Vous venez de subir un accident. Vous tapez "combien vais-je toucher pour mon dommage corporel ?" sur Google. En quelques secondes, vous tombez sur un simulateur d'indemnisation brillant, moderne, rassurant. Vous entrez vos données : traumatisme crânien, 15 % d'AIPP, 90 jours d'ITT. Le site calcule. Un chiffre s'affiche : 45 780 €.
Vous respirez. Vous vous dites : "Au moins, je sais à quoi m'attendre."
Hélas, ce chiffre est un mensonge.
Non pas une approximation. Non pas une sous-estimation. Un mensonge pur et simple, qui peut vous coûter des dizaines, voire des centaines de milliers d'euros.
Je ne parle pas ici d'une simple erreur de calcul. Je parle d'un système conçu pour vous tromper, vous rassurer à bon compte, et vous conduire à accepter une offre d'assurance dérisoire en pensant qu'elle est "dans les normes".
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi TOUS les simulateurs d'indemnisation en ligne sont dangereux, pourquoi ils violent les principes fondamentaux du droit français, et surtout, comment ils vous font perdre l'argent auquel vous avez légalement droit.

À lire : Individualisation VS barèmes : combien d'argent pouvez-vous perdre en acceptant leur offre ?
Le principe de réparation intégrale : ce que les simulateurs ignorent délibérément
Commençons par le fondement même du droit de l'indemnisation en France.
L'article 1240 du Code civil pose un principe absolu : la réparation intégrale du préjudice. Cela signifie que vous devez être indemnisé de TOUS vos préjudices, dans leur intégralité, sans perte ni profit.
Ce principe a été rappelé des milliers de fois par la Cour de cassation. Il n'y a aucune ambiguïté : votre indemnisation doit refléter VOTRE situation personnelle, VOS souffrances, VOS pertes économiques, VOTRE vie bouleversée.
Or, que fait un simulateur ?
Il vous réduit à une moyenne statistique.
Il prend un taux d'AIPP de 15 % et applique un barème générique. Il ne connaît rien de votre vie. Il ignore :
- Votre profession exacte et les perspectives de carrière perdues
- Votre âge et les répercussions sur 40 ans de vie active
- Vos passions, vos loisirs, votre vie sociale détruite
- Les troubles cognitifs invisibles mais dévastateurs
- Le besoin en tierce personne que vous minimisez par pudeur
- Les frais d'aménagement de votre domicile
- Le préjudice sexuel dont vous n'osez pas parler
- L'impact sur votre couple, vos enfants, votre entourage (victimes indirectes)
Un simulateur ne peut pas savoir tout cela. Et pourtant, il vous donne un chiffre.
C'est comme si un médecin vous prescrivait un traitement sans vous avoir examiné. C'est non seulement dépourvu de sens, mais dangereux.
⏰ AGISSEZ MAINTENANT : Chaque Jour Compte
Plus vous attendez, plus l'assurance renforce sa position. Ne restez pas seul face aux conséquences de l'accident. Un seul numéro :
06 84 28 25 95
Consultation Gratuite Immédiate
Du lundi au vendredi, 9h-19h30 | Réponse sous 2h en cas d'urgence
Les 7 mensonges techniques des simulateurs d'indemnisation
1. Le mythe du "barème officiel"
Les simulateurs prétendent s'appuyer sur des "barèmes officiels" ou des "références de Cours d'Appel". C'est faux.
Il n'existe AUCUN barème officiel en France.
La Cour de cassation le rappelle régulièrement : l'indemnisation ne peut pas être fixée par référence automatique à un barème. Chaque situation est unique et doit être appréciée au cas par cas.
Les référentiels indicatifs (Mornet, Gazette du Palais, etc.) sont des outils de travail pour les professionnels, pas des prix fixes comme dans un catalogue. Ils donnent des fourchettes, jamais des montants définitifs.
