithme, lui, applique une formule fixe. Le chiffre affiché n'a donc aucune assise juridique.

2. L'oubli des préjudices non compris dans le taux

Un simulateur vous demande votre taux d'AIPP. Derrière 12 %, il peut y avoir un syndrome post-commotionnel, des troubles du sommeil chroniques, une atteinte à la vie intime, l'abandon d'une activité sportive, une perte de chance professionnelle. Tous sont indemnisables séparément, aucun n'est inclus dans le taux — c'est exactement ce que montre le second tableau ci-dessus.

3. La capitalisation des préjudices permanents

Vous avez 35 ans et vous aurez besoin de deux heures d'aide humaine par jour à vie. Un simulateur multiplie : 2 h × 365 jours × coût horaire × années restantes. Le calcul de la tierce personne permanente obéit à des règles de capitalisation qui font intervenir les tables de mortalité, le barème de capitalisation retenu, l'évolution du besoin avec l'âge, les charges sociales en emploi direct et les frais de gestion en service prestataire. Une multiplication linéaire ne peut pas produire le bon résultat.

4. L'incidence professionnelle, ramenée à une soustraction

Vous gagniez un certain salaire, vous en gagnez un moindre après reprise à mi-temps thérapeutique. Un simulateur soustrait, puis multiplie par le nombre d'années. Or l'incidence professionnelle est un poste distinct de cette perte de salaire : elle répare la pénibilité accrue, les primes et avantages perdus, les promotions qui n'auront pas lieu, la retraite minorée par des cotisations réduites, la perte de mobilité professionnelle. Ce sont deux lignes différentes dans une offre, et l'une des deux manque presque toujours.

5. Les souffrances endurées, réduites à un forfait par cote

Une cote de pretium doloris à 4/7 ne correspond pas à un montant fixe. Les souffrances endurées s'apprécient à partir du parcours réel : durée d'hospitalisation, nombre d'interventions, intensité de la rééducation, douleurs quotidiennes, angoisse liée au pronostic. Deux victimes portant la même cote peuvent être indemnisées différemment, et c'est normal.

6. L'indifférence au régime applicable

Loi Badinter pour la route, garantie accidents de la vie pour l'accident domestique, ONIAM pour l'accident médical, faute inexcusable en accident du travail : chaque régime a ses propres règles, ses propres postes indemnisables et ses propres plafonds. Un simulateur générique ne fait aucune distinction. En GAV, par exemple, tout dépend du seuil d'AIPP et du plafond de votre contrat — voyez notre tableau comparatif des GAV par assureur.

7. L'effet d'ancrage

C'est la limite la plus sérieuse. Un chiffre affiché devient une référence mentale. Si l'offre de l'assureur s'en approche, elle paraît raisonnable — indépendamment de ce que le dossier justifie réellement. Le simulateur ne se contente pas d'être inexact : il crée une impression de connaissance qui dissuade de vérifier.

À lire : IA et indemnisation : ce que les algorithmes des assureurs savent faire, et ce qu'ils ne savent pas faire

Pourquoi les simulateurs d'indemnisation ne peuvent pas chiffrer un dommage corporel

Qui propose ces simulateurs, et pourquoi

Un outil gratuit a toujours un modèle économique. Sur ce champ, on rencontre principalement trois types d'acteurs.

Des cabinets d'expertise et des sociétés de recours. L'outil sert d'abord à collecter des coordonnées, en vue de proposer un service payant. Certains de ces intervenants travaillent aussi, par ailleurs, pour des compagnies d'assurance : la neutralité de l'estimation n'est alors pas acquise.

Des plateformes d'intermédiation commerciale. Elles proposent de négocier à votre place contre une commission. L'assistance juridique à titre habituel et rémunéré est réservée aux avocats et à quelques professions réglementées : ces plateformes exercent en dehors de ce cadre. Le sujet est traité dans sociétés de recours ou avocat : ce qui change pour votre dossier.

Des assureurs eux-mêmes. Le conflit d'intérêts est ici direct : l'outil qui vous propose d'estimer votre indemnisation est édité par celui qui la financera.

Ce que change concrètement un poste oublié

Un cas permet de mesurer l'effet d'une offre incomplète. Il ne s'agit pas d'un dossier du cabinet mais d'une situation reconstituée à titre pédagogique, à partir de configurations fréquentes.

⚠️ Situation reconstituée — ordre de grandeur retenu à titre d'illustration, sans valeur de référence.

Une victime de 42 ans, enseignante, présente après un accident de la route un traumatisme crânien léger, une fracture du poignet droit, un taux d'AIPP de 12 %, un pretium doloris coté 4/7 et un déficit fonctionnel temporaire de 210 jours. L'offre reçue chiffre le déficit permanent, le déficit temporaire et les souffrances endurées. Elle paraît cohérente avec ce qu'affiche un simulateur, et l'écart entre les deux est faible — ce qui la rend rassurante.

