📌 En bref
Les frais de logement adapté sont un poste autonome de la nomenclature Dintilhac. Ils ne se limitent pas aux travaux : ils couvrent les équipements provisoires posés avant la consolidation, les aménagements définitifs une fois l’état stabilisé, et, lorsque le logement ne peut pas être adapté, le déménagement et le surcoût de loyer capitalisé sur l’espérance de vie. La Cour de cassation admet même le financement de l’acquisition d’un logement adapté lorsque l’ampleur des travaux rend la location durablement inadaptée (Cass. 2e civ., 18 mai 2017, n° 16-15.912). Les aides publiques — MaPrimeAdapt’, PCH, crédit d’impôt — financent l’urgence, mais ne remplacent jamais l’indemnisation : elles se déduisent, elles ne s’y substituent pas. Deux erreurs coûtent le plus cher : engager les travaux définitifs avant la consolidation, et accepter un forfait sans évaluation ergothérapique contradictoire. Voir le tableau des aides mobilisables.
Pendant que vous tentez de reconstruire votre vie, une question matérielle s’impose : qui va payer la rampe d’accès, l’ascenseur privatif, la douche de plain-pied, l’élargissement des portes ? Face à l’urgence et à la pression de l’assureur, beaucoup de victimes prennent des décisions irréversibles — accepter un forfait, lancer les travaux trop tôt, documenter trop peu leurs besoins. Le coût se compte en dizaines de milliers d’euros, et en un logement qui, au bout du compte, ne répond toujours pas aux besoins réels.
Cette page explique ce que recouvre exactement le poste « frais de logement adapté », qui le finance selon le circuit d’indemnisation, quelles aides publiques mobiliser en attendant, et comment construire la preuve du besoin. Elle s’adresse aux victimes de séquelles lourdes — paraplégie, tétraplégie, traumatisme crânien, amputation, ou cécité — comme à leurs proches.
1. Le poste « frais de logement adapté » : ce que la nomenclature couvre réellement
1.1. Frais temporaires, frais définitifs : deux temps, deux logiques
La nomenclature Dintilhac distingue deux séquences, et cette distinction commande tout le calendrier du dossier.
Les frais temporaires sont engagés avant la consolidation : barres d’appui, rampes amovibles, location de matériel spécialisé, hébergement accessible le temps des travaux ou d’un séjour en rééducation. Ils se justifient par des factures et se demandent au fil de l’eau, sans attendre la fin de la procédure.
Les frais définitifs ne se chiffrent qu’une fois l’état stabilisé : mise en accessibilité (élargissement des portes, suppression des seuils, circulation en fauteuil), équipements permanents (monte-escalier, ascenseur privatif, douche de plain-pied, cuisine et sanitaires adaptés), domotique, aménagements extérieurs et place de stationnement. Ils relèvent de la même logique que les frais de véhicule adapté et, plus largement, de l’ensemble des frais futurs indemnisés à vie : ce qui est réparé n’est pas une dépense passée, c’est un besoin appelé à durer.
1.2. Au-delà des murs : relogement, surcoût de loyer, perte de valeur
Le poste ne s’arrête pas au logement actuel. Lorsque celui-ci ne peut pas être adapté — immeuble sans ascenseur, maison sur plusieurs niveaux, escalier en colimaçon qui exclut techniquement un monte-escalier — l’indemnisation couvre le déménagement et le surcoût de loyer, capitalisé sur l’espérance de vie. C’est fréquemment le poste le plus lourd du dossier, et celui que les offres initiales omettent le plus souvent.
Dans les situations les plus lourdes, la Cour de cassation admet le financement de l’acquisition d’un logement adapté, au nom de la réparation intégrale, lorsque l’ampleur des travaux rend une location durablement inadaptée (Cass. 2e civ., 18 mai 2017, n° 16-15.912, publié ; Cass. 2e civ., 17 octobre 2024, n° 22-19.795). Les conditions exactes de cette prise en charge, et la manière de la démontrer, font l’objet d’une page dédiée : faire financer l’achat d’un logement adapté.
