📌 En bref. Devant le tribunal judiciaire, la procédure d'indemnisation est écrite et l'avocat obligatoire : le tribunal statue sur les conclusions et les pièces, pas sur ce qui se dit à la barre. L'audience de plaidoirie est donc brève, parfois remplacée par un simple dépôt de dossier, et votre présence n'y est pas requise. Une exception : si le juge vous convoque à une audience de règlement amiable, vous devez venir en personne, assisté de votre avocat. La date qui compte est celle de la clôture de l'instruction, après laquelle plus aucune pièce n'est recevable. Le jugement est ensuite mis à disposition au greffe à la date annoncée, et il est en principe exécutoire tout de suite, même si l'assureur fait appel. Cette page décrit l'audience devant le juge civil : l'audience pénale obéit à d'autres règles. Le tableau des audiences indique, pour chacune, à quoi elle sert et si vous devez venir.

L'audience n'est pas le moment que vous imaginez

Première chose à comprendre : devant le juge civil, les actions en réparation d'un dommage corporel relèvent du tribunal judiciaire (article L. 211-4-1 du code de l'organisation judiciaire). Devant lui, la représentation par avocat est obligatoire, quel que soit le montant demandé (articles 760 et 761 du code de procédure civile), et la procédure est écrite (article 775). Cela change tout. Le tribunal ne tranche pas d'après l'impression que vous feriez à la barre : il statue au vu des conclusions écrites et des pièces échangées par les avocats. Votre dossier se gagne ou se perd sur le papier, dans les écritures, et non dans une joute orale le jour J.

C'est l'inverse de ce qu'on imagine. L'audience de plaidoirie, quand elle a lieu, ne sert pas à rejuger votre affaire : elle vient clore un long travail écrit. Si vous ne gardez qu'une idée de cette page, retenez celle-là.

Une précision avant d'aller plus loin : cette page décrit l'audience devant le juge civil. Si le courrier que vous avez reçu s'intitule « avis à victime », c'est une audience pénale qui vous attend : elle est orale, vous pouvez vous y présenter sans avocat, et ce qu'il faut y demander n'est pas la même chose. Notre guide avis à victime : préparer l'audience pénale lui est consacré. Et si vous ne savez pas encore devant quel juge votre dossier ira, voyez quelle juridiction saisir.

 

Déroulement d'une audience d'indemnisation devant le tribunal judiciaire : mise en état, clôture, plaidoirie, délibéré, jugement

Référé, mise en état, règlement amiable, plaidoirie : quatre audiences à ne pas confondre

Le mot « audience » recouvre en réalité plusieurs rendez-vous, qui n'ont ni le même objet ni les mêmes conséquences pour vous. Avant de vous inquiéter d'une convocation, identifiez de laquelle il s'agit.

L'audience

À quoi elle sert

Comment elle se passe

Devez-vous venir ?

Audience de référé Obtenir vite une mesure : une expertise judiciaire, une provision Orale et brève, devant un juge seul : les avocats exposent la demande Non. Votre avocat vous représente
Audience d'orientation et mise en état Organiser le procès : calendrier, échange des conclusions et des pièces Le plus souvent par voie électronique entre les avocats et le juge, sans débat Non
Audience de règlement amiable Chercher un accord devant un juge qui ne jugera pas l'affaire À huis clos, sans greffier, sous le sceau de la confidentialité Oui, en personne, assisté de votre avocat
Audience de plaidoirie Clore le procès : le tribunal entend les avocats ou reçoit leurs dossiers Plaidoiries brèves, dépôt de dossier, ou procédure sans audience Non, mais vous pouvez y assister

 

Le référé est une procédure à part, souvent engagée avant le procès lui-même : c'est par lui que l'on obtient une expertise judiciaire ou une provision sans attendre le jugement. Les trois autres audiences jalonnent le procès, et ce sont elles que cette page détaille.

