Ce sujet concerne tous les assurés, y compris les plus honnêtes. Une simple photo de vacances, une publication anodine sur Facebook ou une annonce sur Leboncoin peuvent suffire à déclencher une enquête qui retardera, réduira ou bloquera votre indemnisation pour préjudice corporel. Dans cet article, nous décryptons les pratiques réelles des assureurs, le cadre juridique qui les encadre, et surtout, comment vous protéger efficacement sans rien avoir à cacher.

I. Quand votre indemnisation devient une enquête digne d'un thriller

Le rôle légitime de la lutte contre la fraude… dans les limites du droit

Les compagnies d'assurance ont le droit — et même le devoir — de vérifier la réalité des déclarations de sinistre. La fraude à l'assurance représente un coût considérable pour le secteur : déclarations exagérées, accidents simulés, arrêts de travail injustifiés. Selon les estimations professionnelles, ce phénomène coûterait plusieurs milliards d'euros par an.

Pour protéger l'équilibre du système assurantiel et éviter que les assurés honnêtes ne paient pour les fraudeurs, les assureurs disposent de services dédiés à la détection de la fraude. Ces cellules anti-fraude analysent les dossiers suspects et peuvent déclencher des investigations complémentaires.

Mais une frontière parfois floue entre vérification légitime et surveillance intrusive

Le problème surgit lorsque ces investigations dépassent le cadre légal ou deviennent disproportionnées par rapport au sinistre. Certaines pratiques posent question :

  • La surveillance systématique de tous les assurés en arrêt de travail, même sans indice de fraude
  • L'utilisation de techniques intrusives normalement réservées aux enquêtes pénales
  • Le croisement massif de données personnelles issues de multiples sources
  • L'interprétation abusive de photos ou publications sorties de leur contexte

Résultat : des victimes légitimes voient leur indemnisation contestée sur la base d'éléments fragmentaires ou mal interprétés. Un assuré en arrêt de travail pour accident du travail peut se voir reprocher une sortie en famille, alors qu'elle était médicalement autorisée. Une victime d'accident de la route voit son handicap minimisé parce qu'une photo la montre souriante lors d'un événement familial.

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Le Cabinet Maître Joëlle Marteau-Péretié, spécialisé en droit des victimes, vous accompagne face aux compagnies d'assurance. Expertise médicale, contestation des offres, recours en justice : nous défendons vos droits avec détermination.

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II. Les méthodes de surveillance les plus courantes utilisées par les assureurs

A. L'exploitation des réseaux sociaux : la nouvelle mine d'or des assureurs

Les réseaux sociaux sont devenus la première source d'information pour les services anti-fraude des compagnies d'assurance. Facebook, Instagram, LinkedIn, TikTok, Twitter (X)… Tout ce que vous publiez publiquement peut être utilisé pour évaluer la cohérence de votre déclaration.

Ce que les assureurs analysent concrètement :

  • Vos photos et vidéos : activités sportives, voyages, loisirs, événements sociaux
  • Vos stories et publications éphémères : souvent sauvegardées par des outils de capture
  • Vos commentaires et interactions : ce que vous écrivez chez vos amis compte aussi
  • Vos check-ins et géolocalisations : preuve de vos déplacements
  • Les publications où vous êtes identifié : même si vous ne les avez pas partagées vous-même

Cas typiques qui alertent les assureurs :

Incapacité de travail vs activités incompatibles : Un assuré déclaré en arrêt maladie pour lombalgie invalidante est photographié en train de faire du jet-ski ou de soulever des charges lourdes lors d'un déménagement. Une victime d'traumatisme crânien affirmant des troubles de concentration sévères publie des parties d'échecs en ligne ou anime quotidiennement un blog complexe.

Objets déclarés volés visibles en ligne : Un assuré déclare le vol d'un vélo haut de gamme, puis le met en vente sur Leboncoin quelques semaines plus tard. Des bijoux "volés" apparaissent sur des photos de famille postées sur Instagram.

Préjudice esthétique contesté : Une victime réclame des dommages pour préjudice esthétique important, mais multiplie les selfies souriants sans complexe apparent, avec des angles qui minimisent les séquelles.

Les limites légales strictes à respecter

Les assureurs ne peuvent PAS :

  • Créer de faux profils pour s'infiltrer dans votre cercle d'amis
  • Usurper votre identité ou celle d'un tiers
  • Contourner vos paramètres de confidentialité (demander à un tiers de se faire passer pour votre ami, par exemple)
  • Pirater vos comptes ou récupérer vos mots de passe
  • Vous géolocaliser sans votre consentement explicite

En revanche, tout ce qui est public est exploitable. La jurisprudence considère que les publications accessibles sans restriction ne relèvent pas de la vie privée protégée.

