Provision ou Offre Finale : Ne confondez plus les deux

Beaucoup de victimes pensent qu'en encaissant un chèque de leur assureur, elles ont définitivement soldé leur dossier. C'est une erreur qui coûte cher.

La provision est une avance

La provision d'assurance est un acompte sur l'indemnisation définitive. Elle vous est versée pour faire face aux premières dépenses (frais médicaux, perte de revenus immédiate, etc.) sans pour autant clore votre dossier. L'acceptation d'une provision ne vous empêche pas de réclamer une indemnisation complémentaire une fois votre état de santé stabilisé.

En droit, la provision ne vaut pas règlement définitif. Elle reste une somme provisoire, justement parce que votre préjudice global n'est pas encore entièrement chiffrable.

L'offre partielle : un piège subtil

L'offre partielle intervient généralement avant votre consolidation médicale, c'est-à-dire avant que votre état de santé ne soit stabilisé. À ce stade, l'assureur ne peut pas connaître l'étendue définitive de vos séquelles. Pourtant, certains assureurs tentent de vous faire signer un document qui ressemble à un règlement final.

À lire : Victimes d'accidents : Les 15 combines habituelles des assurances pour moins vous indemniser (et comment les déjouer)

La nuance est cruciale : une offre partielle ne devient définitive que si vous signez explicitement un protocole transactionnel mentionnant que vous renoncez à toute action future. Sans cette mention, vous conservez vos droits.

Lien interne stratégique

Pour comprendre le mécanisme technique du versement et les différences entre provision, offre partielle et indemnisation définitive, consultez notre guide complet sur l'indemnisation des victimes d'accidents corporels ainsi que notre article sur combien vous pouvez toucher en indemnisation.

Pourquoi l'assurance vous laisse-t-elle croire que c'est fini ?

Si vous avez encaissé une provision et que vous n'avez plus de nouvelles de votre assureur depuis des mois, ce n'est pas un hasard. C'est une stratégie.

Le silence radio de l'assureur

Une fois la provision versée, de nombreux assureurs adoptent une posture attentiste. Ils attendent que la victime se manifeste. Si vous ne relancez pas le dossier, il dort. Et un dossier qui dort, c'est un dossier qui coûte moins cher à l'assurance.

À lire : L’assurance ne répond plus ou fait traîner votre indemnisation ? Voici comment débloquer la situation

Ce silence n'est pas de la négligence : c'est du calcul. L'assureur sait que beaucoup de victimes, fatiguées par les démarches ou pensant que "c'est déjà bien", ne réclameront jamais la suite. Résultat : des dizaines de milliers d'euros restent sur la table.

L'absence de consolidation médicale

La consolidation est le moment où votre état de santé est considéré comme stabilisé par un médecin. Tant que vous n'êtes pas consolidé, votre préjudice final ne peut pas être évalué avec précision.

Or, certaines compagnies d'assurance proposent des offres "définitives" bien avant cette étape cruciale. Si vous acceptez une telle offre sans consolidation, vous risquez de passer à côté de préjudices majeurs : séquelles permanentes, perte de revenus futurs, nécessité d'une aide humaine à vie, etc.

Retenez ceci : toute offre acceptée avant consolidation est, par nature, provisoire ou incomplète.

Les 3 signes que vous pouvez (et devez) réclamer plus

Comment savoir si vous avez été sous-indemnisé ? Voici trois signaux d'alerte qui doivent vous mettre la puce à l'oreille.

1. Votre état de santé a stagné ou s'est aggravé

Vous avez encaissé une provision il y a six mois, un an, peut-être plus. Mais aujourd'hui, vous souffrez toujours. Les douleurs persistent, vous ne retrouvez pas votre mobilité d'avant, votre capacité de travail est diminuée.

À lire : Que faire en cas d'aggravation ?

Si vos séquelles n'ont pas été prises en compte dans la provision initiale, vous avez parfaitement le droit de demander une réévaluation de votre préjudice. L'assurance doit indemniser l'intégralité de vos préjudices, pas seulement ceux qui étaient visibles au départ.

