L'algodystrophie, également appelée Syndrome Douloureux Régional Complexe (SDRC), est souvent qualifiée de « syndrome de la douleur invisible ». Pour les victimes d'un accident de la route ou d'un tout autre type d'accident, c'est une double peine : à la souffrance physique intense s'ajoute le scepticisme systématique des assureurs.

Cet article vous guide pour transformer cette pathologie complexe en un dossier juridique solide et irréfutable, capable de faire plier les résistances de l'assurance et d'obtenir la réparation intégrale que vous méritez.

1. Comprendre l'Algodystrophie (SDRC) dans le cadre d'un accident

Une pathologie neurologique bien réelle, pas une invention

L'algodystrophie est une réaction inflammatoire anormale et disproportionnée du système nerveux après un choc, une fracture, une entorse ou une intervention chirurgicale. Contrairement à ce que certains experts des assurances voudraient faire croire, il ne s'agit pas d'une affection psychosomatique ni d'une exagération de la douleur.

Les symptômes caractéristiques incluent :

  • Douleurs intenses et continues, souvent décrites comme brûlantes ou lancinantes

  • Modifications de la température et de la couleur de la peau (membre froid ou au contraire chaud)

  • Œdème (gonflement) persistant

  • Raideur articulaire progressive pouvant évoluer vers l'enraidissement complet

  • Modifications cutanées : peau brillante, pilosité modifiée, ongles cassants

  • Allodynie : douleur provoquée par un simple effleurement qui ne devrait pas être douloureux


Le piège médical dont se servent les assurances

Le problème majeur : l'algodystrophie n'apparaît pas toujours sur les radiographies classiques ou les IRM standards, particulièrement en phase précoce. C'est précisément cette particularité que les compagnies d'assurances exploitent méthodiquement pour nier la réalité du préjudice.

« Aucune lésion visible à la radio ? Alors il n'y a pas de problème grave », vous dira l'expert mandaté par l'assurance. C'est un mensonge par omission. Le diagnostic de l'algodystrophie repose sur un faisceau d'indices cliniques et nécessite des examens spécialisés :

  • Scintigraphie osseuse en trois temps : examen clé qui montre l'hyperfixation caractéristique
  • IRM avec séquences spécifiques pour détecter l'œdème osseux
  • Examen clinique spécialisé par un algologue ou un rhumatologue expérimenté
  • Thermographie montrant les anomalies de température

Le conseil de l'avocat : ne laissez personne minimiser votre souffrance

Ne laissez personne dire que « c'est dans votre tête ». La douleur chronique est un préjudice parfaitement reconnu par la nomenclature Dintilhac, le référentiel officiel d'évaluation des préjudices corporels en France.

Aux termes de l'article 1240 du Code civil, tout fait quelconque de l'homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Votre algodystrophie est une conséquence directe de l'accident : elle doit être indemnisée dans sa globalité, point final.

2. Les critères de Budapest : Le standard médical pour faire reconnaître votre algodystrophie

Pour une victime, le plus grand danger est de voir sa douleur qualifiée de « psychologique » par l’expert de l’assurance. Pour contrer ce déni, il existe un outil scientifique internationalement reconnu : les critères de Budapest.

Établis par l’Association Internationale pour l’Étude de la Douleur (IASP), ces critères permettent d’objectiver votre Syndrome Douloureux Régional Complexe (SDRC) de manière indiscutable. Lors de l’expertise médicale, ce n'est plus votre ressenti contre l'avis du médecin de l'assurance, mais la réalité de vos symptômes contre une grille clinique précise.

Comment savoir si vous répondez aux critères de Budapest ?

Le diagnostic est validé si vous présentez une douleur continue, disproportionnée par rapport à l'accident initial, accompagnée de signes dans au moins deux de ces quatre catégories :

  1. La sensibilité (Sensorielle) : Une douleur extrême au simple toucher (allodynie) ou une sensibilité accrue à la piqûre (hyperalgésie).

  2. La température et la couleur (Vasomotrice) : Une différence visible de chaleur ou de couleur entre le membre blessé et le membre sain (peau rouge, cyanosée ou marbrée).