Lorsque les juges utilisent ces référentiels, ils les adaptent en fonction de dizaines de critères spécifiques. Un simulateur, lui, applique mécaniquement une formule mathématique.
Résultat ? Le chiffre affiché est juridiquement faux.
2. L'oubli systématique des préjudices invisibles
Un simulateur vous demande d'entrer votre taux d'AIPP. Admettons que vous ayez 12 %.
Mais savez-vous que derrière ces 12 %, il peut y avoir :
- Un syndrome post-commotionnel avec troubles de la mémoire
- Des troubles du sommeil chroniques
- Une perte de libido (préjudice sexuel)
- Une incapacité à reprendre vos activités sportives (préjudice d'agrément spécifique)
- Une perte de chance professionnelle liée à l'impossibilité de passer des concours
Ces préjudices sont tous indemnisables séparément. Ils ne sont PAS inclus dans le taux d'AIPP. Un médecin expert qualifié les distingue et les chiffre. Un simulateur les ignore purement et simplement.
Dans un dossier récent, j'ai obtenu pour un client avec 10 % d'AIPP une indemnisation de 187 000 € là où le simulateur qu'il avait consulté affichait 52 000 €.
Écart : + 135 000 €.
Pourquoi ? Parce que nous avons fait reconnaître et valoriser chaque préjudice spécifique que l'algorithme avait oublié.
3. La capitalisation bâclée des préjudices permanents
Vous avez 35 ans. Vous aurez besoin de 2 heures d'aide humaine par jour jusqu'à la fin de votre vie.
Un simulateur va multiplier : 2h × 365 jours × coût horaire × nombre d'années restantes.
Sauf que c'est faux.
Le calcul de la tierce personne permanente obéit à des règles de capitalisation complexes, basées sur :
- Les tables de mortalité actuarielles
- Le taux de capitalisation en vigueur (qui varie selon les Cours d'Appel)
- L'évolution probable du besoin avec l'âge
- Les majorations pour charges sociales si vous employez directement
- Les frais de gestion si vous passez par un service
Un simulateur ne tient compte d'aucun de ces paramètres. Il fait un calcul linéaire simpliste qui sous-évalue systématiquement ce poste de préjudice de 30 à 50 %.
4. L'incidence professionnelle : le poste le plus sous-estimé
Vous étiez cadre commercial. Vous gagniez 45 000 € par an. Après votre accident, vous avez repris à mi-temps thérapeutique dans un poste administratif. Vous gagnez maintenant 28 000 €.
Un simulateur va calculer : 45 000 - 28 000 = 17 000 € × nombre d'années = X €.
Erreur magistrale.
L'incidence professionnelle ne se limite pas à la perte de salaire actuelle. Elle comprend :
- La perte des primes et avantages en nature
- Les promotions que vous n'aurez jamais
- La perte de retraite (cotisations réduites)
- La perte de chance de mobilité professionnelle
- Le préjudice de carrière (plafond de verre atteint prématurément)
Dans certains dossiers, ce poste peut représenter plusieurs centaines de milliers d'euros sur une vie active. Un simulateur vous en donnera peut-être 50 000 €.
5. Les souffrances endurées : l'insulte du forfait
Vous avez un pretium doloris de 4/7. Le simulateur vous attribue automatiquement 15 000 €.
Mais les souffrances endurées, ce n'est pas juste un chiffre. C'est :
- Trois mois d'hospitalisation dans la douleur
- Quinze interventions chirurgicales
- Une rééducation insupportable
- Des douleurs chroniques quotidiennes
- L'angoisse de ne jamais guérir
La jurisprudence tient compte de l'intensité, de la durée, de la nature des souffrances. Deux victimes avec le même score peuvent recevoir des indemnisations très différentes selon leur vécu.
Un simulateur ne peut pas mesurer votre douleur. Il applique une grille tarifaire déshumanisée.
