📌 En bref : une intoxication alimentaire contractée au restaurant, à la cantine ou après un achat en grande surface relève de la responsabilité du fait des produits défectueux (articles 1245 et suivants du Code civil). La victime n'a pas à prouver de faute : il lui suffit d'établir qu'elle a consommé l'aliment, qu'il était contaminé et que ses troubles en découlent. Le restaurateur, le traiteur ou le distributeur qui ne peut identifier le producteur répond comme lui. Les préjudices se chiffrent poste par poste, selon la nomenclature Dintilhac — jusqu'au décès, où la famille est indemnisée. Les délais sont courts : trois ans à compter de la connaissance du dommage et dix ans après la mise en circulation du produit. Pour les denrées mises sur le marché à compter du 9 décembre 2026, la directive (UE) 2024/2853 allège encore la preuve et étend le cercle des responsables. → Voir le tableau des recours selon la situation
Vous avez été victime d'une intoxication alimentaire après un repas au restaurant, à la cantine, ou après avoir consommé un produit acheté en grande surface ? Vous vous demandez quels sont vos droits et comment obtenir réparation de vos préjudices ? Cet article fait le point sur le régime juridique applicable, les recours possibles et les démarches concrètes pour faire valoir vos droits.
Une intoxication alimentaire peut avoir des conséquences bien plus graves qu'une simple gastro-entérite : hospitalisation, insuffisance rénale, séquelles neurologiques, ou décès. Si le cas est heureusement rare, il ne doit pas être négligé. Le Code civil et la jurisprudence offrent aux victimes un cadre protecteur, à condition de savoir comment l'activer.

Qu'est-ce qu'une intoxication alimentaire au sens juridique ?
Sur le plan médical, une intoxication alimentaire (ou toxi-infection alimentaire) résulte de l'ingestion d'aliments contaminés par des bactéries (salmonelle, listeria, Escherichia coli, staphylocoque doré, clostridium), des virus (norovirus, hépatite A), des parasites ou des toxines chimiques. Les symptômes vont des troubles digestifs bénins à des atteintes graves nécessitant une hospitalisation.
Sur le plan juridique, l'intoxication alimentaire est un dommage corporel causé par un produit défectueux. C'est cette qualification qui ouvre la porte à l'indemnisation : un aliment contaminé est un produit qui n'offre pas « la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre » au sens de l'article 1245-3 du Code civil.
Lorsqu'une intoxication touche plusieurs convives ayant partagé le même repas, on parle de toxi-infection alimentaire collective (TIAC). La TIAC fait l'objet d'une déclaration obligatoire auprès de l'Agence régionale de santé (ARS), qui déclenche une enquête épidémiologique. Les conclusions de cette enquête constituent souvent une preuve décisive pour les victimes.
Le régime de responsabilité applicable : les produits défectueux
En matière d'intoxication alimentaire, le fondement juridique privilégié est la responsabilité du fait des produits défectueux, régie par les articles 1245 à 1245-17 du Code civil. Ce régime, qui transpose en droit français la directive européenne 85/374/CEE, présente des avantages décisifs pour la victime.
Un aliment contaminé est défectueux : aucune faute à prouver
Le principe est simple : le producteur est responsable du dommage causé par un défaut de son produit, qu'il soit ou non lié par un contrat avec la victime (art. 1245 du Code civil). La victime n'a pas à prouver une faute du restaurateur ou du fabricant. Elle doit seulement établir trois éléments : le dommage subi, le défaut du produit, et le lien de causalité entre le défaut et le dommage (art. 1245-8). Un aliment contaminé par la listeria ou la salmonelle est, par définition, défectueux. La preuve du défaut est ainsi grandement facilitée dès lors que l'analyse bactériologique révèle la présence du germe pathogène. Pour le cadre d'ensemble de ce régime — autonomie, délais, causes d'exonération, réforme à venir —, notre guide sur la responsabilité du fait des produits défectueux en donne la lecture complète.
Qui est responsable ? Les acteurs de la chaîne alimentaire
Le régime des produits défectueux désigne comme responsable le producteur, c'est-à-dire le fabricant du produit fini, le producteur d'une matière première ou le fabricant d'une partie composante (art. 1245-5). Mais la chaîne alimentaire est longue : agriculteur, industriel, transporteur, grossiste, restaurateur, distributeur. Qui est responsable ?