Avant l'audience : tout s'est joué pendant la mise en état

Une fois le tribunal saisi par l'assignation, l'affaire entre dans une phase appelée la mise en état. Sous le contrôle d'un magistrat, le juge de la mise en état, votre avocat et celui de l'assureur échangent leurs conclusions, c'est-à-dire leurs argumentaires écrits, et se communiquent leurs pièces. C'est durant cette phase, souvent longue de plusieurs mois, que se construit la décision : chiffrage poste par poste selon la nomenclature Dintilhac, discussion du rapport d'expertise, réponse aux arguments de l'assureur.

Ce juge n'est pas un simple gardien du calendrier. Pendant que le procès suit son cours, il peut ordonner une expertise et accorder une provision lorsque l'obligation de l'assureur n'est pas sérieusement contestable (article 789 du code de procédure civile). Vous n'êtes donc pas condamné à attendre le jugement pour percevoir une première somme.

C'est aussi le moment de vérifier que tout le monde est dans la cause. Votre caisse d'assurance maladie doit être appelée au procès, parce qu'elle a une créance à faire valoir sur certains postes (article L. 376-1 du code de la sécurité sociale) : une page dédiée explique ce que la caisse récupère et ce qui vous reste.

Lorsque le dossier est complet, le juge prononce une ordonnance de clôture. Cette décision, non motivée et sans recours (article 798), ferme l'instruction : après elle, aucune conclusion ni aucune pièce n'est plus recevable (article 802). Elle ne peut être révoquée que pour une cause grave apparue depuis (article 803). C'est donc avant cette date, et non le jour de l'audience, qu'il faut avoir transmis à votre avocat le dernier arrêt de travail, la dernière facture, le compte rendu de la dernière consultation.

💡 À retenir : l'audience ne rejuge pas votre affaire à l'oral. En procédure écrite, le tribunal statue sur vos conclusions. La date qui compte n'est pas celle de l'audience, mais celle de la clôture.

 

L'audience de règlement amiable : la seule où vous êtes attendu en personne

C'est la nouveauté de ces dernières années, et la plupart des victimes n'en ont jamais entendu parler. Le juge saisi de votre affaire peut, à la demande d'une partie ou de sa propre initiative après avoir recueilli l'avis de chacun, décider de vous convoquer à une audience de règlement amiable, tenue par un juge qui ne siège pas dans la formation de jugement (article 1532 du code de procédure civile). Créée en 2023, elle a été étendue par le décret du 18 juillet 2025, en vigueur depuis le 1er septembre 2025.

Tout y est différent de l'audience de plaidoirie. Elle se tient en chambre du conseil, sans public et hors la présence du greffe. Vous devez y comparaître en personne, assisté de votre avocat (article 1532-2) : c'est vous que le juge veut entendre, sur ce que l'accident a changé et sur ce dont vous avez besoin. Ce juge ne tranche rien. Il confronte les points de vue, éclaire chacun sur les règles applicables, peut entendre les parties séparément, et met fin à l'audience quand il l'estime utile.

Deux garanties encadrent l'exercice. La première est la confidentialité : sauf accord contraire des parties, tout ce qui est dit, écrit ou fait au cours de cette audience reste confidentiel et ne peut pas être repris devant le tribunal (article 1528-3). Une concession évoquée ce jour-là ne vous engage pas si l'accord ne se fait pas. La seconde est votre liberté : la convocation s'impose à vous, pas l'accord. Si la discussion aboutit, l'accord est constaté dans un procès-verbal (article 1532-3) dont les extraits valent titre exécutoire. Sinon, le procès reprend là où il s'était arrêté, devant le juge saisi au départ.

Accepter d'y aller n'est donc pas accepter une offre. Mais on n'y va pas les mains vides : votre avocat doit avoir chiffré vos préjudices avant, pour que vous sachiez à partir de quel montant un accord a un sens, et en dessous duquel il vaut mieux laisser le tribunal juger. Les vérifications sont les mêmes que pour tout accord avec un assureur : elles sont détaillées dans notre page sur le protocole transactionnel.

