📌 En bref

À Lille, le régime d'indemnisation dépend du véhicule, pas de l'opérateur. Dans un bus Ilévia, la loi Badinter s'applique : le bus est un véhicule terrestre à moteur, le passager est une victime protégée dont la faute ordinaire n'est pas opposable (article 3 de la loi du 5 juillet 1985), et l'assureur doit présenter une offre dans les huit mois. Dans le métro, le tramway en site propre et le train, c'est l'obligation de sécurité de résultat du transporteur qui joue — avec, pour le train depuis 2019, une faute du voyageur qui peut réduire l'indemnisation. Le tramway qui traverse un carrefour ouvert retombe sous la loi Badinter (Cass. 2e civ., 16 juin 2011) ; le train au passage à niveau, jamais (Cass. 2e civ., 17 novembre 2016). Une chute dans une station peut viser l'exploitant ou, pour l'ouvrage public, la Métropole devant le juge administratif. Premier réflexe dans tous les cas : le compte-rendu d'incident, demandé sur place. Voir qui répond de quoi, mode par mode, sur le réseau lillois.


Freinage brusque d'une Liane, chute dans un escalier mécanique de la station République, porte de tramway refermée sur un bras, glissade sur un quai de Lille-Flandres : les accidents de transport sont fréquents et les blessures parfois lourdes. La première difficulté n'est pas médicale, elle est d'aiguillage : selon le mode de transport et le lieu exact de l'accident, ce n'est ni le même responsable, ni le même régime, ni le même juge.

Cette page traite de cet aiguillage sur le réseau lillois et des gestes propres aux premiers jours. Le régime général des accidents de transport en commun — loi Badinter, obligation de sécurité, postes de préjudice, procédure — est exposé sur la page consacrée à l'indemnisation des accidents de transport en commun, signalée en bas de page, et n'est pas répété ici.

1. Qui répond de quoi sur le réseau lillois

Le réseau de transport de la Métropole Européenne de Lille est exploité sous la marque Ilévia par Keolis, dans le cadre d'une concession de service public reconduite pour sept ans. La Métropole reste l'autorité organisatrice et la propriétaire des infrastructures. Les gares de Lille-Flandres et de Lille-Europe relèvent du groupe SNCF : SNCF Voyageurs pour le transport, SNCF Gares & Connexions pour les gares, SNCF Réseau pour les voies et les passages à niveau. Selon ce qui a causé l'accident, ce n'est pas la même entité qui répond, ni sur le même fondement.

L'accident

Le régime

Qui répond

Ce qui en découle

Chute ou blessure dans un bus Ilévia (freinage, porte, collision)

Loi Badinter : le bus est un véhicule terrestre à moteur

L'assureur du bus

Offre obligatoire dans les huit mois, faute ordinaire du passager non opposable

Accident à bord du métro ou du tramway en site propre

Droit commun du contrat de transport

L'exploitant, tenu d'une obligation de sécurité de résultat

Pas de faute à prouver ; l'exploitant ne s'exonère que par une cause étrangère

Collision avec un tramway à un carrefour ouvert aux autres usagers

Loi Badinter : le tramway n'est plus sur une voie propre (Cass. 2e civ., 16 juin 2011)

L'assureur du tramway

Piéton, cycliste ou automobiliste heurté : régime protecteur de la loi de 1985

Accident à bord d'un train, sur un quai, à la montée ou à la descente

Droit commun du contrat de transport, tel qu'encadré par le règlement européen sur les droits des voyageurs ferroviaires

SNCF Voyageurs

Obligation de sécurité de résultat ; depuis 2019, la faute du voyageur peut réduire l'indemnisation

Collision train / véhicule à un passage à niveau

Droit commun, responsabilité du fait des choses : la voie ferrée reste une voie propre (Cass. 2e civ., 17 novembre 2016)

Le transporteur ou le gestionnaire de l'infrastructure

Les accidents exclus de la loi Badinter

Chute dans une station, un escalier mécanique, sur un quai, du fait de l'équipement ou du sol

Exploitation de l'équipement, ou défaut d'entretien de l'ouvrage public

L'exploitant, ou la Métropole devant le juge administratif

Chute avec blessure : qui paie selon le lieu

 

Le tableau donne la ligne de partage ; les trois sections qui suivent précisent ce qui, dans chaque régime, change concrètement pour la victime lilloise.