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Acteur |
Responsabilité |
Fondement |
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Fabricant / industriel |
Responsable de plein droit du défaut de son produit |
Art. 1245 et 1245-5 C. civ. |
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Restaurateur / traiteur |
Assimilé au producteur pour les plats qu'il prépare ; responsable comme fournisseur s'il ne désigne pas son fournisseur |
Art. 1245-5 et 1245-6 C. civ. |
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Distributeur / grande surface |
Responsable comme le producteur s'il ne désigne pas celui-ci dans un délai de trois mois |
Art. 1245-6 C. civ. |
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Cantine scolaire / collectivité |
Responsabilité de l'établissement public ou du prestataire selon le mode de gestion |
Art. 1245 C. civ. ou responsabilité administrative |
Le restaurateur occupe une position particulière. Lorsqu'il prépare les plats, il est considéré comme un producteur à part entière : il « incorpore » des matières premières dans un produit fini qu'il met sur le marché. Il répond donc directement de la contamination, même si celle-ci provient d'un ingrédient fourni par un tiers — sauf à démontrer que le défaut existait déjà dans l'ingrédient et à se retourner contre son fournisseur.
Pour la grande surface, la règle de l'article 1245-6 est protectrice : le vendeur qui ne peut identifier le producteur dans les trois mois suivant la demande de la victime est traité comme le producteur lui-même. Dans la pratique, la grande distribution dispose des systèmes de traçabilité imposés par le règlement européen (CE) n° 178/2002, ce qui lui permet généralement d'identifier le fournisseur en cause.
Les causes d'exonération, limitativement énumérées
Le producteur ne peut s'exonérer qu'en prouvant l'un des cas prévus par l'article 1245-10 : il n'avait pas mis le produit en circulation ; le défaut n'existait pas au moment de la mise en circulation ; le produit n'était pas destiné à la vente ; le défaut est dû à la conformité du produit à des règles impératives ; ou l'état des connaissances scientifiques et techniques ne permettait pas de déceler le défaut (risque de développement).
En matière alimentaire, l'exonération pour risque de développement est pratiquement inopérante : les risques bactériologiques sont connus, maîtrisables et font l'objet de réglementations sanitaires strictes (méthode HACCP, règlement (CE) n° 852/2004 sur l'hygiène des denrées alimentaires). Le producteur qui invoque la faute de la victime — par exemple une mauvaise conservation après l'achat — doit en apporter la preuve, et cette faute n'entraîne qu'une réduction de l'indemnisation, pas sa suppression (art. 1245-12).
Les délais pour agir
Deux délais coexistent, et le second est le plus redoutable. L'action en réparation se prescrit par trois ans à compter de la date à laquelle la victime a eu ou aurait dû avoir connaissance du dommage, du défaut et de l'identité du producteur (art. 1245-16). Mais la responsabilité du producteur s'éteint de toute façon dix ans après la mise en circulation du produit (art. 1245-15), même si le dommage n'est apparu qu'après. Pour une denrée alimentaire, consommée vite, c'est le délai de trois ans qui gouverne en pratique ; il court dès l'intoxication, et les preuves — restes du repas, analyses, enquête de l'ARS — se constituent dans les jours qui suivent, pas dans les années.
Les alternatives : droit commun et responsabilité contractuelle
Le régime des produits défectueux n'exclut pas les autres fondements (art. 1245-17). La victime peut agir sur le terrain de la responsabilité contractuelle (art. 1231-1 du Code civil) contre le restaurateur : le contrat de restauration emporte une obligation de sécurité de résultat quant à la qualité des aliments servis. Elle peut aussi invoquer la responsabilité délictuelle (art. 1240 du Code civil) si une faute est caractérisée — non-respect des règles d'hygiène, rupture de la chaîne du froid, personnel non formé. Ces fondements sont utiles notamment lorsque les délais du régime spécial sont expirés.
Les préjudices indemnisables
Une fois la responsabilité établie, la victime a droit à la réparation intégrale de son préjudice. L'évaluation suit la nomenclature Dintilhac, qui distingue les préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux, temporaires et permanents.