Enfin, si vous êtes propriétaire et que les travaux dévalorisent votre bien — une rampe extérieure, une extension fonctionnelle mais atypique, un ascenseur privatif —, cette perte de valeur vénale est elle aussi indemnisable, sur expertise immobilière.
Le poste couvre enfin le cas où le lieu de vie n’est plus le domicile. La nomenclature y range les frais de structure nécessaires pour que la victime dispose d’un autre lieu de vie, de type foyer ou maison médicalisée : la part des frais d’hébergement qui reste à sa charge en maison d’accueil spécialisée ou en foyer d’accueil médicalisé se réclame donc au responsable, au même titre que des travaux. Et l’un n’exclut pas l’autre : une personne accueillie en établissement la semaine a souvent besoin d’un logement familial accessible pour ses retours. Le choix entre ces lieux de vie, et ce que chacun implique pour l’indemnisation, fait l’objet de notre article domicile ou établissement après un accident grave.
1.3. Pourquoi ce poste est systématiquement minoré
Quatre mécanismes reviennent. Le premier est la proposition forfaitaire : une somme ronde, présentée comme un usage, alors qu’aucun montant n’est « standard » — tout dépend du type de logement, de sa surface, de sa configuration et de sa localisation. Le deuxième est l’expertise expédiée : une visite d’une demi-heure, quelques photos, et la conclusion que « des aménagements mineurs suffisent ». Le troisième est le refus de principe du relogement (« vous n’avez qu’à adapter l’existant »), alors qu’un quatrième étage sans ascenseur l’impose objectivement. Le quatrième est la pression au règlement rapide : une transaction signée est, sauf exception, définitive, même si les devis arrivent ensuite au triple.
Une indemnisation insuffisante ne se solde pas seulement par un manque à gagner. Elle contraint à l’endettement, isole, et augmente mécaniquement le besoin d’assistance par tierce personne — poste lui-même fréquemment sous-évalué, en particulier lorsque l’aide est apportée par un proche : elle ne se traite jamais comme gratuite (Cass. 2e civ., 19 décembre 2024, n° 23-16.766).
2. Qui paye l’adaptation, selon le circuit d’indemnisation
La réponse ne dépend pas de la gravité des séquelles, mais du régime applicable à l’accident. Chaque circuit obéit à ses propres règles de preuve, de délai et d’assiette.
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Votre situation |
Qui doit indemniser le logement adapté |
Le point de vigilance |
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Accident de la circulation |
L’assureur du véhicule impliqué, au titre de la loi Badinter du 5 juillet 1985 |
Offre obligatoire dans les 8 mois (art. L. 211-9 C. assur.), mais la loi garantit le droit, pas le montant |
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Faute d’un tiers hors circulation |
Son assureur de responsabilité civile (art. 1240 C. civ.) |
La preuve de la faute et du lien de causalité vous incombe |
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Responsable non assuré, en fuite ou insolvable |
Le FGAO, ou la CIVI en cas d’infraction |
Délais de saisine spécifiques, à ne pas laisser passer |
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Accident du travail ou de trajet |
La Sécurité sociale ne couvre pas ce poste ; il faut la faute inexcusable de l’employeur ou un tiers responsable |
La rente AT répare la perte de gains, pas le cadre de vie (voir le régime AT/MP) |
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Accident médical |
L’ONIAM ou l’assureur de l’établissement, après avis de la CCI |
Seuil de gravité de l’art. D. 1142-1 CSP : 24 % d’AIPP, ou 6 mois de déficit fonctionnel temporaire sur 12 |
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Vos seuls contrats : Garantie Accidents de la Vie, assurance emprunteur, prévoyance |
Seuils d’AIPP contractuels (souvent 10 %), plafonds et exclusions : à vérifier ligne à ligne |
Un même accident peut relever de deux circuits à la fois — un accident de trajet causé par un automobiliste, par exemple, ouvre la voie AT/MP et l’action contre le responsable. Les deux se cumulent dans la limite de la réparation intégrale, et c’est souvent le second qui finance réellement le logement.
