Article mis à jour le 10 septembre 2026.
📌 En bref. La perte de chance indemnise la disparition d'une éventualité favorable : une promotion engagée, un concours préparé, une formation commencée, un projet d'installation avancé. La Cour de cassation en donne une définition stricte — « la disparition actuelle et certaine d'une éventualité favorable » — et une règle de chiffrage tout aussi stricte : la réparation se mesure à la chance perdue, jamais à l'avantage espéré. Concrètement, le préjudice final est multiplié par un coefficient de probabilité. L'objection que l'assureur oppose presque toujours — « rien ne prouve que vous auriez réussi » — est inopérante : c'est la disparition qui doit être certaine, pas le succès. Tout se joue sur des pièces antérieures à l'accident, qui se périment vite. Le tableau ci-dessous dit lesquelles, selon la chance perdue.
Pourtant, ce préjudice reste systématiquement invisible dans les propositions d'indemnisation des compagnies d'assurance. Pourquoi ? Parce qu'il nécessite une analyse fine, une évaluation complexe, et surtout parce que sa reconnaissance implique des montants supplémentaires que les assureurs préfèrent minimiser, voire ignorer complètement. Résultat : un poste entier de la nomenclature disparaît de la discussion, sans que personne n'ait eu à le refuser.
Comprendre ce mécanisme juridique et savoir le prouver devient donc essentiel pour obtenir une réparation intégrale de votre préjudice. Le Cabinet JMP AVOCAT INDEMNISATION vous révèle comment transformer ce préjudice invisible en indemnisation sonnante et trébuchante.
Les critères de la perte de chance : ce qu'il faut absolument prouver
Pour qu'une perte de chance soit indemnisable, la jurisprudence française a établi des conditions strictes que la victime doit impérativement démontrer.
Une chance réelle et sérieuse
Il ne s'agit pas d'invoquer de vagues espoirs ou des projets hypothétiques. La chance perdue doit être concrète et tangible. Un étudiant devait passer un examen d'entrée à une grande école trois jours après son accident ? Un salarié était en phase finale de recrutement pour une promotion largement annoncée ? Un entrepreneur avait rendez-vous avec des investisseurs pour lever des fonds ? Ces situations constituent des chances réelles et sérieuses.
La preuve du préjudice repose sur des éléments factuels : convocations officielles, courriers de l'employeur, contrats préparatoires, business plans avancés, résultats scolaires antérieurs démontrant une capacité à réussir. Plus vous documentez la réalité de cette opportunité, plus votre demande sera solide face aux contestations de l'assureur.
À lire : Le préjudice scolaire et son indemnisation
À lire : Étudiant victime d'un accident corporel : comment protéger votre avenir et obtenir réparation ?

Le Cabinet JMP AVOCAT INDEMNISATION sait exactement quels documents réunir pour transformer une simple affirmation en preuve juridiquement irréfutable. Nous avons développé une méthode de constitution de dossier qui a permis à nos clients d'obtenir gain de cause dans 94% des cas de perte de chance professionnelle.
Le caractère certain de la perte
Paradoxalement, ce qui doit être certain, ce n'est pas que vous auriez réussi, mais que vous avez perdu la possibilité d'essayer. La chance devait exister avant l'accident, même si son aboutissement restait aléatoire. C'est cette probabilité qui a été anéantie de manière certaine par le dommage corporel subi.
Par exemple, un sportif de haut niveau blessé avant une qualification olympique ne peut affirmer avec certitude qu'il aurait obtenu sa sélection. En revanche, il peut prouver qu'il avait une chance sérieuse d'y parvenir au regard de ses antérieures, et que cette chance a définitivement disparu. La nuance est capitale pour l'indemnisation des victimes d'accident corporel.
Les deux décisions qui gouvernent la matière
Tout ce qui précède tient dans deux phrases de la Cour de cassation. Elles méritent d'être citées telles quelles, parce que ce sont elles qu'il faut opposer à un assureur qui écarte le poste d'un revers de main.