  3. Le gonflement et la transpiration (Sudomotrice) : Un œdème (gonflement) marqué ou une transpiration inhabituelle sur la zone douloureuse.

  4. La mobilité et l'aspect (Motrice / Trophique) : Une raideur articulaire, une faiblesse musculaire, ou des modifications de la pousse des ongles et des poils.

Le conseil de Me Marteau-Péretié pour votre expertise

Ne vous rendez pas à l'expertise sans avoir préparé ces points. L'enjeu est majeur : si les critères de Budapest sont confirmés, l'expert est contraint de reconnaître l'imputabilité de votre pathologie à l'accident. Cela change radicalement le calcul de votre Déficit Fonctionnel Permanent (DFP) et de votre Pretium Doloris (souffrances endurées).

Mon rôle est de m'assurer que l'expert applique rigoureusement cette grille de lecture et n'ignore aucun de vos symptômes cliniques pour minimiser votre indemnisation.

3. La tactique des assurances : L'attaque sur « l'état antérieur »

Les deux leviers classiques pour ne pas payer

Les compagnies d'assurances ont mis au point une stratégie systématique pour limiter votre indemnisation. Après des années de pratique, leurs arguments sont toujours les mêmes :

1. La prétendue « fragilité psychologique »

L'assurance tentera de vous faire dire lors de l'expertise médicale que vous étiez « stressé », « anxieux » ou « déprimé » avant l'accident. Le but ? Prétendre que votre algodystrophie est due à votre terrain psychologique fragile et non à l'accident lui-même.

C'est une manipulation pure et simple. Certes, des facteurs psychologiques peuvent parfois jouer un rôle dans le développement ou le maintien de l'algodystrophie. Mais cela n'enlève rien à la responsabilité de l'auteur du dommage. Comme le rappelle constamment la jurisprudence : on prend la victime dans l'état où on la trouve.

2. La chasse à « l'état antérieur »

S'agissant de l'état antérieur : L'assureur et son médecin-conseil vont éplucher votre dossier médical complet à la recherche de la moindre consultation pour douleur articulaire, d'une ancienne entorse, d'un épisode de lombalgie… Tout est bon pour affirmer que vous aviez déjà « un terrain fragile » avant l'accident.

Leur raisonnement fallacieux : « Vous aviez déjà mal au poignet il y a 5 ans, donc votre algodystrophie actuelle n'est pas liée à l'accident. »

L'avis de Me Marteau-Péretié : le principe de réparation intégrale

« Selon le principe de réparation intégrale, inscrit dans le marbre du droit français, l'assureur doit indemniser TOUTES les conséquences de l'accident, même si elles sont aggravées par une prédisposition personnelle, dès lors que cette prédisposition n'était pas invalidante avant le choc. »

En d'autres termes : peu importe que vous ayez eu une fragilité préexistante, si vous étiez valide et autonome avant l'accident, et que vous ne l'êtes plus après, c'est l'accident qui doit être indemnisé. Point final.

C'est ce que confirme l'article L. 211-1 du Code des assurances et la loi Badinter du 5 juillet 1985 pour les accidents de la circulation : la victime non conductrice ne peut se voir opposer aucune faute, sauf faute inexcusable ayant été la cause exclusive de l'accident. L'état antérieur ne peut donc jamais justifier un refus d'indemnisation.

4. Les postes de préjudices à ne pas oublier

L'indemnisation de l'algodystrophie doit être globale car elle impacte tous les aspects de votre vie. Or, les assurances ont tendance à « oublier » certains postes de préjudices ou à les sous-évaluer massivement. Voici ce à quoi vous avez droit selon la nomenclature des préjudices corporels :

Les préjudices patrimoniaux permanents

Le Déficit Fonctionnel Permanent (DFP)

Le DFP évalue la perte de qualité de vie globale et les séquelles définitives. Dans l'algodystrophie, il faut évaluer :

  • La raideur articulaire et la perte d'amplitude des mouvements
  • La perte de force dans le membre atteint
  • Les troubles trophiques (modifications cutanées, pilosité, ongles)
  • La nécessité d'un traitement médical à vie
  • L'impact sur les activités quotidiennes

Un SDRC sévère peut justifier un taux de DFP de 15 à 40% selon l'atteinte, voire davantage en cas de forme généralisée. Chaque point de DFP a une valeur monétaire calculée selon votre âge. Plus d'informations sur le calcul du dommage corporel.