2. L'offre ne mentionne pas tous les postes de préjudice

L'indemnisation d'un dommage corporel comprend de nombreux postes de préjudice définis par la nomenclature Dintilhac :

  • Déficit fonctionnel permanent (DFP) (séquelles à vie)
  • Préjudice d'agrément (impossibilité de pratiquer vos loisirs)
  • Aide humaine (assistance d'un tiers pour les actes de la vie quotidienne)
  • Aménagement du logement ou du véhicule
  • Préjudice professionnel (perte de revenus, impossibilité d'exercer votre métier)
  • Préjudice esthétique
  • Souffrances endurées (pretium doloris)

Si votre offre d'indemnisation ne détaille pas ces postes, ou si certains sont absents, elle est probablement incomplète. L'assureur a peut-être volontairement écarté des préjudices pourtant bien réels. Pour en savoir plus, consultez notre page sur les préjudices corporels et notre article détaillé sur le calcul du dommage corporel.

3. Vous n'avez pas été assisté par un médecin conseil indépendant

L'expertise médicale réalisée par le médecin mandaté par l'assurance est souvent à charge. Ce médecin travaille pour l'assureur, pas pour vous. Son rôle est de minimiser vos séquelles pour réduire l'indemnisation.

Si vous ne vous êtes pas fait assister par votre propre médecin conseil lors de l'expertise, il y a de fortes chances que vos préjudices aient été sous-évalués. Un second avis médical peut changer radicalement la donne.

4 Point juridique essentiel

Une somme versée ne signifie pas que vous avez renoncé à vos droits.
Seule la signature d’un protocole transactionnel clair avec renonciation explicite peut clore définitivement votre dossier.

Sans cette mention précise → vous pouvez encore agir.


PROVISION

OFFRE PARTIELLE

TRANSACTION DÉFINITIVE

Définition

Avance sur indemnisation

Proposition avant consolidation

Accord final mettant fin au litige

Clôture du dossier

❌ NON

❌ NON (sauf mention expresse)

✅ OUI

Versée avant consolidation

Oui

Oui généralement

Parfois

Renonciation aux recours futurs

❌ Jamais

❌ Non (en principe)

✅ Oui, si clause de renonciation

Peut-on réclamer plus

✅ Toujours

✅ Souvent

⚠️ Rare (sauf nullité)

Objectif pour l’assurance

Gagner du temps

Tester votre réaction

Fermer définitivement le dossier

 

⚖️Comment réactiver un dossier après avoir encaissé une provision ?

Vous avez encaissé une provision, peut-être même signé un document, et vous pensez qu'il est trop tard ? Pas nécessairement. Voici comment reprendre la main sur votre dossier.

L'analyse du document signé

Première étape indispensable : relire attentivement tout document que vous avez signé. Il existe une différence majeure entre :

  • Un simple reçu de provision : vous reconnaissez avoir reçu une somme à titre d'acompte, mais cela ne solde rien.

  • Un procès-verbal de transaction : vous acceptez une somme en échange de la clôture définitive du dossier et renoncez à toute action future.

Si vous avez signé une transaction, la situation est plus complexe (mais pas forcément perdue). Si vous avez uniquement signé un reçu, vous conservez tous vos droits.

Un avocat spécialisé en dommage corporel saura analyser la portée juridique du document signé et vous dire si vous pouvez encore agir.

Le rôle de l'avocat spécialisé

Face à un assureur qui refuse d'aller plus loin ou qui vous oppose un "dossier clos", l'intervention d'un avocat change tout.

Nous intervenons pour :

Nos clients obtiennent en moyenne 2 à 5 fois plus que l'offre initiale de l'assurance. Parce que nous connaissons les ficelles, les jurisprudences comme la loi Badinter pour les accidents de la route, et que nous n'avons pas peur d'aller au tribunal si nécessaire.

Que vous soyez victime d'un accident de la route, d'un traumatisme crânien, ou de tout autre dommage corporel, nous vous accompagnons à chaque étape.

La prescription : rassurez-vous, il n'est pas trop tard

Beaucoup de victimes pensent qu'après quelques mois, il est trop tard pour agir. C'est faux.

En matière de dommages corporels, le délai de prescription est généralement de 10 ans à compter de la consolidation. Autrement dit, même si vous avez encaissé une provision il y a deux ou trois ans, vous avez encore largement le temps de réclamer une indemnisation complémentaire.

Attention toutefois : plus vous attendez, plus il sera difficile de rassembler les preuves médicales. Agissez dès que vous prenez conscience que votre indemnisation est insuffisante.

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Plus vous attendez, plus l'assurance renforce sa position. Ne restez pas seul face aux conséquences de l'accident. Un seul numéro :

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FAQ : Vos questions sur la reprise de dossier

Puis-je refuser une provision d'assurance ?

