📌 En bref
Trois voies permettent de ne presque rien avancer : l'aide juridictionnelle, qui prend en charge la totalité ou une part des honoraires selon les ressources ; la protection juridique, souvent souscrite sans le savoir, qui laisse à l'assuré le libre choix de son avocat ; et la convention prévoyant un honoraire de base réduit complété par un honoraire de résultat, licite à condition de ne pas être fixé sur le seul résultat. Deux précisions changent la façon de s'organiser. Depuis le 1er mars 2026, engager une procédure en première instance suppose une contribution de 50 euros, dont les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle sont dispensés. Et ce que la partie adverse rembourse en fin de procès ne couvre jamais l'intégralité des honoraires : l'article 700 est une faculté du juge, pas un remboursement. Voir les trois voies et ce qu'elles supposent.
La question arrive presque toujours dans les mêmes termes : « je n'ai pas les moyens d'avancer des honoraires ». Elle est légitime, et elle repose pourtant sur une représentation inexacte du déroulement. Dans un dossier de dommage corporel, ce qui sort réellement de la poche d'une victime, et le moment où cela sort, n'ont pas grand-chose à voir avec ce que l'on imagine.
Cette page décrit les mécanismes de financement eux-mêmes : qui paie, quand, sous quelles conditions, et ce qui revient en fin de procédure. Le montant des honoraires et la manière dont ils se construisent relèvent d'une autre page, comme la question de savoir si un accompagnement se justifie : les deux sont renvoyées en fin d'article.
1. Ce qui sort réellement, et à quel moment
Avant de chercher un financement, il faut savoir ce que l'on finance. Un dossier de dommage corporel ne se paie pas d'un bloc au départ : les sorties s'échelonnent, et plusieurs ne concernent pas les honoraires.
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Le poste |
Quand il se présente |
Qui le supporte en pratique |
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L'examen initial du dossier |
Au tout début, avant tout engagement |
Aucune avance n'est requise pour savoir si le dossier tient |
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L'expertise organisée par l'assureur |
Pendant la phase amiable |
L'assureur : la victime n'a rien à régler pour s'y présenter |
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Le médecin qui assiste la victime à cette expertise |
Le jour de l'examen |
La victime, souvent avec prise en charge par la protection juridique ; cette dépense se réclame ensuite |
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La consignation d'une expertise judiciaire |
Lorsqu'un juge ordonne l'expertise |
Avancée par le demandeur, puis mise à la charge de la partie perdante au titre des dépens |
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Les honoraires de l'avocat |
Selon la convention : échelonnés, ou pour l'essentiel au dénouement |
La victime, avec les trois voies exposées plus bas |
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La contribution pour l'aide juridique |
Au moment d'engager la procédure en première instance |
La victime, sauf admission à l'aide juridictionnelle |
Deux lignes méritent d'être soulignées, parce qu'elles corrigent l'idée qu'on se fait du coût. La deuxième d'abord : l'expertise de l'assureur ne se paie pas — c'est lui qui l'organise et la finance, et se présenter accompagné ne change rien à cette règle. La quatrième ensuite : une consignation n'est pas un paiement mais une avance, destinée à rémunérer l'expert désigné, et elle suit le sort des dépens.
La décomposition complète de ces flux, avec le calendrier de ce qui sort et de ce qui rentre, fait l'objet d'une page distincte, renvoyée en fin d'article.
2. Les trois voies, et ce que chacune suppose
Elles ne s'excluent pas toujours, et l'une d'elles est très souvent disponible sans que la victime le sache. Voici ce que chacune recouvre.
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La voie |
Ce qu'elle prend en charge |
Ce qu'elle suppose de vérifier |
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L'aide juridictionnelle |
La totalité des honoraires, ou une part de 55 % ou de 25 % selon les ressources |
Le revenu fiscal de référence, le nombre de personnes à charge, et le patrimoine |
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La protection juridique |
Les honoraires dans la limite des plafonds contractuels, et souvent les frais du dossier |
L'existence de la garantie, ses plafonds, et le moment où elle intervient |
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L'honoraire de résultat complémentaire |
Reporte l'essentiel de la rémunération au dénouement du dossier |
Une convention écrite prévoyant un honoraire de base et un complément de résultat |
L'aide juridictionnelle : ce qui est examiné, et ce qui ne l'est pas
Elle est organisée par la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et par le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020. Le principe : l'État prend en charge tout ou partie des honoraires, directement versés à l'avocat.