L'Incidence Professionnelle

À propos de l'incidence professionnelle : L'algodystrophie interdit souvent la reprise de métiers manuels ou nécessitant de la précision : artisan, coiffeur, cuisinier, mécanicien, infirmier, musicien, chirurgien…

Ce poste de préjudice compense :

  • La perte de revenus si vous ne pouvez plus exercer votre métier
  • Le déclassement professionnel si vous devez accepter un poste moins qualifié
  • La perte de chance de promotion
  • La nécessité d'une reconversion professionnelle

Attention : L'assurance va systématiquement sous-évaluer ce poste en vous proposant de « vous former à un autre métier ». Mais pourquoi devriez-vous renoncer à votre vocation à cause de la faute d'un tiers ? La jurisprudence est claire : ce préjudice doit être réparé intégralement.

L'Assistance par Tierce Personne (ATP)

Si vous ne pouvez plus porter de charges, effectuer certains gestes du quotidien (faire les courses, le ménage, bricoler, jardiner), conduire longtemps, ou si vous avez besoin d'aide pour vos soins, vous avez droit à une assistance par tierce personne.

Ce poste est souvent le plus sous-évalué par les assurances, alors qu'il représente parfois plusieurs centaines de milliers d'euros sur une vie. L'ATP doit être calculée selon vos besoins réels, pas selon ce que l'assureur estime « raisonnable ».

Les préjudices extrapatrimoniaux permanents

Les Souffrances Endurées (Pretium Doloris)

Le pretium doloris évalue la douleur physique et morale endurée du jour de l'accident jusqu'à la consolidation. Il est évalué sur une échelle de 1 à 7.

Dans le cas du SDRC, ce poste est souvent très élevé (échelle 5/7 à 7/7) en raison de :

  • La douleur neuropathique intense et permanente
  • Les nombreux traitements lourds : blocs sympathiques, neurostimulation, morphiniques…
  • La longue durée avant consolidation (souvent 18 mois à 3 ans)
  • Le retentissement psychologique majeur

Plus d'informations sur le calcul des souffrances endurées.

Le Préjudice d'Agrément

Si vous ne pouvez plus pratiquer vos loisirs et activités sportives (jouer d'un instrument, faire du sport, du jardinage, du bricolage…), ce préjudice spécifique doit être indemnisé séparément. L'assurance tentera de le nier en disant « c'est déjà compris dans le DFP ». C'est faux. La nomenclature Dintilhac distingue clairement ces deux postes.

Le Préjudice Esthétique

Les troubles trophiques de l'algodystrophie (peau luisante, atrophie musculaire, modifications des phanères) constituent un préjudice esthétique qui doit être évalué et indemnisé, particulièrement si le membre atteint est visible (main, avant-bras).

Le Préjudice Sexuel

Rarement évoqué mais bien réel : la douleur chronique et les traitements médicamenteux lourds peuvent impacter votre vie intime. Ce préjudice doit être abordé lors de l'expertise, aussi délicat soit-il.

Les préjudices temporaires (avant consolidation)

N'oubliez pas les préjudices subis pendant la période d'incapacité temporaire :

5. L'importance cruciale de l'expertise médicale contradictoire

Face au médecin-conseil de l'assurance, vous ne devez JAMAIS être seul

L'expertise médicale est le moment le plus déterminant de votre dossier. C'est là que tout se joue. Et c'est précisément pour cette raison que vous ne devez jamais y aller seul.

Pourquoi s'entourer d'un médecin conseil de victimes ?

Le médecin-expert mandaté par l'assurance n'est pas votre allié. Il n'est pas là pour vous aider. Son rôle est de minimiser vos préjudices pour limiter l'indemnisation. C'est son métier, et il le fait très bien.

