📌 En bref. Un traumatisme thoracique — fractures de côtes, volet costal, contusion du poumon, pneumothorax — se referme vite sur le papier et laisse pourtant des séquelles durables : douleur à l'inspiration profonde, essoufflement à l'effort, impossibilité de porter une charge. Le barème officiel des accidents du travail cote la fracture de côtes de 2 à 5 % « selon l'intensité de la douleur », le volet thoracique avec déformation de 5 à 10 %, et l'atteinte de la fonction respiratoire de 10 à 100 % selon la capacité vitale mesurée. Encore faut-il que cette mesure existe : sans épreuves fonctionnelles respiratoires au dossier, aucune insuffisance ne peut être chiffrée. C'est la faille la plus fréquente de ces dossiers, avec l'oubli pur et simple du thorax chez le polytraumatisé, dont l'expertise retient le fémur et la tête. Le tableau des taux ci-dessous récapitule ce que le barème prévoit.
Un choc contre le volant, une sangle de sécurité qui retient le corps, une chute de hauteur, un écrasement sous une charge : le thorax encaisse. Il protège le cœur et les poumons, et il le fait en cédant — les côtes se fracturent pour amortir. C'est efficace sur le plan vital, et c'est exactement ce qui rend ces lésions si mal indemnisées : elles ont rempli leur office, on les oublie.
Six semaines plus tard, les radiographies sont rassurantes et le dossier se referme. Mais la victime, elle, ne dort toujours pas sur le côté, ne porte plus sa valise, tousse en riant et s'arrête en haut de l'escalier. Cet article explique ce qu'un traumatisme thoracique laisse vraiment, ce que le barème permet d'en tirer, et ce qu'il faut absolument faire consigner avant la consolidation.

Ce que le thorax encaisse, et ce qu'il en reste
« Traumatisme thoracique » recouvre une série de lésions qui vont de l'ecchymose douloureuse à l'urgence vitale. Elles se combinent presque toujours, parce qu'un choc assez violent pour casser une côte l'est assez pour meurtrir ce qui se trouve dessous.
La fracture de côtes est la plus fréquente. Une côte isolée consolide en quatre à six semaines, mais la douleur, elle, ne suit pas ce calendrier : le thorax bouge à chaque respiration, douze à vingt fois par minute, jour et nuit. C'est un foyer de fracture qu'on ne peut pas immobiliser.
Le volet costal — ou volet thoracique — désigne une situation bien précise : au moins trois côtes voisines fracturées chacune en deux endroits, détachant un panneau de paroi qui se désolidarise du reste. Ce fragment s'enfonce à l'inspiration au lieu de s'écarter : c'est la respiration paradoxale. Le volet impose souvent la réanimation et parfois une fixation chirurgicale, et il laisse une déformation permanente de la paroi.
Sous la paroi, le poumon lui-même souffre. La contusion pulmonaire est un hématome du tissu pulmonaire, invisible les premières heures puis responsable d'une détresse respiratoire retardée. Le pneumothorax — de l'air entre le poumon et la plèvre — et l'hémothorax — du sang au même endroit — imposent un drainage thoracique, geste douloureux qui laisse sa cicatrice et parfois des adhérences pleurales.
Plus rarement, le choc fracture le sternum, rompt le diaphragme, ou contusionne le myocarde. Ces trois-là changent la nature du dossier : ils supposent une violence considérable et appellent une surveillance prolongée.
Enfin, ce que personne n'annonce à la sortie de l'hôpital : les douleurs pariétales chroniques et les névralgies intercostales. Un nerf intercostal coincé dans un cal osseux ou irrité par la fracture produit une douleur en ceinture, en éclair, déclenchée par un mouvement banal. Elle peut durer des années. Aucune radiographie ne la montre.