L'examen porte sur trois éléments, et non sur le seul salaire. Le revenu fiscal de référence d'abord, apprécié pour le foyer, avec des majorations de plafond pour chaque personne à charge. Le patrimoine mobilier ensuite — l'épargne disponible. Le patrimoine immobilier enfin, à l'exclusion de la résidence principale, qui n'est jamais comptabilisée. Selon le niveau atteint, l'aide est totale, ou partielle à hauteur de 55 % ou de 25 % des honoraires.
Trois points pratiques valent d'être connus, car ils lèvent les objections les plus fréquentes. La demande peut être déposée après avoir consulté un avocat : elle n'a pas à précéder l'engagement. L'aide partielle n'est pas un demi-dossier, c'est une prise en charge partielle, le solde étant fixé par convention. Et l'indemnisation qui sera perçue plus tard n'est pas prise en compte dans les ressources examinées au moment de la demande — c'est la situation du foyer qui est regardée.
Les plafonds sont réévalués chaque année : plutôt que de se fier à un chiffre lu quelque part, il vaut mieux passer par le simulateur du service public, qui applique le barème en vigueur au jour de la demande.
La protection juridique : la garantie que l'on possède sans le savoir
Elle figure dans un contrat d'habitation, d'automobile, une carte bancaire haut de gamme ou un contrat souscrit isolément. Beaucoup de victimes en disposent et ne la mobilisent pas, faute de l'avoir identifiée. Le premier geste consiste donc à relire les conditions particulières de tous les contrats du foyer.
Un droit doit être connu avant tout échange avec l'assureur. L'article L. 127-3 du code des assurances impose que le contrat stipule la liberté de choisir son avocat, et interdit toute clause portant atteinte à ce libre choix. Le texte précise même que l'assureur ne peut proposer le nom d'un avocat qu'à la demande écrite de l'assuré. Recevoir un nom dans un courrier ne vous engage donc à rien, et désigner le professionnel de votre choix ne fait pas perdre la garantie.
Trois vérifications s'imposent avant de s'en remettre à cette voie : le plafond de prise en charge, qui doit couvrir les honoraires mais aussi les frais du dossier ; le seuil d'intervention, certaines garanties ne jouant qu'au-delà d'un montant de litige ; et le moment, une garantie limitée à la phase judiciaire ne servant pas au stade où l'essentiel se décide. Les difficultés propres à ces contrats sont exposées sur la page consacrée à la protection juridique et à ses limites, et les pièges de la garantie des accidents de la vie sur celle relative à la garantie accidents de la vie.
L'honoraire de résultat : ce que la loi autorise, et ce qu'elle interdit
La règle figure à l'article 10 de la loi du 31 décembre 1971, et elle est souvent mal rapportée. Un honoraire fixé uniquement en fonction du résultat judiciaire est interdit : c'est le pacte de quota litis. En revanche, un honoraire complémentaire de résultat est licite lorsqu'il s'ajoute à la rémunération des diligences accomplies.
C'est ce modèle mixte qui permet de réduire fortement l'avance : un honoraire de base modéré, et un complément assis sur ce qui est effectivement obtenu. La convention doit être écrite et préciser les deux composantes, leur assiette et leur taux. Toute proposition formulée en « vous ne payez que si vous gagnez » doit alerter : elle décrit un montage que la loi ne permet pas. Les modes de rémunération font l'objet d'une page distincte, renvoyée en fin d'article.
3. La contribution de 50 euros, en vigueur depuis mars 2026
C'est la nouveauté que les pages consacrées au financement n'ont pas encore intégrée, et elle concerne directement ce sujet. Depuis le 1er mars 2026, engager une procédure en première instance suppose l'acquittement d'une contribution pour l'aide juridique de 50 euros, instaurée par la loi de finances pour 2026.
