📌 En bref
Un assureur peut légalement vérifier la réalité d'un préjudice, y compris en mandatant un détective : la Cour de cassation admet la filature lorsqu'elle se déroule sur la voie publique, sans provocation, et se limite à constater la mobilité et l'autonomie. Deux choses ont changé depuis. Le RGPD vous donne le droit d'exiger la copie de tout ce qui est détenu sur vous, sous un mois. Et l'assemblée plénière a jugé le 22 décembre 2023 qu'une preuve obtenue illicitement n'est plus automatiquement écartée des débats : elle peut être retenue si elle est indispensable et l'atteinte strictement proportionnée. Compter sur la nullité d'une surveillance irrégulière est donc devenu risqué : la discussion se déplace vers ce qu'une image démontre réellement, car un instantané établit une capacité ponctuelle, jamais une aptitude durable. Voir ce que le droit autorise et interdit.
Une photographie de vous au bord de la mer, prise trois mois après l'accident. Un commentaire de votre sœur sous une publication. Un rapport de quatorze pages détaillant vos sorties pendant huit jours. Ces pièces arrivent au dossier sans prévenir, souvent juste avant l'expertise ou juste après une demande de provision.
La réaction immédiate — l'indignation — est compréhensible et rarement utile. La bonne question n'est pas de savoir si c'est choquant, mais ce que le droit autorise, ce qu'une image démontre réellement, et ce que vous pouvez exiger en retour. Cette page traite ces trois points.
1. Par quels moyens un dossier est réellement vérifié
La lutte contre la fraude est un objectif légitime, et la vérification d'un préjudice déclaré fait partie du travail d'un assureur. Les moyens employés sont plus variés qu'on ne l'imagine, et tous n'ont pas la même valeur juridique.
|
Le moyen |
Ce qu'il produit |
Ce qu'il vaut juridiquement |
|
Consultation des profils et publications accessibles publiquement |
Photographies, commentaires, dates, lieux, identités des proches |
Licite pour ce qui est réellement public ; la collecte reste soumise au RGPD |
|
Recherche en sources ouvertes : annonces, forums, sites associatifs, registres |
Activités, engagements, inscriptions, parfois une activité professionnelle |
Licite sur des données publiques, mais la finalité et la conservation sont encadrées |
|
Imagerie aérienne et vues de rue |
Configuration du domicile, présence d'un véhicule, aménagements extérieurs |
Images publiées et datées de plusieurs années : valeur probante souvent faible |
|
Consultation de fichiers professionnels de lutte contre la fraude |
Antécédents de sinistres, signalements entre assureurs |
Licite si le traitement est déclaré et vos droits d'accès respectés |
|
Enquête confiée à un détective privé agréé |
Un rapport circonstancié, des photographies, parfois une vidéo |
Licite sous conditions strictes, précisées par la Cour de cassation |
|
Demandes d'informations à des tiers : employeur, voisinage, praticiens |
Des déclarations recueillies hors de votre présence |
Le secret médical est opposable ; les données de santé sont protégées |
Le recours au détective mérite une précision, parce qu'il inquiète plus que tout le reste : la question de savoir si un assureur peut envoyer un détective a sa propre page, qui détaille les conditions de son intervention. Quant à l'automatisation croissante de ces vérifications, elle est traitée sur celle consacrée à l'intelligence artificielle dans l'indemnisation.
Deux observations s'imposent à la lecture de ce tableau. La première : l'essentiel de ce qui est collecté l'est parce que vous l'avez rendu public vous-même. La seconde : ce qui est licitement recueilli n'est pas pour autant probant — une image montre un instant, pas une capacité, et c'est sur ce terrain que la discussion se gagne.
2. Le cadre juridique : trois textes et deux arrêts
Le droit applicable tient en peu d'éléments, mais ils commandent tout le reste. Deux arrêts en particulier fixent la frontière, et le second a déplacé cette frontière très récemment.