2. Dans un bus : la loi Badinter, et ses délais

C'est le point que la plupart des victimes ignorent. La loi du 5 juillet 1985 s'applique « même lorsqu'elles sont transportées en vertu d'un contrat, aux victimes d'un accident de la circulation dans lequel est impliqué un véhicule terrestre à moteur » (article 1er). Un bus est un véhicule terrestre à moteur ; un freinage qui projette un passager au sol est un accident de la circulation dans lequel le bus est impliqué. Il n'y a donc pas à discuter d'obligation contractuelle : le passager d'un bus Ilévia est une victime de la loi Badinter.

Trois conséquences. Le passager est une victime non conductrice : il est indemnisé « sans que puisse lui être opposée sa propre faute, à l'exception de sa faute inexcusable si elle a été la cause exclusive de l'accident » (article 3) — être debout, ne pas se tenir, n'est pas une faute inexcusable. L'assureur du bus doit présenter une offre d'indemnisation dans les huit mois de l'accident (article L. 211-9 du code des assurances) et informer la victime, dès sa première lettre, qu'elle peut se faire assister d'un avocat et, à l'examen médical, d'un médecin de son choix (article L. 211-10). Enfin, l'offre se lit poste par poste, et se vérifie avant d'être acceptée.

Le piéton ou le cycliste heurté par un bus relève du même régime, avec la même protection ; le cadre commun à tous les usagers des transports collectifs est détaillé sur la page l'indemnisation des passagers victimes d'un accident.

3. Métro, tramway en site propre, train : l'obligation de sécurité de résultat

La loi de 1985 exclut expressément « les chemins de fer et tramways circulant sur des voies qui leur sont propres » (article 1er). Le métro VAL, le tramway sur sa plateforme, le train relèvent donc du contrat de transport. Ce régime n'est pas moins favorable : le transporteur est tenu d'une obligation de sécurité de résultat, ce qui dispense la victime de prouver une faute. Elle établit l'accident et le dommage ; c'est au transporteur de démontrer une cause étrangère.

Pour le train, une nuance est apparue en 2019. La Cour de cassation jugeait jusque-là que le transporteur ferroviaire « ne peut s'exonérer de sa responsabilité contractuelle en invoquant la faute d'imprudence de la victime que si cette faute, quelle qu'en soit la gravité, présente les caractères de la force majeure » (Cass. 1re civ., 13 mars 2008, n° 05-12.551 ; Cass. ch. mixte, 28 novembre 2008, n° 06-12.307). Elle a abandonné cette position en application du règlement européen sur les droits des voyageurs ferroviaires : le transporteur peut désormais s'exonérer, en tout ou partie, lorsque l'accident est dû à une faute du voyageur, « sans préjudice de l'application du droit national en ce qu'il accorde une indemnisation plus favorable des chefs de préjudices subis par la victime » (Cass. 1re civ., 11 décembre 2019, n° 18-13.840, publié). Courir sur un quai, monter dans un train qui démarre, descendre avant l'arrêt : ces comportements peuvent aujourd'hui réduire l'indemnisation d'un voyageur SNCF, ce qui rend les circonstances exactes, et leur preuve, décisives.

Pour le métro et le tramway urbains, la solution classique demeure : l'exploitant répond de la sécurité du passager de la montée à la descente, et ne s'exonère que par une cause étrangère présentant les caractères de la force majeure. Une porte qui se referme sur un usager, une rame qui redémarre pendant la descente, un mouvement de foule sur un quai bondé engagent sa responsabilité sans que la victime ait à démontrer autre chose que le lien entre le transport et la blessure.

4. Passage à niveau : le train reste sur sa voie propre

Les Hauts-de-France comptent de nombreux passages à niveau, et la collision entre un train et un véhicule obéit à une règle constante : « une voie ferrée n'est pas une voie commune aux chemins de fer et aux usagers de la route, ces derniers peuvent seulement la traverser à hauteur d'un passage à niveau » (Cass. 2e civ., 17 novembre 2016, n° 15-27.832, publié). Le train reste sur une voie propre même au droit du passage à niveau : la loi Badinter est écartée contre le transporteur, et le recours relève de la responsabilité du fait des choses (article 1242, alinéa 1er, du code civil), où la faute de la victime lui est opposable et peut réduire son indemnisation.

