📌 En bref. Votre rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle est revalorisée automatiquement chaque 1er avril : c'est une obligation légale (articles L. 434-17 et L. 161-25 du code de la sécurité sociale), pas une décision de votre caisse. Au 1er avril 2026, le coefficient est de 1,008, soit une augmentation de 0,8 %, appliquée d'office par la CPAM aux rentes en cours comme aux indemnités en capital. Vous n'avez aucune démarche à faire — mais vous avez tout intérêt à vérifier : une rente servie depuis 2021 a gagné environ 15 % par le seul jeu des revalorisations, et un montant qui ne bouge pas en avril est une anomalie. L'historique des coefficients année par année permet ce contrôle. La prochaine hausse aura lieu le 1er avril 2027 : son taux ne sera connu que fin mars, et le projet de budget 2027, qui freine les retraites, ne vise pas à ce stade les rentes AT-MP. Attention : la revalorisation ne corrige jamais un taux d'incapacité sous-évalué au départ.
I. Pourquoi votre rente d'accident du travail augmente chaque 1er avril
La revalorisation n'est pas une faveur ni une décision annuelle de votre caisse : c'est une obligation légale. L'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale prévoit que les rentes d'accident du travail et de maladie professionnelle sont revalorisées chaque année au 1er avril, par application du coefficient défini à l'article L. 161-25 ; les indemnités en capital suivent le même coefficient.
Le mécanisme est automatique. Un coefficient est appliqué, égal à l'évolution en moyenne annuelle des prix à la consommation hors tabac sur les douze derniers indices mensuels publiés par l'Insee, l'avant-dernier mois précédant la date de revalorisation. Autrement dit : votre rente suit l'inflation, avec un décalage de deux mois dans le calcul.
Ce coefficient s'applique à deux choses distinctes : au salaire minimum qui sert de base au calcul des rentes nouvelles, et aux rentes déjà en cours de versement. Vous n'avez aucune démarche à faire — la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) applique la revalorisation d'office.
Rente AT, rente MP, rente IPP, rente CPAM : le même droit sous quatre noms
La même prestation circule sous plusieurs appellations, ce qui brouille les recherches et les échanges avec la caisse. Toutes désignent l'indemnisation de l'incapacité permanente prévue aux articles L. 434-1 et suivants du code de la sécurité sociale.
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Ce que vous entendez |
Ce que cela désigne |
|---|---|
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Rente AT, rente accident du travail |
La rente servie lorsque l'origine est un accident du travail ou un accident de trajet. |
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Rente MP, rente maladie professionnelle |
La même rente, lorsque l'origine est une maladie reconnue au titre d'un tableau ou par le système complémentaire. |
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Rente IPP |
La désignation par son fondement : l'incapacité permanente partielle constatée après consolidation. |
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Rente CPAM |
La désignation par l'organisme payeur, la caisse primaire d'assurance maladie. |
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Rente AT/MP, rente AT-MP |
Le sigle administratif qui regroupe les deux régimes, employé par les textes et les circulaires. |
Une seule distinction compte vraiment : celle entre la rente, servie à vie à partir de 10 % d'incapacité, et l'indemnité en capital, versée une fois en dessous de ce seuil. Le reste relève du vocabulaire — mais reprendre le terme exact figurant sur votre notification évite bien des malentendus au guichet comme au téléphone.
II. Le coefficient 2026 : une augmentation de 0,8 %
Au 1er avril 2026, le coefficient de revalorisation a été fixé à 1,008, soit une hausse de 0,8 %. La Caisse nationale de l'assurance maladie en a tiré les conséquences dans une circulaire publiée le 2 avril 2026, qui détaille les nouveaux montants applicables aux rentes, aux indemnités en capital et à la prestation complémentaire pour recours à tierce personne.
Cette hausse s'applique à votre rente sans que vous ayez à la demander. Si vous constatez que le montant versé n'a pas bougé après le 1er avril, c'est une anomalie à signaler à votre caisse.