Le jour de l'audience de plaidoirie : plaidoiries, dépôt de dossier, ou pas d'audience du tout

Une fois l'instruction close, le juge de la mise en état renvoie l'affaire devant le tribunal pour être plaidée (article 799 du code de procédure civile). En matière d'indemnisation, cette audience prend en pratique l'une de trois formes.

  1. Les plaidoiries. Les avocats développent oralement devant le tribunal, le plus souvent en quelques minutes, ce qui figure déjà en détail dans leurs écritures. Le juge peut les interroger sur un point précis du dossier.

  2. Le dépôt de dossier. Lorsque l'affaire ne requiert pas de plaidoiries, le juge peut autoriser, à la demande des avocats, le simple dépôt des dossiers au greffe (article 799). Aucun débat oral : le tribunal examine les écritures et rend sa décision. C'est très fréquent en dommage corporel.

  3. La procédure sans audience. Depuis la loi du 23 mars 2019, si les parties en sont expressément d'accord, la procédure peut se dérouler sans audience, sur les seuls écrits (article L. 212-5-1 du code de l'organisation judiciaire). Le tribunal garde la faculté de tenir une audience s'il estime ne pas pouvoir statuer sur les seules pièces, ou si une partie le demande.

Qui siège ? Pour un accident de la circulation, le tribunal judiciaire statue en principe à juge unique (article R. 212-8 du code de l'organisation judiciaire). Dans les autres dossiers, trois magistrats peuvent siéger. Dans tous les cas, l'audience est brève, technique, et dépourvue de tout caractère dramatique. Elle ne ressemble en rien à un procès pénal.

Devez-vous être présent ?

À l'audience de plaidoirie, non : votre présence n'est pas requise. La procédure étant écrite et la représentation obligatoire, c'est votre avocat qui vous représente. Votre absence n'a aucune conséquence sur vos droits : le tribunal statue sur vos écritures.

Vous pouvez y assister si vous le souhaitez : les débats sont en principe publics (article 433 du code de procédure civile). Vous n'aurez ni à témoigner, ni à raconter votre accident, ni à plaider votre cause. Beaucoup de victimes sont soulagées de l'apprendre : l'épreuve qu'elles redoutent n'existe pas à ce stade.

La publicité a un revers : un dossier de dommage corporel contient votre histoire médicale. Si l'exposé de certains éléments en public vous est pénible, votre avocat peut demander que les débats aient lieu en chambre du conseil, c'est-à-dire hors la présence du public. Le juge peut le décider lorsque la publicité porterait atteinte à l'intimité de la vie privée, ou lorsque toutes les parties le demandent (article 435).

Deux situations font exception à la règle. L'audience de règlement amiable, décrite plus haut, où vous devez venir en personne. Et, plus rarement, le cas où le juge souhaite vous entendre lui-même et ordonne votre comparution personnelle : votre avocat vous en avertit à l'avance et vous y prépare.

💡 Bon à savoir : votre histoire a déjà été dite, dans le rapport d'expertise médicale et dans les conclusions de votre avocat. Le jour de l'audience, vous n'avez rien à prouver vous-même.

 

Après l'audience : le délibéré

À l'issue de l'audience, ou à la date fixée pour le dépôt des dossiers, l'affaire est mise en délibéré. Le président indique la date à laquelle le jugement sera rendu (article 450 du code de procédure civile). Le jour venu, la décision n'est généralement pas lue à voix haute : elle est mise à disposition au greffe, et votre avocat vous la transmet et vous l'explique. Le délai varie selon l'encombrement de la juridiction : comptez de quelques semaines à quelques mois.

Il arrive que la date soit repoussée : c'est une prorogation du délibéré. Le tribunal doit alors en aviser les parties, en indiquant les motifs et la nouvelle date. Une prorogation ne dit rien du sens de la décision : elle signifie seulement que le juge n'a pas fini de rédiger.