Ce basculement ne ferme pas les autres voies. Les passagers du véhicule heurté conservent la loi Badinter contre l'assureur de leur propre voiture, impliquée dans l'accident, sans que leur faute ordinaire leur soit opposable. Le conducteur, lui, se tourne vers sa garantie du conducteur s'il en a souscrit une, et la responsabilité du gestionnaire de l'infrastructure se recherche en cas de signalisation ou de barrières défaillantes.

Le tramway obéit à la logique inverse : lorsqu'il traverse un carrefour ouvert aux autres usagers, il ne circule plus sur une voie propre et l'accident relève de la loi Badinter (Cass. 2e civ., 16 juin 2011, n° 10-19.491, publié). La qualification de la voie — propre ou partagée — est donc la première question de tout accident impliquant un engin ferré, et elle se prouve par les lieux : photographies, configuration de la plateforme, signalisation.

5. Chute dans une station, un escalier mécanique, sur un quai

Hors du véhicule, le contrat de transport ne suffit plus toujours à désigner le responsable. Une chute sur un sol glissant non signalé, un escalier mécanique qui s'arrête brutalement, une marche dégradée posent une question préalable : l'accident tient-il à l'exploitation d'un équipement, ou à l'état de l'ouvrage lui-même ?

La cause

Contre qui

Sur quel fondement

Devant quel juge

Un équipement exploité : escalier mécanique, porte palière, ascenseur, portillon

L'exploitant du réseau

Obligation de sécurité du transporteur envers l'usager ; responsabilité du fait des choses

Le tribunal judiciaire de Lille

L'état de l'ouvrage : sol, marche, revêtement, éclairage d'une station ou d'un quai

La personne publique propriétaire — la Métropole pour le réseau urbain

Défaut d'entretien normal de l'ouvrage public : la victime prouve le lien entre l'ouvrage et le dommage, la collectivité doit prouver l'entretien normal

Le tribunal administratif

Un tiers : bousculade, agression, mouvement de foule

L'auteur s'il est identifié ; à défaut, la CIVI pour les infractions

Responsabilité personnelle ; solidarité nationale

Faut-il porter plainte ?

 

Les deux premières lignes ne s'excluent pas : une chute dans un escalier mécanique à Euralille peut relever à la fois de l'exploitation et de l'ouvrage, et le choix de la voie dépend des pièces — rapport d'intervention, registre de maintenance, photographies du jour. C'est précisément pourquoi les premiers jours comptent.

6. Les gestes des premiers jours, à Lille

Sur un réseau de transport, la preuve est périssable : la rame repart, les témoins descendent à la station suivante, les images de vidéoprotection ne sont conservées que quelques semaines. L'ordre des gestes compte davantage que dans un accident de la route classique.

Le geste

Auprès de qui

Pourquoi il compte

Faire ouvrir un compte-rendu d'incident sur place, ou le demander par écrit dans les jours qui suivent

Le conducteur ou les agents Ilévia ; le personnel de quai ou l'accueil en gare pour la SNCF

C'est la pièce qui date et localise l'accident dans les registres de l'exploitant ; sans elle, l'assureur discutera jusqu'à la matérialité des faits

Noter la ligne, le numéro de la rame ou du bus, l'arrêt, l'heure exacte

Vous-même, immédiatement

Ce sont les clés d'accès aux enregistrements de bord et aux images de vidéoprotection

Demander par écrit la conservation des images

L'exploitant, par lettre recommandée, sans attendre

Les images sont effacées à bref délai ; la demande écrite oblige à les préserver ou à justifier de leur disparition

Relever les coordonnées des témoins

Les passagers présents, le conducteur

Le tramway vers Marcq-en-Barœul ou le métro à Cité Scientifique sont rarement vides ; un témoignage écrit vaut plus qu'un souvenir

Faire constater les blessures le jour même

Urgences du CHU de Lille, clinique, médecin traitant

Le certificat médical initial, et ce qui se passe sans lui

Déclarer l'accident à l'assureur du transporteur, et à votre propre assureur

Par lettre recommandée, dans les délais du contrat

Pour le bus, la déclaration ouvre le délai d'offre de la loi Badinter ; votre garantie accidents de la vie peut aussi jouer

Conserver toutes les factures et justificatifs

Vous-même, dès le premier jour

Les frais après un accident : ce qui se rembourse

 

Un mot sur l'accident survenu en allant au travail ou en en revenant. Il peut être qualifié d'accident de trajet et pris en charge par la caisse primaire, ce qui n'empêche pas le recours contre le transporteur pour la part non couverte ; les deux voies se combinent, et la page sur l'accident de trajet explique comment.