À lire : Que dire (ou ne pas dire) aux assurances et à la police dans les premières déclarations après un accident

 

B. Les recherches OSINT : tout ce qui est public peut être retourné contre vous

L'OSINT (Open Source Intelligence) désigne l'ensemble des techniques de collecte d'informations à partir de sources publiquement accessibles. Les assureurs emploient des spécialistes formés à ces méthodes, initialement développées pour le renseignement.

Les sources scrutées systématiquement :

Plateformes de vente en ligne : Leboncoin, Vinted, Marketplace Facebook, eBay… La vente d'objets peut contredire une déclaration de vol, de destruction ou de perte de revenus. Un assuré prétendant ne plus pouvoir travailler mais vendant régulièrement des objets fabriqués manuellement éveillera des soupçons.

Sites professionnels et réseaux d'affaires : LinkedIn, sites d'entreprise, annuaires professionnels, registres publics des sociétés. Ces sources permettent de vérifier si une victime déclarant une incapacité professionnelle totale continue en réalité à exercer une activité, même partielle. Un dirigeant d'entreprise en arrêt de travail mais participant activement à des événements professionnels, des conférences ou des levées de fonds verra sa situation questionnée.

Forums, blogs et sites communautaires : Les contributions sur des forums de passionnés (moto, sport, bricolage) peuvent révéler des activités incompatibles avec les limitations déclarées. Un assuré affirmant ne plus pouvoir conduire depuis son accident de moto mais conseillant activement sur un forum de motards sur les meilleurs itinéraires de virées weekends posera problème.

Vidéos en ligne : YouTube, Dailymotion, Vimeo… Les vidéos sont particulièrement scrutées car elles montrent des capacités motrices réelles. Une victime revendiquant une impossibilité de marcher sans aide technique mais apparaissant dans la vidéo d'un mariage en train de danser se retrouvera dans une situation délicate.

Croisement automatisé de données : Des logiciels spécialisés permettent de croiser automatiquement des milliers de données : adresses IP, métadonnées de photos (lieu, date, appareil), mentions dans la presse locale, participation à des événements publics, etc. Ces outils d'intelligence artificielle détectent des incohérences que l'œil humain pourrait manquer.

À : Victimes d'accidents : Les 15 combines habituelles des assurances pour moins vous indemniser (et comment les déjouer)

C. L'utilisation d'images satellites et de Google Street View

Les assureurs exploitent massivement les outils de cartographie en ligne pour vérifier l'état d'un bien avant et après un sinistre.

Applications concrètes :

  • Vérification de l'état d'un logement avant/après sinistre : Grâce à l'historique de Google Street View (qui remonte parfois à plus de 10 ans), les assureurs peuvent comparer l'état d'une toiture, d'une façade ou d'un jardin avant la tempête ou l'incendie déclaré. Si les dégâts existaient déjà sur des images antérieures, la demande d'indemnisation sera contestée.

  • Détection d'extensions, piscines ou dépendances non déclarées : Une piscine construite sans déclaration préalable à l'assureur peut entraîner l'application d'une franchise majorée ou même un refus d'indemnisation en cas de sinistre. Les images satellites de Google Maps, Bing Maps ou Géoportail révèlent ces aménagements.

  • Vérification de la valeur des biens : L'environnement immédiat d'une propriété (quartier résidentiel, zone industrielle) permet d'estimer sa valeur réelle et de détecter les surévaluations frauduleuses.

Limites et risques d'erreurs

Les images satellites ne sont pas toujours à jour et peuvent induire en erreur. Une piscine hors-sol installée temporairement peut être confondue avec une installation permanente. Un échafaudage de travaux peut être pris pour une construction non déclarée. Ces outils ne sont donc pas infaillibles et doivent être confrontés à d'autres éléments de preuve.

D. Les bases de données légales et les fichiers anti-fraude

Les compagnies d'assurance disposent de fichiers centralisés leur permettant de détecter les comportements suspects.

AGIRA : le fichier des sinistres automobiles

L'Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance (AGIRA) centralise l'historique de tous les sinistres automobiles déclarés en France. Chaque assureur y a accès pour vérifier si un conducteur a déjà été impliqué dans plusieurs accidents similaires, ce qui pourrait révéler une fraude organisée.

Ce fichier permet notamment de détecter :

  • Les accidents en série (faux accidents répétés)
  • Les doubles déclarations auprès de plusieurs assureurs
  • Les antécédents de fraude avérée

Autres données administratives accessibles légalement

Les assureurs peuvent consulter :

  • Le fichier des véhicules assurés (FVA)
  • Le fichier des personnes recherchées (pour les vols de véhicules)
  • Les registres publics : état civil, registres du commerce, cadastre, etc.

Partage d'informations entre assureurs

Les compagnies d'assurance partagent des informations sur les cas de fraude confirmée via des bases de données sectorielles. Un assuré radié par une compagnie pour fraude aura des difficultés à trouver une nouvelle assurance ou se verra appliquer des tarifs prohibitifs.