Face à lui, vous devez avoir votre propre expert : un médecin conseil de victimes. Son rôle :

  • Contrer les conclusions hâtives ou partiales de l'expert mandaté par la compagnie
  • Vérifier que tous les préjudices sont bien évalués, y compris ceux que l'expert adverse « oublie » commodément
  • Apporter les éléments médicaux complémentaires : imagerie récente, avis de spécialistes, échelles de douleur…
  • Protester contre toute tentative de manipulation (questions orientées, minimisation des symptômes, examen expéditif…)
  • Formuler des dires et observations pour le juge si nécessaire

Sans médecin conseil de victimes, vous êtes désarmé. Vous ne connaissez pas les rouages de l'expertise, vous ne savez pas quels arguments opposer, vous risquez de faire des déclarations qui seront utilisées contre vous.

Le rôle indispensable de l'avocat spécialisé

En parallèle, votre avocat spécialisé en dommage corporel prépare l'expertise en amont :

  • Constitution d'un dossier médical solide : scintigraphies, rapports des centres de la douleur, avis d'algologues, certificats médicaux détaillés…
  • Rédaction de dire avant expertise pour attirer l'attention de l'expert sur les points essentiels
  • Préparation de la victime : quelles questions seront posées, comment y répondre, quels pièges éviter…
  • Présence lors de l'expertise pour s'assurer que tout se déroule correctement
  • Contestation du rapport d'expertise s'il est manifestement partial ou incomplet

Comment prouver l'imputabilité directe entre l'accident et le SDRC ?

C'est le nerf de la guerre. L'assurance va systématiquement tenter de rompre le lien de causalité entre l'accident et votre algodystrophie. Pour contrer cette stratégie, il faut rassembler :

  • Les certificats médicaux initiaux décrivant le traumatisme et les premières douleurs
  • La chronologie médicale complète : quand les premiers symptômes sont apparus, leur évolution…
  • Les examens complémentaires spécifiques : scintigraphie montrant l'hyperfixation, IRM avec œdème osseux…
  • Les avis de spécialistes (rhumatologue, algologue, médecin de la douleur) confirmant le diagnostic
  • La littérature médicale établissant que l'algodystrophie peut survenir après ce type de traumatisme

Important : L'absence de lésion visible sur les radiographies initiales ne remet PAS en cause le lien de causalité. De nombreuses algodystrophies surviennent après des traumatismes bénins en apparence. C'est précisément la discordance entre la bénignité du traumatisme initial et l'intensité de la réaction douloureuse qui caractérise le SDRC.

À lire : Établir la preuve de ses préjudices corporels après l'accident

6. Les pièges à éviter lors de la procédure

Ne signez JAMAIS une offre avant consolidation

L'assurance va vous proposer une provision « en attendant la consolidation ». Méfiez-vous : souvent, elle y glisse des clauses pour vous faire renoncer à certains droits ou pour considérer l'affaire comme réglée.

Une provision doit couvrir vos besoins réels, pas simplement vous « calmer » financièrement. Et surtout, elle ne doit en aucun cas être conditionnée à l'abandon de certaines demandes.

À lire : Assurances et pièges méconnus : refus d’indemnisation, état antérieur, fausse déclaration, expertise biaisée

Ne sous-estimez pas vos besoins en assistance par tierce personne

Beaucoup de victimes, par pudeur ou par habitude, minimisent les tâches qu'elles ne peuvent plus accomplir. « Je me débrouille quand même », « mon conjoint m'aide »… C'est une erreur.

Le fait que votre conjoint vous aide ne supprime pas votre préjudice, cela le déplace simplement. Vous devez être indemnisé pour tout ce que vous ne pouvez plus faire seul, même si quelqu'un vous aide gracieusement.

Méfiez-vous des « consolidations » prématurées

L'assurance va pousser pour une consolidation rapide. Plus vite votre état est déclaré « consolidé », plus vite elle peut clore le dossier et limiter les frais.

Or, l'algodystrophie met souvent 18 mois à 3 ans pour se stabiliser, parfois davantage. Une consolidation prématurée vous prive de l'indemnisation de vos frais médicaux futurs et de votre déficit fonctionnel temporaire prolongé.

N'acceptez jamais une date de consolidation proposée par l'assurance sans l'avis de votre médecin traitant et de votre médecin conseil.