7. Où se juge le dossier

La plupart des dossiers se règlent sans procès, après expertise médicale et discussion de l'offre. Quand le procès s'impose, la juridiction dépend du responsable retenu : le tribunal judiciaire de Lille pour l'exploitant ou l'assureur, le tribunal administratif de Lille pour la Métropole au titre de l'ouvrage public, la cour d'appel de Douai en appel. Les pratiques d'indemnisation dans le ressort de Douai ont leur page, de même que le fonctionnement du tribunal judiciaire de Lille et de ses experts, signalé plus haut. Dans tous les cas, l'étape qui pèse le plus lourd est l'expertise médicale, à laquelle un médecin de victimes des Hauts-de-France peut vous assister.

Pour les blessures graves prises en charge au CHU de Lille, le parcours, du service de réanimation à l'indemnisation, est décrit sur la page blessé grave dans le Nord. Et si un accident ferroviaire ou de transport venait à faire de nombreuses victimes, un dispositif national spécifique se déploie, exposé sur la page l'indemnisation après une catastrophe collective de transport.

Questions fréquentes

Le compte-rendu d'incident Ilévia est-il indispensable pour être indemnisé ?

Il n'est pas une condition légale, mais c'est la pièce qui établit la matérialité de l'accident dans les registres de l'exploitant. Sans lui, il faut reconstituer les faits par les témoins, le certificat médical initial et, si elles existent encore, les images de vidéoprotection.

Dans le métro VAL, sans conducteur, contre qui agir ?

Contre l'exploitant du réseau, tenu de l'obligation de sécurité de résultat du transporteur, que la rame soit automatique ou non. L'absence de conducteur ne change ni le responsable ni le régime.

Je suis tombé sur le quai de Lille-Flandres, hors du train : qui répond ?

Cela dépend de la cause. L'obligation de sécurité du transporteur couvre la montée et la descente ; l'état du quai ou de la gare relève de son gestionnaire ; une bousculade relève de son auteur. Le rapport établi sur place par le personnel et les images de la gare permettent de trancher.

J'étais debout dans le bus, sans me tenir : l'assureur peut-il m'opposer ma faute ?

Non. Dans un bus, la loi Badinter ne permet d'opposer au passager que sa faute inexcusable, cause exclusive de l'accident (article 3) ; être debout ou ne pas se tenir n'a pas ce caractère. La solution diffère dans le train, où depuis 2019 une faute du voyageur peut réduire l'indemnisation, et dans le métro ou le tramway en site propre, où l'exploitant ne s'exonère que par une cause étrangère présentant les caractères de la force majeure.

Quel délai pour agir ?

L'action en réparation d'un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la consolidation (article 2226 du code civil), porté à vingt ans dans les cas que ce texte énumère. Mais les preuves, elles, disparaissent en quelques semaines : les délais de prescription ne doivent pas dicter le calendrier.

Renversé par le tramway sur un carrefour lillois : loi Badinter ou contrat de transport ?

Loi Badinter. Lorsque le tramway traverse un carrefour ouvert aux autres usagers, il ne circule plus sur une voie propre (Cass. 2e civ., 16 juin 2011) : le piéton ou le cycliste heurté est une victime protégée, indemnisée par l'assureur du tramway. Sur sa plateforme réservée, en revanche, le tramway échappe à la loi de 1985 et relève du droit commun.

Ma voiture a été heurtée par un TER à un passage à niveau : la loi Badinter s'applique-t-elle ?

Pas contre le transporteur ferroviaire : le train reste sur une voie propre, même au passage à niveau, et le recours relève du droit commun, où votre faute est opposable. Vos passagers, eux, conservent la loi Badinter contre l'assureur de votre véhicule ; votre garantie du conducteur peut couvrir vos propres blessures.

J'ai déjà accepté l'offre de l'assureur du bus : est-ce définitif ?

Une offre acceptée vaut transaction, difficile à remettre en cause. Elle peut l'être si l'assureur n'a pas respecté son obligation d'information dès la première lettre, en cas de vice du consentement, ou pour un mineur sans autorisation du juge ; les cas sont exposés sur la page annuler une transaction.