| Lésion | Ce qu'elle impose à chaud | Ce qu'elle laisse à distance |
|---|---|---|
| Fractures de côtes | Antalgiques, kinésithérapie respiratoire, arrêt de 4 à 8 semaines | Douleur à l'inspiration profonde, au port de charge, au décubitus latéral |
| Volet costal | Réanimation, ventilation, parfois ostéosynthèse costale | Déformation de la paroi, gêne respiratoire d'effort, douleurs séquellaires |
| Contusion pulmonaire | Oxygénothérapie, surveillance, parfois ventilation mécanique | Baisse de la capacité vitale, essoufflement, infections respiratoires répétées |
| Pneumothorax / hémothorax | Drainage thoracique, hospitalisation | Cicatrice de drain, adhérences pleurales, appréhension respiratoire |
| Fracture du sternum | Immobilisation relative, recherche d'une lésion cardiaque associée | Douleur à l'effort, saillie ou enfoncement visible |
| Névralgie intercostale | Souvent non diagnostiquée en urgence | Douleur neuropathique en ceinture, résistante aux antalgiques usuels |
Cette dernière ligne est celle qui pose le plus de difficultés au moment de l'indemnisation, parce qu'elle relève de la douleur chronique après un accident : réelle, invalidante, et sans image pour l'attester.
La lésion que le dossier perd en route
Il existe un moment très précis où le thorax disparaît du dossier : celui où la victime a plusieurs lésions. Le fémur est opéré, la cheville est plâtrée, le traumatisme crânien inquiète — le thorax, lui, a « juste » trois côtes cassées. On n'en parle plus.
Deux mécanismes se conjuguent. D'abord, la hiérarchie de l'urgence : ce qui menace la vie ou l'autonomie occupe toute l'attention médicale, et le compte rendu de sortie mentionne les fractures costales en fin de liste, sans suite. Ensuite, la hiérarchie de la plainte : à six mois, la victime parle spontanément de ce qui l'empêche de marcher, pas de ce qui la gêne pour respirer. L'expert consigne ce qu'on lui dit.
C'est un travers structurel de l'expertise du polytraumatisé, où l'addition des lésions se fait toujours au détriment des plus discrètes. Le thorax en est la victime type, au même titre que les lésions nerveuses périphériques, longtemps mises sur le compte de la fracture voisine.
💡 Bon à savoir. Relisez votre compte rendu d'hospitalisation, ligne par ligne, avant l'expertise. Les fractures costales y figurent presque toujours, même quand personne ne vous en a parlé — souvent sous la forme « fractures de l'arc postérieur des 5e, 6e et 7e côtes droites ». Une lésion écrite dans un document hospitalier ne se discute plus : elle s'impute. Une lésion qui n'a jamais été écrite se plaide, et se perd.
Ce que le barème officiel cote, et à quel taux
Le seul barème d'évaluation publié en France est l'annexe I à l'article R. 434-32 du code de la sécurité sociale. Il ne s'applique de droit qu'aux accidents du travail et aux maladies professionnelles. En droit commun — accident de la route, chute, agression, accident de la vie — l'expert applique d'autres barèmes, celui du Concours médical ou le barème européen, qui ne sont ni publics ni reproductibles. Le barème officiel reste donc la seule référence vérifiable, et il donne l'ordre de grandeur que retiennent les experts.
Son chapitre 9 est consacré à l'appareil respiratoire. Il commence par une phrase qui mérite d'être lue deux fois : « L'estimation des séquelles se fondera sur les éléments douloureux, la gêne respiratoire, la gêne au travail et sur l'insuffisance respiratoire qui pourrait être rattachée au traumatisme. » Quatre critères, dont trois sont des critères de vécu.
| Séquelle | Taux prévu par le barème | Ce qui détermine la position dans la fourchette |
|---|---|---|
| Fracture de côtes | 2 à 5 % | « Selon l'intensité de la douleur » — le texte du barème lui-même |
| Fracture de côtes à type de volet thoracique avec déformation | 5 à 10 % | Importance de la déformation et retentissement fonctionnel |
| Fracture du sternum avec gêne et douleur à l'effort | 2 à 5 % | Douleur déclenchée par l'effort |
| Fracture du sternum avec enfoncement et douleurs à l'effort | 5 à 15 % | Enfoncement constaté, retentissement respiratoire |
| Insuffisance respiratoire légère | 10 à 30 % | Capacité vitale entre 60 et 70 % de la théorique, indice de Tiffeneau entre 60 et 70 % |
| Insuffisance respiratoire moyenne | 30 à 50 % | Capacité vitale et indice de Tiffeneau en dessous de 60 % |
| Insuffisance respiratoire importante | 50 à 100 % | Dyspnée au repos, cyanose |
| Fistule de pyothorax, rétrécissement de la trachée | 10 à 20 % | Étendue de la cavité résiduelle, degré du rétrécissement |
Deux enseignements se dégagent de ce tableau. Le premier tient à la paroi : quelques pour cent, rarement plus. Le second tient à la fonction : dès qu'une insuffisance respiratoire est objectivée, on change d'échelle — 10 %, 30 %, davantage. Toute la question est de savoir laquelle des deux lignes s'applique à vous, et cela ne se décide pas à l'œil.