Sur l'existence du préjudice. « Seule constitue une perte de chance réparable, la disparition actuelle et certaine d'une éventualité favorable » (Cass. 1re civ., 21 novembre 2006, n° 05-15.674, publié au Bulletin). Chaque mot compte. Actuelle : la chance devait exister au jour de l'accident, pas à l'état de projet vague. Certaine : c'est la disparition qui doit être certaine, pas la réussite — et c'est précisément la confusion que l'assureur entretient. Éventualité favorable : il suffit d'une probabilité, pas d'une garantie.
Sur le montant. « La réparation d'une perte de chance doit être mesurée à la chance perdue et ne peut être égale à l'avantage qu'aurait procuré cette chance si elle s'était réalisée » (Cass. 1re civ., 9 avril 2002, n° 00-13.314, publié au Bulletin). C'est la règle de proportionnalité, et elle coupe dans les deux sens : elle interdit de réclamer 100 % de l'avantage espéré, mais elle interdit aussi à l'assureur de réduire le poste à zéro au motif que la réussite n'était pas acquise.
⚠ Point de vigilance. L'argument le plus fréquent — « rien ne prouve que vous auriez réussi » — est juridiquement inopérant. Si la réussite était certaine, il ne s'agirait pas d'une perte de chance mais d'une perte de gains ; c'est justement parce qu'elle était probable et non acquise que le poste existe et qu'il se chiffre en pourcentage. Une offre qui oppose cet argument confond la certitude de la disparition, qui est exigée, avec la certitude du succès, qui ne l'est pas.
Les domaines d'application les plus fréquents
La perte de chance se décline dans de nombreux aspects de la vie des victimes, et chaque domaine représente des milliers d'euros potentiels.
La perte de chance professionnelle
C'est probablement le domaine le plus lucratif en termes d'indemnisation. Les accidents surviennent rarement au bon moment, et ils peuvent compromettre des tournants de carrière décisifs. Manquer un concours de la fonction publique après des mois de préparation intensive, rater une période d'essai déterminante en raison d'absences prolongées, abandonner la création d'une entreprise faute de pouvoir assurer sa mise en place opérationnelle : autant de situations où la perte de chance professionnelle peut représenter entre 30 000 et 150 000 euros d'indemnisation.
L'analyse portera sur les revenus espérés, la probabilité statistique de réussite au concours concerné, la trajectoire professionnelle antérieure de la victime, ou encore le sérieux du projet entrepreneurial abandonné. Les avocats en dommage corporel maîtrisent parfaitement ces calculs complexes.
Exemple concret traité par le Cabinet : Un cadre commercial devait intégrer un poste de directeur régional (salaire annuel : 85 000€) après 3 mois de processus de recrutement. Son accident de la route l'a empêché de finaliser sa prise de poste. Nous avons obtenu 68 000€ au titre de la perte de chance professionnelle (probabilité évaluée à 80%).
À lire : Enfant accidenté : les huit leviers de minoration — l'incidence professionnelle déclarée « imprévisible » y est le troisième, et c'est chez l'enfant qu'elle se raisonne le plus nettement en perte de chance.
Contactez le Cabinet JMP Avocat à Lille pour reprendre votre dossier en main et obtenir l'indemnisation que vous méritez véritablement.
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La perte de chance médicale : quand l'erreur s'ajoute au malheur
Lorsqu'une faute médicale ou un retard de diagnostic intervient après l'accident initial, une deuxième dimension s'ajoute au préjudice. La victime peut avoir perdu des chances de guérison complète, de récupération fonctionnelle optimale, voire de survie dans les cas les plus graves.
Cette perte de chance s'articule avec les préjudices corporels proprement dits. L'illustration la plus frappante est le syndrome de la queue de cheval : lorsque cette compression des nerfs du bas du dos n'est pas opérée dans les 24 à 48 heures, la victime perd une chance réelle d'échapper à des séquelles définitives — et cette chance perdue s'indemnise.
Ce raisonnement dépasse d'ailleurs le seul corps médical : lorsque le retard de soins est provoqué par un guérisseur ou un pseudo-thérapeute, la victime d'un accident de médecine parallèle peut elle aussi obtenir réparation de la chance perdue.
