Ce droit existe — et il est bien souvent ignoré des victimes
En droit du dommage corporel, l'impossibilité d'accomplir les actes ordinaires de la vie quotidienne constitue un préjudice indemnisable à part entière. Ce poste s'appelle l'assistance par tierce personne dans le jargon juridique — mais derrière ce terme technique, la réalité est très concrète : ménage, cuisine, courses, jardinage, garde d'enfants, accompagnement aux rendez-vous médicaux.
Ce droit naît dès le lendemain de l'accident, pendant toute la période de soins et de rééducation. Il ne faut pas attendre la fin de la procédure d'indemnisation pour en bénéficier. Une provision sur indemnisation peut être obtenue rapidement pour couvrir ces frais pendant l'attente.
Pour les accidents les plus graves — paraplégie, tétraplégie, traumatisme crânien, amputation, grands brûlés, polyhandicap — ce besoin d'aide humaine devient permanent et représente souvent le poste d'indemnisation le plus important du dossier, parfois plusieurs centaines de milliers d'euros sur une vie entière.
Mais même pour une fracture, une opération du genou, une lésion à l'épaule : si vous ne pouvez plus faire certaines choses seul, vous avez le droit d'être aidé aux frais de l'assureur.
Concrètement : ce que vous pouvez faire payer
Voici ce que couvre ce droit, en langage clair :
Les tâches ménagères — ménage, aspirateur, lessive, repassage, vaisselle. Si vous ne pouvez plus vous baisser, porter, tendre les bras, ces tâches doivent être assurées par quelqu'un d'autre.
La cuisine et les repas — préparation des repas, épluchage, cuisson, mise en table. Une épaule immobilisée ou une main opérée peut rendre cette tâche totalement impossible.
Les courses — déplacements au supermarché, portage des sacs, rangement. Incompatibles avec des béquilles ou un fauteuil roulant temporaire.
La garde et l'accompagnement des enfants — école, activités, devoirs, bain, coucher. Si vous êtes le parent principal et que vous ne pouvez plus assurer ces tâches, le coût de remplacement est indemnisable.
Le jardinage si c'était une activité régulière de votre foyer — tonte, taille, entretien.
Les déplacements et accompagnements — trajets aux rendez-vous médicaux, rééducation, courses indispensables.
Les démarches administratives — si vos séquelles (notamment cognitives après un traumatisme crânien) vous empêchent de gérer seul vos papiers.
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Cas concrets : qui est concerné ?
Fracture du membre supérieur ou opération à l'épaule
Marc, 42 ans, fracture du poignet après un accident de la route. Immobilisé 6 semaines. Il ne peut ni cuisiner, ni faire la vaisselle, ni conduire pour faire les courses. Son épouse prend en charge tout le foyer en plus de son travail.
Ce que l'assureur doit payer : 2 heures d'aide par jour pendant 6 semaines, calculées sur la base du tarif d'une aide à domicile professionnelle — soit environ 20 à 22 € de l'heure. Le fait que ce soit l'épouse qui s'en charge gratuitement ne change rien au montant.
Fracture du membre inférieur ou opération du genou
Sophie, 35 ans, fracture du plateau tibial. Mise en décharge totale pendant 3 mois. Elle ne peut ni se déplacer seule, ni faire les courses, ni s'occuper de ses deux enfants en bas âge comme avant.
Ce que l'assureur doit payer : aide ménagère, courses, accompagnement des enfants. Soit potentiellement 3 à 4 heures par jour pendant toute la durée d'immobilisation.
Traumatisme crânien
David, 29 ans, traumatisme crânien léger à modéré après un accident de moto. Les séquelles cognitives — fatigue, troubles de concentration, difficultés à planifier — le rendent incapable d'organiser ses repas, de gérer ses papiers, de conduire ses enfants à l'école de manière fiable.
Ce que l'assureur doit payer : aide à la gestion quotidienne, accompagnement, aide ménagère. Ces besoins peuvent durer bien au-delà de la consolidation si les séquelles persistent.
Hémiplégie, paraplégie, tétraplégie
Pour les accidents graves entraînant un handicap lourd, l'aide humaine devient permanente et totale. Une victime en fauteuil roulant ou présentant une hémiplégie ne peut plus accomplir seule la quasi-totalité des actes de la vie quotidienne. L'aide humaine représente alors plusieurs heures par jour, à vie — et son indemnisation peut dépasser le million d'euros sur l'ensemble d'une vie.
À lire : Aménagement du logement après un accident grave : qui finance les travaux ?
Le point essentiel que l'assureur ne vous dira pas
Si c'est votre conjoint, vos parents ou un ami qui vous aide gratuitement, vous avez quand même le droit d'être indemnisé.
C'est l'un des principes les plus solides et les plus méconnus du droit du dommage corporel, réaffirmé constamment par la Cour de cassation : l'aide bénévole d'un proche doit être indemnisée exactement comme une aide professionnelle. L'assureur ne peut pas réduire le montant au prétexte que votre conjoint "fait ça gratuitement" — ce serait lui faire porter la charge financière de l'accident à votre place.
Concrètement : si votre épouse passe 2 heures par jour à vous aider au lieu d'aller travailler ou de profiter de son temps libre, ces 2 heures sont indemnisées sur la base du tarif d'une aide professionnelle, soit environ 20 à 22 € de l'heure, charges comprises.
