En France, nous sommes souvent « multi-assurés ». Nous cotisons pour une assurance automobile, une assurance habitation (souvent assortie d’une Garantie Accidents de la Vie) et nous bénéficions de couvertures liées à nos cartes bancaires (Visa, Mastercard, etc.). Pourtant, face au dommage, cette abondance de contrats se transforme souvent en un véritable labyrinthe juridique.
Cet article a pour vocation de vous guider avec empathie et précision à travers ces différents dispositifs pour que vous puissiez obtenir la juste réparation de vos préjudices.
I. L’Assurance Automobile : Le premier rempart lors d’un accident de la route
Dès qu’un véhicule terrestre à moteur est impliqué dans l'accident — que vous soyez conducteur, passager, piéton ou cycliste — c’est l’assurance automobile qui entre en scène de manière prioritaire.
La Loi Badinter : Une protection forte pour les victimes
Si vous n’êtes pas le conducteur responsable de l’accident, vous bénéficiez de la protection de la loi du 5 juillet 1985 (loi Badinter). Ce régime est extrêmement favorable aux victimes : il impose à l’assureur du véhicule impliqué d’indemniser l’intégralité de vos préjudices, sans que vous ayez à prouver une faute.
- Pour en savoir plus : Consultez notre page dédiée sur le rôle des assurances lors d’un accident de la route.
Le cas du conducteur responsable ou seul en cause
Si vous êtes le conducteur et que vous avez commis une faute, ou si vous avez eu un accident seul (contre un arbre par exemple), la loi Badinter ne s’applique pas. Dans ce cas, seule votre Garantie Personnelle du Conducteur peut intervenir.
Attention toutefois : contrairement à la loi Badinter qui répare tout, la garantie conducteur est un contrat dit « indemnitaire » ou « forfaitaire » avec des plafonds et des conditions de déclenchement (souvent un seuil d'AIPP de 5 ou 10 %).
- Lien utile : Découvrez les spécificités de la Garantie conducteur et ses préjudices.
II. L’Assurance Habitation et la Garantie Accidents de la Vie (GAV)
L’assurance habitation ne sert pas qu’à protéger vos murs. Elle contient souvent un volet de responsabilité civile et, très fréquemment, un contrat optionnel appelé Garantie Accidents de la Vie (GAV).
Quand la GAV prend-elle le relais ?
La GAV intervient là où l’assurance auto s’arrête :
- Accidents domestiques (chute dans l'escalier, brûlure, bricolage) - À lire : Accident de bricolage
- Accidents de loisirs (ski, sport, randonnée).
- Accidents médicaux ou agressions.
Les pièges de la GAV : Vigilance sur les seuils
C’est ici que le bât blesse souvent. Alors que le droit commun (via un avocat) cherche à réparer chaque euro perdu, la GAV ne se déclenche que si votre état de santé atteint un certain degré de gravité, appelé seuil d'intervention. Si le contrat stipule un seuil à 10 % d'AIPP (Atteinte à l'Intégrité Physique et Psychique) et que l’expert de l’assurance vous évalue à 8 %, vous ne toucherez rien, malgré vos souffrances réelles.
- Article approfondi : Garantie Accidents de la Vie : évitez les pièges des plafonds et seuils.

III. L’Assurance Carte Bancaire : Une protection souvent méconnue
Peu de victimes y pensent, mais le simple fait de posséder une carte bancaire (Visa Premier, Gold Mastercard, etc.) peut ouvrir des droits à indemnisation, surtout si l'accident survient lors d'un déplacement.
Les conditions de déclenchement
L’assurance de la carte bancaire intervient généralement si :
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L'accident survient à plus de 100 km de votre domicile (notion de voyage).
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Vous avez utilisé votre carte pour régler tout ou partie de la prestation (billet de train, location de voiture, hôtel).
Assistance vs Indemnisation
Il faut bien distinguer deux aspects :
- L'assistance : C'est ce qui fonctionne le mieux (rapatriement, frais médicaux d'urgence à l'étranger).
- L'indemnisation : Les capitaux versés en cas d'invalidité ou de décès sont souvent dérisoires par rapport aux besoins réels d'une victime gravement handicapée. C'est une garantie « d'appoint », mais rarement une solution complète de réparation.
- Complément d'info : Tout savoir sur l'assurance carte bancaire après un accident corporel.
IV. Coordination : Qui paye quoi et dans quel ordre ?
C’est le cœur du problème. Si vous tombez de vélo seul en forêt à 150 km de chez vous, les trois contrats pourraient théoriquement intervenir.
La règle de la priorité
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L'Assurance Maladie et la Mutuelle : Elles interviennent en premier pour les frais de santé immédiats (hospitalisation, médicaments).
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L'Assurance "Responsable" : Si un tiers est responsable (le propriétaire d'un chien qui vous fait tomber, par exemple), c'est son assurance Responsabilité Civile qui doit tout payer. On parle alors de Droit Commun.
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Vos contrats personnels (GAV, Assurance Auto, CB) : Ils interviennent en complément ou en l'absence de tiers responsable.
Peut-on cumuler les indemnités ?
C’est une question complexe.
- On ne peut pas cumuler les remboursements de frais réels (vous ne pouvez pas être remboursé deux fois pour la même prothèse).
- En revanche, les capitaux forfaitaires prévus dans certains contrats de prévoyance ou d'assurance décès peuvent parfois se cumuler avec les indemnités de droit commun. L'analyse précise de vos contrats par un expert est ici indispensable.
Infographie : Accident corporel, qui paye vraiment ?