E. Les enquêtes privées : quand l'assureur mandate un détective

Dans les dossiers importants (montants élevés, indices de fraude), les assureurs peuvent faire appel à des détectives privés agréés.

Ce qu'un détective privé peut légalement faire :

  • Surveillance physique ponctuelle dans les lieux publics (rue, commerces, lieux ouverts au public)
  • Filatures pour vérifier les déplacements et activités quotidiennes
  • Photographies et vidéos dans l'espace public (sans utilisation de moyens de captation dissimulés illégaux)
  • Constatations visuelles : port de charges, conduite de véhicule, pratique d'activités sportives
  • Recherches documentaires dans les sources publiques

Encadrement juridique strict

Les détectives privés doivent être agréés par le CNAPS (Conseil National des Activités Privées de Sécurité) et respecter des règles déontologiques strictes :

  • Interdiction de pénétrer dans un domicile privé sans autorisation
  • Interdiction d'utiliser des micros ou caméras cachées dans des lieux privés
  • Interdiction de se faire passer pour un officier de police ou toute autre autorité
  • Respect du principe de proportionnalité : la surveillance doit être justifiée et limitée dans le temps

Dérives possibles

Malgré l'encadrement légal, certaines pratiques limites existent :

  • Surveillance prolongée et répétée sans éléments nouveaux (harcèlement déguisé)
  • Interprétation abusive d'images sorties de leur contexte médical
  • Atteinte à la dignité et au droit à l'image

Une victime peut contester la recevabilité de preuves obtenues de manière déloyale ou disproportionnée. Un avocat spécialisé en droit du dommage corporel saura identifier ces irrégularités et les faire écarter devant le juge.

Pour en savoir plus : SCANDALE ASSURANCES : COMMENT ILS VOUS SPOLIENT APRÈS L'ACCIDENT

⚠️ Victime d'une surveillance abusive ?

Si vous estimez faire l'objet de pratiques d'investigation disproportionnées ou illégales de la part de votre assureur, ne restez pas seul. Le Cabinet Maître Marteau-Péretié peut vous aider à faire valoir vos droits et à contester les preuves obtenues de manière irrégulière.

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III. Jusqu'où peuvent-ils aller légalement ? Le cadre juridique de la surveillance

A. Le RGPD et la protection des données personnelles

Depuis 2018, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) encadre strictement la collecte et le traitement des données personnelles par les assureurs.

Ce que l'assureur PEUT collecter :

  • Données nécessaires à l'exécution du contrat : identité, adresse, historique des sinistres, données de santé en lien direct avec le sinistre
  • Données publiquement accessibles : tout ce qui est publié sans restriction sur Internet (réseaux sociaux publics, sites web, annuaires)
  • Données issues d'enquêtes légalement menées : constatations de détectives privés respectant la loi

Ce que l'assureur NE PEUT PAS faire :

  • Collecter des données sans finalité légitime : la simple curiosité n'est pas un motif valable
  • Conserver des données au-delà de la durée légale nécessaire
  • Utiliser des données sensibles (santé, opinions politiques, orientation sexuelle) en dehors du strict cadre de l'indemnisation
  • Procéder à un profilage automatisé sans information de l'assuré
  • Partager les données avec des tiers non autorisés

Vos droits en vertu du RGPD :

  • Droit d'accès : vous pouvez demander quelles données l'assureur détient sur vous
  • Droit de rectification : corriger des données inexactes
  • Droit à l'effacement : sous certaines conditions (données collectées illégalement, par exemple)
  • Droit d'opposition : s'opposer au traitement de vos données pour des motifs légitimes
  • Droit à la limitation du traitement : demander le gel temporaire du traitement

En cas de non-respect du RGPD, vous pouvez saisir la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) qui peut prononcer des sanctions lourdes contre l'assureur.

B. La jurisprudence : quand les tribunaux valident… ou sanctionnent

Les juges ont progressivement défini les limites acceptables de la surveillance des assurés.

Exemples de décisions où les preuves issues d'Internet ont été admises :

Cour d'appel de Paris, 2019 : Un assuré déclarant une incapacité permanente totale suite à un accident de la route avait publié sur Facebook des vidéos de lui pratiquant le parapente et le VTT en montagne. La cour a considéré que ces publications publiques constituaient des preuves recevables de l'exagération du préjudice et a fortement réduit l'indemnisation.

Cour de cassation, 2020 : Un assuré en arrêt de travail pour dépression sévère animait quotidiennement un blog professionnel et participait activement à des forums en ligne. Les juges ont estimé que cette activité intellectuelle soutenue contredisait l'incapacité totale de travail déclarée et ont admis ces éléments comme preuves d'exagération du préjudice.

