📌 En bref : ce qui déclenche la loi Badinter, ce n'est ni le caractère public ou privé du parking, ni la présence d'une barrière, mais l'existence d'un accident de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur. Un parking de supermarché, même privé, est un lieu de circulation : la Cour de cassation l'a jugé pour la marche arrière en souterrain, les centres commerciaux et le véhicule à l'arrêt. L'argument « ce n'est pas la voie publique » ne tient donc pas, et le piéton renversé est indemnisé presque automatiquement. Deux urgences propres au parking : obtenir par écrit la conservation des vidéos, effacées sous 7 à 30 jours, et faire établir le procès-verbal. Si le conducteur a fui ou n'est pas assuré, le FGAO prend le relais. Une chute sans véhicule en cause relève d'un autre régime : celui de l'exploitant du magasin, ou de l'accident de travail sur le parking de l'entreprise. → Voir le tableau : quel régime selon votre situation
À lire aussi : renversé par une voiture, à quoi avez-vous droit ?
« Ce n'est pas la voie publique » : pourquoi cet argument ne tient pas
Ce que l'assureur affirme souvent
« L'accident a eu lieu sur un parking privé. Ce n'est donc pas un accident de voie publique, la loi Badinter ne s'applique pas, vous relevez du droit commun. »
Ce que dit réellement l'article 1er de la loi Badinter
L'article 1er de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 vise les victimes d'un « accident de la circulation » dans lequel est impliqué un « véhicule terrestre à moteur ». Le texte ne mentionne nulle part la notion de « voie publique ». Le lieu, à lui seul, ne suffit donc pas à écarter ce régime.
Le vrai critère retenu par la Cour de cassation
La 2e chambre civile de la Cour de cassation retient une conception large de la circulation. Ce qui compte, c'est le fait de circulation : le véhicule intervient dans sa fonction de déplacement, dans un lieu qui n'est pas « impropre à la circulation ». Selon une jurisprudence constante :
- une marche arrière dans un parking souterrain qui renverse un piéton est un accident de la circulation (Cass. 2e civ., 7 mai 2002) ;
- la circulation dans les centres commerciaux ouverts au public est soumise aux règles du code de la route (Cass. 2e civ., 14 décembre 2000) ;
- un véhicule à l'arrêt ou en stationnement n'écarte pas la loi dès lors qu'il est impliqué dans l'accident, que le lieu soit privé ou public (Cass. 2e civ., 22 novembre 1995).
Autrement dit : sur le parking d'un Carrefour, d'un Leclerc, d'un Auchan ou d'un Lidl, ouvert à la clientèle, la loi Badinter a vocation à s'appliquer dans la très grande majorité des situations — et c'est précisément le régime le plus favorable pour vous.
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Situation sur le parking |
Régime probable |
Ce que cela change pour vous |
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Piéton renversé par une voiture qui circule ou manœuvre sur le parking d'un supermarché |
Loi Badinter |
Indemnisation quasi automatique ; votre éventuelle faute n'est opposable que de façon très limitée |
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Choc avec un véhicule en marche arrière (même en parking souterrain ou privé) |
Loi Badinter |
Même protection : le lieu privé n'y change rien |
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Véhicule à l'arrêt ou en stationnement impliqué dans l'accident |
Loi Badinter |
L'arrêt du véhicule n'écarte pas la loi |
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Chute sans aucun véhicule en cause (nid-de-poule, plaque de verglas, chariot) |
Responsabilité de l'exploitant, ou accident du travail si c'est le parking de votre entreprise |
Il faut établir le défaut d'entretien ou de sécurité ; voir le tableau d'orientation en fin de page |
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Lieu réellement « impropre à la circulation » (zone fermée, non destinée au passage des véhicules) |
Droit commun possible |
Indemnisation sur preuve de la faute du conducteur (art. 1240 C. civ.) |
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Véhicule utilisé volontairement pour blesser, incendie volontaire |
Hors Badinter |
Autre régime (infraction ; recours possible devant le fonds compétent) |
Les rares cas où la loi Badinter ne s'applique pas
Par honnêteté, la loi n'est pas universelle. Elle est écartée principalement lorsque l'événement n'est pas fortuit mais volontaire (par exemple un incendie criminel du véhicule : Cass. 2e civ., 15 mars 2001) ; lorsque le véhicule n'est pas dans une fonction de déplacement mais en fonction d'outil (engin de chantier en plein travail) ; lorsque l'accident survient dans un lieu impropre à la circulation ; ou lorsqu'il s'agit de chemins de fer ou de tramways circulant sur des voies qui leur sont propres. Pour le détail des régimes applicables hors loi de 1985, voir notre article dédié : les situations où la loi Badinter ne s'applique pas, et quel régime vous protège à la place.