Quatre éléments en fixent la portée. Elle vise les requêtes et assignations de première instance, notamment devant le tribunal judiciaire. Elle s'acquitte par un timbre dématérialisé, acheté en ligne par le demandeur ou par son avocat. Elle constitue une condition de recevabilité : son absence entraîne l'irrecevabilité, avec une possibilité de régularisation dans un délai d'un mois. Et les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle, totale comme partielle, en sont dispensés sur production de leur décision d'admission.
Conséquence pratique pour une victime qui hésite à engager une action : cette somme s'ajoute désormais au calendrier des sorties, et elle constitue une raison supplémentaire de vérifier son éligibilité à l'aide juridictionnelle avant d'assigner, même lorsqu'on la croit hors de portée.
4. Ce que la partie adverse rembourse — et ce qu'elle ne rembourse pas
C'est le point sur lequel les attentes sont les plus éloignées de la réalité. « Si je gagne, l'autre paiera mon avocat » est une phrase à peu près fausse, et il vaut mieux le savoir avant d'engager la procédure que découvrir l'écart à la fin.
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La catégorie |
Ce qu'elle recouvre |
Qui la supporte au final |
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Les dépens |
Frais d'huissier pour la signification des actes, frais d'expertise judiciaire, et les autres frais énumérés par l'article 695 du code de procédure civile |
La partie perdante, que l'article 696 y condamne, sauf décision motivée répartissant autrement |
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Les frais irrépétibles |
Les honoraires d'avocat, les déplacements, les pertes de salaire, les copies — tout ce qui n'entre pas dans les dépens |
Chaque partie, sauf ce que le juge alloue au titre de l'article 700 |
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L'indemnité de l'article 700 |
Une somme allouée à la partie gagnante en contrepartie de ses frais irrépétibles |
La partie perdante, mais le juge n'y est pas tenu : il apprécie en équité et selon la situation économique |
Deux précisions changent la lecture de ce tableau. La première : les honoraires d'avocat ne sont pas des dépens. Ils relèvent des frais irrépétibles, et la condamnation aux dépens ne les couvre donc jamais. La seconde : l'article 700 est une faculté, non un droit. Le juge peut allouer une somme, la réduire, ou n'en allouer aucune, en tenant compte de l'équité et de la situation économique de la partie condamnée. Les montants alloués sont en pratique sans commune mesure avec les honoraires réellement exposés.
Il faut enfin distinguer ce mécanisme, qui appartient au procès, de ce qui se règle dans l'indemnisation elle-même : certains frais engagés pour faire valoir ses droits — dont l'assistance d'un médecin à l'expertise — se réclament au titre des frais divers, poste de la nomenclature de référence, et non au titre de l'article 700. Le classement de ces postes figure sur la page de la nomenclature Dintilhac.
5. Quelle voie selon la situation
Les trois voies se combinent plus souvent qu'elles ne s'excluent. Voici comment elles s'ordonnent selon les configurations les plus courantes.
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Votre situation |
La voie à examiner en premier |
Le point de vigilance |
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Ressources modestes, avec ou sans épargne |
L'aide juridictionnelle, totale ou partielle |
Vérifier le patrimoine mobilier, souvent oublié dans l'auto-évaluation |
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Un contrat d'habitation ou d'automobile en cours |
La protection juridique, à identifier dans les conditions particulières |
Le plafond, le seuil d'intervention et le moment où la garantie joue |
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Des ressources au-dessus des plafonds, sans protection juridique |
La convention avec honoraire de base réduit et complément de résultat |
Exiger l'écrit, et la mention des deux composantes |
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Un dossier grave, avec des séquelles lourdes |
La combinaison protection juridique et honoraire de résultat |
La provision sollicitée en cours de procédure allège le calendrier |
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Une procédure judiciaire à engager en première instance |
Vérifier d'abord l'aide juridictionnelle, qui dispense de la contribution |
Anticiper la contribution de 50 euros dans le calendrier |
Une remarque sur la dernière colonne de la quatrième ligne. Lorsque la responsabilité n'est pas discutée, une provision peut être sollicitée très tôt, à valoir sur l'indemnisation définitive. Elle ne sert pas seulement à faire face aux dépenses immédiates : elle change la trésorerie du dossier, et rend la question de l'avance largement théorique.