Cas où les preuves ont été rejetées pour atteinte à la vie privée :

Cour d'appel de Lyon, 2018 : Un assureur avait obtenu des photos d'un assuré via un faux profil Facebook créé pour s'introduire dans son cercle d'amis privés. La cour a écarté ces preuves obtenues de manière déloyale et frauduleuse, violant le droit à la vie privée, et a condamné l'assureur à des dommages et intérêts.

Tribunal de grande instance de Nanterre, 2021 : Un détective privé avait filmé un assuré à son domicile, à travers les fenêtres, depuis la rue. Le juge a considéré qu'il s'agissait d'une atteinte disproportionnée à la vie privée et a rejeté ces preuves, malgré la surveillance effectuée depuis l'espace public.

Principes dégagés par la jurisprudence :

  • Publications publiques = preuves recevables (sauf exception de protection de la vie privée)
  • Moyens déloyaux = preuves irrecevables (faux profils, piratage, usurpation)
  • Proportionnalité obligatoire : la surveillance doit être adaptée aux enjeux
  • Contexte médical essentiel : une photo ne suffit pas à contredire un avis médical circonstancié

C. Les limites absolues : ce qui reste interdit en toutes circonstances

Certaines pratiques relèvent du pénal et peuvent entraîner des poursuites judiciaires contre l'assureur ou les personnes mandatées :

Piratage et accès frauduleux

Article 323-1 du Code pénal : L'accès frauduleux à un système informatique est puni de 2 ans d'emprisonnement et 60 000 € d'amende. Cela inclut le piratage de comptes e-mail, réseaux sociaux, cloud, etc.

Usurpation d'identité

Article 226-4-1 du Code pénal : L'usurpation d'identité (création de faux profils pour infiltrer vos réseaux) est punie de 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.

Atteinte à la vie privée par captation d'images

Article 226-1 du Code pénal : Filmer ou photographier une personne dans un lieu privé sans son consentement est puni de 1 an d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.

Géolocalisation sans consentement

La pose de balises GPS ou l'utilisation de logiciels de géolocalisation sans votre accord est strictement interdite et constitue une atteinte grave à la vie privée.

Surveillance disproportionnée ou non pertinente

Une surveillance prolongée sur plusieurs mois sans éléments nouveaux, ou portant sur des aspects de votre vie sans rapport avec le sinistre, peut être qualifiée de harcèlement et donner lieu à des sanctions.

IV. Comment ces pratiques peuvent impacter votre indemnisation

A. Contestation de l'ampleur du préjudice

L'objectif principal de la surveillance est de réduire le montant de l'indemnisation en contestant la réalité ou l'importance de vos préjudices corporels.

Réduction des indemnisations

Si l'assureur estime disposer de preuves d'exagération, il réduira son offre d'indemnisation, parfois de manière drastique. Par exemple :

À lire : Le Racket Institutionnalisé : Quand les Assurances Transforment le Préjudice en Profit

Remise en cause de l'incapacité ou du handicap

L'assureur peut prétendre que vos capacités réelles sont supérieures à celles déclarées dans les certificats médicaux. Il demandera alors une nouvelle expertise médicale pour faire réévaluer votre état par un expert différent.

Cette démarche peut entraîner :

  • Des délais supplémentaires de plusieurs mois
  • Des frais d'expertise à votre charge si vous perdez
  • Un stress psychologique important pour vous et votre famille

Suspicion de fausse déclaration

Dans les cas les plus graves, l'assureur peut vous accuser de fraude caractérisée et :

  • Refuser totalement l'indemnisation
  • Demander le remboursement des sommes déjà versées
  • Déposer une plainte pénale pour escroquerie à l'assurance (article 313-1 du Code pénal : jusqu'à 5 ans de prison et 375 000 € d'amende)

À lire : Que dire (ou ne pas dire) aux assurances et à la police dans les premières déclarations après un accident 

B. Blocage ou retard dans le traitement du dossier

Demandes de justificatifs supplémentaires

Dès qu'un doute surgit, l'assureur multiplie les demandes de pièces complémentaires :

  • Certificats médicaux détaillés et récents
  • Justificatifs de tous vos déplacements
  • Explications écrites sur vos activités quotidiennes
  • Témoignages de tiers (voisins, proches, soignants)

Ces demandes répétées ralentissent considérablement le dossier et peuvent vous décourager.

Enquêtes internes prolongées

L'assureur peut suspendre l'instruction de votre dossier le temps de mener ses investigations. Cette période peut durer plusieurs mois, voire plus d'un an dans les cas complexes. Pendant ce temps, vous ne recevez aucune indemnisation, alors que vos besoins financiers sont urgents (soins, aménagement du logement, perte de revenus).