3. Les aides publiques : un relais de trésorerie, jamais une indemnisation
Entre l’accident et le règlement définitif, il s’écoule souvent plusieurs années. Des dispositifs publics permettent de financer les travaux les plus urgents pendant ce délai. Ils obéissent à des conditions différentes et se cumulent partiellement ; pour arbitrer entre les principaux dispositifs handicap, voyez notre comparatif PCH, AAH, AEEH.
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Dispositif |
Ce qu’il finance en 2026 |
Conditions principales |
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MaPrimeAdapt’ (ANAH) |
70 % du montant des travaux pour les ménages très modestes (15 400 € maximum) et 50 % pour les ménages modestes (11 000 € maximum), sur une assiette de travaux plafonnée à 22 000 € HT |
70 ans et plus sans condition d’autonomie ; 60 à 69 ans avec un GIR reconnu ; ou taux d’incapacité d’au moins 50 % ou bénéficiaire de la PCH. Conditions de ressources ANAH. Le dossier doit être déposé avant le début des travaux |
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PCH « aménagement du logement » (MDPH) |
Jusqu’à 10 000 € sur une période de 10 ans |
Difficulté absolue pour une activité essentielle, ou grave pour deux ; dépôt à la MDPH, décision de la CDAPH |
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Crédit d’impôt (art. 200 quater A du CGI) |
25 % des dépenses d’équipement, dans la limite de 5 000 € sur 5 ans pour une personne seule, 10 000 € pour un couple, majorés de 400 € par personne à charge |
Équipements conçus pour l’accessibilité ou l’adaptation à la perte d’autonomie, installés par l’entreprise qui les fournit |
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TVA à taux réduit |
Taux réduit sur la pose de certains équipements spéciaux et sur les travaux dans un logement achevé depuis plus de deux ans |
Attestation à remettre à l’entreprise avant facturation |
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Caisses de retraite et collectivités |
Aides forfaitaires ou prêts à taux zéro, variables selon la caisse, le département et la commune |
Cumulables avec les précédentes ; se renseigner auprès de la CARSAT, du conseil départemental et du CCAS |
Une précision décisive, souvent mal comprise : ces aides ne remplacent pas l’indemnisation due par le responsable. Elles se déduisent des sommes versées pour les mêmes travaux, mais elles ne réduisent en rien l’étendue de votre droit. Accepter un forfait au motif que « l’ANAH prendra le reste » revient à financer soi-même la réparation d’un dommage causé par un autre. En pratique, MaPrimeAdapt’ suppose un diagnostic par un ergothérapeute et une entreprise labellisée, avec un délai d’instruction de trois à six mois ; la PCH passe par la MDPH sur un délai comparable. D’où l’intérêt de demander en parallèle une provision à l’assureur.
4. Les cinq erreurs qui coûtent le plus cher
La plupart des sous-indemnisations ne tiennent pas à une difficulté juridique, mais à des décisions prises trop vite, dans l’épuisement. Voici les cinq qui reviennent le plus souvent.
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L’erreur |
Pourquoi elle coûte cher |
Le réflexe à prendre |
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Engager les travaux définitifs avant la consolidation |
Les besoins ne sont pas figés ; des travaux faits trop tôt sont inadaptés, et l’assureur conteste leur nécessité |
Attendre la stabilisation — le moment de la consolidation se discute — et n’engager d’ici là que du provisoire, documenté |
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Accepter un forfait sans évaluation contradictoire |
Un aménagement complet n’a pas de prix « moyen » : il dépend du bâti, de la surface et de la configuration |
Vérifier l’offre poste par poste et ne rien signer sans avis indépendant |
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Ne pas anticiper l’évolution de l’état |
Un fauteuil manuel aujourd’hui peut devenir un fauteuil électrique, plus large, avec aide humaine permanente |
Surdimensionner (portes de 90 cm, réservations pour un futur ascenseur) ; en cas de dégradation, il reste possible d’rouvrir le dossier en aggravation |
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Oublier le relogement et le surcoût de loyer |
C’est fréquemment le poste le plus lourd, et le plus souvent absent des offres initiales |
Faire établir un rapport d’impossibilité technique ou de coût excessif, et chiffrer les deux scénarios en parallèle |
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Négliger la preuve et les abords |
Sans écrits, l’expert conclut à des « besoins mineurs » ; une allée gravillonnée ruine un intérieur parfait |
Tenir un journal des difficultés quotidiennes, écrire par recommandé, photographier, et penser l’accessibilité du portail au lit |
Une sixième erreur, plus discrète, mérite d’être signalée : s’en remettre à l’avocat proposé par sa propre protection juridique sans mesurer ce que cela implique. L’article L. 127-3 du Code des assurances interdit à l’assureur de vous proposer un avocat sans demande écrite de votre part, et vous conservez en toutes circonstances le libre choix de votre conseil — un point développé ici : protection juridique et libre choix de l’avocat.