Conservez TOUS vos justificatifs

Gardez scrupuleusement :

  • Tous vos certificats médicaux
  • Les factures de soins non remboursés
  • Les justificatifs de déplacements (tickets de péage, de parking, de carburant…)
  • Les tickets de pharmacie
  • Les attestations d'aide à domicile
  • Les preuves de perte de revenus (bulletins de salaire, déclarations fiscales…)

Sans justificatifs, impossible de prouver vos préjudices.

7. Quand saisir la justice ?

Parfois, malgré toutes les démarches amiables, l'assurance reste sur une position inacceptable. Dans ce cas, n'hésitez pas à saisir la justice.

Les recours possibles selon votre situation

Accident de la route

Vous bénéficiez de la loi Badinter qui protège fortement les victimes. L'assurance a 8 mois maximum pour vous faire une offre d'indemnisation. Si elle ne respecte pas ce délai ou si l'offre est dérisoire, vous pouvez :

  • Saisir le tribunal judiciaire pour faire condamner l'assurance à vous indemniser
  • Demander des pénalités de retard si l'assurance a tardé à faire son offre

Erreur médicale

Si votre algodystrophie fait suite à une opération ratée ou à une faute médicale, plusieurs voies de recours :

  • Action devant le tribunal judiciaire si la faute est avérée
  • Saisine de l'ONIAM (Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux) en cas d'aléa thérapeutique
  • Saisine de la CCI (Commission de Conciliation et d'Indemnisation) dans certains cas

Accident du travail

Si votre algodystrophie est consécutive à un accident du travail, vous pouvez demander la reconnaissance d'une faute inexcusable de l'employeur qui augmente significativement votre indemnisation.

Les délais de prescription à respecter

Attention aux délais ! Le délai de prescription pour agir est de :

  • 10 ans à compter de la consolidation pour les accidents de la route (loi Badinter)
  • 10 ans à compter de la consolidation ou de la date à laquelle le lien entre le dommage et la faute a été connu pour les accidents médicaux
  • 2 ans après la consolidation pour les accidents du travail (sauf faute inexcusable)

Ne tardez pas. Plus vous attendez, plus il devient difficile de rassembler les preuves et de faire valoir vos droits.

FAQ : Vos questions sur l'algodystrophie et l'indemnisation

L'assurance me propose une provision dérisoire en attendant la consolidation, que faire ?

Ne signez rien sans analyse juridique. L'algodystrophie est longue à consolider (parfois 2 à 3 ans, voire davantage). Une provision doit couvrir vos besoins réels pendant toute cette période : frais médicaux non remboursés, aide à domicile, perte de revenus si vous êtes indépendant…

Faites analyser l'offre par un avocat spécialisé. Souvent, les provisions proposées par les assurances sont largement sous-évaluées et assorties de clauses piégées. Vous avez le droit de négocier et de refuser une offre insuffisante.

Peut-on être indemnisé si l'algodystrophie survient après une opération ratée ?

Absolument. Il s'agit alors d'une responsabilité médicale. Que ce soit :

  • Une faute médicale avérée (erreur technique, défaut d'information, retard de diagnostic…)
  • Ou un aléa thérapeutique (complication imprévisible survenue en l'absence de faute)

Dans les deux cas, des recours existent :

  • Action en responsabilité devant le tribunal judiciaire si une faute est établie
  • Saisine de l'ONIAM pour obtenir une indemnisation au titre de la solidarité nationale en cas d'aléa thérapeutique, à condition que le taux de DFP soit au moins de 24%

Consultez rapidement un avocat spécialisé en responsabilité médicale pour faire analyser votre dossier.

Quel est le montant moyen d'indemnisation pour un SDRC ?

Il n'y a pas de « montant moyen » et les assurances adorent cette question car elle leur permet de vous enfermer dans des chiffres dérisoires.

L'indemnisation dépend de multiples facteurs :

  • L'âge de la victime (plus vous êtes jeune, plus le préjudice sur votre vie entière est important)
  • Votre profession (l'impact n'est pas le même pour un informaticien ou un chirurgien)
  • La gravité des séquelles (SDRC localisé ou généralisé, taux de DFP, niveau de douleur…)
  • Vos revenus (pour calculer la perte de gains)
  • Votre situation familiale (enfants à charge, etc.)