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Poste de préjudice |
Application à l'intoxication alimentaire |
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Dépenses de santé actuelles |
Consultations, examens, hospitalisation, médicaments non remboursés |
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Perte de gains professionnels actuels |
Arrêt de travail, perte de chiffre d'affaires pour un indépendant |
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Déficit fonctionnel temporaire |
Période d'incapacité, hospitalisation, convalescence |
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Souffrances endurées |
Douleurs abdominales, vomissements, déshydratation, angoisse |
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Déficit fonctionnel permanent |
Séquelles rénales, neurologiques, digestives chroniques |
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Préjudice d'agrément |
Impossibilité de reprendre une activité sportive ou de loisir |
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Préjudices des proches |
En cas de décès : préjudice d'affection, préjudice économique |
Dans la majorité des cas, l'intoxication alimentaire reste bénigne : quelques jours de troubles digestifs, un arrêt de travail court. Les préjudices sont alors limités mais réels — et souvent négligés par les victimes qui ne pensent pas à réclamer. Dans les cas graves, en revanche, les enjeux sont considérables.
Le syndrome hémolytique et urémique (SHU), provoqué par certaines souches d'Escherichia coli, touche principalement les jeunes enfants et peut entraîner une insuffisance rénale aiguë nécessitant une dialyse, voire une greffe. La listériose est particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes (risque de fausse couche, d'accouchement prématuré ou d'infection néonatale) et les personnes immunodéprimées. Le botulisme peut provoquer une paralysie respiratoire. Dans ces situations, l'indemnisation doit couvrir le déficit fonctionnel permanent, l'assistance par tierce personne, les frais de santé futurs et l'incidence professionnelle.
Lorsque l'intoxication est mortelle, les proches de la victime peuvent obtenir réparation de leur préjudice d'affection et de leur préjudice économique. Les frais d'obsèques sont également pris en charge. Pour les situations où une victime vulnérable — enfant, personne âgée, femme enceinte — subit des séquelles graves, le dossier doit être construit avec le même soin qu'après un accident de la circulation : expertise médicale contradictoire, chiffrage de chaque poste, évaluation des besoins futurs.
Pour avoir une idée des ordres de grandeur, notre tableau d'indemnisation par poste détaille les fourchettes pratiquées par les juridictions. Et comme dans tout dossier de dommage corporel, les postes les plus souvent oubliés sont ceux qui pèsent le plus : notre article sur les préjudices corporels fréquemment ignorés vous aide à ne rien laisser de côté.

Les démarches concrètes après une intoxication alimentaire
La difficulté principale en matière d'intoxication alimentaire est la preuve. Entre le moment de la consommation et l'apparition des symptômes, il peut s'écouler de quelques heures à plusieurs jours (jusqu'à 70 jours pour la listériose). Le lien de causalité doit donc être établi avec rigueur.
1. Faire constater les symptômes et demander les analyses
Même si les symptômes paraissent bénins, consultez un médecin ou rendez-vous aux urgences. Le médecin établira un certificat médical initial décrivant les symptômes et leur date d'apparition. Demandez des analyses (coproculture, hémoculture, sérologie) pour identifier le germe responsable. Ces analyses sont la clé de voûte de votre dossier : elles établissent la nature de la contamination et permettent de la relier à l'aliment suspect. Conservez tous les documents médicaux.
2. Conserver les preuves
Si vous avez conservé les restes du repas ou l'emballage du produit, ne les jetez pas. Placez-les au réfrigérateur et contactez l'ARS ou la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) pour qu'une analyse bactériologique soit réalisée. Conservez également le ticket de caisse, la facture du restaurant, ou toute preuve de la consommation (réservation, photo du plat, échange sur un réseau social). Identifiez les autres convives : s'ils ont eu les mêmes symptômes, leurs témoignages renforceront considérablement le dossier.
3. Signaler l'intoxication
Signalez l'intoxication à l'ARS (pour la TIAC) et à la DDPP (direction départementale de la protection des populations, ex-DDCSPP). Ces administrations peuvent diligenter une enquête et procéder à des contrôles dans l'établissement concerné. Leurs rapports sont des pièces importantes pour établir la responsabilité. Vous pouvez également déposer un signalement sur la plateforme SignalConso. Pour un produit acheté en grande surface, vérifiez si le produit a fait l'objet d'un rappel sur le site RappelConso : un rappel officiel est une reconnaissance implicite du défaut.