💡 Même hors Badinter, vous n'êtes pas sans recours. Selon les cas, vous pouvez agir sur le fondement du droit commun (faute du conducteur, art. 1240 C. civ.), saisir le FGAO si l'auteur est inconnu ou non assuré, ou un autre fonds en cas d'infraction volontaire. Le bon réflexe : faire qualifier votre situation avant d'accepter quoi que ce soit.

Les 5 arguments d'assureur les plus fréquents — et la réponse juridique
Ces arguments reviennent presque systématiquement. En voici la traduction juridique, pour ne pas vous laisser décourager :
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Ce qu'on vous dit |
Ce qu'il faut savoir |
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« Ce n'est pas un accident de la circulation. » |
Dès qu'un véhicule terrestre à moteur est impliqué dans un fait de circulation, la loi s'applique, même si le véhicule est à l'arrêt. |
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« Il n'y a pas eu de collision. » |
L'implication du véhicule suffit : un contact direct n'est pas exigé (manœuvre d'évitement, chute provoquée, projection…). |
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« Pas de témoin, pas d'indemnisation. » |
Faux. Vidéosurveillance, certificats médicaux, traces sur les véhicules et procès-verbal peuvent suffire à établir les faits. |
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« Le conducteur a pris la fuite, vous ne serez jamais indemnisé. » |
Le FGAO peut vous indemniser même si l'auteur reste inconnu (voir plus bas). |
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« C'est un parking privé, vous n'êtes pas couvert. » |
Le caractère privé n'écarte pas la loi : c'est le fait de circulation qui compte, pas le statut du terrain. |
La vidéosurveillance : votre preuve la plus précieuse — et la plus fragile
Les images de vidéosurveillance sont souvent décisives : elles établissent les circonstances exactes (implication d'un véhicule, manœuvre, vitesse, imprudence). Mais elles sont régulièrement écrasées sous 7 à 30 jours. Il faut donc agir vite et par écrit.
Sur le plan juridique, votre demande s'appuie sur l'article 145 du Code de procédure civile (mesures d'instruction avant tout procès) et l'article 9 du même code (charge de la preuve). Si l'exploitant ne répond pas, une requête devant le président du tribunal judiciaire peut lui ordonner la communication des images sous astreinte. Conservez impérativement une preuve d'envoi.
💡 Le réflexe à avoir dans les 24–48 heures. Demandez par écrit au gérant du parking la conservation intégrale des enregistrements, en précisant la date et le créneau horaire. Sans cette démarche rapide, la preuve disparaît — et avec elle une grande partie de votre dossier.