Ce qu'on peut dire : un dossier d'algodystrophie bien défendu peut mener à des indemnisations de plusieurs centaines de milliers d'euros, voire dépassant le million pour les cas les plus graves (SDRC généralisé chez une personne jeune avec impossibilité de reprendre le travail).

À l'inverse, l'offre initiale de l'assurance est souvent 5 à 10 fois inférieure à ce que vous devriez obtenir. C'est pour cette raison qu'il est indispensable de vous faire accompagner par des professionnels qui connaissent la valeur réelle de vos préjudices.

Mon médecin traitant dit que je dois « accepter la douleur » et « apprendre à vivre avec ». Est-ce normal ?

Oui et non. D'un point de vue médical, il est vrai que l'algodystrophie chronique nécessite parfois une approche d'adaptation et une prise en charge globale (kinésithérapie, thérapies cognitivo-comportementales, gestion de la douleur…).

MAIS d'un point de vue juridique, cela ne change strictement rien à votre droit à indemnisation. Le fait que vous deviez « apprendre à vivre avec » est précisément la preuve que votre qualité de vie est définitivement altérée. C'est le Déficit Fonctionnel Permanent dans toute sa définition.

Ne laissez pas l'assurance instrumentaliser les propos de votre médecin pour minimiser vos préjudices. Vous avez droit à une réparation intégrale de tous vos préjudices, y compris celui de devoir « vivre avec » une douleur chronique.

L'expert dit que mon algodystrophie est « psychosomatique ». Que faire ?

Contestez immédiatement. Cette qualification est un déni de la réalité médicale du SDRC et une stratégie classique pour minimiser ou refuser l'indemnisation.

L'algodystrophie est une pathologie neurologique reconnue avec des bases physiopathologiques bien établies. Certes, des facteurs psychologiques peuvent interagir avec la douleur chronique, mais cela n'enlève rien à la réalité organique de la maladie.

Votre avocat doit immédiatement :

  • Formuler des dires et observations contestant cette qualification
  • Produire des avis médicaux spécialisés établissant la réalité organique du SDRC
  • Demander une contre-expertise ou une expertise complémentaire par un spécialiste de la douleur

Ne laissez jamais passer une telle affirmation sans réagir vigoureusement.

Combien de temps faut-il pour être indemnisé ?

Cela dépend de plusieurs facteurs :

En procédure amiable

  • Délai de consolidation : 18 mois à 3 ans en moyenne pour l'algodystrophie
  • Expertise médicale : 3 à 6 mois après la consolidation
  • Négociation : quelques semaines à plusieurs mois selon la coopération de l'assurance
  • Total : généralement 2 à 4 ans après l'accident

En procédure judiciaire

Si vous devez saisir la justice, ajoutez 2 à 3 ans supplémentaires selon l'encombrement du tribunal. Mais parfois, l'assignation en justice a un effet « débloquant » et l'assurance fait une offre correcte avant le jugement.

Important : Pendant toute cette période, vous pouvez demander des provisions pour faire face à vos besoins urgents. Ne restez pas sans ressources en attendant l'indemnisation finale.

Puis-je négocier directement avec l'assurance sans avocat ?

Techniquement oui, mais c'est fortement déconseillé. Vous seriez face à des professionnels aguerris qui connaissent tous les arguments pour minimiser votre indemnisation, alors que vous ne maîtrisez ni le vocabulaire juridique, ni la nomenclature des préjudices, ni la valeur réelle de vos droits.

C'est comme vouloir négocier l'achat d'une maison sans connaître les prix du marché, le droit immobilier, ni les pièges des contrats. Vous risquez de brader vos droits.

De plus, les honoraires d'avocat en dommage corporel sont généralement pris en charge dans l'indemnisation finale. Vous n'avez donc aucune raison de vous priver d'un professionnel compétent.


Pourquoi choisir le Cabinet JMP pour votre dossier d'algodystrophie ?