V. L’importance cruciale de l’expertise médicale
Quel que soit l'assureur qui intervient, le montant de votre chèque dépendra d'une seule chose : le rapport de l'expert médical.
L'assureur mandatera son propre médecin. Ce dernier aura tendance, consciemment ou non, à minimiser vos séquelles pour réduire la facture de la compagnie. Accepter une expertise sans être assisté par son propre médecin conseil ou un avocat spécialisé, c'est s'exposer à une sous-évaluation flagrante de ses préjudices.
- Conseil d'avocat : Ne partez pas seul à l'expertise médicale. Consultez notre article sur les conflits d'intérêts des médecins d'assurance.
VI. Pourquoi choisir JMP AVOCAT INDEMNISATION ?
Face à des compagnies d'assurance aux moyens colossaux, la victime se sent souvent démunie. C'est ici que le cabinet de Maître Joëlle Marteau-Péretié fait toute la différence.
JMP AVOCAT INDEMNISATION ne travaille jamais pour les compagnies d'assurance. Notre engagement est exclusif : la défense des victimes.
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Une vision à 360° : Nous analysons l'ensemble de vos contrats (Auto, GAV, Carte Bancaire) pour activer le plus rémunérateur et coordonner les recours.
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Un réseau d'experts indépendants : Nous vous faisons accompagner par des médecins conseils qui n'ont aucun lien avec les assureurs.
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Humanité et Proximité : Basés à Lille et Paris, nous intervenons partout en France avec une approche empathique. Nous savons que derrière chaque dossier, il y a une vie brisée à reconstruire.
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Résultats : Nos clients obtiennent en moyenne des indemnités 3 à 4 fois supérieures aux offres initiales faites par les assurances seules.
Ne laissez pas l'assureur décider de votre avenir. Contactez dès maintenant JMP AVOCAT INDEMNISATION pour une étude gratuite de votre dossier.
Quel contrat activer après mon accident ?
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Critères |
Assurance Auto |
Assurance Habitation (GAV) |
Carte Bancaire (Gold/Visa) |
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Champ d'action |
Accident de la route (conducteur, piéton, cycliste). |
Accidents domestiques, loisirs, sport, médical. |
Voyages à +100km, étranger, séjours payés avec la carte. |
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Priorité |
N°1 dès qu'un véhicule est impliqué. |
N°2 en complément ou pour les accidents de la vie privée. |
N°3 principalement pour l'assistance et le rapatriement. |
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Point Fort |
Loi Badinter (indemnisation intégrale pour les non-responsables). |
Couvre les accidents "seul" (chutes, brûlures). |
Assistance mondiale et frais médicaux d'urgence. |
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Le Piège |
Plafonds limités de la "Garantie Conducteur" si vous êtes responsable. |
Seuils d'invalidité (souvent > 10%) : rien n'est versé en dessous. |
Plafonds d'indemnisation très bas et conditions de transport strictes. |
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Conseil JMP |
Ne signez jamais d'offre sans expertise contradictoire. |
Faites réévaluer votre taux d'incapacité par un expert indépendant. |
Utile pour le rapatriement, mais ne comptez pas dessus pour réparer votre vie. |
FAQ : Vos questions fréquentes
1. Mon assurance me dit que je n'ai pas le droit de prendre mon propre avocat, est-ce vrai ?
C'est totalement faux. Vous avez la liberté de choix de l'avocat, garantie par la loi. Si vous avez une "protection juridique", celle-ci doit prendre en charge une partie des honoraires de l'avocat de votre choix, même s'ils essaient de vous imposer le leur.
2. Puis-je faire jouer ma GAV si j'ai déjà été indemnisé par l'assurance adverse ?
Généralement, la GAV est subsidiaire. Elle intervient si l'indemnisation du responsable est inférieure à ce que prévoit le contrat GAV, ou pour des préjudices spécifiques non couverts. Une analyse au cas par cas est nécessaire.
3. J'ai eu un accident à l'étranger, ma carte Visa suffit-elle ?
Elle aidera pour les frais médicaux sur place et le rapatriement. Mais pour l'indemnisation de vos séquelles à long terme (perte de salaire, aménagement du logement), elle sera très insuffisante. Il faudra chercher d'autres leviers d'indemnisation.
4. Quel est le délai pour déclarer un accident à mes différentes assurances ?
Le délai légal est souvent de 5 jours ouvrés. Toutefois, en cas d'accident corporel grave, les assureurs sont plus souples. L'essentiel est de le faire dès que possible par lettre recommandée.
Bibliographie et Sources
- Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation (dite Loi Badinter).
- Nomenclature Dintilhac : Le référentiel utilisé par les tribunaux et les assureurs pour classifier les postes de préjudices corporels.
- Code des Assurances : Notamment les articles L113-2 (obligations de l'assuré) et L211-9 (offres d'indemnisation).
- Rapports de l'AREDOC : (Association pour l'Etude de la Réparation du Dommage Corporel) pour les standards d'expertise médicale.
- Jurisprudence de la Cour de Cassation : Sur le cumul des indemnités et la subrogation des assureurs.
Cet article est une synthèse informative. Chaque situation étant unique, l'avis d'un avocat spécialisé est impératif pour sécuriser vos droits.


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