6. Trois erreurs qui coûtent plus cher que les honoraires
Renoncer sans avoir vérifié. L'aide juridictionnelle est écartée par beaucoup de victimes sur une estimation de tête, souvent fausse parce qu'elle raisonne en salaire net et ignore les majorations pour personnes à charge. La vérification prend quelques minutes et se fait avant toute démarche.
Confier le dossier à un intermédiaire commercial. Les sociétés de recours prélèvent un pourcentage sur l'indemnisation, sans être soumises aux règles professionnelles ni au maniement des fonds par une caisse de règlements pécuniaires. Ce que recouvre ce marché est exposé sur la page sociétés de recours contre avocat.
Signer pour clore le dossier faute de moyens. C'est l'erreur la plus coûteuse, parce qu'elle est irréversible sur ce qui était connu au jour de l'accord. Avant d'accepter une proposition pour des raisons de trésorerie, il faut savoir ce que la signature ferme : la question est traitée sur la page consacrée au fait de ne pas signer une transaction sans avis indépendant, et la relecture d'une proposition sur celle expliquant comment vérifier une offre avant de l'accepter.
7. Les questions voisines et la page qui les traite
Le financement n'est qu'une des questions que pose l'engagement d'une défense. Voici où sont traitées les autres.
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La question |
Où elle est traitée |
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Ce que coûte réellement un accompagnement |
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Les modes de rémunération et la convention |
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Faut-il être assisté, et à partir de quand |
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Dans quels cas conduire seul son indemnisation |
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Le détail de qui avance et de qui rembourse |
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Changer d'avocat en cours de dossier |
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Négocier avec l'assureur pendant la phase amiable |
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Les délais que l'assureur doit respecter, et leurs sanctions |
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Contester un refus ou une offre du Fonds de garantie |
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Le cadre général de la réparation du dommage corporel |
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L'aide juridictionnelle devant la commission des victimes d'infractions |
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Le médecin qui vous assiste à l'expertise et son coût |
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Le cadre d'intervention du cabinet |
Questions fréquentes
Dois-je demander l'aide juridictionnelle avant de consulter ?
Non, l'ordre inverse est même le plus courant. La demande peut être déposée après un premier échange, une fois le dossier identifié et l'avocat choisi. Ce qui compte est la situation du foyer au moment de la demande, non la date à laquelle vous avez consulté.
Mes revenus dépassent un peu les plafonds. Tout est-il fermé ?
Pas nécessairement. L'aide partielle intervient au-delà de l'aide totale, à hauteur de 55 % ou de 25 % des honoraires, et les plafonds sont majorés pour chaque personne à charge. Le calcul retient le revenu fiscal de référence et non le salaire net, ce qui fait souvent la différence. Le simulateur officiel applique le barème en vigueur au jour de la demande.
Comment savoir si je dispose d'une protection juridique ?
En relisant les conditions particulières de tous les contrats du foyer : habitation, automobile, contrats liés à une carte bancaire, parfois un contrat souscrit isolément. Beaucoup de victimes en disposent sans l'avoir identifiée. En cas de doute, une demande écrite à l'assureur, en lui demandant de confirmer la garantie et son plafond, règle la question.
Mon assureur veut me désigner son avocat. Puis-je refuser ?
Oui. L'article L. 127-3 du code des assurances garantit le libre choix de l'avocat et interdit toute clause y portant atteinte. Le texte prévoit même que l'assureur ne peut proposer un nom qu'à votre demande écrite. Choisir un autre professionnel ne vous fait pas perdre la prise en charge, dans la limite des plafonds du contrat.
Un avocat peut-il se rémunérer uniquement sur ce que j'obtiendrai ?
Non, la loi l'interdit : un honoraire fixé en fonction du seul résultat est prohibé. Ce qui est licite, c'est un honoraire correspondant aux diligences accomplies, complété par un honoraire de résultat. Une proposition formulée en « vous ne payez que si vous gagnez » décrit donc un montage que la réglementation ne permet pas.
Qu'est-ce que cette contribution de 50 euros dont on parle depuis mars 2026 ?