Le montant minimum : le salaire de référence plancher
Une question revient souvent : existe-t-il un montant minimum de rente d'accident du travail ? Indirectement, oui. La rente ne se calcule pas sur votre salaire réel sans limite : le code de la sécurité sociale impose un salaire annuel minimum et un salaire annuel maximum de référence. Si votre rémunération des douze mois précédant l'arrêt était inférieure au plancher, c'est le plancher qui s'applique — mécanisme protecteur pour les salariés à temps partiel, les apprentis, les intérimaires ou les personnes en début de carrière.
Ce salaire minimum est lui aussi revalorisé chaque 1er avril, par le même coefficient. Concrètement, deux vérifications s'imposent si votre rente vous paraît anormalement basse : d'une part que le salaire de référence retenu n'est pas inférieur au plancher de l'année ; d'autre part qu'il intègre bien l'ensemble de votre rémunération — primes, heures supplémentaires, avantages en nature. C'est l'un des trois postes d'erreur les plus fréquents, avec le taux d'incapacité et l'oubli d'une aggravation.
III. Et en 2027 ? La prochaine revalorisation, et ce qu'en dit le budget
La prochaine hausse interviendra le 1er avril 2027, selon la même mécanique : l'article L. 434-17 renvoie au coefficient de l'article L. 161-25, calculé sur l'inflation hors tabac des douze derniers indices mensuels connus. Son montant ne peut donc pas être connu avant la fin du mois de mars 2027. Un pourcentage d'« augmentation 2027 » avancé avant cette date est une estimation, pas un taux officiel : en 2026, la circulaire de la Caisse nationale de l'assurance maladie qui en a tiré les conséquences est parue le 2 avril.
Une question pèse sur cette échéance : le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, déposé le 1er octobre 2026 et en cours d'examen au Parlement. Son article 35 prévoit de revaloriser moins que l'inflation les retraites de base supérieures à 1 260 € brut par mois, le taux exact devant être fixé par décret. Les présentations publiées du texte ne visent que les pensions de retraite : aucune mesure comparable n'y est annoncée pour les rentes d'accident du travail et de maladie professionnelle. Le texte peut encore changer jusqu'à son vote définitif, attendu en décembre 2026 ; cette page sera mise à jour à ce moment-là.
Si vous percevez à la fois une retraite et une rente, ne confondez pas les deux échéances : la retraite de base est revalorisée au 1er janvier, la rente au 1er avril, et seule la première est visée par le projet. Pour une rente trimestrielle, la hausse de 2027 n'apparaîtra, comme chaque année, que sur le versement de juillet (voir la section VI).
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Pour 2027 |
Où en est-on en octobre 2026 |
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Date de la revalorisation |
1er avril 2027, comme chaque année (article L. 434-17). |
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Mode de calcul |
Inflation hors tabac des douze derniers indices mensuels (article L. 161-25) : inchangé. |
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Montant du coefficient |
Inconnu à ce jour : connu fin mars 2027, puis repris par circulaire de la Caisse nationale de l'assurance maladie. |
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Projet de budget 2027 (PLFSS, article 35) |
Freine la revalorisation des retraites de base au-delà de 1 260 € brut par mois ; ne mentionne pas les rentes AT-MP. Vote définitif attendu en décembre 2026. |
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Rentes des victimes consolidées après le 1er novembre 2026 |
Calculées en deux parts, professionnelle et fonctionnelle (voir la section VIII). |
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Versement mensuel de toutes les rentes |
1er janvier 2028, y compris pour les rentes notifiées avant le 1er novembre 2026. |
Pour vérifier les montants de l'année en cours, le tableau de la rente accident du travail 2026 en PDF reprend les repères chiffrés de cette page.
IV. L'historique des revalorisations, année par année
Le coefficient suit l'inflation : il a donc fortement varié ces dernières années. Ce tableau permet de situer la hausse de l'année en cours et de vérifier que les revalorisations passées ont bien été appliquées à votre rente.