Oui, vous pouvez refuser une provision si vous la jugez trop faible. Cependant, refuser une provision ne bloque pas le versement d'une offre future. Il est souvent plus stratégique d'accepter la provision (qui n'engage à rien) et de continuer à négocier pour obtenir une indemnisation définitive juste.

J'ai signé un document après avoir reçu la provision. Mon dossier est-il vraiment clos ?

Tout dépend de la nature du document. Si vous avez signé un simple reçu attestant de la réception de la somme, votre dossier reste ouvert. En revanche, si vous avez signé un "protocole d'accord transactionnel" mentionnant que vous renoncez à toute réclamation future, la situation est plus délicate. Faites analyser le document par un avocat : dans certains cas, la transaction peut être annulée (vice du consentement, lésion, etc.).

Combien de temps après un accident puis-je réclamer une indemnisation complémentaire ?

Le délai de prescription en dommage corporel est de 10 ans à compter de la consolidation (ou de la connaissance du dommage). Vous avez donc largement le temps, même plusieurs années après l'accident, pour demander une réévaluation de votre préjudice. Pour plus d'informations, consultez notre guide sur le barème d'indemnisation.

L'assurance peut-elle me réclamer le remboursement de la provision si je réclame plus ensuite ?

Non, la provision est définitivement acquise. Elle sera simplement déduite de l'indemnisation finale. Si vous obtenez une indemnisation de 100 000 € et que vous avez déjà reçu 20 000 € de provision, l'assurance vous versera les 80 000 € restants.

Dois-je obligatoirement passer par un avocat pour rouvrir mon dossier ?

Légalement, non. En pratique, oui. Les assureurs savent identifier les victimes non accompagnées et leur opposent des arguments techniques pour les décourager. Un avocat spécialisé en dommage corporel connaît les failles de l'argumentation adverse, sait chiffrer les préjudices selon les référentiels jurisprudentiels, et dispose du poids nécessaire pour faire bouger l'assureur.

Que se passe-t-il si je ne suis toujours pas consolidé plusieurs années après l'accident ?

Certaines pathologies ou séquelles prennent du temps à se stabiliser. Dans ce cas, l'assureur doit continuer à vous verser des provisions jusqu'à votre consolidation. Si l'assurance refuse, un juge peut ordonner le versement de provisions judiciaires. Ne restez pas sans ressources sous prétexte que votre état de santé évolue encore.

Puis-je contester une expertise médicale réalisée par le médecin de l'assurance ?

Absolument. Vous avez le droit de vous faire assister par votre propre médecin conseil lors de l'expertise, et vous pouvez également demander une contre-expertise si vous estimez que les conclusions du médecin de l'assurance sont erronées ou incomplètes. En cas de désaccord persistant, le juge peut ordonner une expertise judiciaire contradictoire.

L'assurance a versé une provision, mais refuse maintenant de me faire une offre définitive. Que faire ?

Si l'assureur reste silencieux ou refuse de faire une offre après votre consolidation, vous pouvez le mettre en demeure de vous faire une proposition. Si ce courrier reste sans réponse, votre avocat peut saisir le tribunal pour obtenir la condamnation de l'assureur à vous indemniser. Le silence de l'assureur ne vous fait pas perdre vos droits.

Quels sont les préjudices les plus souvent oubliés dans les offres d'assurance ?

Les préjudices les plus fréquemment sous-évalués ou omis sont : l'aide humaine (assistance quotidienne), le préjudice d'agrément (impossibilité de pratiquer vos hobbies), l'incidence professionnelle (perte de chance de promotion, reconversion forcée), les frais futurs (appareillages, prothèses, soins à vie), et le préjudice sexuel. Consultez notre page sur les préjudices corporels pour une liste complète.

Mon accident date de plusieurs années, est-ce que je peux encore faire quelque chose ?

Oui ! Tant que le délai de prescription de 10 ans n'est pas écoulé depuis votre consolidation, vous pouvez agir. Même si votre dossier semble "ancien", de nombreux éléments peuvent être réactivés : nouvelles séquelles apparues, aggravation de votre état, préjudices non indemnisés. Contactez-nous pour une analyse gratuite de votre situation.


Vous pensez avoir été sous-indemnisé ? Votre dossier dort depuis des mois ? Ne laissez pas l'assurance décider pour vous. Contactez-nous pour une analyse gratuite de votre situation. Ensemble, nous reprenons le combat là où vous l'aviez laissé.

Un doute sur le document que vous avez signé ?
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