L'expertise médicale devra déterminer quel pourcentage de chances supplémentaires la victime aurait eu avec une prise en charge appropriée. Les tribunaux ont ainsi reconnu des pertes de chance de survie variant généralement de 10 % à 40 % selon les situations médicales, représentant des indemnisations pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros.
Le Cabinet JMP AVOCAT INDEMNISATION travaille avec un réseau de médecins experts reconnus qui savent établir ces pertes de chance médicales avec une rigueur scientifique imparable.
À lire : Mandater un médecins-conseils indépendant pour assurer sa défense
La perte de chance scolaire et universitaire : l'avenir confisqué
Les jeunes victimes sont particulièrement vulnérables à ce type de préjudice. Un accident survenant en année d'examen peut entraîner un redoublement, l'abandon d'une filière sélective, ou le renoncement à des études spécifiques nécessitant des capacités physiques désormais altérées.
Un lycéen brillant hospitalisé pendant plusieurs mois en terminale peut perdre sa chance d'intégrer une classe préparatoire aux grandes écoles. Un étudiant en médecine victime de séquelles incompatibles avec l'exercice chirurgical perd la chance de poursuivre dans cette spécialité. Ces préjudices impactent durablement l'orientation professionnelle et peuvent justifier des indemnisations de 40 000 à 80 000 euros.
Que vous soyez victime d'un accident de vélo, d'un accident de trottinette ou de tout autre type d'accident, votre avenir scolaire doit être pris en compte.
Récapitulatif : ce qu'il faut prouver, poste par poste
Le raisonnement est toujours le même, quel que soit le domaine : une trajectoire engagée, une interruption causée par l'accident, une probabilité chiffrable. Seules changent les pièces qui l'établissent.
| Type de chance perdue | Ce qui doit être établi | Les pièces qui le prouvent |
|---|---|---|
| Promotion ou évolution de carrière | Que le processus était engagé avant l'accident | Entretiens annuels, courriel de proposition, organigramme prévisionnel, attestation du supérieur |
| Concours ou examen | L'inscription et un niveau de réussite plausible | Convocation, résultats aux blancs, taux de réussite du concours, attestation de l'organisme de préparation |
| Formation ou cursus interrompu | L'inscription effective et la progression antérieure | Bulletins, relevés de notes, certificat de scolarité, attestation de l'établissement |
| Projet d'installation ou de création | Le caractère sérieux et avancé du projet | Business plan daté, accord de financement, bail signé, devis, immatriculation en cours |
| Chance de guérison ou de survie | Qu'un retard ou une erreur a fait disparaître une option thérapeutique | Dossier médical complet, expertise, littérature sur les taux de succès du traitement perdu |
| Chance sportive ou artistique | Un niveau attesté et une perspective concrète | Licence, classement, sélections, contrats ou pré-contrats, attestations d'entraîneurs |
Une constante : toutes ces pièces sont antérieures à l'accident. C'est ce qui les rend crédibles, et c'est aussi ce qui les rend périssables — d'où l'intérêt de les rassembler tôt.
Comment se calcule l'indemnisation ?
L'évaluation de la perte de chance obéit à une logique mathématique rigoureuse que les assureurs exploitent à leur avantage... sauf si vous êtes correctement accompagné.
La règle de la proportionnalité : comprendre pour mieux négocier
Le principe est simple mais crucial : on n'indemnise jamais 100 % du gain espéré, mais uniquement un pourcentage correspondant à la probabilité de succès. Si vous aviez 40 % de chances de réussir un concours qui vous aurait procuré un gain de carrière estimé à 100 000 euros, votre perte de chance sera évaluée à 40 000 euros.
Cette approche permet de distinguer la perte de chance du préjudice certain. Vous n'avez pas perdu la certitude de gagner 100 000 euros (ce qui supposerait une réussite garantie), mais la chance à hauteur de 40 % d'obtenir ce gain. La nuance est fondamentale juridiquement et financièrement.
Voici où les assureurs vous arnaquent : L'évaluation de ce pourcentage constitue le point de friction majeur. Là où votre avocat démontrera une probabilité de 50 % appuyée sur des éléments objectifs, l'assurance tentera systématiquement de la ramener à 10 ou 15 % pour diviser votre indemnisation par trois ou quatre. C'est dans cette bataille de chiffres que l'expertise du Cabinet JMP AVOCAT INDEMNISATION fait toute la différence.
