Ce guide vous explique précisément qui est responsable selon votre situation (locataire, copropriétaire, visiteur), quelles fautes peuvent être retenues contre le syndicat ou le bailleur, et comment obtenir une indemnisation intégrale de vos préjudices.
📌 Vous avez chuté dans un autre type d’escalier ? Consultez notre guide général : Chute dans un escalier : responsabilité et indemnisation
Pourquoi les escaliers d’immeuble sont-ils particulièrement dangereux ?
Les parties communes d’un immeuble sont des espaces partagés soumis à une usure intense. Pourtant, elles concentrent un nombre élevé d’accidents : marches usées ou descellées, éclairage défaillant, rampes absentes ou branlantes, revêtements dégradés…
La gravité des blessures peut être considérable : fractures du poignet, du col du fémur, traumatisme crânien, lésions rachidiennes. Pour les personnes âgées en particulier, une chute dans un escalier d’immeuble peut engager le pronostic vital ou entraîner une perte d’autonomie permanente.
Immeuble en copropriété : c’est le syndicat de copropriété qui est responsable
Le syndicat, gardien des parties communes
Dans un immeuble en copropriété, les escaliers relèvent des parties communes au sens de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965. La gestion, l’entretien et la conservation de ces espaces incombent au syndicat de copropriété, représenté par son syndic.
Ce principe est fondamental : peu importe que vous soyez copropriétaire, locataire ou simple visiteur au moment de la chute — c’est le syndicat qui supporte la responsabilité de l’état des parties communes.
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Sur quel fondement juridique agir ?
La responsabilité du syndicat peut être engagée sur deux fondements :
- La responsabilité du fait des choses (art. 1242 al. 1 C. civ.) : le syndicat, gardien des parties communes, est responsable des dommages causés par une chose défectueuse — marche descellée, revêtement glissant, rampe instable.
- La responsabilité pour faute (art. 1240 C. civ.) : si le syndicat n’a pas agi après signalement d’un défaut connu, sa faute est caractérisée.
Quels défauts peuvent être invoqués ?
- Marche cassée, descellée ou irrégulière dans sa hauteur
- Revêtement glissant : carrelage lisse, moquette décollée, cire excessive
- Éclairage absent ou insuffisant : minuterie en panne, ampoule non remplacée
- Rampe ou main courante absente, instable ou non conforme aux normes de sécurité
- Absence de bande antidérapante sur le nez des marches
- Sol mouillé sans signalisation après entretien des parties communes
🔗 Pour comprendre le mécanisme de la responsabilité civile : Indemnisation d’un accident via la responsabilité civile

Immeuble locatif : c’est le bailleur qui est responsable
L’obligation d’entretien du bailleur
Lorsque vous êtes locataire, l’entretien des escaliers et parties communes incombe au bailleur — propriétaire privé, bailleur social (HLM, OPH) ou SCI. En vertu de l’article 1719 du Code civil et de la loi du 6 juillet 1989, le bailleur est tenu de délivrer un logement décent et d’en assurer le bon état d’usage et de réparation pendant toute la durée du bail, ce qui s’étend aux parties communes.
La distinction entre réparations locatives et obligations du bailleur
Les escaliers, en tant que structures de l’immeuble, relèvent systématiquement des obligations du bailleur. Si une marche se descelle, si la rampe se désolidarise du mur, si l’éclairage automatique tombe en panne de manière récurrente, c’est au bailleur d’intervenir. Il engage sa responsabilité s’il ne le fait pas, et ne peut pas s’en exonérer par une clause contractuelle.
Le cas particulier des bailleurs sociaux
Les organismes HLM et offices publics de l’habitat (OPH) sont soumis aux mêmes obligations que les bailleurs privés. Toutefois, leur responsabilité peut également relever du droit administratif si l’organisme est de nature publique, avec une compétence du tribunal administratif. Un avocat spécialisé peut vous orienter vers la voie la plus adaptée.
Le cas particulier du gardien ou de l’entreprise de nettoyage
Dans certains immeubles, l’entretien des parties communes est délégué à une entreprise de nettoyage ou à un gardien. En cas de chute sur un sol glissant laissé mouillé sans signalisation, la responsabilité peut être partagée entre le syndicat ou bailleur et le prestataire.
En pratique, la victime peut agir contre les deux. Votre indemnisation n’est pas conditionnée à la résolution du partage de responsabilité entre eux. C’est ensuite aux parties de régler ce point entre elles.
Que faire immédiatement après une chute dans les escaliers d’un immeuble ?
La constitution des preuves est déterminante. Voici les réflexes à avoir dans les premières heures :
-
Photographier impérativement : l’escalier en entier, la marche ou le point de chute, le défaut visible
-
Alerter le syndic ou le gardien le jour même, par écrit (email, lettre recommandée), en décrivant précisément les circonstances
-
Recueillir les coordonnées de témoins : voisins, visiteurs, livreurs présents au moment de la chute
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Consulter un médecin immédiatement — même si les douleurs semblent modérées
-
Conserver tous les documents médicaux : rapport des urgences, ordonnances, arrêts de travail, comptes rendus opératoires
-
Ne signer aucun document proposé par l’assureur du syndicat ou du bailleur sans avis préalable d’un avocat
🔗 Pour comprendre quels préjudices vous pouvez faire valoir : Les préjudices corporels et leur indemnisation
Quels préjudices peuvent être indemnisés ?