Une relecture poste par poste fait apparaître ce que ni l'un ni l'autre n'a pris en compte :

  • un syndrome post-commotionnel non évalué à l'expertise (céphalées, troubles de la concentration, hypersensibilité au bruit) ;
  • une perte de chance professionnelle, le poste de direction visé avant l'accident devenant inaccessible ;
  • un préjudice d'agrément, deux activités pratiquées de longue date étant abandonnées ;
  • un besoin de tierce personne temporaire retenu bien en deçà du besoin réel sur la période la plus lourde ;
  • un préjudice sexuel évoqué en suivi psychologique mais jamais mentionné à l'expertise ;
  • des frais futurs — suivi psychologique et rééducation du poignet — non provisionnés.

Aucun de ces six postes n'est inclus dans le taux d'AIPP. Aucun n'apparaît dans l'offre. Aucun n'est calculable par un simulateur, qui ne connaît ni le parcours de soins, ni le projet professionnel, ni la vie privée de la victime. C'est là que se creuse l'écart entre une offre et une réparation intégrale — et c'est précisément le travail que la grille ci-dessus permet d'amorcer.

Les arguments avancés par les promoteurs de simulateurs

« C'est juste indicatif, pour vous donner une idée »

Une idée fausse n'est pas neutre : elle oriente les attentes et les décisions. Si l'ordre de grandeur affiché est bas, l'offre de l'assureur paraîtra correcte et la vérification n'aura pas lieu.

À lire : les tableaux d'indemnisation et ce qu'ils disent vraiment

« Nous utilisons les barèmes des cours d'appel »

Ces référentiels ne sont pas des tarifs. Ce sont des fourchettes indicatives, adaptées au cas par cas par les juges. Retenir le bas de la fourchette n'est pas une prudence : c'est un choix qui pèse sur la victime.

« Cela permet de vérifier que l'offre de l'assurance est correcte »

C'est l'usage le plus risqué. Comparer une offre à un chiffre produit selon la même logique réductrice ne vérifie rien. La seule comparaison utile est celle de l'offre avec la liste des postes applicables à votre situation, poste par poste.

« Chaque cas est unique, le simulateur ne peut pas tout prendre en compte »

C'est exact, et c'est l'aveu qui règle la question. On ne peut pas présenter un outil comme utile pour estimer une indemnisation et préciser dans le même temps qu'il ne peut pas l'estimer correctement.

L'indemnisation se construit, elle ne se calcule pas

Une indemnisation complète repose sur cinq éléments, dont aucun n'est automatisable :

  1. une expertise médicale contradictoire, menée avec un médecin-conseil qui vous assiste ;
  2. l'analyse du régime applicable et de la jurisprudence pertinente ;
  3. l'examen de votre situation personnelle, professionnelle et familiale ;
  4. la documentation de chaque poste, y compris ceux qui ne se voient pas ;
  5. une négociation argumentée ou, si nécessaire, une action judiciaire.

Ce travail s'étale sur des mois et mobilise des compétences médicales, juridiques et financières. C'est ce que résume la distinction entre calculer et construire.

La démarche à suivre

1. Ne pas attendre la consolidation pour vous informer

Les décisions prises dans les premières semaines — contenu du certificat médical initial, déclarations faites à l'assureur — pèsent sur tout le dossier. Un avocat en droit du dommage corporel intervient utilement dès ce stade.

2. Faire intervenir un médecin-conseil de victime

Ce n'est pas le médecin de l'assurance. C'est un médecin que vous choisissez, qui vous assiste pendant l'expertise et dont le rôle est d'identifier les préjudices qui, sans lui, ne seraient pas retenus. Voyez le rôle du médecin-conseil de victimes.

3. Documenter avant l'expertise, pas après

Constituez votre dossier au fil de l'eau : certificats médicaux, ordonnances, factures, arrêts de travail, bulletins de salaire, attestations d'employeur, témoignages de proches. Un préjudice non documenté est un préjudice qui ne sera pas indemnisé. Le détail poste par poste figure dans notre guide sur les preuves à réunir.

4. Ne rien signer sans avis indépendant

Une transaction signée met fin au dossier. Faites relire l'offre avant de signer : c'est le dernier moment où les postes oubliés peuvent encore être réclamés, y compris si l'offre reçue est manifestement basse.

→ Vous avez reçu une offre, ou votre taux d'AIPP vous paraît sous-évalué ? Appelez-nous au 06 84 28 25 95 (du lundi au vendredi, 9h – 19h30) pour une lecture de votre dossier poste par poste.

FAQ : vos questions sur les simulateurs d'indemnisation

Que peut-on estimer soi-même sans simulateur ?