5. Construire la preuve du besoin, poste par poste
5.1. Les trois évaluations à réunir
Le dossier de logement adapté ne se gagne pas sur des principes : il se gagne sur des pièces. Trois évaluations le structurent, et aucune ne remplace les deux autres.
Le médecin de recours décrit les séquelles et les limitations fonctionnelles : ce qui est possible seul, avec aide, ou impossible. Sa présence à l’expertise change la nature du débat — voyez pourquoi choisir un médecin indépendant de l’assureur. Pour un blessé aux atteintes multiples, cette évaluation gagne à être conduite globalement, et non organe par organe.
L’ergothérapeute traduit ces limitations en besoins d’accessibilité, pièce par pièce, geste par geste. C’est la pièce maîtresse : c’est elle qui démontre qu’un monte-escalier ne peut pas être installé sur un escalier en colimaçon, ou qu’une cuisine de 6 m² interdit le demi-tour en fauteuil.
L’expert bâtiment chiffre, compare et arbitre : adapter l’existant, déménager, ou acquérir. Trois devis détaillés d’entreprises assurées en décennale valent mieux qu’une estimation globale. Le coût de ces expertises est lui-même indemnisable au titre des frais divers, et peut être avancé sur provision.
Une quatrième source de preuve existe, et elle ne coûte rien : lorsque la victime est encore hospitalisée en rééducation, l'équipe du centre réalise elle-même une visite préparatoire du domicile et des mises en situation avant la sortie. Ces comptes rendus décrivent pièce par pièce ce qui bloque, à un moment où personne ne peut soupçonner la victime d'avoir organisé la démonstration. Encore faut-il les réclamer avant la sortie : c'est l'un des réflexes détaillés dans notre guide du séjour en centre de rééducation et de ce qu'il apporte au dossier.
5.2. Financer l’urgence sans rien signer
Attendre la consolidation ne signifie pas rester sans moyens. La provision permet de financer les aménagements urgents avant tout règlement définitif, et son obtention n’est pas subordonnée à l’urgence : l’article 835, alinéa 2, du Code de procédure civile permet au juge des référés d’accorder une provision dès lors que l’obligation n’est pas sérieusement contestable. Une provision n’est pas une transaction : elle s’impute sur l’indemnité finale, sans rien préjuger du montant total.
5.3. Capital ou rente, amiable ou judiciaire
Deux arbitrages restent à poser. Le premier porte sur la forme : un capital plutôt qu’une rente laisse la maîtrise des choix, mais suppose une capitalisation correcte — les paramètres retenus, tables de mortalité et taux d’actualisation, pèsent lourd (voir le barème de la Gazette du Palais, édition 2025 : tables INSEE 2020-2022, taux de 0,5 %). Les juges du fond appliquent souverainement le barème qui leur paraît le plus adapté (Cass. 2e civ., 10 décembre 2015, n° 14-27.243).
Le second porte sur la voie amiable ou judiciaire : l’amiable va plus vite, mais l’assureur garde la main sur le calendrier et sur l’expertise ; la voie judiciaire est plus longue et ouvre l’expertise contradictoire encadrée par l’article 276 du Code de procédure civile, qui oblige l’expert à répondre aux dires des parties. Si l’offre reçue est manifestement insuffisante, ne la laissez jamais sans réponse écrite : le silence vaut acceptation de fait du cadre posé par l’assureur.