|
Le texte ou la décision |
Ce qu'il pose |
Ce qui en découle pour vous |
|
Article 9 du code civil |
Chacun a droit au respect de sa vie privée |
Toute surveillance est une atteinte ; la question est de savoir si elle est justifiée |
|
Règlement général sur la protection des données |
Toute collecte suppose une base légale, une finalité déterminée et une durée limitée |
Vous pouvez exiger la copie de ce qui est détenu et saisir la CNIL en cas de refus |
|
Loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique et aux libertés |
Encadrement des traitements et protection renforcée des données de santé |
Un dossier médical ne circule pas librement entre services ou entre assureurs |
|
Cass. 1re civ., 31 octobre 2012, n° 11-17.476 |
La filature par un détective mandaté par un assureur n'est pas illicite par principe |
Elle doit rester sur la voie publique, sans provocation, et se limiter à la mobilité et à l'autonomie |
|
Cass. ass. plén., 22 décembre 2023, n° 20-20.648 |
« L'illicéité dans l'obtention ou la production d'un moyen de preuve ne conduit pas nécessairement à l'écarter des débats » |
Une preuve irrégulière peut être retenue si elle est indispensable et l'atteinte strictement proportionnée |
L'arrêt de 2012 dessine les limites matérielles de la filature. Ce qui est constaté depuis la rue ou un lieu ouvert au public est admissible ; ce qui suppose de pénétrer dans un domicile, de photographier à travers une fenêtre, de suivre dans un espace privé, ou de provoquer un geste pour le filmer, ne l'est pas. Le champ de l'observation est également borné : la mobilité et l'autonomie, non la vie familiale, les fréquentations ou les convictions.
3. La preuve irrégulière n'est plus écartée d'office
Voici le point que les articles sur ce sujet n'ont pas encore intégré, et il faut le dire sans le farder, même s'il n'est pas favorable.
Pendant douze ans, une règle simple s'appliquait : une preuve obtenue de manière déloyale était écartée des débats, automatiquement. C'était la position de l'assemblée plénière depuis 2011, et elle donnait aux victimes un argument commode — démontrer l'irrégularité suffisait à faire tomber la pièce.
Le 22 décembre 2023, la même assemblée plénière a renversé cette solution. Désormais, « l'illicéité dans l'obtention ou la production d'un moyen de preuve ne conduit pas nécessairement à l'écarter des débats ». Le juge procède à une mise en balance : il vérifie que la preuve était indispensable à l'exercice du droit de celui qui l'invoque, et que l'atteinte portée aux droits de l'autre partie était strictement proportionnée au but poursuivi — ce qui suppose qu'aucun autre procédé, respectueux de la vie privée, ne permettait d'établir les mêmes faits.
La conséquence pratique est nette. Invoquer l'irrégularité d'une surveillance ne suffit plus à obtenir le retrait de la pièce : il faut désormais démontrer que l'assureur disposait d'autres moyens — une expertise médicale contradictoire, par exemple, qu'il pouvait solliciter — et que l'atteinte allait au-delà de ce que la vérification exigeait. Une filature de huit jours couvrant la vie familiale et les déplacements d'un conjoint n'est pas proportionnée à la vérification d'une mobilité de marche.
Le renversement a une contrepartie, rarement relevée : il joue dans les deux sens. Les pièces que vous obtenez de votre côté — un enregistrement d'entretien, un courriel interne — bénéficient de la même grille d'analyse. La règle n'est plus l'exclusion de principe, mais la proportionnalité, pour chacun.
4. Ce qu'une image démontre, et ce qu'elle ne démontre pas
C'est ici que se joue l'essentiel, et c'est un terrain technique plutôt que moral. Un cliché établit un fait ponctuel. Un poste de préjudice décrit une situation durable. Entre les deux, il y a un raisonnement que l'assureur doit faire — et qu'il fait rarement.
|
Ce que la pièce montre |
Ce qu'on en déduit contre vous |
Ce qu'elle établit en réalité |
|
Vous marchez sans canne sur cinquante mètres |
L'aide à la marche n'est pas nécessaire |
Une capacité ponctuelle, sans indication sur la douleur, la durée tenable ni les suites |
|
Vous portez un sac de courses |
Les limitations de port de charge sont exagérées |
Un geste isolé, dont le prix physique dans les heures suivantes n'est pas documenté |
|
Vous souriez sur une photographie de famille |
Le retentissement psychologique est surévalué |
Rien : un état thymique ne se lit pas sur un instantané |
|
Vous conduisez votre véhicule |
L'autonomie est complète |
Une aptitude à un trajet donné, souvent sur véhicule aménagé, sans durée ni fréquence |
|
Vous participez à une sortie associative |
Le préjudice d'agrément n'existe pas |
Une présence, non la reprise de l'activité antérieure au niveau antérieur |
|
Vous êtes vu chez un commerçant en semaine |
Une activité professionnelle est dissimulée |
Une présence en un lieu, à une heure : la déduction est un saut logique |
La réponse méthodique consiste à replacer chaque pièce dans la durée. Une capacité ponctuelle ne contredit pas une limitation permanente : le déficit fonctionnel s'apprécie sur la répétition, l'endurance et le coût de l'effort, pas sur un instant isolé. Un rapport de filature qui ne mentionne ni la fréquence, ni la durée, ni les conséquences observées après l'effort est une collection de photographies, pas une évaluation.