La mesure qui manque presque toujours : les EFR
Regardez la colonne de droite du tableau. L'insuffisance respiratoire n'est pas cotée d'après le récit du patient : elle est cotée d'après deux chiffres, la capacité vitale exprimée en pourcentage de la valeur théorique et l'indice de Tiffeneau. Ces deux chiffres proviennent d'un examen précis, les épreuves fonctionnelles respiratoires — une spirométrie, réalisée par un pneumologue, qui dure vingt minutes.
Or cet examen n'est presque jamais au dossier. Il n'est pas demandé en urgence, où l'on surveille l'oxygénation et non la fonction résiduelle. Il n'est pas demandé au suivi orthopédique, qui regarde l'os. Et il n'est pas demandé par l'expert, qui travaille sur les pièces qu'on lui remet.
Conséquence directe : faute de mesure, la séquelle respiratoire ne peut pas être chiffrée, et l'expert se rabat sur la ligne « fracture de côtes, 2 à 5 % ». Le dossier perd alors la différence entre 3 % et 15 %, non pas parce que la victime va bien, mais parce que personne n'a mesuré.
⚠ Point de vigilance. Si vous êtes essoufflé à l'effort depuis l'accident, demandez des épreuves fonctionnelles respiratoires avant l'expertise de consolidation, et versez-en le compte rendu au dossier. Demandez-les à votre médecin traitant, qui vous adressera à un pneumologue. Un examen réalisé après la consolidation arrive trop tard pour la discussion du taux : il ne servira plus qu'à ouvrir un dossier d'aggravation après consolidation, avec sa charge de preuve propre.
Si le rapport d'expertise est déjà rendu sans que cette mesure ait été faite, le taux retenu repose sur une évaluation incomplète : c'est un motif de discussion sérieux, et l'un des cas où contester le taux d'AIPP a des chances réelles d'aboutir.
Pourquoi « 3 % » ne veut pas dire 3 % de votre indemnisation
Un taux de 3 % paraît dérisoire. Il faut comprendre ce qu'il représente exactement, et ce qu'il ne représente pas.
D'abord, le taux ne décrit qu'un seul poste de préjudice : le déficit fonctionnel permanent, c'est-à-dire l'atteinte définitive à vos capacités. Il ne dit rien de tout le reste — l'incapacité pendant les mois de soins, la douleur, le retentissement professionnel, la vie privée. Un traumatisme thoracique isolé donne un DFP faible et peut donner des postes temporaires très lourds : trois semaines d'hospitalisation, deux mois sans pouvoir se lever seul, six mois d'arrêt.
Ensuite, le taux ne s'additionne pas comme on l'imagine lorsque plusieurs lésions coexistent. Le chapitre préliminaire du barème officiel pose une règle que peu de victimes connaissent : quand des infirmités touchent des fonctions différentes, on évalue la première, on retranche de 100 pour obtenir la capacité restante, puis on applique le taux suivant à cette capacité restante. Le barème donne l'exemple : une lésion à 40 %, puis une lésion à 20 % appliquée aux 60 % restants, soit 12 %, pour un total de 52 % et non de 60 %.
Cette règle a une conséquence pratique qu'il faut avoir en tête : un taux thoracique ajouté en dernier pèse moins qu'un taux thoracique pris en compte d'emblée. Raison de plus pour qu'il figure au rapport, et pour qu'il y figure à sa juste valeur. La valeur du point d'AIPP fera le reste du calcul.
Les postes où se joue vraiment l'argent
Dans un dossier thoracique, l'essentiel ne se trouve pas dans le taux. Il se trouve dans quatre postes que l'assureur chiffre bas par habitude et qui se documentent tous.