6. Trois configurations fréquentes et les postes qu’elles mobilisent
Les situations se ressemblent rarement, mais elles se rangent en quelques familles. Les trois configurations ci-dessous ne sont pas des dossiers : ce sont des schémas de raisonnement, destinés à montrer quels postes doivent être ouverts et sur quelles pièces ils reposent. Aucun montant ne peut en être déduit — l’évaluation dépend de l’âge, des séquelles, du bâti et du marché local.
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Configuration |
Les postes à ouvrir |
Les pièces qui les fondent |
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Locataire en étage sans ascenseur, paraplégie, accident de la circulation |
Adaptation impossible : déménagement, surcoût de loyer capitalisé sur l’espérance de vie, aménagement du nouveau logement, frais de double loyer pendant la transition |
Rapport ergothérapique d’impossibilité, état du marché locatif accessible, barème de capitalisation |
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Traumatisme crânien avec séquelles cognitives, propriétaire d’une maison à étages |
Extension ou réorganisation en rez-de-chaussée, domotique et sécurisation, perte de valeur vénale du bien, aménagements extérieurs |
Étude de faisabilité technique, trois devis détaillés, expertise immobilière avant/après, et — en cas d’atteintes multiples — une expertise globale de polytraumatisé |
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Accident du travail avec faute inexcusable, logement trop exigu pour accueillir une aide humaine |
Surface supplémentaire nécessaire à l’intervention de la tierce personne, adaptation sanitaire, surcoût de loyer ou acquisition |
Plan de charge de l’aide humaine, rapport ergothérapique, avis du médecin de recours sur la permanence du besoin |
Le point commun des trois est méthodologique : ce n’est jamais le devis qui emporte la conviction, c’est la démonstration que le besoin est la conséquence directe et durable des séquelles. C’est exactement le raisonnement que suit la Cour de cassation lorsqu’elle admet le financement d’une construction neuve plutôt que l’adaptation d’un bien existant : le changement de lieu de vie n’est pas un choix personnel dès lors qu’il est provoqué par les séquelles de l’accident (Cass. 2e civ., 18 mai 2017, n° 16-15.912).
Pour une victime en dépendance totale, l’enjeu se déplace encore : chambre médicalisée, espace de travail pour les équipes, domotique complète. Ce projet de retour à domicile ne peut pas être écarté par l’assureur au profit d’un placement en établissement — c’est l’objet de notre guide sur l’indemnisation d’un proche en état végétatif ou pauci-relationnel.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour être indemnisé de son logement adapté ?
En voie amiable, il faut généralement compter plusieurs mois après la consolidation, l’assureur disposant de huit mois pour formuler une offre lorsque la loi Badinter s’applique. En voie judiciaire, l’expertise et la procédure allongent nettement ce calendrier. Les délais réels varient fortement selon la complexité du dossier, ce qui rend la demande de provision d’autant plus utile.
Puis-je commencer les travaux avant la fin de la procédure ?
Oui, sous conditions. Sollicitez une provision, faites valider le principe et l’ampleur des travaux par votre conseil et votre expert, conservez tous les devis et factures, et photographiez l’état avant et après. En revanche, engager des travaux définitifs avant la consolidation vous expose à deux risques cumulés : des aménagements inadaptés à votre état futur, et une contestation de leur nécessité par l’assureur.
L’assureur peut-il m’imposer un logement ou un type de travaux ?
Non. Vous choisissez votre logement, sa localisation et les aménagements, dans la limite du raisonnable. L’assureur doit réparer un besoin, pas imposer une solution ; il peut seulement contester une demande manifestement disproportionnée, et il lui revient alors de le démontrer.
Les aides publiques viennent-elles en déduction de mon indemnisation ?
Oui, pour les mêmes travaux : le principe de réparation intégrale interdit d’être indemnisé deux fois pour un même poste. Mais la déduction porte sur les sommes effectivement perçues, et non sur celles que vous auriez théoriquement pu demander. Une aide non sollicitée ne peut pas vous être opposée pour réduire l’indemnité.
Et si la victime est sous tutelle ou en curatelle ?
L’acceptation d’une transaction obéit alors à des règles protectrices, et certains actes supposent une autorisation du juge. La vigilance est d’autant plus nécessaire que les dossiers de logement adapté concernent souvent des séquelles lourdes : voyez notre page sur le majeur vulnérable victime d’un accident.