6. L'ignorance totale des spécificités procédurales
Loi Badinter pour les accidents de la route, régime des accidents de la vie via GAV, accident médical avec ONIAM, accident du travail avec faute inexcusable de l'employeur : chaque régime a ses propres règles d'indemnisation.
Un simulateur générique ne fait aucune distinction. Or :
- En Badinter, certains préjudices sont indemnisés même sans préjudice fonctionnel permanent
- Avec une GAV, vous devez vérifier les plafonds contractuels et les franchises
- En accident médical, l'ONIAM applique un barème spécifique (souvent défavorable)
- En faute inexcusable de l'employeur, vous avez droit à des majorations spécifiques
Ignorer ces spécificités, c'est vous faire perdre des milliers d'euros.
7. Le piège du chiffre rassurant (ou terrifiant)
Le pire dans un simulateur, ce n'est pas seulement qu'il donne un chiffre faux. C'est qu'il vous ancre psychologiquement sur ce montant.
Si le simulateur affiche 60 000 € et que l'assurance vous propose 55 000 €, vous allez penser : "C'est correct, je suis proche du simulateur, je peux accepter."
Alors qu'en réalité, vous devriez toucher 180 000 €.
À l'inverse, si le simulateur affiche 250 000 € et que l'assurance propose 80 000 €, vous risquez de penser que l'assurance se moque de vous (ce qui est vrai), mais vous n'aurez aucun moyen de négocier efficacement sans les arguments juridiques et médicaux précis.
Le simulateur crée une illusion de connaissance qui vous paralyse ou vous fait accepter l'inacceptable.
À lire : Les cartes bancaires : une protection méconnue en cas d'accident corporel

Qui se cache derrière ces simulateurs ?
Posons-nous une question de bon sens : pourquoi des sites proposent-ils gratuitement des simulateurs d'indemnisation ?
Par philanthropie ? Par amour de la justice ?
Non.
Derrière ces outils se cachent trois types d'acteurs :
1. Les cabinets d'expertise qui travaillent pour les assurances
Certains simulateurs sont proposés par des cabinets de médecins-experts ou d'experts d'assuré. Leur objectif est double :
- Vous donner une estimation basse pour faciliter la négociation de l'assurance
- Récupérer vos coordonnées pour vous proposer leurs services (payants)
Ces cabinets ont intérêt à minimiser vos préjudices. Leurs honoraires sont souvent calculés en pourcentage de l'indemnisation... mais ils sont aussi régulièrement mandatés par les assurances. Conflit d'intérêts évident.
2. Les plateformes d'intermédiation (illégales)
Des entreprises commerciales se positionnent comme "intermédiaires" entre vous et l'assurance. Elles vous font croire qu'elles vont négocier pour vous, moyennant une commission de 15 à 25 %.
C'est strictement interdit.
La Cour de cassation l'a rappelé dans un arrêt de 2019 : seuls les avocats (et certaines professions réglementées) peuvent exercer une activité d'assistance juridique à titre habituel et rémunéré.
Ces plateformes exercent le droit sans en avoir le titre. Elles violent la loi et vous exposent à des risques juridiques majeurs.
3. Les assureurs eux-mêmes
Certaines compagnies d'assurance proposent leurs propres simulateurs sur leurs sites. Le conflit d'intérêts est ici absolu : elles vous font croire qu'elles vous aident à calculer votre indemnisation alors qu'elles cherchent en réalité à conditionner vos attentes pour que vous acceptiez une offre minimale.
Les conséquences concrètes : comment un simulateur vous fait perdre de l'argent
Prenons un cas réel (anonymisé).
Victime : Femme, 42 ans, enseignante, accident de la route.
Séquelles médicales :
- Traumatisme crânien léger
- Fracture du poignet droit
- AIPP : 12 %
- Pretium doloris : 4/7
- DFT : 210 jours (dont 120 en classe 4)
Estimation du simulateur en ligne : 62 400 €
Offre de l'assurance (faite 6 mois après consolidation) : 58 700 €
La victime hésite. L'écart n'est que de 3 700 €. Elle pense que l'assurance est "plutôt correcte" et qu'elle peut accepter.