Le déficit fonctionnel temporaire. Une victime avec un volet costal passe par la réanimation, la ventilation, le drainage. Elle ne s'habille pas seule, ne se lave pas seule, ne dort pas allongée. Le déficit fonctionnel temporaire se décompose par classes et par périodes : c'est un travail de calendrier, poste par poste, qui change sensiblement le total.
Les souffrances endurées. Le thorax est l'un des rares sièges où la douleur est permanente par construction, puisqu'on ne peut pas cesser de respirer. Ajoutez-y les drains, la kinésithérapie respiratoire, la toux provoquée. Les souffrances endurées se cotent de 1 à 7 ; sur ces dossiers, une cotation trop basse est fréquente et se discute.
L'incidence professionnelle. C'est ici que se trouve le vrai enjeu financier. Le port de charge, le travail en hauteur, les gestes répétés au-dessus des épaules, l'effort soutenu : tout cela passe par la paroi thoracique. Un maçon, un déménageur, un aide-soignant, un pompier ou un agriculteur qui ne peut plus porter est atteint dans son métier bien plus gravement que ne le suggèrent 4 % de DFP. L'incidence professionnelle répare cette dévalorisation sur le marché du travail, et elle est régulièrement oubliée pour les travailleurs manuels.
Le préjudice d'agrément et le préjudice esthétique. Course, natation, vélo, instruments à vent, plongée : l'essoufflement d'effort ferme des activités entières. Le préjudice d'agrément les répare à condition de prouver la pratique antérieure. Quant au préjudice esthétique, il existe bel et bien : cicatrices de drains, cicatrice de thoracotomie, déformation de la paroi après un volet.
| Poste | Ce qu'il répare dans un dossier thoracique | Ce qu'il faut produire |
|---|---|---|
| Déficit fonctionnel temporaire | Réanimation, drains, dépendance pour les gestes quotidiens | Comptes rendus d'hospitalisation, dates exactes, attestations des proches |
| Souffrances endurées | Douleur permanente liée à la respiration, drainage, kinésithérapie | Prescriptions d'antalgiques, comptes rendus de kinésithérapie, journal de douleur |
| Déficit fonctionnel permanent | Douleurs séquellaires, gêne respiratoire définitive | Épreuves fonctionnelles respiratoires, avis de pneumologue |
| Incidence professionnelle | Perte d'aptitude au port de charge et à l'effort soutenu | Fiche de poste, avis du médecin du travail, restrictions écrites |
| Préjudice d'agrément | Sports d'endurance, natation, plongée, instruments à vent | Licences, inscriptions, photos, attestations de club |
| Préjudice esthétique | Cicatrices de drain, de thoracotomie, déformation de paroi | Photographies datées, description au rapport d'expertise |
La méthode générale de constitution de ces preuves est détaillée dans notre guide des justificatifs à réunir pour chaque poste de préjudice.
Qui indemnise, selon les circonstances
La même fracture de côtes n'ouvre pas les mêmes droits selon la manière dont elle est survenue. C'est le premier arbitrage à poser, avant même la discussion médicale.
Accident de la circulation. Si un véhicule terrestre à moteur est impliqué, la loi Badinter s'applique et vous êtes indemnisé en réparation intégrale, poste par poste. Conducteur responsable ou seul en cause, c'est votre garantie conducteur qui prend le relais, avec ses plafonds et ses exclusions.
Accident du travail. La prise en charge par la sécurité sociale est automatique, mais forfaitaire : elle couvre les soins et une part du salaire, pas la douleur ni la vie personnelle. Sous 10 % d'incapacité permanente, l'indemnisation prend la forme d'une indemnité en capital, souvent modeste ; à partir de 10 %, il s'agit d'une rente. La réparation complète suppose d'établir la faute inexcusable de l'employeur — chute de hauteur sans protection, charge mal arrimée, absence de formation.
Fait d'un tiers. Chute chez un particulier, accident de sport, objet tombé d'un échafaudage : c'est la responsabilité civile de l'auteur, sur le fondement des articles 1240 et suivants du code civil, avec une réparation intégrale à la clé.
Accident de la vie courante. Une chute dans un escalier chez soi n'a pas d'auteur. Seul un contrat de garantie des accidents de la vie peut alors jouer.