Une expertise reconnue en dommage corporel complexe

Le Cabinet de Me Marteau-Péretié intervient partout en France pour défendre les victimes de pathologies complexes comme l'algodystrophie. Nous ne sommes pas un cabinet généraliste qui traite de tout un peu : notre cœur de métier, c'est le dommage corporel, et nous le pratiquons depuis des années.

Nous connaissons les rouages des compagnies d'assurances

Après des années de pratique, nous connaissons toutes les stratégies déployées par les assureurs pour ne pas payer ou payer le moins possible :

  • Les tactiques dilatoires pour gagner du temps
  • Les offres dérisoires pour vous décourager
  • Les expertises bâclées ou orientées
  • Les arguments fallacieux sur l'état antérieur ou le terrain psychologique

Nous savons comment les contrer, point par point.

Un réseau de médecins conseils spécialisés

Nous travaillons avec un réseau de médecins conseils de victimes spécialisés dans les pathologies douloureuses chroniques. Ils connaissent parfaitement l'algodystrophie et savent comment défendre vos intérêts lors de l'expertise.

Une approche humaine et combative

Nous ne sommes pas là pour vous proposer un « arrangement à l'amiable » qui arrange surtout l'assurance. Nous nous battons pour que votre douleur soit chiffrée à sa juste valeur, sans concession.

Votre souffrance est réelle. Votre préjudice est immense. Vous méritez une indemnisation qui reflète cette réalité, pas un chèque de complaisance pour vous faire taire.

Des résultats concrets pour nos clients

Nos clients atteints d'algodystrophie obtiennent régulièrement des indemnisations plusieurs fois supérieures aux offres initiales des assurances. Consultez nos témoignages de victimes indemnisées pour vous en convaincre.

Un accompagnement national

Basé à Lille et Paris, le Cabinet JMP intervient sur tout le territoire français. Peu importe où vous résidez, nous pouvons vous accompagner.


Conclusion : Ne restez pas seul face à l'injustice

L'algodystrophie est une épreuve terrible. À la douleur physique incessante s'ajoute trop souvent le déni de vos souffrances par ceux-là mêmes qui sont censés vous indemniser.

Face aux stratégies d'évitement des compagnies d'assurances, vous avez besoin d'alliés déterminés qui connaissent leurs méthodes et savent comment les contrer.

Votre combat est légitime. Votre douleur est réelle. Votre droit à réparation est inscrit dans la loi.

Ne laissez personne vous voler votre indemnisation. Ne signez rien sans l'avoir fait analyser. Ne vous présentez pas seul à l'expertise. Ne croyez pas que « c'est comme ça » quand l'assurance vous propose une offre dérisoire.

Contactez-nous pour une première analyse de votre situation. Nous vous dirons clairement si votre dossier est bien géré ou si vous êtes en train de vous faire spolier. Cette première consultation peut changer radicalement l'issue de votre dossier.

 Contactez le Cabinet JMP - Première consultation gratuite 

Bibliographie – Algodystrophie & indemnisation des victimes

Mazeaud, Denis ; Chabas, François. Leçons de droit civil – Les obligations : responsabilité civile. Montchrestien / LGDJ.

Ouvrage de référence sur la causalité, essentielle dans les dossiers d’algodystrophie (preuve du lien entre traumatisme et SDRC).

Gromb-Monnoyeur, Sophie (dir.). Traité de médecine légale. Elsevier Masson, dernière édition.

Contient des chapitres sur l’expertise médicale, les douleurs chroniques et les séquelles fonctionnelles, très utiles pour comprendre l’évaluation médico légale de l’algodystrophie.

Simon, Pierre ; Gauthier, Jean. Médecine légale et expertise médicale. Flammarion Médecine-Sciences.

Ouvrage classique utilisé par les experts judiciaires. L’algodystrophie y est abordée dans le cadre des syndromes douloureux régionaux complexes.

Haute Autorité de Santé (HAS). Syndrome douloureux régional complexe (SDRC) – Recommandations de bonne pratique.

Document médical officiel, indispensable pour comprendre les critères diagnostiques utilisés en expertise.


Cet article a été rédigé par Me Joëlle Marteau-Péretié, avocat spécialisé en dommage corporel et défense des victimes. Pour toute question spécifique à votre situation, n'hésitez pas à nous contacter.

Articles complémentaires :