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Année |
Coefficient |
Hausse appliquée au 1er avril |
|---|---|---|
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2026 |
1,008 |
+ 0,8 % |
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2025 |
1,017 |
+ 1,7 % |
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2024 |
1,046 |
+ 4,6 % |
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2023 |
1,056 |
+ 5,6 % |
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2022 |
1,018 |
+ 1,8 % |
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2021 |
1,001 |
+ 0,1 % |
💡 Ce que révèle ce tableau. Une rente servie depuis 2021 a augmenté d'environ 15 % en cinq ans par le seul effet des revalorisations (1,018 × 1,056 × 1,046 × 1,017 × 1,008). Si vous percevez toujours le montant notifié à l'origine, quelque chose ne va pas — et cela se rattrape.
V. Rente ou indemnité en capital : ce qui décide
Tout dépend de votre taux d'incapacité permanente, fixé après consolidation par le médecin-conseil de la caisse.
- Taux inférieur à 10 % : vous percevez une indemnité en capital, versée une seule fois, dont le montant forfaitaire dépend du taux retenu. Elle est également revalorisée chaque 1er avril.
- Taux égal ou supérieur à 10 % : vous percevez une rente viagère, calculée sur votre salaire des douze mois précédant l'arrêt de travail, multiplié par votre taux d'incapacité corrigé.
La correction du taux mérite une explication, car elle surprend souvent : la part du taux inférieure ou égale à 50 % est divisée par deux, la part supérieure à 50 % est multipliée par 1,5. Un taux de 20 % donne donc un taux corrigé de 10 % ; un taux de 60 % donne 40 %. C'est ce taux corrigé, et non le taux notifié, qui sert au calcul. Voir : comment est fixé et contesté votre taux d'IPP.
VI. Le versement par la CPAM : calendrier et notification
C'est votre CPAM qui liquide et verse la rente, et c'est elle qui applique la revalorisation. Le rythme dépend de votre taux.
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Votre taux d'incapacité |
Rythme de versement |
|---|---|
|
Entre 10 % et 50 % |
Trimestriel, le 15 du trimestre échu — janvier, avril, juillet, octobre |
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50 % et plus |
Mensuel, le 30 de chaque mois |
Ce rythme trimestriel est appelé à disparaître. Pour une victime consolidée depuis le 1er novembre 2026, la rente est payée chaque mois, quel que soit le taux ; pour les rentes plus anciennes, le passage au paiement mensuel est fixé au 1er janvier 2028.
Comment vérifier la revalorisation sur votre notification
Un point de calendrier déroute beaucoup d'assurés : la revalorisation prend effet au 1er avril, mais elle n'apparaît pas forcément sur le versement d'avril. Pour une rente trimestrielle, le paiement du 15 avril correspond au trimestre échu — janvier, février, mars — donc à l'ancien montant. C'est le versement de juillet qui porte le nouveau. Ne concluez donc pas trop vite à une erreur : c'est sur le trimestre suivant qu'il faut comparer.
Trois réflexes utiles, une fois par an :
- Conservez chaque notification de la CPAM. C'est le seul document qui fait foi sur le taux retenu, le salaire de référence et le montant annuel de la rente. Un dossier qui remonte à dix ans se reconstitue mal sans elles.
- Comparez d'année en année, pas de trimestre en trimestre. Multipliez le montant de l'an passé par le coefficient de l'année (1,008 pour 2026) : vous devez retomber, aux arrondis près, sur le nouveau montant.
- En cas d'écart, demandez le détail du calcul par écrit. La caisse doit pouvoir vous indiquer le salaire de référence retenu et le taux corrigé appliqué. C'est souvent à ce stade qu'une erreur ancienne se révèle.
VII. Fiscalité : votre rente d'accident du travail est-elle imposable ?
Non. La rente d'incapacité permanente AT/MP est exonérée d'impôt sur le revenu, de CSG et de CRDS. Elle n'entre pas dans le calcul de votre revenu imposable et n'a pas à être déclarée. C'est une différence importante avec les indemnités journalières perçues pendant l'arrêt de travail, qui, elles, sont imposables à hauteur de 50 %.