À lire : Aide familiale gratuite : l'assureur ne peut pas profiter de la solidarité de vos proches
Ce que vous devez faire dès maintenant
Notez les heures. Tenez un relevé quotidien de tout ce que vous ne pouvez plus faire seul et du temps que cela prend à la personne qui vous aide. Ce journal devient une preuve lors de l'expertise médicale.
Gardez les factures si vous avez recours à une aide professionnelle (femme de ménage, aide à domicile, portage de repas). Elles sont intégralement remboursables.
Faites attester vos proches. Une attestation écrite du conjoint ou d'un proche décrivant concrètement l'aide apportée — tâches, fréquence, durée — est un élément utile pour le dossier.
Ne sous-estimez pas vos besoins. Les victimes ont souvent tendance à minimiser ("je me débrouille"). Ce réflexe joue contre elles lors de l'expertise. Décrivez honnêtement ce que vous ne pouvez plus faire, même si cela vous paraît anodin.
À lire : Bien préparer votre expertise médicale
À lire : Justificatifs et preuves : ce qu'il faut conserver pour chaque poste de préjudice
Ce que l'assureur va essayer de faire
L'aide humaine est le poste d'indemnisation le plus systématiquement minoré par les assureurs, notamment parce que les sommes en jeu sont importantes sur la durée.
Ses deux tactiques les plus fréquentes :
Minorer le nombre d'heures. L'expert mandaté par l'assureur retient souvent un nombre d'heures très inférieur à la réalité. Un médecin-conseil de victimes indépendant peut contester cette évaluation et défendre vos besoins réels.
À lire : Médecin-conseil indépendant : pourquoi c'est indispensable face à l'expert de l'assureur
Refuser l'aide bénévole. Certains gestionnaires de sinistres persistent à vouloir réduire le montant au motif que c'est un proche qui s'en charge. C'est contraire à la jurisprudence constante de la Cour de cassation — votre avocat peut le contester immédiatement.
À lire : Les combines des assureurs pour réduire votre indemnisation
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FAQ
Je suis encore à l'hôpital. Est-ce que je peux déjà demander cette aide ?
Oui. Le droit à l'aide humaine commence dès le retour à domicile, voire pendant l'hospitalisation pour certains besoins (entretien du logement resté vide, garde des enfants). Une provision peut être demandée à l'assureur dès que la responsabilité est établie, sans attendre la consolidation.
Mon accident était partiellement de ma faute. Puis-je quand même être indemnisé pour l'aide à domicile ?
Oui, mais le montant peut être réduit proportionnellement à votre part de responsabilité. Une responsabilité partielle ne supprime pas le droit à indemnisation — elle le diminue. Un avocat peut évaluer précisément l'impact de ce partage sur votre dossier.
L'aide à domicile que j'ai recrutée me demande une attestation. Que faire ?
Gardez le contrat ou la convention, les bulletins de salaire si elle est déclarée, ou à défaut les relevés bancaires montrant les paiements. Ces justificatifs seront présentés à l'assureur pour remboursement. Si elle n'est pas déclarée, des factures nominatives ou des attestations sur l'honneur peuvent être utilisées.
Ma blessure n'est pas très grave. Est-ce quand même indemnisable ?
Oui. L'aide humaine n'est pas réservée aux grands handicaps. Une fracture, une opération, un plâtre de six semaines — tout ce qui vous empêche d'accomplir des tâches ordinaires ouvre droit à indemnisation. Même quelques heures par semaine, sur quelques mois, peuvent représenter plusieurs milliers d'euros.
Est-ce que l'aide pour les enfants est prise en compte ?
Oui. Si vous étiez le parent qui assure principalement la garde, les trajets, les devoirs, les activités des enfants, et que l'accident vous a rendu incapable d'assumer ces tâches, le coût de remplacement est indemnisable. C'est un point souvent oublié et systématiquement sous-évalué.
Combien de temps dure cette indemnisation ?
Pour les accidents légers à modérés, jusqu'à la consolidation médicale — c'est-à-dire jusqu'à la stabilisation de votre état. Pour les accidents graves avec séquelles permanentes, l'aide humaine peut être indemnisée à vie, sous forme de capital ou de rente.
À lire : Tierce personne : capital ou rente, comment choisir ?
À lire : Proche aidant épuisé : peut-il être indemnisé à son tour ?
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Bibliographie et références
Textes de référence
- Nomenclature Dintilhac (2005) — poste "Assistance par tierce personne temporaire" (ATPT) et "Assistance par tierce personne permanente" (ATPP)
- Code civil, art. 1240 — principe de réparation intégrale
- Cass. 2e civ., 4 mai 2017, n° 16-16.885 — l'indemnisation de la tierce personne ne saurait être réduite en raison de l'aide familiale bénévole
- Cass. 2e civ., 24 septembre 2020, n° 19-21317 — la tierce personne temporaire suit les mêmes règles que la tierce personne permanente
- Cass. 2e civ., 17 décembre 2020, n° 19-15969 — l'indemnisation inclut les majorations dimanches, jours fériés et congés payés même pour l'aide familiale
Pages du site à consulter
- Aide familiale gratuite : vos droits à indemnisation
- Évaluation et chiffrage du besoin en tierce personne
- Capital ou rente pour financer l'aide humaine
- Obtenir une provision d'urgence
- Indemnisation des accidents graves
- Frais après un accident : récupérer tout l'argent avancé
Article rédigé par Maître Joëlle Marteau-Péretié, avocate spécialisée en droit du dommage corporel — Cabinet JMP Avocat, Lille & Paris.


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