En bref : il n'existe aucun barème d'indemnisation public propre à AXA, Macif, GMF ou aux autres assureurs. Votre indemnisation après un accident de la vie dépend de trois paramètres de votre contrat : le seuil d'AIPP qui déclenche la garantie (de 1 % chez AXA Ma Protection Accident à 30 % pour les formules de base GMF, Generali ou Crédit Mutuel), le plafond (de l'ordre de 350 000 € à 2 millions d'euros selon les contrats) et le mode de calcul — indemnitaire « en droit commun », qui répare vos préjudices réels poste par poste, ou forfaitaire, qui applique un capital contractuel à votre taux de séquelles. Le « service corporel » de votre compagnie se joint par vos courriers de sinistre et votre espace client. Son offre se discute : expertise contradictoire, médiation, puis tribunal — dans la limite de la prescription de deux ans (article L. 114-1 du Code des assurances). Le tableau comparatif complet est ci-dessous — y accéder directement ou télécharger la version PDF.
Mis à jour le 28 août 2026.
À lire aussi : les mécanismes généraux des contrats GAV (seuils, franchises, plafonds, exclusions) sont décryptés dans notre guide — garantie accidents de la vie : les pièges à connaître
Pourquoi vous ne trouverez pas le « barème d'indemnisation » officiel de votre assureur
« Tableau d'indemnisation accident de la vie AXA », « barème indemnisation accident corporel Macif »… Ces recherches sont parmi les plus fréquentes des victimes. Autant le dire d'emblée : ce document, tel que vous l'imaginez, n'existe pas publiquement. Aucun assureur ne publie de grille « telle blessure = tel montant ». Et pour cause : ce qui détermine votre indemnisation, ce n'est pas un barème maison, ce sont trois éléments combinés.
Le premier est votre contrat : le seuil d'AIPP (atteinte à l'intégrité physique et psychique) à partir duquel la garantie se déclenche, le plafond d'indemnisation, et le mode de calcul (indemnitaire ou forfaitaire — nous y revenons plus bas). Le deuxième est l'expertise médicale, qui fixe votre taux de séquelles et alimente chaque poste de préjudice. Le troisième est le référentiel commun du dommage corporel : la nomenclature Dintilhac et les décisions des cours d'appel, qui servent de repère aux contrats dits « en droit commun ».
Ce que nous pouvons en revanche vous donner, ce sont les paramètres réels des principales GAV du marché, tels qu'ils figurent dans les documents publics de chaque assureur (conditions générales, IPID, pages produit). C'est l'objet du tableau qui suit.
Le tableau comparatif : seuils et plafonds des principales garanties accidents de la vie
Les données ci-dessous sont issues des documents publics des assureurs, consultés en août 2026. Elles peuvent évoluer et varient selon la formule souscrite : seules vos conditions générales et particulières font foi.
| Assureur | Contrat | Seuil d'intervention | Plafond annoncé |
|---|---|---|---|
| AXA | Ma Protection Accident | 1 % de séquelles permanentes | 1 M€, porté jusqu'à 2 M€ avec l'ancienneté |
| Macif | Garantie Accident | 10 % d'AIPP | Selon formule (indemnisation forfaitaire) |
| GMF | Accidents et Famille | 30 % (Confort) ou 10 % (Confort +) — circulation : sans seuil | 1 M€ à 2 M€ selon formule |
| MAIF | Praxis Solutions | Intervention dès les accidents bénins (assistance) ; indemnisation selon séquelles | Pas de plafond global au cumul (pertes de revenus limitées à 15 000 €/mois) |
| Allianz | Allianz GAV | 25 %, 5 % ou 1 % selon la formule | 2 M€ |
| Pacifica (Crédit Agricole) | Assurance des Accidents de la Vie | Dès 1 % de DFP (indemnité forfaitaire « perte de qualité de vie ») | 2 M€ |
| Sogessur (SG) | Assurance Accidents de la Vie | Selon formule (Essentielle / Sérénité) | De l'ordre de 350 000 € à 1 M€ selon formule |
| Crédit Mutuel | Prévi-Accidents de la Vie | 1 % ou 30 % selon la formule | 1 M€ |
| Generali | Generali Accidents de la Vie | 5 % ou 30 % selon la formule (souffrances endurées et préjudice esthétique pris en charge dès 1 %, dans une limite dédiée) | 1 M€ |
Deux lectures s'imposent. D'abord, le seuil d'intervention est le paramètre décisif : avec un seuil à 30 %, une fracture grave, une épaule enraidie ou un traumatisme laissant 15 % de séquelles ne déclenchent aucune indemnisation des préjudices permanents. Ensuite, le plafond affiché n'est pas ce que vous toucherez : c'est un maximum théorique, atteint uniquement dans les dossiers les plus lourds — et certains contrats plafonnent en plus poste par poste (pertes de revenus, aménagement du logement…).