Une contribution pour l'aide juridique, exigée pour toute requête ou assignation en première instance depuis le 1er mars 2026. Elle s'acquitte par un timbre dématérialisé et conditionne la recevabilité, avec une régularisation possible dans le mois. Les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle, totale comme partielle, en sont dispensés en joignant leur décision d'admission.
Si je gagne, l'adversaire paiera-t-il mes honoraires ?
Pas intégralement, et c'est la principale idée reçue en la matière. Les honoraires ne sont pas des dépens : ils relèvent des frais irrépétibles, que chaque partie supporte. Le juge peut allouer une indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile, mais il n'y est pas tenu et apprécie en équité. Les dépens, eux, comprennent notamment les frais d'huissier et d'expertise judiciaire, et sont mis à la charge de la partie perdante.
Je n'ai ni aide juridictionnelle ni protection juridique. Que reste-t-il ?
La convention prévoyant un honoraire de base réduit assorti d'un complément de résultat, qui ramène l'avance à peu de chose. S'y ajoute, lorsque la responsabilité n'est pas discutée, la possibilité de solliciter une provision à valoir sur l'indemnisation, qui modifie le calendrier de trésorerie du dossier.
Faire le point sur les voies ouvertes avant d'engager quoi que ce soit
Trois vérifications suffisent à savoir où l'on se situe : l'éligibilité à l'aide juridictionnelle au regard du foyer, l'existence d'une garantie de protection juridique dans les contrats en cours, et la possibilité d'une provision si la responsabilité n'est pas discutée. Le cabinet de Maître Joëlle Marteau-Péretié intervient à Lille et à Paris — 06 84 28 25 95. Les modalités de rémunération font l'objet d'une convention d'honoraires écrite, prévoyant un honoraire correspondant aux diligences accomplies, complété le cas échéant par un honoraire de résultat, conformément à l'article 10 de la loi du 31 décembre 1971.
Sources et références
- Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 : conditions d'admission à l'aide juridictionnelle, appréciation des ressources au regard du revenu fiscal de référence, du patrimoine mobilier et du patrimoine immobilier hors résidence principale, majorations de plafond par personne à charge, et prise en charge totale ou partielle à hauteur de 55 % ou de 25 %. Les plafonds sont réévalués annuellement.
- Loi de finances pour 2026 : contribution pour l'aide juridique de 50 euros, exigible depuis le 1er mars 2026 pour les requêtes et assignations de première instance, acquittée par timbre dématérialisé, constituant une condition de recevabilité régularisable dans un délai d'un mois, et dont les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle totale ou partielle sont dispensés sur production de leur décision d'admission.
- Code de procédure civile, article 695 : énumération des dépens, comprenant notamment les frais d'huissier de justice pour la signification des actes et les frais d'expertise judiciaire.
- Code de procédure civile, article 696 : les dépens sont mis à la charge de la partie perdante, sauf décision motivée les répartissant autrement.
- Code de procédure civile, article 700 : le juge peut condamner la partie tenue aux dépens à payer à l'autre partie une somme au titre des frais non compris dans les dépens ; il tient compte de l'équité et de la situation économique de la partie condamnée, et peut n'allouer aucune somme. Les honoraires d'avocat ne constituent pas des dépens.
- Code des assurances, article L. 127-3 : tout contrat d'assurance de protection juridique stipule que l'assuré a la liberté de choisir son avocat ; aucune clause ne peut porter atteinte à ce libre choix, et l'assureur ne peut proposer le nom d'un avocat qu'à la demande écrite de l'assuré.
- Loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, article 10 : les honoraires sont fixés en accord avec le client dans une convention écrite ; la fixation d'un honoraire en fonction du seul résultat judiciaire est interdite, un honoraire complémentaire de résultat demeurant licite lorsqu'il s'ajoute à la rémunération des diligences accomplies.
- Nomenclature Dintilhac : les frais engagés pour faire valoir ses droits, dont l'assistance d'un médecin lors de l'expertise, relèvent du poste des frais divers et se réclament dans l'indemnisation, distinctement de l'indemnité de l'article 700.

Article rédigé par Maître Joëlle Marteau-Péretié, avocate au barreau de Lille, en réparation du dommage corporel et en droit des assurances.


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