Dois-je rembourser si je revends mon bien ou si je ne fais pas tous les travaux ?
Non. L’indemnité répare un préjudice, elle ne rembourse pas des factures : une fois versée, elle vous est acquise, y compris en cas de revente ou de travaux partiels. La seule réserve tient aux clauses de remboursement que certaines transactions tentent d’introduire — raison de plus pour faire relire l’acte avant signature.
Ce qu’il faut retenir
Adapter son logement après un accident n’est pas un confort : c’est la condition matérielle d’une vie autonome. Le poste est large — provisoire et définitif, murs et abords, relogement et acquisition —, mais il ne s’obtient qu’au prix d’une démonstration : celle du besoin, de sa permanence et de son lien avec les séquelles. Trois règles le résument. Ne rien signer sans avis indépendant. Faire évaluer ses besoins par un ergothérapeute avant toute discussion chiffrée. Demander une provision pour ne pas avoir à choisir entre attendre et s’endetter.
Au-delà des travaux, c’est toute la réorganisation du quotidien qui se prépare — voyez notre guide sur la réorganisation de la vie quotidienne après un accident grave.
Le cabinet intervient en droit du dommage corporel et en droit des assurances. Les honoraires font l’objet d’une convention écrite : un honoraire correspondant aux diligences accomplies, complété par un honoraire de résultat (article 10 de la loi du 31 décembre 1971) ; ils peuvent, selon les cas, être pris en charge par votre protection juridique. Pour en discuter, voyez le coût d’un avocat en dommage corporel ou contactez le cabinet (Lille — Paris).
Sources
Textes. Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 (loi Badinter) ; articles 1240 et 1241 du Code civil ; article L. 211-9 du Code des assurances (délai d’offre de huit mois) ; article L. 127-3 du Code des assurances (libre choix de l’avocat) ; articles L. 452-1 et suivants du Code de la sécurité sociale (faute inexcusable) ; article D. 1142-1 du Code de la santé publique (seuil de gravité CCI) ; article 200 quater A du Code général des impôts (crédit d’impôt pour l’adaptation du logement) ; articles 276 et 835 du Code de procédure civile ; nomenclature Dintilhac (2005), poste « frais de logement adapté ».
Jurisprudence. La Cour de cassation admet, au titre de la réparation intégrale, la prise en charge du logement adapté au-delà des seuls travaux, y compris l’acquisition lorsque l’adaptation de l’existant est impossible ou disproportionnée. Deux décisions sont ici citées pour avoir été vérifiées à la source :
- Cass. 2e civ., 18 mai 2017, n° 16-15.912, publié au bulletin — l’achat d’un terrain et la construction d’une maison adaptée peuvent être intégrés aux frais de logement adapté, dès lors que le changement de lieu de vie est provoqué par les séquelles et qu’il n’est pas démontré qu’une acquisition existante avec travaux serait moins onéreuse.
- Cass. 2e civ., 17 octobre 2024, n° 22-19.795 — le coût d’acquisition d’un logement peut être indemnisé lorsque l’acquisition est rendue nécessaire par l’ampleur des travaux d’adaptation et le caractère provisoire d’une location.
- Cass. 2e civ., 10 décembre 2015, n° 14-27.243 — les juges du fond appliquent souverainement le barème de capitalisation qui leur paraît le plus adapté.
- Cass. 2e civ., 19 décembre 2024, n° 23-16.766 — l’indemnité de tierce personne ne peut être réduite au motif que l’aide est apportée par un proche, ni subordonnée à la preuve de dépenses effectives.
Ressources. ANAH, dispositif MaPrimeAdapt’ ; CNSA et MDPH, prestation de compensation du handicap, volet « aménagement du logement » ; service-public.fr, crédit d’impôt pour l’adaptation du logement à la perte d’autonomie ; barème de capitalisation de la Gazette du Palais, édition 2025.
Les chiffres relatifs aux aides publiques sont ceux applicables en 2026 et sont susceptibles d’évoluer ; vérifiez-les auprès de l’organisme concerné avant tout dépôt de dossier.


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