À LIRE : Assurances et pièges méconnus : refus d’indemnisation, état antérieur, fausse déclaration, expertise biaisée

C. Risque de résiliation ou d'inscription dans un fichier anti-fraude

Résiliation du contrat d'assurance

En cas de fraude avérée ou de fausse déclaration intentionnelle, l'assureur peut résilier votre contrat d'assurance (article L113-8 du Code des assurances). Vous vous retrouverez alors dans une situation délicate :

  • Difficulté à trouver un nouvel assureur
  • Tarifs très élevés (contrats "résiliés" ou "malussés")
  • Obligation de souscrire via le Bureau Central de Tarification (BCT) pour l'assurance auto

Inscription dans les fichiers anti-fraude

Les compagnies d'assurance partagent des informations sur les fraudeurs avérés via des bases de données sectorielles. Une inscription dans ces fichiers vous suivra pendant plusieurs années et compromettra gravement vos relations avec le secteur assurantiel.

Conséquences :

  • Refus systématiques de souscription par la plupart des assureurs
  • Surprimes importantes si un assureur accepte de vous couvrir
  • Contrôles renforcés lors de chaque nouveau sinistre

Votre dossier d'indemnisation stagne ou est contesté ?

Ne laissez pas l'assureur imposer sa version des faits. Le Cabinet Maître Marteau-Péretié négocie pour vous avec les compagnies d'assurance et défend vos intérêts devant les juridictions si nécessaire. Nous maîtrisons parfaitement la nomenclature Dintilhac et les techniques d'évaluation des préjudices.

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V. Comment se protéger sans rien cacher : bonnes pratiques pour les victimes

A. Maîtriser votre présence en ligne

Sécuriser vos paramètres de confidentialité

Sur Facebook :

  • Passez votre profil en privé (visible uniquement par vos amis)
  • Limitez la visibilité de vos anciennes publications
  • Désactivez la géolocalisation automatique
  • Contrôlez les publications où vous êtes identifié (activation requise avant publication)
  • Restreignez les recherches par moteur externe (votre profil ne doit pas apparaître sur Google)

Sur Instagram :

  • Passez en compte privé
  • Contrôlez vos abonnés (supprimez les profils suspects ou inconnus)
  • Désactivez le partage de localisation dans les stories
  • Limitez qui peut vous identifier dans des publications

Sur LinkedIn et sites professionnels :

  • Soyez prudent avec vos publications pendant un arrêt de travail
  • Évitez de mettre à jour votre CV en ligne si vous êtes en incapacité de travail
  • Limitez les interactions publiques qui pourraient être mal interprétées

Prudence sur les publications pendant un sinistre ou un arrêt de travail

Ce qu'il faut ÉVITER absolument :

  • Photos ou vidéos d'activités physiques pendant un arrêt maladie (sport, bricolage, jardinage intensif, port de charges)
  • Check-ins dans des lieux éloignés alors que vous êtes censé être en convalescence à domicile
  • Commentaires sur votre état de santé qui pourraient minimiser vos symptômes ("ça va mieux !", "je me sens en forme")
  • Publications montrant des biens que vous avez déclarés volés ou détruits
  • Photos "avant/après" d'un bien sinistré qui montreraient que les dégâts préexistaient

Ce que vous POUVEZ faire :

  • Maintenir une vie sociale raisonnable (sorties autorisées par le médecin)
  • Publier des contenus neutres (citations, partages d'articles, photos de paysages)
  • Participer à des événements familiaux importants (mariages, anniversaires)

Important : Être en arrêt de travail ou en convalescence ne signifie pas enfermement total. Les médecins recommandent même certaines sorties et activités adaptées pour favoriser la guérison. Mais veillez à la cohérence entre vos déclarations médicales et vos publications.

Nettoyer régulièrement vos traces numériques

  • Supprimez les anciennes publications compromettantes (même antérieures au sinistre)
  • Désidentifiez-vous des photos publiées par d'autres
  • Faites le ménage dans vos amis/abonnés : supprimez les personnes que vous ne connaissez pas vraiment
  • Utilisez les outils de gestion de la vie privée proposés par les plateformes

B. Conserver des preuves solides de votre état réel

Documentation médicale complète et à jour

Votre dossier médical d'indemnisation est votre meilleure protection contre les contestations. Veillez à :

  • Consulter régulièrement vos médecins et spécialistes
  • Demander des certificats médicaux détaillés après chaque consultation importante
  • Conserver tous les comptes rendus d'examens (radiographies, IRM, bilans biologiques)
  • Tenir un journal de vos symptômes au quotidien (douleurs, limitations, effets secondaires des traitements)
  • Faire constater par un médecin toute évolution de votre état (amélioration ou aggravation)

Photos datées et géolocalisées

Prenez des photos horodatées :

  • De l'état d'un bien immédiatement après un sinistre (dégâts des eaux, incendie, vol)
  • De vos blessures à différentes étapes de la guérison
  • Des équipements médicaux que vous utilisez (fauteuil roulant, attelles, cannes)
  • De votre véhicule accidenté avant réparation

Les métadonnées EXIF des photos (date, heure, lieu) constituent des preuves objectives difficiles à contester.