Deux choses, et ce sont les plus utiles : les quatre composantes de votre taux d'AIPP (atteinte anatomo-fonctionnelle, douleurs permanentes, retentissement psychologique, répercussions sur la vie quotidienne), que vous pouvez documenter avant l'expertise ; et la liste des postes de préjudice applicables à votre situation, qui permet de vérifier si une offre est complète. La valorisation en euros, elle, dépend de la jurisprudence, de la juridiction et de la capitalisation : elle ne s'improvise pas.

Les simulateurs d'indemnisation sont-ils fiables ?

Non. Aucun simulateur ne peut intégrer les paramètres nécessaires à une évaluation juste : il n'existe pas de barème officiel opposable en France, et la réparation s'apprécie poste par poste, au cas par cas. Même les outils qui invoquent des référentiels appliquent des formules fixes là où les juges adaptent.

Peut-on utiliser un simulateur juste pour avoir une idée ?

C'est déconseillé, à cause de l'effet d'ancrage : un ordre de grandeur affiché devient une référence mentale et fait paraître raisonnable une offre qui ne l'est pas. Mieux vaut partir de la liste des postes applicables que d'un montant.

Comment savoir si l'offre de mon assurance est correcte ?

En la lisant poste par poste, et non en la comparant à un montant global. Reprenez la liste des postes de préjudice et vérifiez, pour chacun, s'il est chiffré, simplement mentionné ou absent. Un poste absent se réclame tant que rien n'est signé. Cette relecture se fait utilement avec un avocat en droit du dommage corporel.

Le simulateur proposé par mon assurance est-il différent ?

Il présente le même défaut de méthode, avec un conflit d'intérêts en plus : l'outil est édité par celui qui financera l'indemnisation. Il n'engage en rien la compagnie sur le montant qu'elle proposera.

Un simulateur a-t-il une valeur devant un tribunal ?

Aucune. Le juge statue sur l'expertise médicale, les pièces justificatives et l'argumentation des parties. Le résultat d'un simulateur n'est pas un élément de preuve.

Les avocats proposent-ils aussi des simulateurs ?

Certains cabinets en proposent. La question à se poser est la même quelle que soit la source : un montant annoncé sans examen du dossier médical et de la situation personnelle ne repose sur rien.

Les simulateurs sont-ils légaux ?

Publier un outil d'estimation n'est pas interdit en soi. En revanche, l'assistance juridique à titre habituel et rémunéré est réservée aux avocats et à certaines professions réglementées : les plateformes qui négocient contre commission sortent de ce cadre.

Combien coûte l'intervention d'un avocat en dommage corporel ?

Les modalités sont fixées par une convention d'honoraires écrite, signée avant toute intervention, qui précise le mode de facturation retenu. Certains contrats d'assurance comportent par ailleurs une garantie de protection juridique qui prend en charge tout ou partie des honoraires : vérifiez vos contrats avant d'engager la discussion.

Mon médecin traitant peut-il évaluer mon préjudice ?

Il documente votre état de santé, ce qui est essentiel, mais l'évaluation médico-légale relève d'une compétence distincte : celle du médecin-conseil de victime ou du médecin expert en évaluation du dommage corporel.

Bibliographie et références

  • Code civil, articles 1240 et suivants — responsabilité civile délictuelle
  • Code des assurances, articles L. 211-1 et suivants — assurance obligatoire des véhicules terrestres à moteur, offre d'indemnisation
  • Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 dite loi Badinter — indemnisation des victimes d'accidents de la circulation
  • Code de la sécurité sociale, articles L. 434-1 et suivants — accidents du travail et maladies professionnelles
  • Nomenclature Dintilhac, rapport du groupe de travail sur l'évaluation des préjudices corporels, juillet 2005
  • Référentiel indicatif d'évaluation des préjudices corporels (référentiel Mornet), édition en vigueur
  • Barème indicatif d'indemnisation publié par la Gazette du Palais et barèmes de capitalisation associés
  • Principe de réparation intégrale sans perte ni profit et prohibition de l'évaluation par référence automatique à un barème : jurisprudence constante de la Cour de cassation
  • Y. Lambert-Faivre et S. Porchy-Simon, Droit du dommage corporel — Systèmes d'indemnisation, Dalloz

En conclusion

Un simulateur d'indemnisation ne se trompe pas de calcul : il se trompe de question. Il promet un montant là où le droit français impose une évaluation individuelle, poste par poste, à partir d'une expertise médicale et de justificatifs.

La bonne démarche est l'inverse de celle qu'il propose. Ne cherchez pas un chiffre : établissez votre taux et la liste de vos postes, documentez-les, puis confrontez-y l'offre reçue. C'est la seule méthode qui permette de savoir si une proposition est complète — et elle commence, elle, dès aujourd'hui.