4. Mettre en demeure le responsable
Adressez une lettre recommandée avec accusé de réception au restaurateur, au distributeur ou au fabricant, exposant les faits, les préjudices subis et demandant l'indemnisation. Joignez les pièces médicales et les preuves de consommation. Cette mise en demeure fixe le point de départ des intérêts et marque le début de la phase amiable.
5. Déclarer le sinistre à votre assureur
Si vous disposez d'une garantie accidents de la vie (GAV), déclarez le sinistre dans les délais contractuels. La GAV peut indemniser vos préjudices même en l'absence de tiers responsable identifié, sous réserve des seuils d'intervention prévus au contrat. Votre contrat de protection juridique peut également prendre en charge les frais de procédure.
6. Engager la procédure
Si la phase amiable échoue, deux voies sont ouvertes. L'action civile devant le tribunal judiciaire (ou le tribunal de proximité pour les litiges inférieurs à 10 000 euros) permet d'obtenir la condamnation du responsable à indemniser vos préjudices. La plainte pénale avec constitution de partie civile est envisageable en cas de manquement grave aux règles d'hygiène (mise en danger de la vie d'autrui, tromperie, blessures involontaires). L'action pénale permet de bénéficier des investigations du parquet et facilite la preuve. Les deux voies peuvent être menées en parallèle, et les règles de prescription sont décrites dans notre article sur les délais de prescription en matière d'accident corporel.
Restaurant, supermarché, cantine, traiteur : qui actionner, avec quelles preuves
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Situation |
Responsable à actionner |
Fondement principal |
Preuves clés |
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Repas au restaurant |
Restaurateur (producteur du plat) |
Produits défectueux (art. 1245) ou obligation de sécurité contractuelle |
Facture, analyses, témoignages des convives, rapport ARS/DDPP |
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Produit acheté en grande surface |
Fabricant (ou distributeur s'il ne l'identifie pas) |
Produits défectueux (art. 1245-6) |
Ticket de caisse, emballage, analyses, avis de rappel RappelConso |
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Cantine scolaire ou d'entreprise |
Prestataire de restauration collective ou collectivité |
Produits défectueux ou responsabilité administrative |
Enquête ARS (TIAC), certificats médicaux, liste des enfants touchés |
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Traiteur / événement |
Traiteur (producteur), organisateur si faute |
Produits défectueux + contractuel |
Contrat, liste des invités, analyses, enquête ARS |
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Aucun responsable identifiable |
Votre assureur GAV |
Contrat d'assurance |
Certificats médicaux, déclaration de sinistre dans les délais |
Denrées mises sur le marché après le 9 décembre 2026 : TIAC, plateformes et importations sous la nouvelle directive
La directive (UE) 2024/2853 du 23 octobre 2024 abroge et remplace celle de 1985. Les États membres devaient la transposer pour le 9 décembre 2026, et elle ne s'applique qu'aux produits mis sur le marché à compter de cette date — pour une denrée alimentaire, consommée en quelques jours ou semaines, la bascule sera donc rapide : dès 2027, l'immense majorité des intoxications relèvera du nouveau texte. Le mécanisme de fond ne change pas ; ce sont la preuve et le cercle des responsables qui évoluent, dans un sens favorable aux victimes.
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Situation |
Denrée mise sur le marché avant le 9 décembre 2026 |
Denrée mise sur le marché à compter du 9 décembre 2026 |
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Preuve de la contamination |
À la charge de la victime : analyses, restes du repas, enquête de l'ARS |
Allégée : le producteur peut être tenu de communiquer ses pièces (autocontrôles, fiches HACCP, traçabilité) et le défaut se présume lorsque le dysfonctionnement est manifeste, comme une TIAC avérée |
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Repas commandé sur une plateforme de livraison, denrée vendue en ligne |
Restaurateur ou fabricant ; vendeur s'il ne les identifie pas |
Également le prestataire d'exécution des commandes et, dans certains cas, la plateforme en ligne qui n'identifie pas le producteur |
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Denrée importée d'un pays tiers |
L'importateur dans l'Union |
L'importateur, mais aussi le mandataire européen du fabricant — un responsable de plus, en Europe |
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Séquelles tardives (atteinte rénale, neurologique) |
Extinction dix ans après la mise en circulation |
Délai porté à vingt-cinq ans lorsque les dommages corporels se manifestent tardivement |
Pour une intoxication alimentaire, le changement le plus concret est le premier : lorsqu'une TIAC a été constatée par l'ARS et que plusieurs convives ont développé les mêmes troubles, la contamination est manifeste, et c'est au restaurateur ou au producteur de s'expliquer sur ses contrôles. Le détail du nouveau texte, article par article, figure sur notre guide du régime, section « ce qui change le 9 décembre 2026 ».