Factures et justificatifs

Conservez scrupuleusement :

  • Toutes les factures de soins, médicaments, équipements médicaux, frais de déplacement
  • Les devis et factures de réparation pour les dommages matériels
  • Les justificatifs de perte de revenus (bulletins de salaire, avis d'imposition, déclarations sociales)
  • Les attestations d'aide humaine (factures de services à la personne, témoignages de proches aidants)

Témoignages de tiers

Faites établir des attestations écrites par :

  • Vos proches (conjoint, enfants, parents) sur les conséquences quotidiennes de votre état
  • Vos collègues ou employeur sur votre incapacité professionnelle
  • Vos voisins si vous avez subi un sinistre à domicile (témoins de l'incendie, de l'inondation, etc.)
  • Les professionnels de santé qui vous suivent (kinésithérapeutes, infirmiers, psychologues)

Ces témoignages doivent être circonstanciés et précis, mentionnant des faits concrets et vérifiables.

C. Réagir en cas de surveillance abusive

Exercer vos droits RGPD

Si vous suspectez une collecte de données excessive ou illégale :

1. Demandez l'accès à vos données (article 15 RGPD) :

Envoyez un courrier recommandé à votre assureur pour demander :

  • Quelles données personnelles il détient sur vous
  • Quelles sont les sources de ces données
  • À quelles fins ces données sont traitées
  • Si des données ont été communiquées à des tiers (et lesquels)

L'assureur dispose d'un mois pour répondre gratuitement (sauf demande manifestement abusive).

2. Demandez la rectification ou l'effacement (articles 16 et 17 RGPD) :

Si des données sont inexactes, incomplètes ou collectées illégalement, exigez leur correction ou suppression.

3. Opposez-vous au traitement (article 21 RGPD) :

Vous pouvez vous opposer à certains traitements de données si vous estimez qu'ils portent atteinte à vos droits et libertés.

Saisir la CNIL

Si l'assureur ne répond pas ou refuse de faire droit à vos demandes, vous pouvez déposer une plainte auprès de la CNIL :

  • En ligne sur www.cnil.fr
  • Par courrier postal

La CNIL enquêtera et pourra :

  • Mettre en demeure l'assureur de se conformer au RGPD
  • Prononcer une sanction financière pouvant atteindre 4 % du chiffre d'affaires mondial
  • Ordonner la suppression de données collectées illégalement

Recourir au médiateur de l'assurance

En cas de litige avec votre assureur, vous pouvez saisir gratuitement le Médiateur de l'assurance :

  • Après avoir épuisé les recours internes auprès de l'assureur
  • Dans un délai d'un an après votre réclamation écrite

Le médiateur rendra un avis dans les 90 jours. Bien que non contraignant, cet avis a souvent un poids moral important et peut débloquer des situations.

Consulter un avocat spécialisé

Dans les cas complexes ou si vos droits fondamentaux sont gravement atteints, l'assistance d'un avocat en dommage corporel est indispensable.

Un avocat spécialisé en droit du dommage corporel et droit des assurances pourra :

  • Analyser la légalité des méthodes de surveillance utilisées
  • Faire écarter les preuves obtenues de manière déloyale
  • Négocier avec l'assureur en position de force
  • Engager une action en justice si nécessaire (référé, action au fond)
  • Obtenir des dommages et intérêts pour atteinte à la vie privée

VI. Vers une surveillance de plus en plus automatisée et systématique

L'essor de l'intelligence artificielle et du traitement massif de données

Les compagnies d'assurance investissent massivement dans des outils d'intelligence artificielle pour automatiser la détection de fraude :

Algorithmes de détection prédictive

Ces logiciels analysent des millions de dossiers pour identifier des patterns de fraude :

  • Fréquence anormale de sinistres pour un même assuré
  • Incohérences entre déclarations et données disponibles en ligne
  • Profils à risque basés sur des critères socio-démographiques

Le risque : que des assurés honnêtes soient injustement signalés par des algorithmes imparfaits, créant des "faux positifs" et des situations kafkaïennes.

Reconnaissance faciale et analyse d'images

Les assureurs utilisent des outils de reconnaissance faciale pour :

  • Identifier automatiquement les assurés dans des photos ou vidéos publiques
  • Analyser les expressions faciales et la posture pour évaluer la réalité d'un préjudice esthétique ou d'une douleur
  • Détecter des incohérences entre l'état déclaré et les comportements observés

Analyse sémantique et traitement du langage naturel

Des IA analysent vos publications écrites (posts, commentaires, articles) pour :

  • Détecter des contradictions avec vos déclarations médicales
  • Évaluer votre état psychologique réel
  • Identifier des projets ou activités incompatibles avec vos limitations déclarées

Le risque d'une présomption de fraude généralisée

L'automatisation de la surveillance risque de créer un climat de suspicion systématique :

  • Tous les assurés deviennent des fraudeurs potentiels
  • Le fardeau de la preuve se renverse : c'est à vous de prouver votre bonne foi
  • Les délais d'indemnisation s'allongent pour tous
  • La relation de confiance entre assurés et assureurs se détériore

L'importance d'un équilibre entre lutte contre la fraude et respect des droits

Si la fraude doit être combattue, elle ne concerne qu'une minorité d'assurés. Les victimes honnêtes ne doivent pas être les dommages collatéraux d'une surveillance généralisée.