VIII. Ce qui change au 1er novembre 2026
C'est la réforme la plus profonde du régime AT/MP depuis des décennies, et elle est imminente. Issue de l'article 90 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, elle a été précisée par deux décrets et deux arrêtés du 7 mai 2026, publiés au Journal officiel du 10 mai. Nous en détaillons les conséquences dans notre guide de la réforme AT-MP.
Le principe : le taux unique d'incapacité permanente disparaît au profit d'une indemnisation en deux parts distinctes.
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La part professionnelle |
La part fonctionnelle |
|---|---|
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Compense la perte de gains et l'incidence sur la carrière. Elle reste calculée à partir du salaire de référence. |
Répare le déficit fonctionnel permanent — les limitations physiques et psychiques dans la vie quotidienne — indépendamment de toute incidence professionnelle. Elle repose sur un système de points, converti en rente selon l'âge de la victime. |
Le chiffrage de chaque part (nombre de points, valeur du point selon l'âge, seuil de 10 %, conversion d'une partie en capital) obéit à des barèmes officiels que nous détaillons ailleurs : le nouveau calcul de la rente AT-MP, part par part.
Cette réforme parachève un mouvement engagé par la Cour de cassation, qui avait jugé en assemblée plénière le 20 janvier 2023 que la rente AT/MP ne réparait pas le déficit fonctionnel permanent — ouvrant ainsi aux victimes de faute inexcusable de l'employeur un droit à réparation complémentaire. Deux barèmes distincts sont désormais créés, l'un professionnel, l'autre fonctionnel. Voir aussi : ce que change la réforme sur le DFP.
⚠ La date qui compte n'est pas celle de votre accident. C'est la date de votre consolidation. Les nouvelles règles s'appliquent aux victimes dont l'état est consolidé à compter du 1er novembre 2026. Si votre consolidation intervient avant, l'ancien régime continue de s'appliquer : une rente déjà notifiée n'est pas recalculée, seul son rythme de versement deviendra mensuel au 1er janvier 2028.
IX. Votre rente d'accident du travail vous semble trop faible : que faire
La revalorisation annuelle ne corrige pas une erreur d'origine. Si le montant de votre rente vous paraît insuffisant, ce n'est presque jamais le coefficient qui est en cause, mais l'un de ces trois points. Voir notre guide : rente d'accident du travail insuffisante, quels recours.
-
Le taux d'incapacité retenu. C'est lui qui commande tout. Un taux sous-évalué de quelques points se répercute chaque mois, à vie. Il se conteste devant la commission médicale de recours amiable, dans un délai strict (voir la section V).
-
Le salaire de référence. Une erreur sur les douze mois retenus, l'oubli de primes ou d'heures supplémentaires fausse durablement le calcul. Voir : vos droits de victime d'accident du travail.
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L'aggravation de votre état. Si vos séquelles s'aggravent, votre taux peut être révisé et votre rente recalculée — encore faut-il prouver l'aggravation après consolidation. À ne pas confondre avec la rechute au sens de la Sécurité sociale, qui obéit à ses propres règles.
Et si votre accident résulte d'un manquement de l'employeur à son obligation de sécurité, la majoration de rente et la réparation complémentaire relèvent d'une procédure distincte, aux enjeux financiers sans commune mesure avec la revalorisation annuelle.
Questions fréquentes sur la revalorisation de la rente
Ma rente n'a pas augmenté au 1er avril : est-ce normal ?
Vérifiez d'abord la période couverte. Pour une rente trimestrielle, le versement du 15 avril règle le trimestre échu — janvier à mars — et porte donc encore l'ancien montant : c'est celui de juillet qui intègre la hausse. Si l'écart persiste au trimestre suivant, il y a bien une anomalie : la revalorisation est automatique et s'applique à toutes les rentes en cours. Contactez alors votre CPAM en demandant le détail du calcul, et conservez les notifications : elles font foi.
De combien ma rente augmentera-t-elle le 1er avril 2027 ?