C'est aussi la raison pour laquelle ces pièces doivent être discutées devant l'expert, et non seulement dans un courrier. Un médecin conseil de victimes sait exactement quoi demander : sur quelle durée l'observation a porté, ce qui s'est passé ensuite, et si le geste filmé est compatible ou non avec les constatations cliniques. La manière de répondre aux arguments employés pour minorer un déficit permanent est détaillée sur une page dédiée, de même que la contestation d'un taux d'AIPP jugé trop bas et le déroulement d'une expertise médicale conduite avec un médecin de victime. Le procédé consistant à opposer un état antérieur pour refuser l'indemnisation relève de la même logique et se combat de la même manière.
5. Exiger ce qui est détenu sur vous : le droit d'accès
Voici le levier le plus concret, et le moins utilisé. Le règlement européen sur la protection des données vous permet d'obtenir la communication de l'ensemble des informations vous concernant, ainsi que leur origine. L'organisme dispose d'un mois pour répondre, et son refus doit être motivé et mentionner les voies de recours.
|
Ce que vous demandez |
Pourquoi c'est utile |
Ce que révèle la réponse |
|
La copie de toutes les données vous concernant |
Les rapports, notes internes et pièces collectées entrent dans le champ |
L'existence d'une enquête, sa date, son étendue |
|
L'origine des données |
Le RGPD impose d'indiquer d'où proviennent les informations |
Le recours à un prestataire extérieur ou à un fichier professionnel |
|
Les destinataires ou catégories de destinataires |
Savoir qui a reçu vos données, à l'intérieur comme à l'extérieur |
Les transmissions à d'autres assureurs ou à un organisme anti-fraude |
|
La durée de conservation prévue |
Une conservation sans limite est irrégulière |
Le régime réellement appliqué au traitement |
|
Les informations ayant servi à une décision vous concernant |
Une offre minorée repose sur des éléments d'évaluation identifiables |
Ce qui a effectivement fondé le montant proposé |
La démarche est écrite, gratuite, et n'exige aucun avocat : une lettre recommandée à l'adresse du délégué à la protection des données de la compagnie suffit, accompagnée d'une copie d'une pièce d'identité. En l'absence de réponse dans le délai, ou en cas de refus non motivé, une réclamation peut être adressée à la Commission nationale de l'informatique et des libertés.
Deux effets se produisent en pratique. Le premier est probatoire : vous savez ce qui existe, et vous pouvez le discuter avant qu'il ne soit produit. Le second est procédural : une demande d'accès formalisée et datée rend difficile la production tardive d'une pièce dont l'existence avait été tue.
6. La conduite à tenir, et celle qu'il faut éviter
Le réflexe le plus répandu est aussi le plus contre-productif : tout supprimer, tout verrouiller, disparaître. Non seulement cela ne fait pas disparaître ce qui a déjà été capté, mais la suppression brutale d'un compte après une demande d'indemnisation se remarque et se plaide.
|
La situation |
Ce qu'il vaut mieux faire |
Ce qu'il vaut mieux éviter |
|
Vos comptes sont largement ouverts |
Restreindre la visibilité pour l'avenir, et cesser de publier sur votre état de santé |
Effacer massivement des publications anciennes après une demande d'indemnisation |
|
Des proches publient des photographies de vous |
Leur demander par écrit de ne plus vous identifier ni vous taguer |
Leur demander de supprimer ce qui a déjà été vu et probablement archivé |
|
Vous découvrez un rapport de surveillance au dossier |
Demander la date, l'étendue, le prestataire, et exercer votre droit d'accès |
Répondre par un courrier d'indignation sans contester la portée probante des pièces |
|
Une pièce a manifestement été obtenue de façon irrégulière |
Démontrer qu'un autre procédé était possible et que l'atteinte était disproportionnée |
Se fier à la seule irrégularité, qui n'entraîne plus l'exclusion automatique |
|
Votre état varie d'un jour à l'autre |
Tenir un journal daté des douleurs, des soins, des renoncements et des bons jours |
Minimiser devant l'expert, ou au contraire surjouer : les deux se voient |
|
On vous demande l'accès à vos comptes ou à votre téléphone |
Refuser : aucun texte ne l'impose, et le motiver par écrit |
Accepter pour montrer sa bonne foi, ce qui ouvre un champ sans limite |
La ligne directrice tient en une phrase : il ne s'agit pas de cacher, mais de documenter. Une victime dont l'état réel est consigné jour après jour — par elle-même, par ses proches, par ses soignants — ne craint pas une photographie, parce qu'elle dispose de la durée quand l'assureur ne dispose que de l'instant. La manière de constituer ce dossier est exposée sur la page consacrée à la preuve des préjudices.