Un avocat en dommage corporel : sa plus-value
Les dossiers d'intoxication alimentaire présentent des difficultés spécifiques : établir le lien de causalité entre l'aliment et les symptômes, identifier le bon responsable dans une chaîne complexe, obtenir les rapports administratifs (ARS, DDPP), et chiffrer les préjudices avec précision. Un avocat en droit du dommage corporel maîtrise ces procédures et sait exploiter le régime des produits défectueux — un régime autonome, aux conditions propres, qui ne souffre aucune clause limitative. Les assureurs des restaurateurs et des industriels de l'agroalimentaire disposent de services contentieux rompus à ces dossiers ; ils contestent systématiquement le lien de causalité ou minimisent les préjudices. L'assistance d'un avocat permet de rétablir l'équilibre, d'organiser une expertise médicale contradictoire avec un médecin-conseil de victimes, et d'obtenir une indemnisation à la hauteur du préjudice réellement subi. Avant d'accepter quoi que ce soit, l'offre se vérifie poste par poste.
Si l'intoxication a provoqué des séquelles graves — insuffisance rénale chez un enfant, atteinte neurologique, décès d'un proche —, le dossier relève pleinement du droit du dommage corporel et doit être construit avec la même rigueur qu'après un accident de la route. Le cas d'un produit défectueux au quotidien — un appareil, un ustensile — obéit aux mêmes principes : voir notre analyse d'un accident causé par un produit défectueux.
Questions fréquentes
Puis-je être indemnisé pour une intoxication alimentaire bénigne ?
Oui. Même une intoxication limitée à quelques jours de troubles digestifs constitue un dommage corporel indemnisable : frais médicaux, arrêt de travail, souffrances endurées, déficit fonctionnel temporaire. Les montants seront modestes, mais le principe de la réparation intégrale s'applique. Le restaurateur ou le fabricant, ou leur assureur, doivent indemniser ces préjudices dès lors que le lien avec l'aliment consommé est établi.
Que faire si je n'ai pas conservé les restes du repas ?
L'absence de restes n'est pas rédhibitoire. Les analyses médicales (coproculture identifiant le germe), les témoignages des autres convives ayant présenté les mêmes symptômes, et surtout l'enquête de l'ARS en cas de TIAC permettent d'établir le lien de causalité. La convergence de plusieurs cas sur un même repas est un élément de preuve très fort : la présomption de causalité se déduit de cette concordance.
Le restaurateur me propose un geste commercial. Dois-je l'accepter ?
Un geste commercial — repas offert, bon d'achat — n'est pas une indemnisation. Il ne couvre ni vos frais médicaux, ni votre arrêt de travail, ni vos souffrances. Si vous l'acceptez sans réserve, le restaurateur pourra prétendre que vous avez renoncé à toute autre demande. Avant d'accepter quoi que ce soit, faites chiffrer vos préjudices. Si les symptômes ont été sérieux, le geste commercial est dérisoire par rapport à l'indemnisation à laquelle vous avez droit.
Mon enfant a été intoxiqué à la cantine. Contre qui agir ?
Il faut déterminer le mode de gestion de la cantine. Si la restauration est assurée en régie directe par la commune ou l'établissement, la responsabilité est administrative et relève du tribunal administratif. Si elle est confiée à un prestataire privé, c'est ce prestataire qui est responsable au titre des produits défectueux, et la commune peut l'être en cas de défaut de surveillance. En cas de TIAC dans une cantine, l'enquête de l'ARS identifie généralement rapidement l'origine de la contamination et le responsable.
Repas commandé sur une plateforme de livraison : contre qui agir ?