Indemnitaire ou forfaitaire : la distinction qui change tout
Derrière des noms commerciaux proches, deux logiques opposées coexistent sur le marché.
Les contrats indemnitaires « en droit commun » (GMF, Generali, et la plupart des contrats labellisés GAV) s'engagent à réparer vos préjudices réels, poste par poste, par référence aux règles applicables devant les tribunaux : déficit fonctionnel permanent, souffrances endurées, préjudice esthétique, pertes de revenus, assistance par tierce personne… L'évaluation se discute, comme dans un dossier judiciaire.
Les contrats forfaitaires ou indiciaires fonctionnent autrement : l'indemnité découle d'un capital ou d'un indice contractuel appliqué à votre taux de séquelles. C'est le cas de la Garantie Accident Macif (capital selon formule), de l'indemnité « perte de qualité de vie » de Pacifica, ou de la méthode AQV d'AXA qui additionne des indices de déficit fonctionnel, de préjudice esthétique et de souffrances endurées. Le montant est plus prévisible, mais il ne prétend pas couvrir l'intégralité de votre préjudice réel.
Concrètement : à séquelles identiques, deux assurés de deux compagnies différentes peuvent recevoir des indemnisations très éloignées. C'est la raison pour laquelle comparer les « montants moyens » entre assureurs n'a guère de sens — et pour laquelle la lecture précise de vos conditions générales, elle, en a beaucoup.
Le « service corporel » de votre assureur : qui avez-vous en face ?
Beaucoup de victimes cherchent « le numéro du service corporel » de leur compagnie. Chez la plupart des grands assureurs, les dossiers de dommages corporels sont en effet confiés à un service dédié — souvent appelé service indemnisation corporelle — distinct des sinistres matériels. C'est lui qui désigne le médecin-conseil chargé de vous examiner, formule l'offre et gère les échanges jusqu'au règlement.
Le point de contact figure sur vos courriers de gestion de sinistre, dans votre espace client et sur les conditions générales de votre contrat : c'est la voie la plus fiable, les numéros publics changeant régulièrement. Avant tout échange avec ce service, gardez trois repères en tête.
D'abord, ce service applique votre contrat, il ne défend pas vos intérêts : l'interlocuteur est compétent et souvent bienveillant, mais sa mission est de régler le dossier dans les limites du contrat, pas d'en explorer toutes les marges en votre faveur. Ensuite, le médecin qu'il mandate est le médecin-conseil de l'assureur : vous avez le droit de vous faire assister lors de l'expertise médicale par un médecin-conseil de victime et par un avocat, ce que la plupart des contrats prévoient expressément. Enfin, ne signez aucune offre dans la précipitation : une quittance signée se conteste difficilement — mieux vaut la faire relire avant de signer.
Discuter l'offre de votre GAV : vos leviers
Une offre de GAV n'est pas un verdict. Plusieurs leviers existent, dans l'ordre croissant.
Le premier est médical : si le taux d'AIPP retenu vous paraît sous-évalué, demandez une expertise contradictoire avec votre propre médecin-conseil. Quelques points de pourcentage suffisent parfois à franchir le seuil d'intervention du contrat — ou à changer sensiblement l'indemnité.
Le deuxième est contractuel : vérifiez poste par poste que tout ce que le contrat garantit a bien été chiffré (assistance par tierce personne, frais d'adaptation, pertes de gains, préjudice esthétique…). Les omissions sont fréquentes dans les premières offres.
Le troisième est procédural : réclamation écrite auprès du service indemnisation, puis saisine gratuite du Médiateur de l'assurance, et en dernier recours le tribunal judiciaire. Attention au délai : l'action contre votre assureur se prescrit par deux ans (article L. 114-1 du Code des assurances), un délai bien plus court que celui du droit commun. Et si vous avez déjà signé une transaction que vous regrettez, des voies existent dans certains cas pour la remettre en cause.