Équilibre nécessaire :

  • Transparence : les assureurs doivent informer les assurés des méthodes de contrôle utilisées
  • Proportionnalité : la surveillance doit rester ciblée sur les dossiers suspects
  • Respect du contradictoire : vous devez pouvoir vous expliquer avant toute sanction
  • Protection des données : application stricte du RGPD
  • Contrôle indépendant : rôle renforcé de la CNIL et des autorités de régulation

Conclusion : Rester vigilant sans tomber dans la paranoïa

La surveillance des assurés par les compagnies d'assurance est une réalité bien documentée. Réseaux sociaux, détectives privés, intelligence artificielle : les méthodes se sophistiquent et s'automatisent. Si vous êtes victime d'un accident et en attente d'indemnisation, il est essentiel de :

  • Sécuriser votre présence en ligne pour éviter les malentendus
  • Documenter méticuleusement votre état avec des preuves médicales solides
  • Connaître vos droits en matière de protection des données personnelles
  • Réagir rapidement en cas de surveillance abusive

Mais surtout, ne restez pas seul face aux assureurs. Un avocat spécialisé en droit des victimes saura :

  • Vérifier la légalité des preuves collectées contre vous
  • Faire valoir vos droits lors des expertises médicales
  • Négocier une indemnisation juste et intégrale de vos préjudices
  • Contester les offres insuffisantes devant les tribunaux si nécessaire

Le Cabinet Maître Joëlle Marteau-Péretié met son expertise au service des victimes depuis de nombreuses années. Quel que soit votre type d'accident (accident de la route, accident du travail, accident de la vie courante, agression), nous vous accompagnons à chaque étape de votre parcours d'indemnisation.

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FAQ : Vos questions sur la surveillance des assureurs

1. Mon assureur a-t-il le droit de consulter mes profils sur les réseaux sociaux ?

Oui, si vos profils sont publics. Tout ce qui est accessible sans restriction (publications, photos, commentaires) peut être collecté et utilisé par l'assureur. En revanche, il ne peut pas utiliser de moyens déloyaux (faux profils, piratage) pour accéder à des contenus privés. Pour vous protéger, configurez vos comptes en mode privé et contrôlez strictement qui peut voir vos publications.

2. Puis-je être surveillé par un détective privé sans le savoir ?

Oui, c'est légal dans certaines limites. Un détective privé peut vous observer et vous photographier dans les lieux publics (rue, commerces, parcs) sans vous en informer préalablement, à condition d'être agréé et de respecter votre vie privée. Il ne peut en revanche pas pénétrer chez vous, vous filmer à votre domicile à travers les fenêtres, ou utiliser des dispositifs de géolocalisation cachés. Si vous suspectez une surveillance abusive, contactez un avocat.

3. L'assureur peut-il utiliser des photos prises par d'autres personnes sur les réseaux sociaux ?

Oui, si ces photos sont publiquement accessibles. Même si vous ne les avez pas publiées vous-même, des photos où vous êtes identifié ou visible peuvent être utilisées par l'assureur. C'est pourquoi il est important de contrôler les publications où vous êtes tagué et de demander à vos proches de ne pas diffuser publiquement des images qui pourraient être mal interprétées pendant votre période d'indemnisation.

4. Que faire si je découvre que l'assureur a utilisé des moyens illégaux pour me surveiller ?

Vous devez réagir immédiatement :

  1. Rassemblez les preuves : captures d'écran, témoignages, tout élément démontrant les pratiques illégales
  2. Contestez par écrit auprès de l'assureur en exigeant la destruction des données collectées illégalement
  3. Saisissez la CNIL pour violation du RGPD
  4. Consultez un avocat pour engager une action en justice (demande de dommages et intérêts, nullité des preuves)
  5. Déposez plainte pénale si les faits constituent une infraction (usurpation d'identité, accès frauduleux à un système informatique, atteinte à la vie privée)

Les preuves obtenues illégalement sont irrecevables devant les tribunaux et peuvent même vous donner droit à réparation.

5. Puis-je refuser une expertise médicale demandée par l'assureur suite à une surveillance ?

Cela dépend du cadre juridique de votre indemnisation :

  • En procédure amiable : vous pouvez techniquement refuser, mais cela risque de bloquer définitivement votre dossier. L'assureur peut alors refuser toute indemnisation et vous obliger à passer par la voie judiciaire.
  • En procédure judiciaire : si le juge ordonne une expertise, vous êtes obligé de vous y soumettre sous peine de sanctions.