L’indemnisation doit couvrir l’intégralité de vos préjudices, conformément à la nomenclature Dintilhac. Voici les principaux postes :
Préjudices patrimoniaux
- Dépenses de santé actuelles et futures : hospitalisation, rééducation, soins spécialisés, prothèses
- Perte de gains professionnels : arrêt de travail, incapacité temporaire totale ou partielle
- Tierce personne : aide à domicile si vous ne pouvez plus assumer certaines tâches seul
- Frais divers : transport médical, adaptation du logement ou du véhicule
- Incidence professionnelle : si vos séquelles affectent durablement votre activité
Préjudices extrapatrimoniaux
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne pendant la phase de soins
- Déficit fonctionnel permanent (DFP / AIPP) : séquelles irréversibles après consolidation
- Souffrances endurées (pretium doloris)
- Préjudice esthétique : cicatrices, déformations visibles
- Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer une activité sportive ou de loisir
🔗 Pour estimer les montants : Calcul du dommage corporel
Votre dossier mérite un avocat : voici pourquoi
L’assurance du syndicat de copropriété ou du bailleur va systématiquement minimiser votre préjudice ou tenter de vous opposer une faute de votre part pour réduire l’indemnisation. Ces stratégies sont courantes et souvent efficaces face à une victime non accompagnée.
Maître Joëlle Marteau-Péretié, avocate spécialisée en droit du dommage corporel à Lille et Paris, intervient pour :
- Identifier avec précision le ou les responsables (syndicat, bailleur, prestataire)
- Rassembler et consolider les preuves avant qu’elles ne disparaissent
- Vous assister lors de l’expertise médicale, étape cruciale pour le montant final
- Négocier ou plaider pour une indemnisation complète, incluant tous vos préjudices présents et futurs
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À SAVOIR : Votre chute ne s'est pas produite dans les parties communes d'un immeuble collectif, mais chez un particulier (ami, famille, voisin) ? Les règles applicables sont différentes : Chute dans un escalier chez un particulier : la RC de votre proche vous indemnise
FAQ — Chute dans un escalier d’immeuble
Je suis propriétaire dans la copropriété. Puis-je agir contre mon propre syndicat ?
Oui, absolument. Votre qualité de copropriétaire ne vous prive pas de vos droits en tant que victime. Vous pouvez parfaitement agir en responsabilité contre le syndicat de copropriété, dont vous êtes par ailleurs membre. Ce sont deux qualités juridiques distinctes.
J’ai signalé le défaut au syndic avant ma chute. Cela change-t-il quelque chose ?
Oui, cela renforce considérablement votre dossier. La preuve que le défaut était connu et non corrigé avant la chute établit une faute caractérisée du syndicat. Conservez précieusement tout email, courrier ou accusé de réception de votre signalement.
L’assureur du syndicat m’a proposé une indemnisation. Puis-je accepter ?
Méfiance. Les offres formulées dans les premiers temps sont presque toujours très inférieures à ce que vous êtes en droit d’obtenir, car votre état de santé n’est pas encore consolidé. Ne signez rien avant d’avoir consulté un avocat spécialisé.
🔗 Voir : Puis-je revenir sur une transaction signée avec l’assureur ?
Y a-t-il un délai pour agir ?
Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la consolidation de votre état de santé (art. 2226 C. civ.). Mais agir rapidement est essentiel : l’escalier peut être réparé très vite après l’accident, faisant disparaître les preuves. Et une provision peut être obtenue rapidement pour faire face à vos frais.
Et si le défaut de l’escalier n’est pas évident à prouver ?
C’est précisément dans les dossiers complexes qu’un avocat fait la différence. Des moyens d’investigation spécifiques existent : référé expertise pour faire constater l’état des lieux par un expert judiciaire, témoignages de voisins, rapports d’entretien du syndicat… Même en l’absence de preuve immédiate, un dossier peut être solidement construit.
L’expertise médicale est-elle obligatoire pour être indemnisé ?
Elle n’est pas toujours légalement obligatoire, mais elle est pratiquement incontournable pour les préjudices significatifs. C’est lors de l’expertise médicale que sont évalués votre taux d’incapacité permanente, vos besoins en tierce personne, et l’ensemble des séquelles qui détermineront le montant de votre indemnisation.
🔗 Tout savoir sur cette étape clé : Expertise médicale en dommages corporels
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Les preuves disparaissent vite — une marche peut être réparée en quelques jours. Maître Joëlle Marteau-Péretié analyse votre dossier gratuitement et vous dit clairement si votre situation ouvre droit à indemnisation, contre qui agir, et dans quel délai.
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Textes de référence
- Code civil, art. 1242 al. 1 — Responsabilité du fait des choses que l’on a sous sa garde
- Code civil, art. 1240 — Responsabilité pour faute
- Code civil, art. 1719 — Obligations du bailleur, dont l’entretien en bon état d’usage et de réparation
- Code civil, art. 2226 — Délai de prescription de 10 ans en matière de dommages corporels, à compter de la consolidation
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — Statut de la copropriété des immeubles bâtis ; gestion et entretien des parties communes par le syndicat
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — Rapports locatifs ; obligations d’entretien du bailleur
- Décret n° 87-712 du 26 août 1987 — Réparations locatives à la charge du locataire (a contrario : obligations structurelles du bailleur)
- Nomenclature Dintilhac (rapport 2005, actualisation 2016) — Référentiel d’évaluation des préjudices corporels


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