Personne ne peut encore le dire : le coefficient est calculé sur l'inflation hors tabac des douze derniers mois connus et ne sera fixé qu'à la fin mars 2027. Le projet de budget 2027, en discussion au Parlement, freine la revalorisation des retraites de base au-delà de 1 260 € brut par mois, mais ne mentionne pas les rentes AT-MP. Méfiez-vous des pourcentages annoncés avant la publication de la circulaire de la Caisse nationale de l'assurance maladie.
Quel est le montant minimum d'une rente d'accident du travail ?
Il n'existe pas de montant plancher affiché comme tel, mais un salaire annuel minimum de référence : si votre rémunération des douze mois précédant l'arrêt était inférieure à ce plancher, c'est lui qui sert au calcul de la rente. Le dispositif protège les temps partiels, les apprentis et les débuts de carrière. Ce plancher est revalorisé chaque 1er avril par le même coefficient, et un salaire de référence retenu en dessous est une erreur à faire rectifier.
La revalorisation s'applique-t-elle aussi aux indemnités en capital ?
Oui. Les indemnités en capital versées pour un taux inférieur à 10 % sont revalorisées selon le même coefficient et à la même date. Il en va de même de la prestation complémentaire pour recours à tierce personne.
Ma rente peut-elle encore être convertie en capital ?
Non. Le rachat partiel a été supprimé au 1er janvier 2020 ; ce qui subsiste à sa place est détaillé dans notre page sur la rente et le capital. Pour les victimes consolidées depuis le 1er novembre 2026, la réforme permet seulement de convertir en capital une partie de la part fonctionnelle, à partir d'un taux fonctionnel de 50 %.
Je suis agent contractuel de la fonction publique : suis-je concerné ?
Oui. Les rentes viagères d'incapacité permanente partielle versées aux agents contractuels relèvent du livre IV du Code de la sécurité sociale et sont revalorisées selon le même coefficient, à la même date.
La revalorisation compense-t-elle l'inflation réellement subie ?
Partiellement. Le coefficient reflète l'inflation passée, avec un décalage, et il exclut le tabac. Sur longue période, l'écart entre l'évolution de votre rente et celle de votre coût de vie réel peut être sensible — raison de plus pour s'assurer que le taux d'incapacité de départ était correctement fixé.
Et maintenant ? Vos 3 prochaines étapes
- Vérifier — les justificatifs à réunir pour chaque poste de préjudice. Notifications, bulletins de salaire, comptes rendus : c'est la matière de toute contestation.
- Faire examiner le taux — l'appui d'un médecin conseil de victimes. C'est le taux, non le coefficient, qui décide du montant de votre rente.
- Agir — faire appel à un avocat sans avancer d'argent. Protection juridique, aide juridictionnelle, honoraire de résultat.
Sources sur la revalorisation des rentes AT/MP
Code de la sécurité sociale, articles L. 161-25 (coefficient de revalorisation), L. 434-1 et L. 434-2 (indemnisation de l'incapacité permanente), L. 434-16 et R. 434-29 (salaire annuel minimum et maximum servant de base au calcul), L. 434-17.
Circulaire Cnam n° 8/2026 du 2 avril 2026 — revalorisation au 1er avril 2026 des rentes AT/MP et des indemnités en capital.
Circulaire Cnam n° 3/2025 du 28 mars 2025 — coefficient 1,017 au 1er avril 2025.
Instruction interministérielle n° DSS/2A/2C/2024/42 du 20 mars 2024 — coefficient 1,046 au 1er avril 2024.
Loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025, article 90.
Décrets n° 2026-354 et n° 2026-355 du 7 mai 2026 et arrêtés du 7 mai 2026 relatifs aux barèmes, publiés au Journal officiel du 10 mai 2026 — entrée en vigueur au 1er novembre 2026.
Loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020, article 78 — suppression du rachat de rente au 1er janvier 2020.
Cass. ass. plén., 20 janvier 2023, n° 21-23.947 — la rente AT/MP ne répare pas le déficit fonctionnel permanent.


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