Lire le jugement : cinq lignes à vérifier

Un jugement d'indemnisation se lit par la fin : le dispositif, c'est-à-dire les quelques paragraphes qui suivent la formule « Par ces motifs ». C'est lui qui condamne, et lui seul qui s'exécute. Voici ce qu'il faut y chercher.

La ligne du jugement

Ce qu'elle veut dire

Ce qu'il faut vérifier

Le droit à indemnisation Entier, ou réduit si une faute vous est reprochée Le pourcentage retenu, qui s'applique ensuite à chaque poste
Les sommes, poste par poste Chaque préjudice de la nomenclature reçoit un montant Qu'aucun poste demandé n'a été oublié, et que les provisions déjà versées ne sont déduites qu'une fois
La créance de la caisse La part qui revient à l'assurance maladie, imputée sur certains postes seulement Qu'elle n'est pas déduite de vos préjudices personnels
Les intérêts Les sommes produisent intérêt au taux légal à compter du jugement (article 1231-7 du code civil) Si le tribunal a prononcé le doublement des intérêts pour offre tardive ou insuffisante de l'assureur
Les frais Une somme au titre des frais d'avocat (article 700 du code de procédure civile) et les dépens, dont les frais d'expertise Qui les supporte, et pour quel montant

 

Sur les intérêts, la page consacrée aux pénalités de l'assureur explique quand le doublement est dû. Et sur les frais, voyez ce que coûte une défense et ce qu'elle rapporte.

Le jugement rendu : l'exécution provisoire et le paiement

Depuis le décret du 11 décembre 2019, pour les instances introduites à compter du 1er janvier 2020, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire (article 514 du code de procédure civile). En clair : l'assureur doit payer sans attendre l'issue d'un éventuel appel.

Ce principe n'est pas automatique pour autant. Le tribunal peut écarter l'exécution provisoire, en tout ou en partie, s'il l'estime incompatible avec la nature de l'affaire, par une décision spécialement motivée (article 514-1) : c'est pourquoi votre avocat la défend dans ses conclusions quand l'assureur la conteste. Le tribunal peut aussi, lorsqu'il alloue un capital en réparation d'un dommage corporel, décider de le confier à un séquestre qui vous en versera une part périodiquement (article 521). Sur les deux modes de versement, voyez rente ou capital.

Reste le retard. Pour un accident de la circulation, la loi le sanctionne : si l'assureur condamné ne paie pas, le taux de l'intérêt légal est majoré de moitié au bout de deux mois, puis doublé au bout de quatre mois, à compter de la décision lorsqu'elle est contradictoire (article L. 211-18 du code des assurances). Les fonds passent ensuite par la caisse des règlements pécuniaires des avocats, la CARPA, avant de vous être reversés.

💡 Concrètement : l'exécution provisoire de droit signifie que vous n'attendez plus la fin d'un appel pour être indemnisé. Encore faut-il qu'elle ait été défendue devant le tribunal : c'est un point à aborder avec votre avocat dès la première instance.

 

Et si le jugement ne vous satisfait pas ?

Un jugement insuffisant n'est pas la fin du parcours. Vous disposez d'un mois à compter de sa signification pour faire appel de la décision (article 538 du code de procédure civile), c'est-à-dire faire réexaminer le dossier par la cour d'appel. La décision se pèse : un appel peut améliorer l'indemnisation, mais il rallonge la procédure et permet à l'assureur de remettre en cause ce que vous avez obtenu. Et si c'est l'assureur qui fait appel, il doit en principe payer d'abord : il ne peut obtenir l'arrêt de l'exécution provisoire que du premier président de la cour, en justifiant d'un moyen sérieux de réformation et de conséquences manifestement excessives (article 514-3).