Elle me contacte pour un second avis.
Après analyse approfondie du dossier médical et de sa situation personnelle, voici ce que j'ai identifié :
-
Syndrome post-commotionnel non évalué : troubles de concentration, céphalées chroniques, hypersensibilité au bruit → préjudice spécifique
-
Perte de chance professionnelle : impossibilité de devenir directrice d'établissement (poste visé avant l'accident) → 25 ans de différentiel salarial
-
Préjudice d'agrément : abandons définitifs du piano (passion depuis l'enfance) et du tennis en raison du poignet
-
Tierce personne temporaire sous-évaluée : 120 jours en classe 4 = besoin de 8h/jour, pas 3h comme retenu par l'expert
-
Préjudice sexuel : dyspareunie post-traumatique (évoquée lors d'un suivi psychologique mais jamais mentionnée à l'expertise)
-
Frais futurs : suivi psychologique à vie (2 séances/mois) + rééducation régulière du poignet
Résultat après négociation et, finalement, procédure judiciaire :
Indemnisation obtenue : 214 600 €
Écart avec le simulateur : + 152 200 €
Écart avec l'offre initiale de l'assurance : + 155 900 €
Ce n'est pas un cas exceptionnel. C'est la norme.
Les arguments trompeurs des promoteurs de simulateurs
Les sites qui proposent des simulateurs avancent plusieurs justifications. Analysons-les.
Argument 1 : "C'est juste indicatif, pour vous donner une idée"
Faux.
Une "idée" fausse est pire que pas d'idée du tout. Elle oriente vos attentes et vos décisions. C'est comme un médecin qui vous dirait : "Je pense que vous avez peut-être un cancer, mais bon, c'est juste pour vous donner une idée, hein."
Personne ne trouverait ça acceptable.
À lire : Les tableaux Indemnisation
Argument 2 : "Nous utilisons les barèmes des Cours d'Appel"
Mensonger.
Les "barèmes" des Cours d'Appel ne sont PAS des tarifs fixes. Ce sont des fourchettes indicatives que les juges adaptent au cas par cas. Les simulateurs prennent systématiquement le bas de la fourchette (voire moins) pour éviter de créer de "fausses attentes".
En réalité, ils créent de vraies déceptions en vous privant d'une indemnisation juste.
Argument 3 : "Cela permet aux victimes de vérifier que l'offre de l'assurance est correcte"
Dangereux.
Si le simulateur affiche 70 000 € et que l'assurance propose 65 000 €, vous allez penser que c'est "dans la norme" et accepter. Vous n'aurez même pas l'idée de consulter un avocat.
Vous venez de perdre 150 000 €. Et vous êtes content.
C'est exactement ce que veulent les assurances.
Argument 4 : "Chaque cas est unique, le simulateur ne peut pas tout prendre en compte"
Exactement.
Alors pourquoi proposer un outil qui prétend pouvoir le faire ? C'est de la publicité mensongère.
Si vous admettez que le simulateur ne peut pas prendre en compte toutes les spécificités d'un dossier, alors vous admettez qu'il est inutile et trompeur.
On ne peut pas dire à la fois "cet outil est utile pour estimer votre indemnisation" et "attention, cet outil ne peut pas estimer votre indemnisation correctement".
La vérité que personne ne vous dit : l'indemnisation se construit, elle ne se calcule pas !
Voici ce que 25 ans d'expérience m'ont appris :
Une indemnisation juste ne se calcule pas avec un algorithme. Elle se construit avec :
- Une expertise médicale contradictoire menée par un médecin-conseil qui vous défend (pas celui de l'assurance)
- Une analyse juridique précise du régime applicable et des jurisprudences pertinentes
- Une investigation approfondie de votre situation personnelle, professionnelle, familiale
- Une documentation exhaustive de tous vos préjudices (visibles et invisibles)
- Une négociation stratégique ou, si nécessaire, une action judiciaire
Ce travail prend des mois. Il mobilise des compétences médicales, juridiques, financières. Il nécessite de l'empathie, de l'écoute, de la pugnacité.