⚠ Point de vigilance. Les contrats de garantie des accidents de la vie ne se déclenchent qu'au-delà d'un seuil d'AIPP, fixé le plus souvent à 10 %, parfois à 30 %. Avec un taux thoracique de 3 ou 4 %, le seuil n'est pas atteint et le contrat ne verse rien. C'est précisément dans ces dossiers que la mesure de la fonction respiratoire change tout : elle fait basculer, ou non, au-dessus du seuil.
L'expertise : ce qu'il faut faire consigner
L'expertise est le moment où votre situation devient un texte. Ce qui n'y est pas écrit n'existera plus ensuite. Sur un dossier thoracique, six points doivent figurer au procès-verbal, et ils ne viendront pas d'eux-mêmes.
- La douleur à l'inspiration profonde, et ce qu'elle interdit : rire, tousser, éternuer, chanter, crier après un enfant.
- La position de sommeil. Ne plus pouvoir dormir sur le côté lésé, ou ne plus dormir à plat, est une gêne quotidienne et permanente.
- L'essoufflement, décrit en unités concrètes : combien d'étages, combien de mètres, à quelle allure, avec quelle récupération.
- Le port de charge, avec des exemples précis : une caisse d'outils, un sac de ciment, un enfant, un panier de courses.
- Les douleurs neuropathiques : décharges, brûlure, sensation de ceinture serrée, réveil au changement de temps.
- Le retentissement psychologique : la peur de ne plus pouvoir respirer laisse des traces, en particulier après un séjour en réanimation.
Ces éléments se préparent par écrit et se remettent à l'expert. C'est l'objet de la lettre de doléances. Et parce que l'expertise est le plus souvent organisée par l'assureur, être assisté d'un médecin de recours indépendant rétablit l'équilibre : il connaît le barème, réclame les examens manquants et fait acter les plaintes que l'expert n'aurait pas retenues.
Deux écueils, enfin. Le premier est la consolidation prononcée trop tôt : les douleurs pariétales et les névralgies intercostales évoluent souvent jusqu'à dix-huit mois. Le second est le discrédit opposé aux douleurs sans image, sur lequel nous avons consacré un article entier : prouver une douleur que l'expert ne voit pas.
Ce que cette page ne traite pas
Le thorax voisine avec plusieurs autres lésions, chacune traitée ailleurs sur ce site.
- Les fractures de vertèbres dorsales, très souvent associées à un choc thoracique, relèvent du tassement vertébral.
- L'embolie pulmonaire survenue après une immobilisation prolongée n'est pas une séquelle du thorax mais une complication de l'immobilisation.
- Les fractures des membres associées sont traitées dans nos pages sur la fracture du bras ou de la jambe et sur la fracture du bassin.
- Le syndrome des loges, urgence chirurgicale des membres, a sa page : syndrome des loges après un accident.
Cet article porte par ailleurs sur les conséquences d'un accident. La discussion d'une éventuelle faute commise lors des soins relève d'un contentieux différent, que nous ne traitons pas ici.
Et maintenant ? Vos 3 prochaines étapes
- Mesurer — Demandez des épreuves fonctionnelles respiratoires à votre médecin traitant et versez le compte rendu au dossier avant l'expertise. C'est la pièce qui manque dans neuf dossiers thoraciques sur dix.
- Chiffrer — Vérifier une offre d'indemnisation poste par poste. La méthode pour savoir ce que l'offre contient et ce qu'elle laisse dehors.
- Agir — Financer son avocat sans avancer d'argent. Engager la discussion avec l'assureur sans trésorerie.
Notre cabinet vous accompagne
Au cabinet JMP Avocat Indemnisation, nous défendons les victimes d'accidents corporels à Lille, à Paris et partout en France. Sur les dossiers thoraciques, notre travail commence par une relecture complète des pièces hospitalières, se poursuit par la demande des examens manquants et par l'assistance à l'expertise avec un médecin de recours, et se termine par la discussion poste par poste de l'offre de l'assureur.
Questions fréquentes
Quel taux d'invalidité pour une fracture de côtes ?
Le barème officiel des accidents du travail prévoit 2 à 5 % pour une fracture de côtes, la position dans la fourchette étant déterminée « selon l'intensité de la douleur ». Un volet thoracique avec déformation est coté de 5 à 10 %. Ces taux ne valent que pour la paroi : si une insuffisance respiratoire est objectivée par des épreuves fonctionnelles, le barème change d'échelle et prévoit 10 à 30 % pour une insuffisance légère, 30 à 50 % pour une insuffisance moyenne.