Dans tous les cas, il est fortement recommandé de :

  • Vous faire assister par votre médecin de victime
  • Préparer l'expertise avec votre avocat
  • Contester le choix de l'expert si vous estimez qu'il n'est pas impartial

6. Une photo de moi souriant peut-elle remettre en cause mon préjudice d'agrément ou mes souffrances morales ?

Une photo isolée ne suffit jamais à elle seule à contester un préjudice médicalement établi. Les juges considèrent que :

  • Sourire sur une photo ne signifie pas absence de souffrances chroniques
  • Participer à un événement familial est compatible avec un handicap ou une douleur
  • Une photo représente un instant figé, pas la réalité quotidienne

Cependant, une accumulation de photos montrant des activités clairement incompatibles avec les limitations déclarées peut susciter des doutes légitimes. L'essentiel est que vos publications soient cohérentes avec vos certificats médicaux. Si vous avez un doute, demandez conseil à votre avocat avant de publier.

7. L'assureur peut-il refuser mon indemnisation si je refuse de donner accès à mes réseaux sociaux ?

Non, vous avez un droit absolu à la vie privée. L'assureur ne peut pas exiger que vous lui donniez vos mots de passe ou que vous rendiez publics vos comptes privés. Toute demande en ce sens serait illégale et constituerait une atteinte à vos libertés fondamentales.

En revanche, l'assureur peut :

  • Consulter librement tout ce qui est public
  • Demander au juge d'ordonner une expertise pour vérifier votre état réel
  • Refuser une indemnisation si d'autres éléments du dossier lui semblent incohérents

8. Combien de temps l'assureur conserve-t-il les données collectées sur moi ?

Selon le RGPD et la réglementation assurantielle, les données doivent être conservées uniquement pendant la durée nécessaire aux finalités pour lesquelles elles ont été collectées :

  • Données du dossier de sinistre : jusqu'à 2 ans après le règlement définitif (ou plus si contentieux en cours)
  • Données relatives à la fraude : peuvent être conservées plus longtemps pour prévenir de futures fraudes
  • Données d'expertise médicale : jusqu'à 10 ans après la fin du contrat en cas de litige potentiel

Vous pouvez exercer votre droit d'accès pour savoir quelles données sont conservées et demander leur suppression une fois le dossier clôturé.

9. Mon employeur peut-il transmettre des informations à mon assureur sans mon accord ?

Cela dépend du contexte :

  • Accident du travail : l'employeur est tenu de déclarer l'accident à la CPAM et de fournir certaines informations (circonstances, témoignages). Ces données sont ensuite accessibles aux assureurs concernés.

  • Arrêt maladie "classique" : l'employeur ne peut pas transmettre d'informations médicales à votre assureur personnel sans votre consentement explicite. Il peut en revanche confirmer des éléments factuels (dates d'absence, salaire).

  • Assurance groupe ou prévoyance d'entreprise : l'employeur peut être amené à transmettre des informations dans le cadre de la gestion des sinistres, mais uniquement celles strictement nécessaires.

En cas de doute sur la légalité d'une transmission d'informations, consultez votre avocat spécialisé.

10. Que risque un assureur qui utilise des méthodes de surveillance illégales ?

L'assureur s'expose à de lourdes sanctions :

  • Sanctions administratives (CNIL) : amendes pouvant atteindre 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial ou 20 millions d'euros
  • Sanctions civiles : dommages et intérêts à verser à la victime pour atteinte à la vie privée, nullité des preuves illégalement obtenues
  • Sanctions pénales : si les pratiques constituent des infractions (usurpation d'identité, accès frauduleux à des données), les dirigeants ou les enquêteurs mandatés peuvent être poursuivis pénalement
  • Sanctions professionnelles : retrait d'agrément pour les détectives privés, sanctions de l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) pour les assureurs

N'hésitez pas à faire valoir vos droits en cas de pratiques abusives.

Bibliographie et sources

Textes législatifs et réglementaires

  • Code des assurances, notamment articles L113-2 (obligations de l'assuré), L113-8 (résiliation pour fausse déclaration), L113-9 (réticence ou fausse déclaration)
  • Code pénal, articles 226-1 (atteinte à la vie privée), 226-4-1 (usurpation d'identité), 313-1 (escroquerie), 323-1 (accès frauduleux à un système informatique)
  • Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel (RGPD)
  • Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés (modifiée)

    Jurisprudence de référence

    • Cour de cassation, 1ère civ., 10 avril 2013, n° 11-19.530 : utilisation de photos Facebook comme preuve
    • Cour de cassation, 2ème civ., 10 juin 2021, n° 19-25.290 : limites de la surveillance par détective privé