Modèle de demande de conservation des vidéos :
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Objet : Demande de conservation d'enregistrements de vidéosurveillance — accident du [DATE] Madame, Monsieur, Le [DATE] vers [HEURE], j'ai été victime d'un accident impliquant un véhicule sur le parking de votre établissement [NOM], situé [ADRESSE], à proximité de [repère : entrée, allée, rangée de places]. Je vous demande de bien vouloir conserver l'intégralité des enregistrements de vidéosurveillance couvrant cette zone entre [HEURE DE DÉBUT] et [HEURE DE FIN] le [DATE], et de ne pas les laisser s'effacer par écrasement automatique. Ces images sont nécessaires à l'établissement des circonstances de l'accident et pourront être demandées par les services de police, mon assureur ou le juge, sur le fondement des articles 9 et 145 du Code de procédure civile. Je vous remercie de me confirmer par retour la conservation de ces enregistrements et la durée pendant laquelle ils resteront disponibles. Cordialement, [Nom, prénom, adresse, téléphone, signature] Envoi recommandé avec accusé de réception ou remise en main propre contre récépissé, doublé d'un e-mail. |
Votre plan d'action en 8 étapes
Un cap clair, du jour de l'accident jusqu'à l'indemnisation finale. Suivez l'ordre : chaque étape protège la suivante. Les réflexes communs à tout accident de la route sont détaillés dans notre guide des 48 premières heures ; ceux qui suivent sont ceux qui comptent sur un parking.
Étape 1 — Jour J : sécuriser les preuves avant qu'elles disparaissent
- Demandez la conservation des vidéos (modèle ci-dessus), dans l'heure si possible.
- Prenez des photos : vue d'ensemble du lieu, marques au sol (freinage, choc), véhicule responsable et sa plaque, vos blessures même légères, conditions du parking (éclairage, signalisation, état du sol).
- Notez les coordonnées des témoins (nom, téléphone, e-mail) et, en quelques mots, ce qu'ils ont vu.
Étape 2 — Jour J : prévenir la police ou la gendarmerie
Même pour un « petit » accident. Le procès-verbal est une preuve solide. Demandez son numéro et notez le nom des agents. En cas de blessés, appelez d'abord les secours (15 ou 18).
Étape 3 — Sous 24 heures : consulter un médecin (même si « ça va »)
Faites établir un certificat médical initial descriptif détaillé mentionnant toutes vos douleurs (tête, cou, dos, membres), les traumatismes visibles, les troubles psychiques (choc, anxiété, sommeil), une estimation de l'ITT et les examens complémentaires utiles (radio, IRM, scanner). Si possible, passez par les urgences : le certificat hospitalier a davantage de poids.
💡 L'erreur qui coûte cher. Attendre plusieurs jours pour consulter ou déclarer. L'assureur s'en sert pour contester le lien entre l'accident et vos blessures (« si c'était grave, vous auriez consulté tout de suite »). Consultez vite, faites tout consigner.
Étape 4 — Sous 5 jours : déclarer le sinistre
L'article L. 113-2 du Code des assurances impose de déclarer le sinistre dans le délai prévu au contrat, qui ne peut être inférieur à 5 jours ouvrés. Même si l'autre conducteur est responsable, déclarez aussi à votre propre assureur. Privilégiez la lettre recommandée avec accusé de réception et conservez une copie de tout.
Modèle de déclaration de sinistre :
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Objet : Déclaration de sinistre — accident corporel sur parking Madame, Monsieur, Je vous informe qu'en date du [DATE], à [HEURE], j'ai été victime d'un accident de la circulation sur le parking de [NOM], situé [ADRESSE]. Circonstances : [décrire factuellement le déroulé]. Véhicule impliqué : conducteur [NOM] — immatriculation [XX-XXX-XX] — assureur [si connu]. Blessures : [reprendre celles du certificat médical initial]. Témoins : [coordonnées éventuelles]. Je vous prie de m'indiquer les suites données à ce dossier et le nom du gestionnaire en charge. Je me réserve expressément tous mes droits et actions en réparation intégrale de mes préjudices. Cordialement, [Signature] Pièces jointes : certificat médical initial — photos — procès-verbal (si disponible) — coordonnées des témoins. |
Étape 5 — Ne rien signer à chaud
Ne signez aucune décharge ni transaction sur place ou dans les premiers jours. Une signature prématurée, avant consolidation, peut clore définitivement vos droits pour une somme très inférieure à votre préjudice réel. Pour mesurer l'enjeu, voyez : combien vais-je toucher pour mon préjudice corporel ?