Les étapes de votre procès en indemnisation, en un coup d'œil

Étape

Ce qui se passe

Votre rôle

Mise en état Échange écrit des conclusions et des pièces sous le contrôle du juge de la mise en état ; provision et expertise possibles Aucun déplacement. Transmettre à votre avocat chaque nouvelle pièce
Règlement amiable (éventuel) Audience confidentielle devant un autre juge, pour rechercher un accord Venir en personne, assisté de votre avocat
Clôture Ordonnance de clôture : plus aucune pièce ni conclusion n'est recevable Vérifier avant cette date que tout a été produit
Audience Plaidoiries brèves, dépôt de dossier, ou procédure sans audience Présence non requise
Délibéré Le tribunal étudie le dossier ; la date du jugement est annoncée, parfois repoussée Attendre la date communiquée
Jugement Décision mise à disposition au greffe, en principe exécutoire à titre provisoire La relire avec votre avocat, ligne par ligne
Après Paiement par l'assureur ; appel possible dans le mois de la signification Décider de l'appel avec votre avocat

 

Cabinet JMP Avocat, dommage corporel, Lille et Paris

 

Le rôle de votre avocat le jour de l'audience, et bien avant

À l'audience elle-même, le rôle de votre avocat en dommage corporel est circonscrit mais réel : il dépose votre dossier ou plaide brièvement, répond aux questions du tribunal et veille au respect du contradictoire. Ce moment est bref parce que le travail décisif a été accompli avant.

C'est en amont que votre conseil fait la différence. Il rédige les conclusions en chiffrant chaque poste, discute pied à pied le rapport d'expertise, demande une provision au juge de la mise en état quand le dossier le permet, surveille la date de clôture et défend l'exécution provisoire pour que vous soyez payé vite. Un dossier d'indemnisation se gagne par cette rigueur écrite, pas par un effet de manche à la barre.

Le cabinet de Maître Joëlle Marteau-Péretié, établi à Lille et intervenant à Paris comme dans toute la France, accompagne les victimes à chacune de ces étapes, de la préparation de l'expertise à la rédaction des écritures, jusqu'au jugement et, s'il le faut, à l'appel.

Pourquoi l'essentiel se joue bien avant l'audience

Si l'audience est si peu décisive, où se joue votre indemnisation ? En amont. Le moment déterminant n'est pas le tribunal, mais l'expertise médicale : c'est elle qui fixe vos taux et vos postes de préjudice. La façon dont vous vous présentez face à l'expert et le choix de la date de consolidation pèsent bien plus lourd que n'importe quelle plaidoirie. Vient ensuite la qualité des écritures déposées pendant la mise en état.

C'est aussi pourquoi le choix, en amont, entre la voie amiable et la voie judiciaire est stratégique. Et si votre dossier est porté devant les juridictions du Nord, vous pouvez vous familiariser avec le fonctionnement du Tribunal judiciaire de Lille et de la Cour d'appel de Douai.

 

Une décision d'indemnisation se prépare bien avant l'audience.

Le cabinet de Maître Joëlle Marteau-Péretié accompagne les victimes d'accidents corporels à Lille, Paris et dans toute la France, de l'expertise jusqu'au jugement. Pour faire le point sur votre dossier : 06 84 28 25 95.

 

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Questions fréquentes

Dois-je être présent à l'audience d'indemnisation ?

Non pour l'audience de plaidoirie : la procédure devant le tribunal judiciaire est écrite et votre avocat vous représente. Votre absence est sans incidence sur vos droits. Vous pouvez y assister, l'audience étant en principe publique. En revanche, si vous êtes convoqué à une audience de règlement amiable, vous devez venir en personne, assisté de votre avocat.

Vais-je devoir raconter mon accident devant le juge ?

Non. Le tribunal statue sur les conclusions écrites et le rapport d'expertise. Vous n'avez ni à témoigner, ni à plaider votre cause. La seule audience où le juge vous donne la parole est l'audience de règlement amiable, qui se tient à huis clos et reste confidentielle.

Je suis convoqué à une audience de règlement amiable : suis-je obligé d'accepter un accord ?