Un simulateur fait tout ça en 2 minutes avec 5 questions.
Vous voyez le problème ?
Les 5 raisons pour lesquelles vous ne devez JAMAIS vous fier à un simulateur
Raison n°1 : Il ignore VOS spécificités
Vous n'êtes pas un numéro. Votre vie, vos projets, vos souffrances sont uniques. Un algorithme ne peut pas les appréhender.
Raison n°2 : Il applique les règles d'hier à la réalité d'aujourd'hui
Les jurisprudences évoluent constamment. Ce qui était la norme il y a 5 ans ne l'est plus aujourd'hui. Les simulateurs utilisent des données obsolètes.
Raison n°3 : Il vous prive de l'expertise médicale contradictoire
La clé d'une bonne indemnisation, c'est l'expertise médicale. Si vous vous fiez à un simulateur, vous n'aurez jamais l'idée de faire intervenir votre propre médecin-conseil. Vous accepterez les conclusions du médecin de l'assurance. Vous perdrez des dizaines de milliers d'euros.
Raison n°4 : Il sert les intérêts de ceux qui le proposent, pas les vôtres
Que ce soit pour récupérer vos coordonnées, pour vous orienter vers un service payant, ou pour minimiser vos attentes, le simulateur n'est jamais neutre.
Raison n°5 : Il vous donne une fausse impression de contrôle
C'est le pire. Vous pensez "savoir" combien vous allez toucher. Vous ne consultez pas d'avocat. Vous acceptez l'offre de l'assurance.
Et vous perdez une fortune.
Ce qu'il faut faire au lieu d'utiliser un simulateur
Si vous avez été victime d'un accident avec des dommages corporels, voici la seule démarche qui protège vos intérêts :
1. Consultez un avocat spécialisé en dommage corporel (IMMÉDIATEMENT)
Ne attendez pas la fin de votre consolidation. Dès l'accident, prenez contact avec un avocat qui connaît le droit de la réparation corporelle.
Pourquoi ? Parce que des erreurs commises au début (certificats médicaux incomplets, déclarations maladroites à l'assurance) peuvent ruiner votre dossier.
2. Faites intervenir un médecin-conseil de victime
Ce n'est PAS le médecin de l'assurance. C'est un médecin que VOUS choisissez (ou que votre avocat vous recommande), qui travaille pour VOUS, et qui défend VOS intérêts lors de l'expertise.
Son rôle : identifier tous les préjudices que l'expert de l'assurance va tenter de minimiser ou d'ignorer.
À lire : Le médecin-conseil de victimes
3. Conservez TOUS les justificatifs
Constituez votre dossier médical de façon rigoureuse :Certificats médicaux, ordonnances, factures, arrêts de travail, bulletins de salaire, attestations d'employeur, témoignages de proches : TOUT compte.
Un préjudice non documenté est un préjudice non indemnisé.
4. Ne signez JAMAIS une transaction sans avis juridique indépendant
L'assurance va vous mettre la pression : "Signez maintenant, sinon l'offre sera retirée." C'est un mensonge.
Ne signez jamais sans avoir consulté un avocat compétent ! Une fois la transaction signée, c'est fini. Vous ne pourrez plus revenir en arrière, même si vous découvrez plus tard que vous avez été sous-indemnisé.
5. N'acceptez JAMAIS la première offre de l'assurance
La première offre est TOUJOURS basse. C'est une technique de négociation classique. L'assurance sait très bien qu'elle devra augmenter. Elle teste votre résistance.
Ne tombez pas dans le piège.
FAQ : Vos questions sur les simulateurs d'indemnisation
Les simulateurs sont-ils tous faux ?