Étape 6 — Identifier le bon régime
Faites qualifier votre situation : loi Badinter (la plus favorable), droit commun ou FGAO. Si l'assureur retient une position défavorable, demandez-lui de la motiver en droit et de citer la jurisprudence sur laquelle il se fonde : c'est souvent là que l'argument « parking privé » s'effondre.
Étape 7 — Se faire assister
Dès réception de votre déclaration, l'assureur cherche généralement à minimiser vos blessures et à organiser une expertise à son avantage. Un avocat en dommage corporel peut obtenir une provision (avance avant la fin de la procédure), organiser une contre-expertise médicale indépendante et négocier avec l'assureur en position de force. Le premier échange est gratuit.
Étape 8 — Suivre le dossier jusqu'à la consolidation
L'indemnisation définitive ne se règle qu'après consolidation (stabilisation médicale de votre état). D'ici là, veillez à ce que tous les postes de la nomenclature Dintilhac soient évalués : souffrances endurées, déficit fonctionnel, préjudice esthétique, pertes de revenus, tierce personne, etc. Une offre présentée avant consolidation est presque toujours sous-évaluée ; avant de signer, vérifiez-la poste par poste.
Le conducteur a fui ou n'est pas assuré : ce que le FGAO fait sur un parking
Si le conducteur prend la fuite, il commet un délit de fuite (art. 434-10 du Code pénal, repris à l'art. L. 231-1 du Code de la route), puni de 3 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. Vos démarches : déposer plainte, demander les vidéos pour identifier le véhicule, puis saisir le FGAO (Fonds de garantie des assurances obligatoires), qui indemnise les victimes lorsque l'auteur est inconnu, non assuré ou insolvable. Le FGAO intervient pour les accidents survenus dans un lieu ouvert à la circulation — ce qui couvre, en pratique, les parkings de supermarchés et de centres commerciaux. Les délais de saisine, les pièces et le déroulement de la procédure sont détaillés sur notre page consacrée au délit de fuite et à l'indemnisation par le FGAO ; l'articulation entre les fonds, sur notre page des aides aux victimes et fonds de garantie.
Parking : la page du site qui répond à votre situation
Tous les accidents de parking ne relèvent pas de cette page. Le tableau ci-dessous vous oriente selon ce qui s'est passé.
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Ce qui s'est passé |
La page qui développe |
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Le conducteur est parti sans s'arrêter |
Après un délit de fuite : les erreurs qui ruinent le dossier |
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Le conducteur donne une version fausse des faits |
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Personne n'a vu l'accident |
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Chute dans le magasin ou sur le parking à cause d'un sol défectueux, d'un chariot, d'un éclairage insuffisant |
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Chute sur le parking de votre entreprise, ou sur le trajet, sur le verglas ou la neige |
Verglas sur le parking de l'entreprise : accident du travail ou de trajet |
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Vous étiez à vélo, en trottinette ou à pied, renversé par un véhicule |
Questions fréquentes sur les accidents de parking
La loi Badinter s'applique-t-elle vraiment sur tous les parkings ?
Sur les parkings ouverts à la circulation (supermarchés, centres commerciaux, hôpitaux, gares), oui dans la très grande majorité des cas. Le critère déterminant est le fait de circulation impliquant un véhicule, non le statut public ou privé du terrain. Seuls les lieux réellement impropres à la circulation, ou les actes volontaires, échappent à la loi.
Renversé sur le parking de Carrefour ou Leclerc : que faire en premier ?
Appeler les secours en cas de blessures, prendre des photos du lieu, du véhicule, de la plaque et des blessures, demander par écrit la conservation des vidéos au gérant, relever les coordonnées des témoins, consulter un médecin sous 24 heures pour le certificat initial, puis contacter un avocat en dommage corporel. Et surtout : ne rien signer sur place.