Pour aller plus loin

Votre besoin

La page à consulter

Le régime complet des accidents de transport en commun, du bus au train

L'indemnisation des accidents de transport en commun

Les postes de préjudice qui composent la réparation intégrale

La nomenclature Dintilhac

Le parcours d'indemnisation, de l'accident au règlement

L'indemnisation des victimes d'accident corporel

Le cadre général du droit du dommage corporel

Le droit du dommage corporel

Un accident sur l'A1, l'A25 ou la rocade lilloise

L'accident sur les autoroutes de la métropole

Le rôle de l'avocat en dommage corporel

L'avocat en dommage corporel

 

Ce qu'il faut retenir

Sur le réseau lillois, c'est le véhicule qui fixe le régime. Le bus relève de la loi Badinter, avec sa victime protégée et son offre obligatoire ; le métro, le tramway en site propre et le train relèvent de l'obligation de sécurité de résultat du transporteur, la faute du voyageur pouvant depuis 2019 réduire l'indemnisation dans le seul cas du train. Le tramway au carrefour retombe sous la loi Badinter, le train au passage à niveau jamais. Hors du véhicule, une chute vise l'exploitant pour l'équipement, la Métropole pour l'ouvrage, devant deux juges différents.

Ce qui ne change pas d'un régime à l'autre : la preuve se constitue dans les premiers jours — compte-rendu d'incident, identifiants de la rame, images à faire conserver, témoins, certificat médical initial — et l'offre ne se signe qu'après consolidation, poste par poste.

Le cabinet intervient en droit du dommage corporel et en droit des assurances, à Lille et à Paris. Les honoraires font l'objet d'une convention écrite : un honoraire correspondant aux diligences accomplies, complété par un honoraire de résultat (article 10 de la loi du 31 décembre 1971). Contacter le cabinet.

Sources

Textes. Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, article 1er (application aux victimes d'un accident de la circulation dans lequel est impliqué un véhicule terrestre à moteur, même transportées en vertu d'un contrat ; exclusion des chemins de fer et tramways circulant sur des voies qui leur sont propres) et article 3 (victimes non conductrices : faute non opposable, sauf faute inexcusable cause exclusive de l'accident). Code des assurances, articles L. 211-9 (offre dans les huit mois) et L. 211-10 (information de la victime dès la première correspondance). Code civil, article 1242, alinéa 1er (responsabilité du fait des choses) et article 2226 (prescription de l'action en réparation d'un dommage corporel). Règlement (CE) n° 1371/2007 sur les droits et obligations des voyageurs ferroviaires, article 11 et règles uniformes CIV, article 26 (exonération du transporteur en cas de faute du voyageur, sans préjudice du droit national plus favorable). Article 10 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971.

Jurisprudence. Cass. 2e civ., 16 juin 2011, n° 10-19.491, publié — le tramway qui traverse un carrefour ouvert aux autres usagers ne circule pas sur une voie propre ; la loi du 5 juillet 1985 s'applique. Cass. 2e civ., 17 novembre 2016, n° 15-27.832, publié — une voie ferrée n'est pas une voie commune aux chemins de fer et aux usagers de la route, qui peuvent seulement la traverser à hauteur d'un passage à niveau ; loi Badinter écartée contre le transporteur ferroviaire. Cass. 1re civ., 13 mars 2008, n° 05-12.551, et Cass. ch. mixte, 28 novembre 2008, n° 06-12.307 — le transporteur ferroviaire, tenu d'une obligation de sécurité de résultat, ne pouvait s'exonérer par la faute d'imprudence de la victime que si elle présentait les caractères de la force majeure. Cass. 1re civ., 11 décembre 2019, n° 18-13.840, publié — revirement : en application du règlement européen, le transporteur ferroviaire peut s'exonérer lorsque l'accident est dû à une faute du voyageur, sans préjudice du droit national accordant une indemnisation plus favorable des chefs de préjudice.

Organisation du réseau. Métropole Européenne de Lille, autorité organisatrice ; réseau Ilévia exploité par Keolis dans le cadre d'une concession de service public reconduite pour sept ans ; SNCF Voyageurs, SNCF Gares & Connexions et SNCF Réseau pour les gares et les voies.

La qualification de la voie, propre ou partagée, et le partage entre exploitation et ouvrage public s'apprécient au vu des lieux et des pièces de chaque accident ; les délais de conservation des images varient d'un exploitant à l'autre.