Contre le restaurateur qui a préparé le plat : il en est le producteur, et la plateforme n'est aujourd'hui qu'un intermédiaire qui doit vous aider à l'identifier. Conservez la commande, le ticket de livraison et l'emballage, et demandez à la plateforme les coordonnées du restaurant si elles ne figurent pas sur la commande. Pour les denrées mises sur le marché à compter du 9 décembre 2026, la directive (UE) 2024/2853 pourra rendre la plateforme ou le prestataire de livraison responsables lorsqu'ils n'identifient pas le producteur.
Trois ans ou dix ans : quel délai pour une intoxication alimentaire ?
Le délai est de trois ans à compter du moment où vous avez eu connaissance du dommage, du défaut et de l'identité du responsable (art. 1245-16 du Code civil), dans la limite de dix ans à compter de la mise en circulation du produit (art. 1245-15). Pour une intoxication alimentaire, le point de départ est généralement la date d'apparition des symptômes. Mais n'attendez pas : plus le temps passe, plus les preuves disparaissent. Les analyses doivent être faites immédiatement, et les témoignages recueillis rapidement.
Puis-je agir seul ou faut-il un avocat ?
Pour une intoxication bénigne, une démarche amiable directe auprès du restaurateur ou du fabricant est envisageable. Mais dès que les préjudices sont sérieux — hospitalisation, arrêt de travail prolongé, séquelles —, l'assistance d'un avocat devient indispensable. Les assureurs des professionnels de l'alimentation sont rompus à contester ces dossiers, et seul un professionnel du droit saura exploiter les mécanismes de la responsabilité du fait des produits défectueux, organiser l'expertise médicale et chiffrer correctement vos préjudices.
Que couvre la garantie accidents de la vie en cas d'intoxication alimentaire ?
La GAV couvre en principe les accidents de la vie privée, ce qui inclut les intoxications alimentaires. Elle indemnise vos préjudices corporels selon les conditions du contrat (seuil d'intervention, souvent 5 % à 30 % d'AIPP, plafonds, exclusions). L'avantage de la GAV est qu'elle intervient même sans tiers responsable identifié. Mais si un responsable est identifié, l'assureur GAV, après vous avoir indemnisé, exercera un recours contre lui. Vérifiez les conditions générales de votre contrat.
Et maintenant ? Vos 3 prochaines étapes
1. Comprendre comment se construit une réparation intégrale : combien vais-je toucher, poste par poste.
2. Chiffrer ce que vos contrats garantissent : la garantie accidents de la vie, seuils, plafonds et pièges.
3. Agir avec les bonnes pièces : les justificatifs à réunir pour chaque poste.
Cadre juridique
• Code civil, articles 1245 à 1245-17 (responsabilité du fait des produits défectueux) : art. 1245-3 (définition du défaut), 1245-5 et 1245-6 (producteur, fournisseur), 1245-8 (charge de la preuve), 1245-10 (causes d'exonération), 1245-12 (faute de la victime), 1245-15 (extinction après dix ans), 1245-16 (prescription triennale), 1245-17 (cumul avec les autres fondements).
• Directive 85/374/CEE du 25 juillet 1985 ; loi n° 98-389 du 19 mai 1998 de transposition.
• Directive (UE) 2024/2853 du 23 octobre 2024 relative à la responsabilité du fait des produits défectueux — applicable aux produits mis sur le marché à compter du 9 décembre 2026.
• Code civil, article 1231-1 (responsabilité contractuelle) et article 1240 (responsabilité délictuelle).
• Règlement (CE) n° 178/2002 établissant les principes généraux de la législation alimentaire (traçabilité, retrait, rappel).
• Règlement (CE) n° 852/2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires.
• Code de la santé publique, articles L. 3113-1 et R. 3113-1 et suivants (déclaration obligatoire des TIAC).
• Nomenclature Dintilhac (rapport de juillet 2005).
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Ne restez pas seul face à l'assureur. Victime d'une intoxication alimentaire ayant entraîné des conséquences sur votre santé ? Le cabinet de Maître Joëlle Marteau-Péretié, avocate en droit du dommage corporel à Lille et Paris, intervient dans tout le Nord et en Île-de-France pour vous accompagner. Un premier échange gratuit permet d'évaluer votre situation et de déterminer les recours possibles. 06 84 28 25 95 |
Maître Joëlle Marteau-Péretié, avocate en droit du dommage corporel – Lille et Paris


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