L'assureur dit que « ce n'est pas un accident de la circulation » : a-t-il raison ?
Le plus souvent, non. C'est l'argument classique pour réduire l'indemnisation. La 2e chambre civile juge de façon constante que les parkings ouverts au public sont des lieux de circulation. Demandez à l'assureur de motiver sa position en droit.
Je suis tombé entre deux voitures garées, sans qu'aucune ne bouge : la loi Badinter joue-t-elle ?
Seulement si un véhicule est impliqué dans votre chute : une portière ouverte, un pare-chocs qui dépasse sur l'allée piétonne, un véhicule mal stationné qui vous a contraint à un détour dangereux. Un véhicule simplement présent, sans aucun rôle dans l'accident, n'est pas impliqué. Si la chute tient au sol, à l'éclairage ou à un obstacle du parking, c'est l'exploitant qui répond, sur un autre fondement.
Le supermarché est-il responsable de l'état de son parking ?
Oui, en tant que gardien des lieux et exploitant tenu d'une obligation de sécurité envers sa clientèle : nid-de-poule non signalé, marquage effacé, éclairage défaillant, plaque de verglas non traitée peuvent engager sa responsabilité, à charge pour vous de prouver le défaut et le lien avec votre chute. Les photos du jour même et le signalement immédiat à l'accueil du magasin sont ici décisifs.
Je n'ai pas de témoin : puis-je quand même être indemnisé ?
Oui. L'absence de témoin ne supprime pas vos droits. Vous disposez d'autres preuves : vidéosurveillance, procès-verbal, certificats médicaux, traces sur les véhicules et photos du lieu.
Le conducteur est parti sans laisser ses coordonnées : que faire ?
Déposer plainte immédiatement pour délit de fuite, demander les vidéos pour tenter d'identifier le véhicule, puis saisir le FGAO, qui dispose d'un délai de trois ans à compter de l'accident lorsque l'auteur reste inconnu.
Et maintenant ? Vos 3 prochaines étapes
1. Comprendre ce que l'assureur peut vous opposer : la faute inexcusable du piéton, seule limite de la loi Badinter.
2. Chiffrer poste par poste : le tableau d'indemnisation par poste de préjudice.
3. Agir avant la séance : ce qui se joue pendant l'expertise médicale.
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Références
Textes de loi
- Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 (loi Badinter), article 1er.
- Code des assurances : art. L. 113-2 (déclaration du sinistre) ; art. L. 421-1 (intervention du FGAO).
- Code pénal, art. 434-10 (délit de fuite), repris à l'art. L. 231-1 du Code de la route.
- Code de procédure civile, art. 9 (charge de la preuve) et art. 145 (mesures d'instruction avant tout procès).
- Code civil, art. 1240 (ancien art. 1382) — responsabilité civile de droit commun.
Jurisprudence (2e chambre civile de la Cour de cassation, jurisprudence constante)
- Cass. 2e civ., 22 novembre 1995 — le stationnement, en lieu privé ou public, n'écarte pas la loi.
- Cass. 2e civ., 14 décembre 2000 — circulation dans les centres commerciaux ouverts au public.
- Cass. 2e civ., 7 mai 2002 — marche arrière en parking souterrain : accident de la circulation.
- Cass. 2e civ., 15 mars 2001 — incendie volontaire d'un véhicule : hors loi de 1985 (absence d'événement fortuit).
Doctrine
- Y. Lambert-Faivre & S. Porchy-Simon, Droit du dommage corporel — Systèmes d'indemnisation, Dalloz, coll. Précis, dernière édition.
- Ph. Le Tourneau (dir.), Droit de la responsabilité et des contrats, Dalloz Action.
- Rapport Dintilhac (2005) — nomenclature des préjudices corporels.


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