Résultat concret : Sur un dossier récent, l'assurance proposait 8 000€ (probabilité estimée à 15%). Nous avons obtenu 42 000€ en justice (probabilité reconnue à 60%). Un gain de 34 000€ pour notre client.
À lire : Expertise médicale bâclée ou expéditive : comment la contester efficacement ?
💡 Bon à savoir. Le coefficient de probabilité ne se négocie pas « au ressenti ». Il se documente : taux de réussite publié du concours, proportion de candidats promus dans l'entreprise, statistiques de réussite du cursus, littérature médicale sur l'efficacité du traitement perdu. Une offre qui avance un pourcentage sans en indiquer la source se conteste sur ce seul motif : le juge apprécie souverainement, mais il apprécie sur des éléments, pas sur une affirmation.
L'articulation avec la Nomenclature Dintilhac
La perte de chance s'intègre dans le cadre des préjudices patrimoniaux définis par la Nomenclature Dintilhac, et plus précisément dans les pertes de gains professionnels futurs ou les incidences professionnelles. Elle vient compléter les autres postes de préjudice sans s'y substituer.
Il est essentiel de bien distinguer ces différents chefs de préjudice pour éviter toute confusion ou double indemnisation. Cette architecture complexe nécessite une maîtrise parfaite du calcul des dommages corporels, compétence clé de nos avocats.
Ce que suppose, concrètement, la démonstration
Face à la complexité technique de ce préjudice, l'accompagnement juridique devient indispensable. Et nous ne parlons pas de n'importe quel avocat : un généraliste vous fera perdre des dizaines de milliers d'euros.
L'analyse documentaire : les pièces qui font la preuve
Quantifier une perte de chance exige de réunir et d'analyser une masse importante de documents : bulletins de notes pour un étudiant, bilans comptables prévisionnels pour un entrepreneur, statistiques de réussite aux concours, attestations d'employeurs, courriers officiels, avis médicaux sur les conséquences fonctionnelles de l'accident.
L'expertise médicale jouera également un rôle central, notamment pour établir le lien de causalité entre l'accident et l'impossibilité de saisir l'opportunité. L'expert devra dater précisément les périodes d'incapacité et confirmer qu'elles ont effectivement empêché la victime de se présenter à un examen ou d'assurer ses fonctions à un moment critique.
Le Cabinet JMP AVOCAT INDEMNISATION a développé une méthodologie unique : nous coordonnons l'ensemble de ces éléments pour construire un dossier blindé, chiffré au centime près et argumenté avec une force de frappe juridique imparable. Nous transformons des situations de vie douloureuses en démonstrations juridiques qui font plier les assureurs.
À savoir : Préjudice corporel : les 10 postes d'indemnisation que vous ignorez
Les quatre arguments que l'assureur oppose à ce poste
Les compagnies d'assurance déploient systématiquement plusieurs techniques pour réduire les indemnisations liées à la perte de chance :
-
La contestation de la réalité : « Ce n'était qu'un projet vague, rien de concret »
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La minimisation de la probabilité : « De toute façon, vous n'auriez probablement pas réussi »
-
L'invocation de causes alternatives : « D'autres facteurs auraient pu vous empêcher de réussir »
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La dilution dans le temps : « C'est trop ancien, on ne peut plus le prouver »
Ces quatre objections sont connues et se démontent une à une, à condition d'y opposer les pièces antérieures à l'accident et les deux décisions citées plus haut. La quatrième est la plus redoutable, parce qu'elle se vérifie d'elle-même : plus le temps passe, plus les pièces s'évaporent. C'est aussi la seule à laquelle on puisse couper court, en les rassemblant tôt.
Que vous soyez victime d'un accident de moto, d'un accident de piéton, d'un accident du travail ou même d'un accident domestique, le raisonnement ne change pas : c'est toujours la trajectoire interrompue qu'il faut établir, et les pièces qui l'attestent.
Questions fréquentes sur la perte de chance
Peut-on cumuler perte de chance et préjudice d'établissement ?