Oui, dans le sens où aucun simulateur ne peut prendre en compte l'ensemble des paramètres nécessaires à une évaluation juste de votre indemnisation. Même ceux qui prétendent s'appuyer sur les "barèmes officiels" appliquent des formules simplistes qui ignorent les spécificités de votre situation.
Peut-on utiliser un simulateur "juste pour avoir une idée" ?
C'est déconseillé. Une "idée" fausse est pire que pas d'idée du tout, car elle oriente vos attentes et vos décisions. Si le simulateur affiche 50 000 € et que vous devriez en réalité toucher 180 000 €, cette "idée" vous fera accepter une offre insuffisante.
Les avocats proposent-ils aussi des simulateurs ?
Certains cabinets le font, souvent pour attirer des clients. Mais un avocat sérieux ne vous donnera jamais de montant sans avoir étudié votre dossier en profondeur. Méfiez-vous des sites d'avocats qui promettent des estimations "en 3 clics".
Pourquoi les assurances ne contestent-elles pas les simulateurs ?
Parce qu'ils les arrangent. Plus vous vous fiez à un simulateur qui sous-évalue vos droits, plus vous avez de chances d'accepter une offre basse. Les assurances adorent les simulateurs : ils font leur travail de minimisation à leur place.
Combien coûte un véritable calcul d'indemnisation par un avocat ?
La première consultation est souvent gratuite. Ensuite, les honoraires varient selon les cabinets. Beaucoup d'avocats en dommage corporel travaillent avec un honoraire de résultat (pourcentage sur l'indemnisation obtenue), ce qui vous évite de payer des honoraires si vous ne touchez rien. Dans tous les cas, les honoraires d'un avocat sont TOUJOURS rentabilisés par l'augmentation de l'indemnisation qu'il obtient.
Le simulateur de mon assurance est-il fiable ?
Non. Absolument pas. Le simulateur de votre assurance a un seul objectif : minimiser votre indemnisation pour protéger les intérêts financiers de la compagnie. Ne lui faites jamais confiance.
Puis-je contester les résultats d'un simulateur devant le tribunal ?
Non, parce qu'un simulateur n'a aucune valeur juridique. Le tribunal ne se basera que sur l'expertise médicale, les pièces justificatives, et l'argumentation de votre avocat. Un simulateur est juste un outil marketing sans aucune force probante.
Les simulateurs sont-ils légaux ?
Oui, ils sont légaux (sauf ceux proposés par des plateformes commerciales illégales). Mais légal ne veut pas dire fiable, exact, ou utile. Il est légal de vendre de l'homéopathie, cela ne prouve pas son efficacité.
Comment savoir si l'offre de mon assurance est correcte ?
La seule façon de le savoir est de faire analyser votre dossier par un avocat spécialisé en dommage corporel. Lui seul peut comparer l'offre avec la jurisprudence applicable, identifier les postes de préjudice oubliés, et négocier en connaissance de cause.
Mon médecin traitant peut-il m'aider à évaluer mon indemnisation ?
Non. Votre médecin traitant n'est pas formé à l'évaluation médico-légale des préjudices corporels. Seul un médecin-conseil de victime (ou médecin expert en évaluation du dommage corporel) a cette compétence spécifique.