Un mot enfin sur le calendrier. Une surveillance se déclenche presque toujours à deux moments : avant l'expertise, et après une demande chiffrée. Le savoir permet de ne pas être surpris, et de ne pas interpréter comme une accusation ce qui relève d'une vérification de routine.
7. Selon la nature de vos séquelles
Les pièces de surveillance ne portent jamais le même coup selon le poste visé. Chaque type de séquelle appelle une démonstration propre, exposée sur sa page.
|
Ce qui est contesté |
Où la démonstration est détaillée |
|
Le besoin d'aide humaine et son volume horaire |
|
|
L'aménagement du logement rendu nécessaire |
|
|
L'aptitude à conduire un véhicule |
|
|
Les pertes de revenus et la capacité de travail |
|
|
Le retentissement moral et psychique |
|
|
Les cicatrices et l'altération de l'apparence |
|
|
Les séquelles neurologiques après traumatisme crânien |
|
|
Les atteintes médullaires : paraplégie, tétraplégie |
|
|
Les séquelles d'un accident de moto ou de deux-roues |
|
|
Les suites d'une agression ou de violences |
|
|
Les accidents de la vie courante et la garantie associée |
|
|
Les séquelles reconnues au titre d'un accident du travail |
8. Les autres pratiques, et où elles sont traitées
La surveillance n'est qu'un aspect de la relation avec l'assureur. Les autres font l'objet de pages distinctes.
|
Le sujet |
Où il est traité |
|
Les procédés d'usure et l'inertie organisée |
|
|
Les pratiques les plus documentées et leur réponse |
|
|
Ce qu'il faut dire, et ne pas dire, après l'accident |
|
|
Le déséquilibre propre à l'expertise amiable |
|
|
Le vocabulaire employé dans les courriers |
|
|
Les délais d'offre et les pénalités encourues |
|
|
Une proposition déjà reçue, à examiner avant de répondre |
|
|
Une transaction déjà signée |
|
|
L'évaluation poste par poste et ce qui l'individualise |
|
|
Faut-il annoncer une amélioration de son état ? |
|
|
Le cumul de plusieurs contrats sur un même sinistre |
|
|
La sous-évaluation systémique et ce qu'en disent les données |
|
|
La classification des postes de préjudice |
|
|
La constitution du dossier, étape par étape |
|
|
Le cadre général de la réparation |
|
|
Le panorama de l'indemnisation des victimes |
Questions fréquentes
Ce que j'ai publié en accès libre peut-il être versé au dossier ?
Ce qui est accessible sans authentification ni artifice peut être consulté : la publication ouverte n'est plus une donnée privée au sens strict. En revanche, créer un faux profil pour accéder à un compte restreint relève du stratagème, et la collecte reste soumise aux règles sur les données personnelles — finalité déterminée, durée limitée, droit d'accès.
Peut-on me faire suivre par un détective sans m'en informer ?
Oui, et c'est précisément la nature de l'exercice. La Cour de cassation a jugé que la filature ordonnée par un assureur n'est pas illicite par principe, à trois conditions : qu'elle se déroule sur la voie publique ou dans des lieux ouverts au public, sans provocation, et qu'elle se limite à constater la mobilité et l'autonomie. Ce qui sort de ce cadre est attaquable.
Une photo de moi souriant peut-elle réduire mon indemnisation ?
Elle ne le devrait pas, et c'est démontrable. Un instantané ne renseigne ni sur la durée tenable, ni sur la douleur, ni sur les suites de l'effort. Le déficit fonctionnel s'évalue sur la répétition et l'endurance. La réponse consiste à exiger que le rapport précise la durée d'observation et ce qui s'est passé après — ce qu'il ne fait presque jamais.
Si la surveillance était illégale, la pièce est-elle écartée ?