→ Vous avez reçu une offre de votre GAV, ou votre taux de séquelles vous paraît sous-évalué ? Appelez-nous au 06 84 28 25 95 : le cabinet intervient aux côtés des victimes, avec des médecins-conseils indépendants, pour faire valoir l'intégralité des garanties de votre contrat. Vous pouvez aussi nous écrire via le formulaire de contact.
FAQ : vos questions sur l'indemnisation par votre assureur
Existe-t-il un tableau d'indemnisation officiel AXA, Macif ou GMF ?
Non. Aucun assureur ne publie de grille « blessure = montant ». L'indemnisation dépend de votre contrat (seuil d'AIPP, plafond, mode de calcul indemnitaire ou forfaitaire), du taux de séquelles fixé par l'expertise médicale et, pour les contrats en droit commun, du référentiel de la nomenclature Dintilhac. Les seuls documents opposables sont vos conditions générales et particulières.
Comment joindre le service corporel de mon assureur (AXA, Allianz…) ?
Le point de contact du service indemnisation corporelle figure sur les courriers de gestion de votre sinistre, dans votre espace client et dans les conditions générales de votre contrat. Passez par ces canaux plutôt que par des numéros trouvés en ligne, souvent obsolètes. Notez la référence de votre dossier avant tout appel, et confirmez par écrit les points importants.
Quel est le seuil d'AIPP de ma garantie accidents de la vie ?
Il dépend de votre contrat et de votre formule : de 1 % (AXA Ma Protection Accident, certaines formules Allianz, Pacifica ou Crédit Mutuel) à 30 % (formules de base GMF, Generali ou Crédit Mutuel). Ce seuil figure dans vos conditions particulières. En dessous, les préjudices permanents ne sont pas indemnisés — même pour un accident grave.
Puis-je contester l'offre d'indemnisation de ma GAV ?
Oui. Vous pouvez demander une expertise contradictoire avec votre propre médecin-conseil, exiger le chiffrage de tous les postes garantis par le contrat, adresser une réclamation écrite, saisir gratuitement le Médiateur de l'assurance, puis le tribunal judiciaire. Attention : l'action contre l'assureur se prescrit par deux ans (article L. 114-1 du Code des assurances).
Ma GAV couvre-t-elle un accident de la route ou un accident du travail ?
En principe non pour la route lorsque vous conduisez un véhicule terrestre à moteur (la loi Badinter et l'assurance auto prennent le relais), avec des exceptions selon les contrats — la GMF couvre par exemple les accidents de la circulation sans condition de seuil. L'accident du travail relève d'abord de la Sécurité sociale. La GAV vise avant tout les accidents de la vie privée : domestiques, de sport, de loisirs, médicaux, agressions et catastrophes.
Ai-je intérêt à prendre un avocat face à ma propre assurance ?
Pour les dossiers avec séquelles significatives, l'assistance d'un avocat en dommage corporel et d'un médecin-conseil de victime rééquilibre l'expertise et la discussion de l'offre, y compris dans un cadre purement contractuel. La plupart des contrats GAV prévoient d'ailleurs expressément la possibilité d'une expertise contradictoire.
Bibliographie et références
- Conditions générales « Ma Protection Accident », AXA (document public, espace client), et page produit axa.fr consultée en août 2026
- Conditions générales « Garantie Accident », Macif, janvier 2023 (document public macif.fr)
- Conditions générales « Accidents et Famille », GMF (document public devis-assurance.gmf.fr)
- IPID « Praxis Solutions », MAIF (document public entreprise.maif.fr)
- IPID et page produit « Allianz GAV », allianz.fr, consultés en août 2026
- Pages produit « Assurance des Accidents de la Vie », credit-agricole.fr / ca-assurances.com (Pacifica), consultées en août 2026
- IPID « Assurance Accidents de la Vie », Sogessur (document public particuliers.sg.fr)
- Pages produit « Prévi-Accidents de la Vie », Crédit Mutuel (cmb.fr), et « Generali Accidents de la Vie », generali.fr, consultées en août 2026
- Article L. 114-1 du Code des assurances (prescription biennale), Légifrance
- « Accident de la vie courante : indemnisation par l'assurance », service-public.gouv.fr


AJOUTER UN COMMENTAIRE :
Pour commenter cet article vous devez vous authentifier. Si vous n'avez pas de compte, vous pouvez en créer un.