Mes côtes sont consolidées mais j'ai toujours mal : est-ce indemnisable ?
Oui. La consolidation osseuse et la disparition de la douleur sont deux choses différentes. Les douleurs pariétales chroniques et les névralgies intercostales sont des séquelles reconnues, qui se traduisent par un taux de déficit fonctionnel permanent et par une cotation des souffrances endurées. Encore faut-il qu'elles soient décrites précisément et consignées au rapport d'expertise, puisqu'aucune radiographie ne les montre.
Qu'est-ce qu'un volet costal, exactement ?
C'est la fracture d'au moins trois côtes voisines, chacune en deux endroits, ce qui détache un panneau de paroi thoracique qui ne suit plus les mouvements du reste de la cage. Ce fragment s'enfonce à l'inspiration au lieu de s'écarter : c'est la respiration paradoxale. Le volet costal suppose un traumatisme violent, s'accompagne fréquemment d'une contusion pulmonaire et impose souvent un passage en réanimation.
Faut-il faire des épreuves fonctionnelles respiratoires avant l'expertise ?
Si vous êtes essoufflé à l'effort depuis l'accident, oui, et sans attendre. Le barème chiffre l'insuffisance respiratoire à partir de la capacité vitale et de l'indice de Tiffeneau, deux valeurs que seule une spirométrie fournit. Sans cet examen au dossier, l'expert ne peut retenir que la ligne « fracture de côtes » et le taux reste dans la fourchette basse, quel que soit votre essoufflement réel.
Mon traumatisme thoracique n'a pas été retenu par l'expert : que faire ?
Reprenez le compte rendu d'hospitalisation : les fractures costales y sont presque toujours mentionnées, même si personne ne vous en a parlé. Une lésion documentée à l'hôpital et absente du rapport d'expertise est une omission, pas un désaccord médical. C'est l'un des motifs les plus solides pour demander un complément d'expertise ou contester le rapport.
Je ne peux plus porter de charges lourdes : quel poste réclamer ?
Deux postes distincts, souvent confondus. Si votre métier suppose le port de charges, il s'agit de l'incidence professionnelle, qui répare la dévalorisation sur le marché du travail, la pénibilité accrue et le risque de perte d'emploi. Si la gêne touche vos loisirs, il s'agit du préjudice d'agrément, qui suppose de prouver la pratique antérieure.
Combien de temps avant de connaître mes séquelles définitives ?
Pour un traumatisme thoracique, la récupération s'étale généralement sur six à dix-huit mois, et les douleurs pariétales sont les dernières à se stabiliser. Accepter une consolidation trop précoce revient à faire mesurer des séquelles qui vont encore évoluer : c'est l'erreur la plus coûteuse de ces dossiers.
Mon contrat garantie des accidents de la vie va-t-il me verser quelque chose ?
Seulement si votre taux d'AIPP dépasse le seuil prévu au contrat, le plus souvent 10 %, parfois 30 %. Une atteinte limitée à la paroi thoracique reste sous ce seuil. C'est une raison supplémentaire de faire évaluer la fonction respiratoire : c'est elle qui peut faire franchir le seuil, ou non.
Sources et références
Textes
- Code de la sécurité sociale, annexe I à l'article R. 434-32 (barème indicatif d'invalidité, accidents du travail), chapitre préliminaire et chapitre 9 « Appareil respiratoire »
- Code de la sécurité sociale, articles L. 411-1 et suivants (accidents du travail), L. 434-1 et R. 434-1 (indemnité en capital et rente), L. 452-1 et suivants (faute inexcusable de l'employeur)
- Code civil, articles 1240 et 1241 (responsabilité civile délictuelle)
- Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 (loi Badinter)
Référentiel d'évaluation
- Nomenclature Dintilhac des préjudices corporels (juillet 2005)
Repères médicaux
- Définition du volet thoracique et de la respiration paradoxale : littérature de traumatologie thoracique de référence
- Épreuves fonctionnelles respiratoires : capacité vitale et indice de Tiffeneau, mesurés par spirométrie
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