Bibliographie et sources juridiques
Textes de référence
- Code civil, article 1240 : Principe de responsabilité civile
- Code civil, article 1241 : Responsabilité du fait des choses
- Code des assurances, articles L. 211-1 et suivants : Assurance obligatoire des véhicules terrestres à moteur
- Loi n°85-677 du 5 juillet 1985 (dite "Loi Badinter") : Indemnisation des victimes d'accidents de la circulation
- Arrêté du 31 juillet 2003 : Fixation des tarifs de l'assistance par tierce personne
- Code de la sécurité sociale, articles L. 434-1 et suivants : Accidents du travail et maladies professionnelles
Nomenclature et référentiels
- Nomenclature Dintilhac (2005) : Classification des postes de préjudices corporels
- Référentiel Mornet (édition 2025) : Guide d'évaluation des préjudices corporels
- Gazette du Palais : Barème indicatif d'indemnisation
- Barèmes de capitalisation des rentes : Tables de mortalité et taux de capitalisation
Jurisprudence de référence
- Cass. Civ. 2ème, 28 mai 2009, n°08-16.829 : Réparation intégrale sans perte ni profit
- Cass. Civ. 2ème, 19 juin 2003, n°01-13.063 : Interdiction de l'utilisation automatique des barèmes
- Cass. Civ. 2ème, 10 novembre 2016, n°15-24.230 : Évaluation personnalisée de chaque préjudice
- Cass. Crim., 12 mars 2019, n°18-81.515 : Illégalité de l'intermédiation commerciale dans l'assistance aux victimes
- Cass. Civ. 2ème, 4 juillet 2019, n°18-17.799 : Préjudice d'agrément distinct de l'AIPP
- Cass. Civ. 2ème, 17 décembre 2020, n°19-22.698 : Préjudice sexuel autonome
Ouvrages et études
- Lambert-Faivre (Y.) et Porchy-Simon (S.), Droit du dommage corporel - Systèmes d'indemnisation, Dalloz, 8ème édition, 2015
- Guégan (A.), L'évaluation du préjudice corporel, LexisNexis, 2022
- Le Maitre (G.), L'indemnisation du dommage corporel, Gazette du Palais, 2020
- Rapport du Conseil d'État (2020) : La responsabilité de la puissance publique
- Étude de la Cour de cassation (2019) : L'évaluation des préjudices corporels
Sites et ressources professionnelles
- Ordre des avocats - Commission Dommage corporel
- Association nationale des victimes d'accidents corporels (ANAVAC)
- Société française de médecine légale (SFML)
- Compagnie des experts en évaluation du préjudice corporel
Articles et publications scientifiques
- Dr. Thierry Delzant, "Les troubles cognitifs post-traumatiques et leur évaluation", Revue de Médecine Légale, 2021
- Dr. Michel Debout, "L'expertise médico-légale en droit commun", Médecine & Droit, 2020
- Pr. Jean-Pierre Bouchard, "Évaluation de la tierce personne : de l'expertise à l'indemnisation", Gazette du Palais, 2019
Conclusion : votre indemnisation mérite mieux qu'un algorithme
Les simulateurs d'indemnisation sont une arnaque légale. Ils vous donnent l'illusion de contrôler votre dossier alors qu'ils vous égarent. Ils prétendent vous informer alors qu'ils vous désinforment.
La réalité est simple :
Une indemnisation juste ne peut pas être calculée par un robot. Elle nécessite une expertise médicale contradictoire, une analyse juridique approfondie, une investigation personnalisée de votre situation, et une négociation stratégique.
Tout le reste n'est que marketing au service des assurances.
Après un accident, vous n'avez qu'une seule chance d'obtenir une indemnisation correcte. Une fois la transaction signée, c'est terminé. Vous ne pourrez plus rien réclamer, même si vous découvrez plus tard que vous auriez dû toucher trois fois plus.
Ne laissez pas un simulateur vous voler votre droit à réparation.
Consultez un avocat spécialisé. C'est le seul moyen de savoir vraiment combien vous devez recevoir.
Article rédigé par Me Joëlle Marteau-Péretié, Avocat au Barreau de Lille et Paris, spécialisée en Droit du Dommage Corporel depuis 25 ans. Pour toute question sur votre dossier d'indemnisation, contactez le cabinet au 06 84 28 25 95 ou via le site jmp-avocat-indemnisation.fr


Ajouter un commentaire :
Pour commenter cet article vous devez vous authentifier. Si vous n'avez pas de compte, vous pouvez en créer un.