OUI, absolument ! Ces deux préjudices sont distincts et complémentaires, et cette confusion coûte cher aux victimes mal conseillées. Le préjudice d'établissement concerne la déstructuration certaine de votre projet de vie (incapacité à fonder une famille, à pratiquer vos loisirs habituels), tandis que la perte de chance vise une opportunité spécifique dont la réalisation était incertaine mais probable.
Vous pouvez donc obtenir réparation pour les deux simultanément s'ils sont tous deux démontrés. C'est d'ailleurs une stratégie systématique du Cabinet JMP AVOCAT INDEMNISATION : identifier TOUS les postes de préjudice cumulables pour maximiser votre indemnisation totale. Sur certains dossiers, cette approche globale a permis d'augmenter l'indemnisation de 60 à 120%.
Combien de temps ai-je pour faire valoir une perte de chance ?
Les délais de prescription sont identiques à ceux applicables au dommage corporel principal. Vous disposez généralement de 10 ans à compter de la consolidation de votre état de santé pour agir.
ATTENTION : Certaines pertes de chance peuvent se révéler progressivement (par exemple, une impossibilité d'évolution professionnelle qui n'apparaît que plusieurs années après l'accident), ce qui peut faire courir de nouveaux délais. Cette complexité temporelle est l'une des raisons pour lesquelles il vaut mieux faire le point tôt avec un avocat en dommage corporel, qui identifiera les délais applicables et sécurisera vos droits dans les temps légaux.
Ne laissez pas le temps jouer contre vous : chaque mois qui passe peut compliquer la constitution des preuves. Contactez-nous immédiatement pour sécuriser vos droits.
Les assureurs proposent-ils spontanément d'indemniser la perte de chance ?
QUASIMENT JAMAIS. Dans plus de 95% des cas traités par notre Cabinet, les compagnies d'assurance ne mentionnent même pas ce poste de préjudice dans leurs offres initiales, espérant que la victime n'en fera pas la demande. C'est de l'argent qui dort et qu'ils espèrent garder.
Cette omission n'est pas un oubli : c'est une stratégie délibérée. Les assureurs savent que la plupart des victimes non accompagnées ne connaissent pas l'existence de ce préjudice ou ne savent pas le prouver. C'est pourquoi l'intervention du Cabinet JMP AVOCAT INDEMNISATION est si importante : nous identifions systématiquement TOUS les préjudices indemnisables, y compris ceux que l'assureur préfère oublier.
Exemple chiffré : Sur 100 dossiers traités l'an dernier, 87 victimes avaient accepté ou étaient sur le point d'accepter une offre sans perte de chance. Nous avons récupéré en moyenne 34 500€ supplémentaires par dossier.
Faut-il prouver que j'aurais certainement réussi ?
NON, et c'est toute la subtilité juridique de la perte de chance. Vous devez simplement prouver que vous aviez une chance sérieuse et réelle de réussir, pas que le succès était garanti. Si c'était le cas, on parlerait de gain manqué certain, et l'indemnisation serait de 100 %.
La perte de chance s'applique précisément aux situations où le succès était probable mais non certain. C'est justement parce que l'issue était incertaine que le préjudice existe : l'accident vous a privé de la possibilité de tenter votre chance.
Cette distinction juridique est capitale car elle ouvre le droit à indemnisation dans des situations où les victimes pensent à tort qu'elles n'ont aucun recours. Nos avocats maîtrisent parfaitement cette nuance et savent la faire valoir efficacement, même face aux experts des assurances.
Comment prouve-t-on le pourcentage de chances perdues ?
Par un faisceau d'indices objectifs et convergents que le Cabinet JMP AVOCAT INDEMNISATION sait parfaitement identifier et valoriser :
- Taux de réussite statistique au concours visé (données officielles)
- Vos résultats antérieurs comparés à ceux des candidats admis
- Niveau d'avancement d'un projet professionnel (contrats préparatoires, promesses d'embauche)
- Avis d'experts dans le domaine concerné (économistes, professeurs, professionnels du secteur)
- Témoignages circonstanciés de personnes qualifiées
- Analyses comparatives de parcours similaires
Plus ces éléments sont nombreux et concordants, plus le pourcentage retenu sera élevé. C'est un travail minutieux d'investigation juridique que nos avocats mènent en collaboration avec les experts désignés.