Plus automatiquement, depuis le revirement de l'assemblée plénière du 22 décembre 2023. Le juge met désormais en balance : la preuve était-elle indispensable, et l'atteinte strictement proportionnée ? Il faut donc démontrer qu'un autre procédé permettait d'établir les mêmes faits, et que la surveillance est allée au-delà du nécessaire.
Comment savoir ce qui est détenu sur moi ?
En exerçant votre droit d'accès par lettre recommandée au délégué à la protection des données de la compagnie, avec une copie de votre pièce d'identité. Vous pouvez obtenir la copie des informations, leur origine, leurs destinataires et leur durée de conservation. La réponse est due dans un délai d'un mois ; à défaut, une réclamation peut être adressée à la CNIL.
Dois-je fermer mes comptes après un accident ?
Ce n'est pas conseillé. Une suppression massive après une demande d'indemnisation se remarque, s'interprète et ne supprime pas ce qui a déjà été capté ou archivé. Restreindre la visibilité pour l'avenir et cesser de publier sur votre état de santé est plus efficace et ne prête pas le flanc.
Mon employeur peut-il renseigner l'assureur sur mon état ?
Il peut attester de faits qu'il constate — présence, poste occupé, aménagements — mais pas communiquer des données de santé, qui bénéficient d'une protection renforcée. Les échanges avec le médecin du travail relèvent du secret médical et ne sont pas transmissibles à un assureur.
Puis-je refuser de communiquer l'accès à mes comptes ou à mon téléphone ?
Oui. Aucun texte ne vous y oblige dans le cadre d'une procédure d'indemnisation amiable, et un refus motivé par écrit ne constitue ni une faute ni un aveu. Accepter, en revanche, ouvre un accès sans limite de finalité ni de durée, dont il est ensuite impossible de reprendre le contrôle.
Faire analyser des pièces de surveillance versées au dossier
Une pièce de surveillance se discute sur trois plans : sa régularité, sa proportionnalité et sa portée probante — et c'est souvent le troisième qui décide. Le cabinet de Maître Joëlle Marteau-Péretié intervient sur ces discussions à Lille et à Paris — 06 84 28 25 95. Le cadre de son intervention est présenté sur la page avocat en dommage corporel, sa pratique en accidents de la route dans un entretien dédié, et le détail des frais sur la page des honoraires. Le cabinet reçoit à Lille et à Paris. Les modalités de rémunération font l'objet d'une convention d'honoraires écrite, prévoyant un honoraire correspondant aux diligences accomplies, complété le cas échéant par un honoraire de résultat, conformément à l'article 10 de la loi du 31 décembre 1971.
Sources et références
- Code civil, article 9 : chacun a droit au respect de sa vie privée.
- Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016, article 15 : droit d'accès de la personne concernée aux données la concernant, à leur origine, à leurs destinataires et à leur durée de conservation, et droit d'en obtenir une copie.
- Commission nationale de l'informatique et des libertés : le responsable de traitement dispose d'un délai d'un mois pour répondre à une demande de droit d'accès ; tout refus doit être motivé et indiquer les voies de recours, une réclamation pouvant être adressée à la CNIL.
- Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés : encadrement des traitements et protection renforcée des données concernant la santé.
- Cass. 1re civ., 31 octobre 2012, pourvoi n° 11-17.476, publié : la filature organisée par un assureur n'est pas illicite dès lors qu'elle se déroule sur la voie publique ou dans des lieux ouverts au public, sans provocation, qu'elle se limite à constater la mobilité et l'autonomie de la victime, et que l'atteinte à la vie privée demeure proportionnée au but poursuivi.
- Cass. ass. plén., 22 décembre 2023, pourvoi n° 20-20.648, publié : « dans un procès civil, l'illicéité dans l'obtention ou la production d'un moyen de preuve ne conduit pas nécessairement à l'écarter des débats » ; le juge apprécie si la preuve est indispensable à l'exercice du droit invoqué et si l'atteinte portée est strictement proportionnée au but poursuivi. Cet arrêt revient sur la solution de l'assemblée plénière du 7 janvier 2011, qui écartait systématiquement la preuve déloyale.

Article rédigé par Maître Joëlle Marteau-Péretié, avocate au barreau de Lille, en réparation du dommage corporel et en droit des assurances.


AJOUTER UN COMMENTAIRE :
Pour commenter cet article vous devez vous authentifier. Si vous n'avez pas de compte, vous pouvez en créer un.