Non. Vous devez vous y rendre en personne avec votre avocat, mais rien ne vous oblige à transiger. Le juge qui tient cette audience ne juge pas l'affaire et ne peut rien vous imposer. Ce qui s'y dit est confidentiel et ne peut pas être repris devant le tribunal. Faute d'accord, le procès reprend son cours.

Mon avocat doit-il obligatoirement plaider ?

Pas nécessairement. Selon les cas, il plaide brièvement, dépose le dossier au greffe, ou la procédure se déroule sans audience lorsque les parties en sont d'accord. Cela ne fragilise pas votre dossier : le tribunal statue sur les écritures.

Peut-on encore ajouter une pièce après la clôture ?

En principe non. Après l'ordonnance de clôture, aucune conclusion ni aucune pièce n'est recevable. La clôture ne peut être révoquée que pour une cause grave apparue depuis. Transmettez donc à votre avocat chaque document nouveau dès que vous le recevez, sans attendre l'audience.

Combien de temps entre l'audience et le jugement ?

L'affaire est mise en délibéré et la date du jugement est annoncée. Selon la juridiction, le délai va de quelques semaines à quelques mois. La date peut être repoussée : le tribunal doit alors en aviser les parties en indiquant la nouvelle date.

Quand suis-je payé après le jugement ?

En principe sans attendre un éventuel appel : depuis le 1er janvier 2020, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire, sauf si le tribunal en décide autrement. Pour un accident de la circulation, l'assureur qui tarde voit le taux de l'intérêt légal majoré de moitié après deux mois, puis doublé après quatre mois.

L'audience est-elle publique ?

En principe oui. Mais votre avocat peut demander que les débats aient lieu en chambre du conseil, hors la présence du public, lorsque leur publicité porterait atteinte à l'intimité de votre vie privée, ce qui peut être le cas d'un dossier médical.

Et maintenant ? Vos 3 prochaines étapes

L'audience d'indemnisation n'est pas l'arène que vous redoutez : c'est l'aboutissement d'un travail écrit. Ce qui compte se joue avant, à l'expertise et dans les conclusions. Trois gestes utiles, dans l'ordre.

  1. Réunir les pièces — Constituer un dossier d'indemnisation solide. Ce qui n'est pas produit avant la clôture n'existe pas pour le tribunal.
  2. Préparer l'expertise — Bien préparer son expertise médicale. C'est le rapport de l'expert, plus que l'audience, qui fixe l'essentiel de votre indemnisation.
  3. Anticiper le calendrier — Combien de temps pour être payé. Les délais réels, étape par étape, et le circuit par lequel les fonds vous parviennent.

Sources et références

  • Code de procédure civile, articles 433 et 435 (publicité des débats, chambre du conseil), 450 (délibéré), 514, 514-1 et 514-3 (exécution provisoire de droit), 521 (séquestre du capital), 538 (délai d'appel), 700 (frais), 760 et 761 (représentation obligatoire), 775 (procédure écrite), 789 (pouvoirs du juge de la mise en état), 798, 799, 802 et 803 (clôture, renvoi à l'audience, dépôt des dossiers), 1528-3 et 1532 à 1532-3 (audience de règlement amiable).
  • Code de l'organisation judiciaire, articles L. 211-4-1 (compétence du tribunal judiciaire en matière de dommage corporel), L. 212-5-1 (procédure sans audience) et R. 212-8 (juge unique pour les accidents de la circulation).
  • Code des assurances, article L. 211-18 (majoration de l'intérêt légal après une décision de justice).
  • Code civil, article 1231-7 (intérêts à compter du jugement).
  • Code de la sécurité sociale, article L. 376-1 (mise en cause de la caisse, recours poste par poste).
  • Loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation et de réforme pour la justice, et décret n° 2019-1333 du 11 décembre 2019 réformant la procédure civile.
  • Décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025 portant recodification des modes amiables de résolution des différends, en vigueur le 1er septembre 2025.
  • Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 (loi Badinter), pour les accidents de la circulation.