Notre plus-value : Nous ne nous contentons pas de réunir des documents. Nous construisons une démonstration juridique imparable qui rend la position de l'assureur indéfendable. C'est cette expertise qui explique pourquoi nos clients obtiennent systématiquement des pourcentages 2 à 3 fois supérieurs aux évaluations initiales des assureurs.
Quelle est la différence entre perte de chance et perte de gains professionnels futurs ?
Excellente question qui révèle une confusion coûteuse ! Ce sont deux préjudices DISTINCTS et CUMULABLES :
La perte de gains professionnels futurs concerne la diminution CERTAINE de vos revenus du fait des séquelles (passage à temps partiel, impossibilité d'exercer votre métier, reconversion professionnelle moins rémunératrice). C'est un préjudice certain dont l'ampleur peut être évaluée.
La perte de chance professionnelle concerne une opportunité SPÉCIFIQUE qui avait une probabilité de se réaliser mais qui a été définitivement compromise (concours, promotion, création d'entreprise). C'est un préjudice aléatoire mais réel.
Vous pouvez prétendre aux DEUX indemnisations simultanément ! Par exemple : perte de gains futurs pour passage à temps partiel (30 000€) + perte de chance de réussir un concours de catégorie A (45 000€) = 75 000€ au lieu de 30 000€.
Le Cabinet JMP AVOCAT INDEMNISATION détecte systématiquement ces cumuls possibles que les assureurs espèrent vous faire rater. C'est l'une de nos spécialités les plus rentables pour nos clients.
Ce qu'il faut retenir avant de répondre à une offre
La perte de chance ne figure presque jamais d'elle-même dans une proposition d'indemnisation. Ce n'est pas un oubli : c'est un poste qui suppose une démonstration, et la démonstration incombe à la victime. Personne ne la fera à votre place.
Trois réflexes, dans cet ordre. D'abord, identifier la trajectoire interrompue : un concours préparé, une promotion engagée, une formation commencée, un projet d'installation documenté. Ensuite, réunir les pièces antérieures à l'accident — inscription, convocation, évaluations, courriers, devis, business plan — car une intention reconstituée après coup ne vaut rien. Enfin, chiffrer séparément : le préjudice final, puis le coefficient de probabilité, puis le produit des deux. Une offre qui ne fait apparaître ni l'un ni l'autre n'a pas traité le poste.
Et la question du délai n'est pas secondaire. Les pièces qui prouvent une chance perdue sont fragiles : un employeur change, un dossier scolaire s'archive, un témoin oublie les termes exacts d'une conversation. Plus tôt le poste est identifié, plus il est facile à établir.
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Sources et références
Jurisprudence
- Cass. 1re civ., 21 novembre 2006, n° 05-15.674, publié au Bulletin — « Seule constitue une perte de chance réparable, la disparition actuelle et certaine d'une éventualité favorable. »
- Cass. 1re civ., 9 avril 2002, n° 00-13.314, publié au Bulletin — « La réparation d'une perte de chance doit être mesurée à la chance perdue et ne peut être égale à l'avantage qu'aurait procuré cette chance si elle s'était réalisée. »
Textes
- Code civil, art. 1240 et suivants — responsabilité civile délictuelle.
- Code de la santé publique, art. L. 1142-1 — responsabilité des professionnels et établissements de santé.
- Nomenclature Dintilhac, rapport du groupe de travail sur l'élaboration d'une nomenclature des préjudices corporels, ministère de la Justice, 2005.
Doctrine
- Philippe Brun, Responsabilité civile extracontractuelle, LexisNexis — développements sur la causalité et la perte de chance.
- Jean-Sébastien Borghetti, La responsabilité civile, LGDJ — la perte de chance replacée dans la théorie générale de la responsabilité.
- Yvon Lambert-Faivre et Stéphanie Porchy-Simon, Droit du dommage corporel, Dalloz — évaluation médico-légale et indemnitaire.
Me Joëlle Marteau-Péretié, avocate en droit du dommage corporel à Lille et Paris


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